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LE

DÉPIT AMOUREUX,

COMÉDIE EN CINQ ACTES,

REPRÉSENTÉE A BÉZIERS EN 1654, ET A PARIS EN 1658.

PERSONNAGES.
ACTEURS.

GROS-RENÉ.

Pour moi, me soupçonner de quelque mauvais tour, ERASTE, amant de Lucile.

BÉJART aîné.

Je dirai ( n'en déplaise à monsieur votre amour) ALBERT, père de Lucile et d'Ascagne. MOLIÈRE. GROS-RENÉ', valet d'Eraste.

DUPARC.

Que c'est injustement blesser ma prud'homie, VALÈRE, fils de Polidore.

BÉJART jeune.

Et se connaître mal en physionomie. LUCILE, fille d'Albert.

Mlle DE BRIE. Les gens de mon minois ne sont point accusés MARINETTE, suivante de Lucile. Magd. BÉJART.

D'être, grâces à Dieu, ni fourbes, ni rusés. POLIDORE, père de Valère.

Cet honneur qu'on nous fait, je ne le démens guères, FROSINE, confidente d'Ascagne. ASCAGNE, fille d'Albert, déguisée en homme.

Et suis homme fort rond de toutes les manières. MASCARILLE, valet de Valère.

Pour que l'on me trompât, cela se pourrait bien, MÉTAPHRASTE 2, pédant.

DU CROISY.

Le doute est mieux fondé; pourtant jen'en crois rien. LA RAPIÈRE, bretteur.

DE BRIE

Je ne vois point encore, ou je suis une bête,
La scène est à Paris.

Sur quoi vous avez pu prendre martel en tête ?
Lucile, à mon avis , vous montre assez d'amour;
Elle vous voit, vous parle à toute heure du jour;

Et Valère, après tout, qui cause votre crainte,
ACTE PREMIER.

Semble n'être à présent souffert que par contrainte.

ÉRASTE.
Souvent d'un faux espoir un amant est nourri :

Le mieux reçu toujours n'est pas le plus chéri;
SCÈNE PREMIÈRE.

Et tout ce que d'ardeur font paraître les femmes
Parfois n'est qu'un beau voile à couvrir d'autres flam-

Valère enfin, pour être un amant rebuté, [mes.
ÉRASTE, GROS-RENÉ.

Montre depuis un temps trop de tranquillité;

Et ce qu'à ces faveurs, dont tu crois l'apparence, ÉRASTE.

Il témoigne de joie ou bien d'indifférence, (pas, Veux-tu que je te die? une atteinte secrète

M'empoisonne à tous coups leurs plus charmants apNe laisse point mon âme en une bonne assiette.

Me donne ce chagrin que tu ne comprends pas, Oui, quoi qu'à mon amour tu puisses repartir,

Tient mon bonheur en doute, et me rend difficile Il craint d'être la dupe, à ne te point mentir;

Une entière croyance aux propos de Lucile.
Qu'en faveur d'un rival ta foi ne se corrompe,
Du du moins qu'avec moi toi-même on ne te trompe. Y voir entrer un peu de son transport jaloux,

Je voudrais, pour trouver un tel destin plus doux,

Et sur ses déplaisirs et son impatience, "GROS-RENÉ, nom de théâtre de Duparc. Il parait que Molière Mon âme prendrait lors une pleine assurance. voulait donner le nom de Gros-René aux rôles qu'il faisait pour cet acteur, comme Jodelet avait donné le sien aux rôles que Scarron avait faits pour lui.

" Martel, vieux mot qui signifie marteau. On dit figurément » Mot grec : il signifie qui traduit d'une langue dans une avoir martel en tête, pour se tourmenter, s'inquiéter, étre autre. Ce nom exprime parfaitement la manie de Métaphraste. I frappé sans cesse d'une pensée chagrine.

ÉRASTE.

Toi-même penses-tu qu'on puisse , comme il fait,

SCÈNE II.
Voir chérir un rival d'un esprit satisfait ?
Et si tu n'en crois rien, dis-moi, je t'en conjure,

ÉRASTE, MARINETTE, GROS-RENÉ.
Si j'ai lieu de rêver dessus cette aventure?
GROS-RENÉ.

GROS-RENÉ. Peut-être que son cour a changé de désirs,

S't, Marinette!
Connaissant qu'il poussait d'inutiles soupirs.

MARINETTE.
ÉRASTE.

Ho! ho! Que fais-tu là?
Lorsque par les rebuts une âme est détachée,

GROS-RENÉ. Elle veut fuir l'objet dont elle fut touchée,

Ma foi , Et ne rompt point sa chaîne avec si peu d'éclat Demande , nous étions tout à l'heure sur toi. Qu'elle puisse rester en un paisible état.

MARINETTE. De ce qu'on a chéri la fatale présence

Vous êtes aussi là, monsieur ! Depuis une heure Ne nous laisse jamais dedans l'indifférence;

Vous m'avez fait trotter comme un Basque, ou jo Et si de cette vue on n'accroît son dédain,

[meure. Notre amour est bien près de nous rentrer au sein : Comment? Enfin, crois-moi, si bien qu'on éteigne une flamme,

MARINETTE. Un peu de jalousie occupe encore une ame;

Pour vous chercher j'ai fait dix mille pas, Et l'on ne saurait voir, sans en être piqué,

Et vous promets, ma foi...
Posséder par un autre un coeur qu'on a manqué.

ÉRASTE.
GROS-RENÉ.

Quoi ?
Pour moi, je ne sais point tant de philosophie :

MARINETTE. Ce que voyent mes yeux , franchement je m'y fie;

Que vous n'êtes pas Et ne suis point de moi si mortel ennemi,

Au temple, au cours , chez vous, ni dans la grande Que je m'aille affliger sans sujet ni demi.

GROS-RENÉ.

(place'. Pourquoi subtiliser, et faire le capable

Il fallait en jurer. A chercher des raisons pour être misérable?

ÉRASTE. Sur des soupçons en l'air je m'irais alarmer !

Apprends-moi donc, de grâce, Laissons venir la fête avant que la chômer.

Qui te fait me chercher? Le chagrin me paraît une incommode chose;

MARINETTE. Je n'en prends point pour moi sans bonne et juste

Quelqu'un, en vérité, Et mêmes à mes yeux cent sujets d'en avoir [cause; Qui pour vous n'a pas trop mauvaise volonté; S'offrent le plus souvent, que je ne veux pas voir. Má maîtresse, en un mot. Avec vous en amour je cours même fortune,

ÉRASTE. Celle que vous aurez me doit être commune;

Ah! chère Marinette, La maîtresse ne peut abuser votre foi,

Ton discours de son coeur est-il bien l'interprète? A moins que la suivante en fasse autant pour moi : Ne me déguise point un mystère fatal, Mais j'en suis la pensée avec un soin extrême.

Je ne t'en voudrai pas pour cela plus de mal : Je veux croire les gens, quand on me dit : Je t'ame; Au nom des dieux, dis

moi si ta belle maîtresse Et ne vais point chercher, pour m'estimer heureux, N'abuse point mes væux d'une fausse tendresse. Si Mascarille ou non s'arrache les cheveux.

MARINETTE. Que tantôt Marinette endure qu'à son aise

Hé, hé! d'où vous vient donc ce plaisant mouvement? Jodelet par plaisir la caresse et la baise,

Elle ne fait pas voir assez son sentiment? Et que ce beau rival en rie ainsi qu'un fou,

Quel garant est-ce encor que votre amour demande? A son exemple aussi j'en rirai tout mon soul;

Que lui faut-il?
Et l'on verra qui rit avec meilleure grâce.

GROS-RENÉ.
ÉRASTE.

A moins que Valère se pende,
Voilà de tes discours.

Bagatelle, son coeur ne s'assurera point.
GROS-RENÉ.
Mais je la vois qui passe.

1 Temple est peut-être ici pour église. Peut-être aussi, comme il y avait autrefois au Temple un jardin public, on disait aller

au Temple, comme on dit aller aux Tuileries. Le cours existe C'est-à-dire sans sujet ni demi-sujet; ancienne locution qui

encore : c'est la partie des Champs-Élysées qui porte le nom de D'est plus en usage. (B.)

Cours-la-Reine, en mémoire de Médicis, qui le fit planter Entin la grande place désignée ici est la place Royale.

MARINETTE.

GROS-RENÉ. Comment ?

Je vous le disais bien : contre votre croyance, GROS-RENÉ.

Je ne me trompe guère aux choses que je pense.
Il est jaloux jusques en un tel point.

ÉRASTE relit.
MARINETTE.

« Faites parler les droits qu'on a dessus mon coeur, De Valère? Ah! vraiment la pensée est bien belle ! « Je vous en donne la licence; Elle peut seulement naître en votre cervelle.

Et, si c'est en votre faveur ,
Je vous croyais du sens, et jusqu'à ce moment « Je vous réponds de mon obéissance. »
J'avais de votre esprit quelque bon sentiment,

MARINETTE.
Mais, à ce que je vois , je m'étais fort trompée.

Si je lui rapportais vos faiblesses d'esprit,
Ta tête de ce mal est-elle aussi frappée ?

Elle désavoúrait bientôt un tel écrit.
GROS-RENÉ,

ÉRASTE.
Moi, jaloux? Dieu m'en garde, et d'être assez badin'

Ah! cache-lui, de grâce, une peur passagère, Pour m'aller emmaigrir avec un tel chagrin!

Où mon âme a cru voir quelque peu de lumière; Outre que de ton cæur ta foi me cautionne,

Ou, si tu la lui dis, ajoute que ma mort L'opinion que j'ai de moi-même est trop bonne

Est prête d'expier l'erreur de ce transport;
Pour croire auprès de moi que quelque autre te plût. Que je vais à ses pieds , si j'ai pu lui déplaire,
Où diantre pourrais-tu trouver qui me valūt ?

Sacrifier ma vie à sa juste colère.
MARINETTE.

MARINETTE.
En effet, tu dis bien : voilà comme il faut être :
Jamais de ces soupçons qu'un jaloux fait paraitre!

Ne parlons point de mort, ce n'en est pas le temps. Tout le fruit qu'on en cueille est de se mettre mal,

ÉRASTE. Et d'avancer par là les desseins d'un rival.

Au reste, je te dois beaucoup, et je prétends Au mérite souvent de qui l'éclat vous blesse,

Reconnaître dans peu, de la bonne manière,

Les soins d'une si noble et si belle courrière.
Vos chagrins font ouvrir les yeux d'une maîtresse;
Et j'en sais tel qui doit son destin le plus doux

MARINETTE.
Aux soins trop inquiets de son rival jaloux.

A propos, savez-vous où je vous ai cherché Enfin, quoiqu'il en soit, témoigner de l'ombrage,

Tantôt encore? C'est jouer en amour un mauvais personnage,

ÉRASTE. Et se rendre, après tout, misérable à crédit.

Eh bien?
Cela, seigneur Éraste, en passant vous soit dit.

MARINETTE..
ÉRASTE.

Tout proche du marché,
Eh bien! n'en parlons plus. Que venais-tu m'appren- Où vous savez.
MARINETTE.
[dre?

ÉRASTE.
Vous mériteriez bien que l'on vous fit attendre;

Où donc?
Qu’afin de vous punir je vous tinsse caché
Le grand secret pourquoi je vous ai tant cherché.

Là... dans cette boutique Tenez, voyez ce mot, et sortez hors de doute:

Où, dès le mois passé, votre coeur magnifique Lisez-le donc tout haut, personne ici n'écoute.

Me promit, de sa grâce, une bague.
ÉRASTE lit.

ÉRASTE. « Vous m'avez dit que votre amour

Ah! j'entends. « Était capable de tout faire;

GROS-RENÉ. * Il se couronnera lui-même dans ce jour,

La matoise !
S'il peut avoir l'aveu d'un père.

ÉRASTE.
Faites parler les droits qu’on a dessus mon coeur,

Il est vrai , j'ai tardé trop longtemps « Je vous en donne la licence;

A m'acquitter vers toi d'une telle promesse : a Et, si c'est en votre faveur,

Mais... « Je vous réponds de mon obéissance. »

MARINETTE. Ah! quel bonheur ! O toi, qui me l'as apporté,

Ce que j'en ai dit n'est pas que je vous presse. Je te dois regarder comme une déité!

GROS-RENÉ.
Ho! que non!

ÉRASTE lui donne sa bague.
* Le mot badin signifiait autrefois non-seulement folátre, qui
aime à rire, mais encore niais, qui s'amuse à des niaiseries :

Celle-ci peut-être aura de quoi cette dernière acception est celle du vers de Molière.

Te plaire ; accepte la pour celle que je doi.

MARINETTE.

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SCÈNE II.

MARINETTE.
Monsieur, vous vous moquez; j'aurais honte à la
GROS-RENÉ.

[prendre.

VALÈRE, ÉRASTE, GROS-RENÉ. Pauvre honteuse, prends sans davantage attendre :

ÉRASTE. Refuser ce qu'on donne est bon à faire aux fous.

Eh bien! seigneur Valère? MARINETTE.

VALÈRE.
Ce sera pour garder quelque chose de vous.

Eh bien! seigneur Éraste?
ÉRASTE.

ÉRASTE.
Quand puis-je rendre grâce à cet ange adorable?

En quel état l'amour? MARINETTE.

VALÈRE.
Travaillez à vous rendre un père favorable.

En quel état vos feux ?
ÉRASTE.

ÉRASTE.
Mais s'il me rebutait, dois-je...

Plus forts de jour en jour.
MARINETTE.

VALÈRE.
Alors comme alors; Et mon amour plus fort.
Pour vous on emploira toutes sortes d'efforts.

ÉRASTE.
D'une façon ou d'autre il faut qu'elle soit vôtre :

Pour Lucile?
Faites votre pouvoir, et nous ferons le nôtre.

VALÈRE.
ÉRASTE.

Pour elle. Adieu, nous en saurons le succès dans ce jour.

ÉRASTE.
(Éraste relit la lettre tout bas.) Certes, je l'avoůrai, vous êtes le modèle
MARINETTE, à Gros-René.

D'une rare constance.
Et nous, que dirons-nous aussi de notre amour?

VALÈRE.
Tu ne m'en parles point.

Et votre fermeté
GROS-RENÉ.

Doit être un rare exemple à la postérité.
Un hymen qu'on souhaite,

ÉRASTE.
Entre gens comme nous, est chose bientôt faite. Pour moi, je suis peu fait à cet amour austère
Je te veux; me veux-tu de même?

Qui dans les seuls regards trouve à se satisfaire;
MARINETTE.

Et je ne forme point d'assez beaux sentiments
Avec plaisir. Pour souffrir constamment les mauvais traitements :
GROS-RENÉ.

Enfin, quand j'aime bien, j'aime fort que l'on m'aime. Touche, il suffit.

VALÈRE.
MARINETTE.

Il est très-naturel, et j'en suis bien de même.
Adieu, Gros-René, mon désir. Le plus parfait objet dont je serais charmé
GROS-RENÉ.

N'aurait pas mes tributs, n'en étant point aimé. Adieu, mon astre.

ÉRASTE.
MARINETTE.

Lucile cependant...
Adieu, beau tison de ma flamme.

VALÈRE.
GROS-RENÉ.

Lucile, dans son âme, Adieu , chère comète, arc-en-ciel de mon âme. Rend tout ce que je veux qu'elle rende à ma flamme. (Marinette sort.)

ÉRASTE.
Le bon Dieu soit loué! nos affaires vont bien; Vous êtes donc facile à contenter?
Albert n'est pas un homme à vous refuser rien.

VALÈRE.
ÉRASTE.

Pas tant
Valère vient à nous.

Que vous pourriez penser.

ÉRASTE.
GROS-RENÉ.
Je plains le pauvre here',

Je puis croire pourtant, Sachant ce qui se passe.

Sans trop de vanité, que je suis en sa grâce.

VALÈRE. "Ce mot vient de l'allemand herr, qui signifie seigneur. On

Moi, je sais que j'y tiens une assez bonne place. dit, par moquerie, un pauvre hère, pour dire un pauvre sei

ÉRASTE. gneur. (MÉN.)

Ne vous abusez point, croyez-moi.

VALÈRE.

Croyez-moi

Ne laissez point duper vos yeux à trop de foi.

ÉRASTE.
ÉRASTE.

La rigueur est extrême; Si j'osais vous montrer une preuve assurée

Doucement, Mascarille.
Que son cæur... Non, votre âme en serait altérée.

MASCARILLE.
VALÈRE.

Ah! monsieur, serviteur. Si je vous osais, moi, découvrir en secret...

ÉRASTE. Mais je vous fâcherais, et veux être discret. Vous nous fuyez bien vite! eh quoi! vous fais-je peur? ÉRASTE.

MASCARILLE. Vraiment, vous me poussez , et contre mon envie, Je ne crois pas cela de votre courtoisie. Votre présomption veut que je l'humilie.

ÉRASTE.
Lisez.

Touche; nous n'avons plus sujet de jalousie,
VALÈRE, après avoir lu.

Nous devenons amis, et mes feux que j'éteins,
Ces mots sont doux.

Laissent la place libre à vos heureux desseins.
ÉRASTE.

MASCARILLE.
Vous connaissez la main? Plút à Dieu !
VALÈRE.

ÉRASTE.
Oui, de Lucile.

Gros-René sait qu'ailleurs je me jette.
ÉRASTE.

GROS-RENÉ.
Eh bien! cet espoir si certain...

Sans doute; et je te cède aussi la Marinette.
VALÈRE, riant et s'en allant.

MASCARILLE.
Adieu, seigneur Éraste.

Passons sur ce point-là; notre rivalité
GROS-RENÉ.

N'est pas pour en venir à grande extrémité :
Il est fou, le bon sire.

Mais est-ce un coup bien sûr que votre seigneurie Où vient-il donc pour lui de voir le mot pour rire?

Soit désenamourée? ou si c'est raillerie?
ÉRASTE.

ÉRASTE.
Certes, il me surprend; et j'ignore entre nous,

J'ai su qu'en ses amours ton maître était trop bien, Quel diable de mystère est caché là-dessous.

Et je serais un fou de prétendre plus rien
GROS-RENÉ.

Aux étroites faveurs qu'il a de cette belle.
Son valet vient, je pense.

MASCARILLE.
ÉRASTE.

Certes, vous me plaisez avec cette nouvelle.
Oui, je le vois paraître.

Outre qu'en nos projets je vous craignais un peu, Feignons, pour le jeter sur l'amour de son maître. Vous tirez sagement votre épingle du jeu.

Oui, vous avez bien fait de quitter une place
SCÈNE IV.

Où l'on vous caressait pour la seule grimace;

Et mille fois, sachant tout ce qui se passait, ÉRASTE, MASCARILLE, GROS-RENÉ.

J'ai plaint le faux espoir dont on vous repaissait. MASCARILLE, à part.

On offense un brave homme alors que l'on l'abuse. Non, je ne trouve point d'état plus malheureux

Mais d'où diantre, après tout, avez-vous su la ruse? Que d'avoir un patron jeune et fort amoureux.

Car cet engagement mutuel de leur foi
GROS-RENÉ.

N'eut pour témoins, la nuit, que deux autres et moi, Bonjour.

Et l'on croit jusqu'ici la chaîne fort secrète
Qui rend de nos amants la flamme satisfaite.

ÉRASTE.
Bonjour.

Hé!
GROS-RENÉ.

que dis-tu?

MASCARILLE.
Où tend Mascarille à cette heure ?
Que fait-il? revient-il? va-t-il, ou s'il demeure?

Je dis que je suis interdit,
MASCARILLE.

Et ne sais pas, monsieur, qui peut vous avoir dit Non, je ne reviens pas, car je n'ai pas été;

Que, sousce faux semblant qui trompe tout le monde,

En vous trompant aussi , leur ardeur sans seconde Je ne vais pas aussi, car je suis arrêté; Et ne demeure point, car tout de ce pas même,

D'un secret mariage a serré le lien.

ÉRASTE. Je prétends m'en aller.

Vous en avez menti. i tend Mascarille ? pour, où va Mascarille ? est un lati

MASCARILLE. nisme : quo tendit?' (A.)

Monsieur, je le veux bien.

MASCARILLE.

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