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Si le chef n'est pas bien d'accord avec la tête, Ce que de votre cæur a possédé le mien.
Que tout ne soit pas bien réglé par le compas, Un courroux si constant pour l'ombre d'une offense
Nous voyons arriver de certains embarras; M'a trop bien éclairci de votre indifférence,
La partie brutale alors veut prendre empire Et je dois vous montrer que les traits du mépris
Dessus la sensitive, et l'on voit que l'un tire Sont sensibles surtout aux généreux esprits.
A dia, l'autre à hurhaut; l'un demande du mou , Je l'avoúrai, mes yeux observaient dans les vôtres
L'autre du dur; enfin tout va sans savoir où : Des charmes qu'ils n'ont point trouvés dans tous les
Pour montrer qu'ici-bas, ainsi qu'on l'interprète, Et le ravissement où j'étais de mes fers [autres,
La tête d'une femme est comme la girouette Les aurait préférés à des sceptres offerts.
Au haut d'une maison, qui tourne au premier vent : Oui, mon amour pour vous sans doute était extrême,
C'est pourquoi le cousin Aristote souvent

Je vivais tout en vous; et je l'avoúrai même,
La compare à la mer;d'où vient qu'on dit qu'au monde Peut-être qu'après tout j'aurai, quoique outragé,
On ne peut rien trouver de si stable que l'onde. Assez de peine encore à m'en voir dégagé :
Or, par comparaison (car la comparaison

Possible que, malgré la cure qu'elle essaie, Nous ait distinctement comprendre une raison, Mon âme saignera longtemps de cette plaie, Et nous aimons bien mieux, nous autres gens d'étude, Et qu'affranchi d'un joug qui faisait tout mon bien, Une comparaison qu'une similitude);

Il faudra me résoudre à n'aimer jamais rien. Par comparaison donc, mon maître, s'il vous plaît, Mais enfin il n'importe; et puisque votre haine Comme on voit que la mer, quand l'orage s'accroit, Chasse un caur tant de fois que l'amour vous ramène, Vient à se courroucer , le vent souffle et ravage,

C'est la dernière ici des importunités Les flots contre les flots font un remů-ménage

Que vous aurez jamais de mes voeux rebutés. Horrible; et le vaisseau, malgré le nautonier,

LUCILE. Va tantôt à la cave, et tantôt au grenier :

Vous pouvez faire aux miens la grâce tout entière, Ainsi, quand une femme a sa tête fantasque, Monsieur, et m'épargner encor cette dernière. On voit une tempête en forme de bourrasque,

ÉRASTE. Qui veut compétiter par de certains... propos;

Eh bien! madame, eh bien ! ils seront satisfaits. Et lors un... certain vent, qui, par... de certains flots, Je romps avecque vous, et j'y romps pour jamais, De... certaine façon, ainsi qu'un banc de sable... Puisque vous le voulez. Que je perde la vie Quand... Les femmes enfin ne valent pas le diable. Lorsque de vous parler je reprendrai l'envie ! ÉRASTE.

LUCILE.
C'est fort bien raisonner.

Tant mieux; c'est m'obliger.
GROS-RENÉ.

ÉRASTE.
Assez bien, Dieu merci.

Non, non, n'ayez pas peur Mais je les vois, monsieur, qui passent par ici.

Que je fausse parole; eussé-je un faible coeur
Tenez-vous ferme au moins !

Jusques à n'en pouvoir effacer votre image,
ÉRASTE.

Croyez que vous n'aurez jamais cet avantage
Ne te mets pas en peine. De me voir revenir.
GROS-RENÉ.

LUCILE.
J'ai bien peur que ses yeux resserrent votre chaîne.

Ce serait bien en vain.

ÉRASTE.
SCÈNE III.

Moi-même de cent coups je percerais mon sein, LUCILE, ÉRASTE, MARINETTE, GROS

Si j'avais jamais fait cette bassesse insigne
RENÉ.

De vous revoir après ce traitement indigne.

LUCILE.
MARINETTB.

Soit, n'en parlons donc plus.
Je l'aperçois encor; mais ne vous rendez point.

ÉRASTE.
LUCILE.

Oui, oui, n'en parlons plus; Ne me soupçonne pas d'être faible à ce point. Et pour trancher ici tous propos superflus, MARINETTE.

Et vous donner, ingrate, une preuve certaine Il vient à nous.

Que je veux sans retour sortir de votre chaîne, ÉRASTE.

Je ne veux rien garder qui puisse retracer Non, non, ne croyez pas, madame, Ce que de mon esprit il me faut effacer. Que je revienne encor vous parler de ma flamme. Voici votre portrait; il présente à la vue C'en est fait; je me veux guérir, et connais bien Cent charmes merveilleux dont vous êtes pourvue;

a

Mais il cache sous eux cent défauts aussi grands,

GROS-RENÉ, à Éraste.
Et c'est un imposteur enfin que je vous rends. Vous triomphez.
GROS-RENÉ.

MARINETTE, à Lucile.
Bon!

Allons, ôtez-vous de ses yeux.
LUCILE.
Et moi, pour vous suivreau dessein de tout rendre, Retirez-vous après cet effort de courage.

GROS-RENÉ , à Éraste.
Voilà le diamant que vous m'aviez fait prendre.

MARINETTE , à Lucile.
MARINETTE.
Fort bien !

Qu'attendez-vous encor?
ÉRASTE.

GROS-RENÉ, à Éraste.
Il est à vous encor ce bracelet.

Que faut-il davantage?
LUCILE.

BRASTE.
Et cette agate à vous , qu'on fit mettre en cachet. Ah! Lucile, Lucile, un cour comme le mien
ÉRASTE lit.

Se fera regretter, et je le sais fort bien.
« Vous m'aimez d'une amour extrême,

LUCILE. Éraste, et de mon coeur voulez être éclairci; Éraste, Éraste, un coeur fait comme est fait le vôtre « Si je n'aime Éraste de même,

Se peut facilement réparer par un autre. « Au moins aimé je fort qu'Éraste m’aime ainsi.

ÉRASTE. « LUCILE. »

Non, non, cherchez partout, vous n'en aurez jamais Vous m'assuriez par là d'agréer mon service; De si passionné pour vous, je vous promets. C'est une fausseté digne de ce supplice.

Je ne dis pas cela pour vous rendre attendrie; ( Il déchire la lettre.) | J'aurais tort d'en former encore quelque envie. LUCILE lit.

Mes plus ardents respects n'ont pu vous obliger : J'ignore le destin de mon amour ardente, Vous avez voulu rompre; il n'y faut plus songer. « Et jusqu'à quand je souffrirai;

Mais personne après moi, quoi qu'on vous fasse enten« Mais je sais, ô beauté charmante,

Naura jamais pour vous de passion si tendre. [dre, Que toujours je vous aimerai.

LUCILE. « ÉRASTE. »

Quand on aime les gens, on les traite autrement; Voilà qui m'assurait à jamais de vos feux;

On fait de leur personne un meilleur jugement. Et la main et la lettre ont menti toutes deux.

ÉRASTE.
(Elle déchire la lettre.) Quand on aime les gens, on peut, de jalousie,
GROS-RENÉ.

Sur beaucoup d'apparence avoir l'âme saisie;
Poussez.
ÉRASTE.

Mais alors qu'on les aime, on ne peut en effet
Elle est de vous. Suffit, même fortune.

Se résoudre à les perdre; et vous, vous l'avez fait.

LUCILE.
MARINETTE, à Lucile.
Ferme.

La pure jalousie est plus respectueuse.
LUCILE.

ÉRASTE.
J'aurais regret d'en épargner aucune. On voit d'un ceil plus doux une offense amoureuse.
GROS-RENÉ , à Éraste.

LUCILE.
N'ayez pas le dernier.

Non, votre cour, Eraste , était mal enflammé.
MARINETTE , à Lucile.

ÉRASTE.
Tenez bon jusqu'au bout. Non, Lucile, jamais vous ne m'avez aimé.

LUCILE.
Enfin voilà le reste.

Eh! je crois que cela faiblement vous soucie.
ÉRASTE.

Peut-être en serait-il beaucoup mieux pour ma vie,
Et, grâce au ciel, c'est tout.

Si je... Mais laissons là ces discours superflus : Je sois exterminé, si je ne tiens parole!

Je ne dis point quels sont mes pensers là-dessus. LUCILE.

ÉRASTE.
Me confonde le ciel, si la mienne est frivole!

Pourquoi?
KRASTE.

LUCILE.
Adieu donc.
LUCILE.

Par la raison que nous rompons ensemble,
Adieu donc.

Et que cela n'est plus de saison, ce me semble.
MARINETTE, à Lucile.

ÉRASTE.
Voilà qui va des mieux. Nous rompons?

LUCILE.

LUCILE.

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LUCILE.

A ma sotte maîtresse. Ardez: le beau museau, Oui, vraiment; quoi! n'en est-ce pas fait? Pour nous donner envie encore de sa peau! ÉRASTE.

Moi, j'aurais de l'amour pour ta chienne de face? Et vous voyez cela d'un esprit satisfait?

Moi, je te chercherais? Ma foi! l'on t'en fricasse LUCILE.

Des filles comme nous.
Comme vous.

GROS-RENÉ.
ÉRASTE.

Qui! tu le prends par là?
Comme moi?

Tiens, tiens , sans y chercher tant de façon, voilà

у LUCILE.

Ton beau galant - de neige, avec ta nonpareille ; Sans doute. C'est faiblesse Il n'aura plus l'honneur d'être sur mon oreille. De faire voir aux gens que leur perte nous blesse.

MARINETTE.
ÉRASTE.

Et toi, pour te montrer que tu m'es à mépris, Mais, cruelle, c'est vous qui l'avez bien voulu. Voilà ton demi-cent d'épingles de Paris, LUCILE.

Que tu me donnas hier avec tant de fanfare.
Moi? point du tout. C'est vous qui l'avez résolu.

GROS-RENÉ.
ÉRASTE.

Tiens encor ton couteau. La pièce est riche et rare; Moi? Je vous ai cru là faire un plaisir extrême. Il te coûta six blancs lorsque tu m'en fis don. LUCILE.

MARINETTE.
Point ; vous avez voulu vous contenter vous-même. Tiens tes ciseaux , avec ta chaîne de laiton.
ÉRASTE.

GROS-RENÉ.
Mais si mon cour encor revoulait sa prison; J'oubliais d'avant-hier ton morceau de fromage.
Si, tout fâché qu'il est, il demandait pardon? Tiens. Je voudrais pouvoir rejeter le potage

[grande;

Que tu me fis manger, pour n'avoir rien à toi. Non, non, n'en faites rien; ma faiblesse est trop

MARINETTE. J'aurais peur d'accorder trop tôt votre demande.

Je n'ai point maintenant de tes lettres sur moi; ÉRASTE.

Mais j'en ferai du feu jusques à la dernière. Ah! vous ne pouvez pas trop tôt me l'accorder,

GROS-RENÉ. Ni moi sur cette peur trop tôt le demander :

Et des tiennes tu sais ce que j'en saurai faire. Consentez-y, madame; une flamme si belle

MARINETTE. Doit, pour votre intérêt, demeurer immortelle.

Prends garde à ne venir jamais me reprier. Je le demande enfin, me l'accorderez-vous

GROS-RENÉ. Ce pardon obligeant?

Pour couper tout chemin à nous rapatrier,

Il faut rompre la paille. Une paille rompue Remenez-moi chez nous. Rend , entre gens d'honneur, une affaire conclue 3. SCÈNE IV.

Ne fais point les doux yeux; je veux être fâché.

MARINETTE.
MARINETTE, GROS-RENÉ.

Ne me lorgne point , toi ; j'ai l'esprit trop touché.

GROS-RENÉ.

Romps; voilà le moyen de ne s'en plus dédire;
MARINETTE.
O la lâche personne!

Romps. Tu ris, bonne bête !
GROS-RENÉ.
Ah! le faible courage!

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LUCILE.

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i Arder, abréviation de regarder. MARINETTE.

* Du temps de Molière on disait un galant, pour un næud J'en rougis de dépit.

de ruban.

3 L'usage de briser une paille, pour exprimer que tous les GROS-RENÉ.

serments sont rompus, remonte aux premiers temps de la moJ'en suis gonflé de rage.

narchie. On voit, dès 922, les seigneurs français, convoqués au Ne t'imagine pas que je me rende ainsi.

champ de mai par Charles le Simple, lui reprocher les conces

sions faites à Raoul, chef des Normands, puis s'avancer au pied MARINETTE.

du trône, et brisant des pailles qu'ils tenaient dans leurs mains, Et ne pense pas, toi , trouver ta dupe aussi.

déclarer par cette seule action que Charles avait cessé d'être

leur roi. Bellingen a trouvé l'origine de cet usage dans le droit GROS-RENÉ.

civil romain. Un homme qui faisait l'abandon de son bien à ses Viens , viens frotter ton nez auprès de ma colère. créanciers, était obligé de rompre un fétu de paille sur le seuil de MARINETTE.

sa maison, ce qui voulait dire qu'il faisait faux bond aux mar

chands, affront à ses amis, honte à ses parents, et rompait avec Tu nous prends pour une autre, et tu n'as pas affaire

tous.

»

MARINETTE.

Vous voulez , dites-vous, aller voir cette nuit
Oui, car tu me fais rire. Lucile? « Oui, Mascarille. » Et que pensez-vous faire?
GROS-RENÉ.

« Une action d'amant qui se veut satisfaire.
La peste soit ton ris! voilà tout mon courroux Une action d'un homme à fort petit cerveau,
Déjà dulcifié. Qu'en dis-tu? romprons-nous, Que d'aller sans besoin risquer ainsi sa peau.
Ou ne romprons-nous pas?

« Mais tu sais quel motif à ce dessein m'appelle; MARINETTE.

« Lucile est irritée. » Eh bien ! tant pis pour elle. Vois.

« Mais l'amour veut que j'aille apaiser son esprit. » GROS-RENÉ.

Mais l'amour est un sot qui ne sait ce qu'il dit.
Vois, toi.

Nous garantira-t-il, cet amour, je vous prie,
MARINETTE.

D'un rival, ou d'un père, ou d'un frère en furie?
Vois toi-même. « Penses-tu qu'aucun d'eux songe à nous faire mal? »
GROS-RENÉ.

Oui vraiment, je le pense; et surtout ce rival. Est-ce que tu consens que jamais je ne t'aime ? Mascarille, en tout cas, l'espoir où je me fonde, MARINETTE.

« Nous irons bien armés; et si quelqu'un nous gronde, Moi? ce que tu voudras.

« Nous nous chamaillerons. » Oui? Voilà justement GROS-RENÉ.

Ce que votre valet ne prétend nullement. [maître, Ce que tu voudras, toi. Moi, chamailler ?, bon Dieu! Suis-je un Roland, mon Dis.

Ou quelque Ferragus? C'est fort mal me connaître. MARINETTE.

Quand je viens à songer , moi qui me suis si cher, Je ne dirai rien.

Qu'il ne faut que deux doigts d'un misérable fer GROS-RENÉ.

Dans le corps, pour vous mettre un humain dans la Ni moi non plus.

Je suis scandalisé d'une étrange manière. [ bière, MARINETTE.

« Mais tu seras armé de pied en cap. » Tant pis :

Ni moi. J'en serai moins léger à gagner le taillis ?;
GROS-RENÉ.

Et de plus, il n'est point d'armure si bien jointe
Ma foi, nous ferons mieux de quitter la grimace. Où ne puisse glisser une vilaine pointe.
Touche, je te pardonne.

« Oh! tu seras ainsi tenu pour un poltron! »
MARINETTE.

Soit, pourvu que toujours je branle le menton.
Et moi, je te fais grâce. A table comptez-moi, si vous voulez, pour quatre,
GROS-RENÉ.

Mais comptez-moi pour rien s'il s'agit de se battre. Mon Dieu ! qu'à tes appas je suis accoquiné! Enfin, si l'autre monde a des charmes pour vous, MARINETTE.

Pour moi, je trouve l'air de celui-ci fort doux. Que Marinette est sotte après son Gros-René! Je n'ai pas grande faim de mort ni de blessure,

Et vous ferez le sot tout seul, je vous assure.

SCÈNE II.
VALÈRE, MASCARILLE.

VALÈRE.
SCÈNE PREMIÈRE.

Je n'ai jamais trouvé de jour plus ennuyeux.
MASCARILLE.

Le soleil semble s'être oublié dans les cieux;

Et jusqu'au lit qui doit recevoir sa lumière, « Dès que l'obscurité régnera dans la ville,

Je vois rester encore une telle carrière, « Je me veux introduire au logis de Lucile;. Que je crois que jamais il ne l'achèvera , « Va vite de ce pas préparer pour tantôt,

Et que de sa lenteur mon âme enragera. « Et la lanterne sourde, et les armes qu'il faut. » Quand il m'a dit ces mots, il m'a semblé d'entendre :

Chamailler, c'est frapper à coups d'épée ou de hache sur Va vitement chercher un licou pour te pendre. une armure de fer. Il semble que le mot soit ainsi dit, parce que Venez çà , mon patron; car, dans l'étonnement anciennement les hommes d'armes étaient armés de hauberts,

qui étaient faits de mailles de fer. Les combattants tåchaient Où m'a jeté d'abord un tel commandement,

de les démailler et ouvrir. (Nic. ) – Il ne se dit plus guère auJe n'ai pas eu le temps de vous pouvoir répondre ; jourd'hui qu'en parlant d'une dispute bruyante. Mais je vous veux ici parler, et vous confondre :

a Prendre la fuite, gagner un bois pour échapper à un dan.

ger; le sens de cette expression proverbiale en explique assez Défendez-vous donc bien, et raisonnons sans bruit. ' l'origine.

NOLIÈRE.

ACTE CINQUIÈME.

MASCARILLE.

Vous savez de tout temps que je suis un bon frère. Et cet empressement pour s'en aller dans l'ombre

VALÈRE.
Pêcher vite à tâtons quelque sinistre encombre... Je vous suis obligé, monsieur de la Rapiere.
Vous voyez que Lucile, entière en ses rebuts...

LA RAPIÈRE.
VALÈRE.

J'ai deux amis aussi que je vous puis donner,
Ne me fais point ici de contes superflus.

Qui contre tous venants sont gens à dégaîner, Quand j'y devrais trouver cent embûches mortelles, Et sur qui vous pourrez prendre toute assurance. Je sens de son courroux des gênes trop cruelles;

MASCARILLE.
Et je veux l'adoucir , ou terminer mon sort. Acceptez-les, monsieur.
C'est un point résolu.

VALÈRE.
MASCARILLE.

C'est trop de complaisance.
J'approuve ce transport:

LA RAPIÈRE.
Mais le mal est, monsieur, qu'il faudra s'introduire Le petit Gille encore edt pu nous assister,
En cachette.

Sans le triste accident qui vient de nous l'ôter.
VALÈRE.

Monsieur, le grand dommage! et l'homme de service!
Fort bien.

Vous avez su le tour que lui fit la justice;
MASCARILLE.

Il mourut en César, et, lui cassant les os,
Et j'ai peur de vous nuire. Le bourreau ne lui put faire lâcher deux mots.
VALÈRE.

VALÈRE.
Et comment?

Monsieur de la Rapière, un homme de la sorte MASCARILLE.

Doit être regretté; mais quant à votre escorte, Une toux me tourmente à mourir, Je vous rends grâces. Dont le bruit importun vous fera découvrir :

LA RAPIÈRE. (Il tousse.)

Soit; mais soyez averti De moment en moment... Vous voyez le supplice. Qu'il vous cherche, et vous peut faire un mauvais parti. VALÈRE.

VALÈRE. Ce mal te passera , prends du jus de réglisse. Et moi, pour vous montrer combien je l'appréhende, MASCARILLE.

Je lui veux, s'il me cherche, offrir ce qu'il demande,
Je ne crois pas, monsieur, qu'il se veuille passer. Et par toute la ville aller présentement,
Je serais ravi, moi, de ne vous point laisser; Sans être accompagné que de lui seulement.
Mais j'aurais un regret mortel, si j'étais cause
Qu'il fût à mon cher maître arrivé quelque chose.

SCÈNE IV.
SCÈNE III.

VALÈRE, MASCARILLE.
MASCARILLE.

[dace! VALÈRE, LA RAPIÈRE, MASCARILLE.

Quoi! monsieur, vous voulez tenter Dieu? Quelle auLA RAPIÈRE.

Las! vous voyez tous deux comme l'on nous menace; Monsieur, de bonne part je viens d'être informé Combien de tous côtés... Qu'Éraste est contre vous fortement animé,

VALÈRE. Et qu’Albert parle aussi de faire pour sa fille

Que regardes-tu là? Rouer jambes et bras à votre Mascarille.

MASCARILLE.
MASCARILLE.
C'est qu'il sent le bâton du côté que

voilà.
Moi, je ne suis pour rien dans tout cet embarras. Enfin, si maintenant ma prudence en est crue,
Qu'ai-je fait pour me voir rouer jambes et bras ? Ne nous obstinons point à rester dans la rue;
Suis-je donc gardien, pour employer ce style, Allons nous renfermer.
De la virginité des filles de la ville?

VALÈRE. Sur la tentation ai-je quelque crédit?

Nous renfermer, faquin! En puis-je mais, chétif, si le coeur leur en dit? Tu m'oses proposer un acte de coquin? VALÈRE.

Sus, sans plus de discours, résous-toi de me suivre. Oh! qu'ils ne seront pas si méchants qu'ils le disent!

MASCARILLE. Et quelque belle ardeur que ses feux lui produisent, Eh! monsieur mon cher maître, il est sidoux de vivre! raste n'aura pas si bon marché de nous.

On ne meurt qu'une fois, et c'est pour si longtemps !... LA RAPIÈRE.

VALÈRE. S'il vous faisait besoin, mon bras est tout à vous. Je m'en vais t'assommer de coups, si je t'entends.

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