Images de page
PDF
ePub

autres lieux où nous avions observé les Etoiles.

Nous y observâmes la distance au Zenith des Etoiles B & v du Dragon, de la Queue du Cygne, de la Claire de Persée, de la Chevre , & de la Lyre , presque toutes les mêmes que celles que nous avions observées l'année précédente en divers endroits de la Meridienne; & il nous réufsit d'en faire près de 60 Observations , qui s'accordent à donner l'arc du Meridien entre l'Observatoire de Paris & la Tour de Dunkerke de 2° 11' 58", avec des différences, qui de la plus petite à la plus grande, ne s'en écartent guéres de plus de deux secondes.

On auroit pu se dispenser d'observer un si grand nombre d'Etoiles ; mais quelque précision que nous ayons jusques à présent reconnue dans la division de notre Secteur , comme il se pourroit faire qu'elle ne fût pas également exacte dans tous les points, il étoit à propos de s'en assurer par les Observations de plusieurs Etoiles , dont les distances au Zenith fussent éloignées les unes des autres.

Il étoit outre cela nécessaire de sçavoir si dans la mesure des arcs déterminés par le moyen des distances des Etoiles qui sont près du Zenith, on peut négliger la réfraction, ou si l'on doit y avoir égard comme mon Grand-pere la conclu des Observations qu'il a faites à ce dessein , & comme il résulte de toutes les théories que l'on a imaginées jusqu'à présent. C'est ce que nous avons reconnu évidemment, parce qu'en appliquant les réfractions aux Etoiles qui font près du Zenith , de même qu'à celles qui en sont éloignées, il en a résulté une même quantité dans la grandeur des arcs déterminés par plusieurs comparaisons d'Etoiles , autrement nous aurions trouvé des différences très-sensibles dans une étendue de plus de huit degrés, telle que celle qui est comprise entre les deux extrémités de la Meridienne.

Nous mefurâmes ausfi pendant notre fejour à Dunkerke une base de 6224 toisesį, avec le même foin que mon pere avoit pris dans celle de Paris, à la réferve qu’à la place des regles de fer dont il s'étoit fervi pour fa mesure, nous y employâmes, comme à l'ordinaire, des regles de bois du Nord, ferrées par les deux bours, & fur lesquelles nous avions fait mettre plusieurs couches de peinture en huile. Cette précaution nous parut nécessaire , pour éviter l'effet de la sécheresfe & de l'humidité, qui étoit à craindre dans une mesure faite fur le fable, que l'eau de la mer couyroit deux fois chaque jour , & où elle reftoit en quelques endroits , dans une étendue de plusieurs toises, à la profondeur de cinq à fix pouces.

C'est sur cette nouvelle base que nous avons calculé le premier côté d'un de nos triangles que l'on avoit aussi employé dans l'ancienne Meridienne, & qui s'eft trouvée à très-peu-près conforme à ce qui réfultoit de la base qui fut mefurée en 1718, presque dans le même endroit , & dont un des termes , qui est le Fort de Revers, eft commun à toutes les deux.

Nous avons förmé sur cette bafe une nouvelle fuite de triangles presque tous différens de ceux de 1718, & en moindre quantité, au moyen desquels nous sommes parvenus à Amiens.

La disposition du terrein ne paroissoit pas d'abord favora. ble. A la réserve de quelques Montagnes du côté de Dunkerke , & d'une chaîne de Montagnes aux environs de Bethune , lesquelles s'étendent de l'Occident vers l'Orient , ce font des plaines , où font situés des Villages dont les Clochers paroissent au milieu d'un grand nombre d'arbres fort

[ocr errors]

Il élevés, & dont le sommet excéde souvent la pointe des Clo

chers. Cependant il nous a réussi d'observer tous les angles de nos triangles , en nous plaçant à la partie la plus élevée des fléches, qui se trouvoient souvent si embarrassées de charpente, que l'observation de quelques angles demandoit des peines & un travail de plusieurs jours.

Cette suite de triangles fut vérifiée par une autre dont les objets paroissoient encore mieux disposés, mais dont la direction se trouve un peu à l'Orient de la Meridienne. Cependant comme il falloit y employer un triangle de plus, nous jugeâmes devoir donner la préférence à la premiere suite, dont elle ne différoit que de cinq toises, sur toute la distance de Dunkerke à Amiens.

Suivant la premiere de ces suites, la distance de Sourdon à Villersbretonneux, commune à toutes les deux , fe trouva plus petite d'environ 15 toises que celle dont mon pere s’est servi dans le Traité de la Grandeur & de la Figure de la Terre ; ce qui s'approche de ce qui devoit résulter de la suite des triangles depuis Paris jusqu'à Sourdon , si l'on y avoit employé la base de M. Picard, telle qu'on la trouvée en dernier lieu.

Nous continuâmes nos opérations depuis Amiens jusqu'à Paris , en formant un grand nombre de suites de triangles, dans lesquelles nous subftituâmes plusieurs objets à ceux que M. Picard avoit employés dans la mesure de la Terre Nous choisissions ceux dont la disposition paroissoit plus favorable, & dont les angles étoient moins aigus. Nous parvînmes ainsi à la nouvelle base de Paris , qui s'est trouvée, suivant le calcul, plus petite seulement d'environ un pied , que celle qui avoit été mesurée. Cet accord de deux bases éloignées l'une de l'autre de 60 lieues, faisoit voir que s'il

y avoit eu quelque erreur dans nos opérations, elles s'étoient compensées , & qu’ainsi nous avions à très-peu-près la juste mesure de la distance de Dunkerke à Paris. Cependant comme cette compensation pouvoit ne s'être pas diftribuée également, pour ne rien laisser à désirer sur la précision de notre Ouvrage, nous jugeâmes devoir y employer une nouvelle base , & il nous réussit d'en trouver une aux environs d'Amiens , dont la longueur fut déterminée de 5242 toises 4 pieds. On pouvoit la lier aisément à toutes les suites de triangles que l'on avoit formées depuis Paris jusqu'à Dunkerke. Elle avoit outre cela cet avantage, que l'on découvroit d'une de ses extrémités la Cathédrale d'Amiens, de même que l'on voit l'Observatoire de la Pyramide de Villejuive.

Le calcul des suites de triangles, qui partant de Dunkerke viennent se réunir à cette base, en donne la longueur plus petite qu'on ne l'a déterminée par la mesure actuelle. On l'a trouve aussi plus petite par le calcul des différentes suites qui partent de Paris; mais les différences entre ces calculs & la mesure, n'excédent pas 4 à s pieds.

Suivant ces nouvelles mesures , la distance de Paris à Dunkerke , quoiqu’un peu plus courte, que celle qui avoit été déterminée dans le Livre de la Grandeur & de la Figure de la Terre , ne laissa pas de donner le degré du Meridien un peu plus grand, que celui que nous avions déduit de l'arc mesuré depuis Paris jusqu'à Bourges : de sorte qu'il paroît avec assez d'évidence , que les degrés du Meridien décroissent en allant vers l'Equateur , & par conséquent que la Figure de la Terre est applatie.

Apre's avoir rendu compte de nos opérations, il nous reste à parler de l'ordre que nous avons suivi dans cet ouvrage,

[ocr errors][merged small]

| & à indiquer les Méthodes dont nous nous sommes servis, pour calculer les Observations.

Nous avons divisé ce Livre en trois parties: la premiere contient le détail de tout ce qui a été fait par rapport à la figure de la Terre ; la seconde comprend tout ce qui peut avoir rapport à la Géographie, & à la Description geométrique du Royaume ; la troisiéme est un fidéle Extrait de nos Observations.

Dans la premiere Partie ,l'on a partagé la Meridienne en quatre arcs , pour donner à chaque mesure une étendue convenable, & pour laisser en même-tems moins de prise aux erreurs inévitables dans une longue suite d'opérations.

Ces quatre arcs sont ceux qui sont compris entre les paralleles de Dunkerke & de Paris ; de Paris & de Bourges ; de Bourges & de Rodés; de Rodés & de Perpignan.

Chacun de ces arcs a été déterminé en prenant un mi| lieu entre les résultats de plusieurs Observations ; les arcs célestes, par un milieu entre les comparaisons de plusieurs distances vraies au Zenith de différentes Etoiles, observées aux extrémités de chaque arc; & les arcs terrestres , par un milieu entre les résultats de plusieurs suites de triangles.

Nous rapportons séparément chacune de ces suites, tous les criangles qui les forment , leurs angles tels qu'ils ont été observés. L'on a reparti fur chacun des angles qui forment les triangles, à proportion de sa grandeur , la différence qui se trouvoit entre leurs sommes & 180 degrés. Ces angles ainsi corrigés , forment les triangles, que nous employons dans le calcul.

L'on trouve à la suite de ces triangles, la longueur de leurs côtés consécutifs, qui se trouvent les plus proches de | la direction du Meridien. Après avoir déduit des Observa

« PrécédentContinuer »