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vé, à la reserve des Frontieres de Flandres & du Hainaut.

J'employai une grande partie de l'Eté à faire la Descriprion de ce pays; & je me joignis aux triangles de M. Maraldi du côté de Metz. Pendant ce tems , mon pere,

aidé de M. l'Abbé de la Caille, s'occupa à vérifier la base de M. Picard, & la direction de la Meridienne.

On ne voyoit plus, des deux termes de la base de M. Picard, que l'emplacement du moulin de Villejuive; & quand même on les auroit reconnu, les maisons qu’on a bâties, & la quantité d'arbres que l'on a plantés dans l’allignement de cette base , n'auroient pas permis de voir réciproquement ces deux termes.

Le parti que prit mon pere, après avoir bien examiné le terrein , fur de mesurer une autre base, à peu-près dans la même direction , & de la rapporter , soit à celle de M. Picard, au cas que l'on en pût reconnoître évidemment les

soit à un des côtés de ses triangles, Nous parlerons dans la suite, des différens moyens qui furent mis en usage pour tenter cette voie; il nous suffira de dire ici , qu'elles ont réussi toutes deux , & qu'il en a résulté, que la base de M. Picard étoit trop longue d'environ six toises.

Cette derniere correction concilioit toutes les Observations. Le degré de Bourges devenoit à la vérité plus petit qu'on ne l'avoit d'abord trouvé, en prenant un milieu entre les calculs fondés , l'un sur l'ancienne base de M. Picard, & l'autre sur celle du Berry; mais il étoit toujours plus grand que le degré de Perpignan. Enfin le degré de M. Picard se trouvoit plus court de 56 toises, indépendamment de la réfraction que nous avions employée dans nos arcs , & de la correction que mon pere avoit jugé devoir être faite à fa mesure.

termes ,

que l'on eût

Si l'accord de toutes les bases que nous avons mesurées en France,a pû paroître surprenant à tous ceux qui ont combiné les erreurs dont les opérations geométriques sont sufceptibles , je crois qu'ils se seroient encore moins attendus, pu reconnoître

par une suite de triangles prolongée dans une étendue de plus de 40 lieues, une différence de six toises dans une mesure actuelle. Cette circonstance seule parle plus en faveur de la précision de nos opérations, que ne peuvent les détruire toutes les combinaisons qu'on peut imaginer; puisqu'il est aussi impossible que les erreurs s'arrangent de maniere à produire les plus grandes différences , qu'il paroît difficile d'en éviter une partie.

Les vérifications que mon pere se proposoit de faire ne se bornerent point à la base de M. Picard; il étoit nécessaire de déterminer par de nouvelles Observations, les deux points du Nord & du Midi, par où passe le Meridien de l'Observatoire; on trouva par le calcul de plusieurs Observations, que la Tour de Montlhery en déclinoit de 11° 58' 28" au Sud-Ouest, & la Pyramide de Montmartre de 12" au Nord-Est. Suivant les Observations de Monsieur Picard , la déclinaison d'un pilier qu'il avoit fait planter , au même endroit où est maintenant la Pyramide de Montmartre, étoit de cinq à six secondes dans le même sens. Ainsi il ne se trouve entre le résultat de ses Observations & les nôtres, qu’une différence de 6", ce qui est à peu-près la plus grande précision à laquelle on puisse aspirer ; puisque l'erreur d'une seule seconde de tems dans l'Observation, en produit une de un à 12" dans la direction de la Meridienne.

Cette recherche étoit aussi utile pour s'assurer, fi la direction des Meridiens de la Terre étoit constante, ou si elle est, comme celle de l’aiguille aimantée, sujette à quelques

variations, comme quelques Auteurs l'ont avancé.

On étoit en même-tems occupé à l'Observatoire à déterminer avec le Secteur la hauteur solsticiale du Soleil , pour la comparer avec celle qu'on avoit observée l'année précédente à Bourges, au tems du Solstice d'Eté, avec le même Instrument , & pour vérifier , par ce moyen , l'arc du ciel intercepté entre Paris & Bourges. On le trouva à peu près le même

que celui qui résultoit des Observations des Etoiles qui passent près du Zenith.

OUTRE ces Observations, on en fit un très-grand nombre de la distance des Etoiles au Zenith , dont nous devions nous servir principalement pour déterminer l'arc du Meridien entre Paris & Dunkerke. On les continua jusqu'à la fin de Juillet, tems auquel M. l'Abbé de la Caille partit avec le Secteur pour venir à Dunkerke, où je m'étois rendu , après avoir déterminé les Frontieres du Royaume, depuis Dunkerke jusqu'à Sarre-Louis.

Les Observations de Paris furent achevées le 31 Juillet , & commencées à Dunkerke le 11 Août suivant, après un intervalle de dix jours. Cette circonstance étoit favorable

pour la détermination précise de notre arc. Car quoique l'on connoisse exactement les regles de l'aberration des Etoiles fixes, on conviendra qu'il vaut encore mieux que

les Observations soient faites de part & d'autre,dans des intervalles les moins éloignés les uns des autres qu'il est possible. J'avois destiné pour nos Observations le lieu même où

pere avoit fait les siennes en 1718, & d'où l'on voit la Tour de Dunkerke; l'on y plaça le Secteur , & la Pendule que l'on regla avec beaucoup de soin, pour y déterminer la direction du Meridien par le lever & le coucher du Soleil, de même que nous l'avions fait à Paris, & dans tous les

mon

autres lieux où nous avions observé les Etoiles. Nous

у

observâmes la distance au Zenith des Eroiles B & v du Dragon, de la Queue du Cygne, de la Claire de Persée, de la Chevre , & de la Lyre , presque toutes les mêmes

que
celles

que nous avions observées l'année précédente en divers endroits de la Meridienne; & il nous réufsit d'en faire près de 60 Observations , qui s'accordent à donner l'arc du Meridien entre l'Observatoire de Paris & la Tour de Dunkerke de 2° 11' 56", avec des différences, qui de la plus petite à la plus grande, ne s'en écartent guéres de plus de deux secondes.

On auroit pu se dispenser d'observer un si grand nombre d'Etoiles ; mais quelque précision que nous ayons jusques à présent reconnue dans la division de notre Secteur , comme il se pourroit faire qu'elle ne fût pas également exacte dans tous les points, il étoit à propos de s'en assurer

par

les Observations de plusieurs Etoiles , dont les distances au Zenith fussent éloignées les unes des autres.

Il étoit outre cela nécessaire de sçavoir si dans la mesure des arcs déterminés par le moyen des distances des Etoiles qui sont près du Zenith, on peut négliger la réfraction, ou si l'on doit y avoir égard comme mon Grand-pere la conclu des Observations qu'il a faites à ce dessein , & comme il résulte de toutes les théories que l'on a imaginées jusqu'à présent. C'est ce que nous avons reconnu évidemment , parce qu'en appliquant les réfractions aux Etoiles qui sont près du Zenith , de même qu'à celles qui en sont éloignées, il en a résulté une même quantité dans la grandeur des arcs déterminés par plusieurs comparaisons d'Etoiles , autrement nous aurions trouvé des différences très-sensibles dans une étendue de plus de huit degrés, telle que celle qui est com

mon pere

prise entre les deux extrémités de la Meridienne.

Nous mesurâmes aussi pendant notre fejour à Dunkerke une base de 6224 toises, avec le même foin que avoit pris dans celle de Paris, à la réferve qu'à la place des regles de fer dont il s'étoit fervi pour fa mesure, nous y employâmes, comme à l'ordinaire, des regles de bois du Nord, ferrées par les deux bouts, & fur lesquelles nous avions fait mettre plusieurs couches de peinture en huile. Cette précaution nous parut nécessaire , pour éviter l'effer de la séchereffe & de l'humidité, qui étoit à craindre dans une mesure faite fur le fable, que l'eau de la mer couvroit deux fois chaque jour , & où elle reftoit en quelques endroits , dans une étendue de plusieurs toises, à la profondeur de cinq à fix pouces.

C'est sur cette nouvelle base que nous avons calculé le premier côté d'un de nos triangles que l'on avoit aussi employé dans l'ancienne Meridienne, & qui s'est trouvée à très-peu-près conforme à ce qui résultoit de la base qui fut mefurée en 1718, presque dans le même endroit , & dont un des termes , qui est le Fort de Revers, est commun à toutes les deux.

Nous avons formé fur cette bafe une nouvelle suite de triangles presque tous différens de ceux de 1718 , & en moindre quantité, au moyen desquels nous sommes parvenus à Amiens.

La disposition du terrein ne paroissoit pas d'abord favorable. A la réserve de quelques Montagnes du côté de Dunkerke , & d'une chaîne de Montagnes aux environs de Bethune , lesquelles s'étendent de l'Occident vers l'Orient, ce sont des plaines , où font situés des Villages dont les Clochers paroissent au milieu d'un grand nombre d'arbres fort

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