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I CHAPITRE CINQUIEME. Détermination de la grandeur des degrés de Longitude fous lell

parallele de. 43° 1. T E degré de latitude le plus meridional dont nous ayons L déterminé la grandeur , répond au parallele de 43°. En le comparant au plus septentrional, nous avons trouvé une augmentation vers le Pole assez petite , quoique sensible. Il restoit à examiner si en déterminant par des Observations immédiates le degré en longitude correspondant au 43° de latitude , on y trouveroit aussi une différence, avec le même degré de longitude calculé dans l'hypothese de la Terre sphérique. Car soit qu'on suppose la Terre applatie , soit Iqu'on la suppofe allongée vers les Poles , les paralleles à l’Equateur sont toujours représentés par des cercles, & les de-|| grés de chacun de ces cercles sont égaux entr'eux, avec cette différence, que les degrés des paralleles de la Terre applatie, sont plus grands que ceux de la Terre sphérique , & au contraire, ceux de la Terre allongée vers les Poles, sont plus petirs.

Cependant la Terre ayant une figure fort approchante de la sphérique , la recherche de la différence des degrés des paralleles devient très-délicate. On ne peut mesurer les longitudes dans le ciel que par le moyen du tems, dont une seconde répond à 15" de degré, & à près de 180 toises sur le parallele de 43°*. Il falloit donc pratiquer une Méthode qui fût , pour ainsi dire , exempte de toute erreur , ou du moins, puisqu’une telle Méthode est impossible , qui ne pût être sufceptible d'une erreur plus grande que de i" de tems. | J'ai annoncé dans le Discours Préliminaire (page 14) celle que nous y avons employée. Il me reste à m'étendre un peu sur les avantages qu'elle a sur toutes celles qui avoient lété mises en usage jusqu'alors, pour déterminer les différences de longitude entre deux lieux.

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La plus ancienne Méthode dont on se soit servi avec fuccès, est la comparaison des Observations des Eclipses de Lune, qui arrivent par toute la Terre dans le même instant. On y a fait servir ensuite les Observations des Eclipses de Soleil & des occultations des fixes par la Lune , ayant égard|| à l'effet de la parallaxe. Mais ces Phénomenes n'arrivant que très-rarement, on a donné la préférence aux Eclipses des Satellites de Jupiter , qui sont beaucoup plus fréquentes , & dont les phases se voyent avec plus d'évidence, que celles des Eclipses de Lune , que la pénombre rend toujours incer-| taines.

Mais quelques avantages qu'on ait retirés des Observations des Satellites pour connoître les longitudes , la maniere de s'en servir , quoiqu'exacte dans la théorie , ne nous promettoit pas une précision suffisante pour la circonftance présente. On ne pouvoit espérer que deux Observateurs, quoiqu'également exercés dans ces fortes d'Observations, placés dans des climats différens , observans avec des lunettes différentes , pussent distinguer dans la même feconde, l'instant où ils perdent de vûe , ou celui où ils commencent d'appercevoir un Satellite , dont la lumiere diminue ou augmente insensiblement, à proportion qu'il entre ou qu'il sort de l'ombre. Plusieurs autres circonstances, qu'ils seroit trop long d'exposer ici, sont la source des différences Ique l'on remarque dans les différentes comparaisons des Observations faites soit dans un même lieu , soit dans des climats fort éloignés. Elles ont fait limiter la précision de cette Méthode, dans les cas les plus favorables, à 10" del tems. | Il falloit donc chercher sur la Terre quelque Phénomene laue l'on pût voir à la vûe simple , produire , par exemple, un Signal instantané dans un lieu tellement situé, que deux| Observateurs postés dans deux lieux les plus éloignés qu'ils seroit possible, pussent l'appercevoir d'une maniere non équi|voque , & marquer chacun l'instant de son apparition. La différence des tems devoit donner celle des Meridiens.

On sent assez de quelle exactitude doit être cette Méthode,

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qui ne fuppose autre chose , si ce n'est que les Pendules/ soient bien reglées ; on fçait auffi que c'est une des opérations de l'Aftronomie la plus simple, & la plus facile à pratiquer exactement.

Il falloit ensuite déterminer par des mesures & par des opérations Trigonométriques, la distance des deux lieux où les Observations auroient été faites , & en déduire l'étendue de l'arc du parallele compris entre leurs Meridiens : nous allons rendre compte en détail de la maniere dont tout ceci a été exécuté.

Nous choisîmes les montagnes de Sette en Languedoc, & de Sainte Victoire en Provence, pour y faire les Observations du Signal dont nous venons de parler ; c'étoit un feu de dix livres de poudre à canon, qu'on allumoit le soir & le matin sur la Terrasse qui sert de couverture à l'Eglise des Saintes Maries , village situé sur le bord de la mer, près de l'embouchure du petit bras du Rhône. Ce feu paroissoit à la vûe simple & à la lunette comme un éclair, dont la durée n'étoit pas d'une demi-seconde de tems.

L'arc terrestre du parallele a été déterminé par une suite de quatre triangles calculés sur une base mesurée actuellement dans la plaine de la Crau. La longueur de cet arc nous étoit connue dès l'année précédente; on l'avoit déduite du calcul de neuf triangles, qui faisoient partie de la Perpendiculaire que nous avions tracée en 1738 à la distance de trois cens mille toises ; mais la connoissance du pays que nous acquîmes alors , nous fit connoître des Objets si avantageusement situés, que nous crâmes devoir former une nouvelle suite de triangles , pour conclure plus exactement & plus directement la longueur de l'arc du parallele , dont nous avions déterminé la grandeur dans le ciel, par l'Observation des | feux.

ARTICLE PREMIER. Mesure d'une base dans la plaine de la Crau d'Arles. Cette base est la plus grande de toutes celles qui ont été mesurées en France, le terrein où elle a été prise étoit assez étendu & assez uni, pour y en mesurer une beaucoup plus longue. Celle-ci n'a été limitée que par les circonstances nécessaires , pour la joindre à la suite des triangles , & par la rondeur de la Terre, qui n'auroit pas permis d'observer del chaque extrémité , l'Objet qui la lie à cette suite.

Elle part d'un Signal placé sur la rive gauche d'une rigole de la fosse Craponne, qui conduit l'eau à une Bastide appellée la Lieutenance. Elle est terminée par le milieu de la Tour la plus septentrionale du Château de la Ville de Salon. Sa direction fuit à très-peu-près celle du grand chemin d'Arles à Aix , appellé du tems des Romains , la voye Aurelienne. |

Les murailles & les fossés de la Ville ne permettoient pas de mesurer actuellement jusqu'à la Tour du Château qui en| dans son enceinte; nous fûmes donc obligés de faire une opération , pour déterminer la distance du centre de cette Tour à un piquet A ( voyez Planche 6 fig. 4) placé dans l'allignement de la base. Pour cet effet nous mesurâmes par deux fois la distance AB de ce piquet A à un autre B, placé parallelement aux murailles de la Ville , & l'ayant trouvée d'abord de 79 toises o pied 6 pouces 2 lignes, ensuite de 79 toises o pied 6 pouces 2 lignes, nous la supposâmes par un milieu de 79 toises o pied 6 pouces 1. D'un point C,à l'extrémité del la Terrasse supérieure du Château, & éloigné du milieu de la Tour de 10 toises o pied 1 pouce dans la direction de la bafe, nous observâmes l'angle ACB de 37° 43' 48"; du piquer A , l'angle CAB de 95° 38' 34" , & la hauteur du point C de 10° 35'45"; enfin du piquet B l'angle. CBA fut trouvé de 46° 38' 7". De-là nous conclûmes, par le calcul, que la distance horizontale du piquet A au point C, étoit de 92

toises 2 pieds 2 pouces, & au milieu de la Tour, de 102 toi-|| ses 2 pieds 3 pouces

Le 21, 22 & 23 Janvier 1740 nous mesurâmes la distance du piquet A au Signal de l'extrémité occidentale de la base : nous étions partagés en deux bandes, qui mesuroient lle long du même cordeau. La premiere trouva cette distance de 9250 toises 5 pieds 7 pouces , & la seconde de 9251|| toises 3 pieds 10 pouces 1. Il faisoit alors un vent extrêmement froid & violent , qui ne nous permettoit d'alligner notre cordeau qu'avec beaucoup de peine. Nous partageâmes donc en deux la différence, 4 pieds 3 pouces., & nous supposâmes la vraye distance de 925 1 toises i pied 8 pouces 8| lignes , & la longueur de la base entiere , de 9353 toises 4| pieds. 1 A 2987 toises depuis le milieu de la Tour, nous étions vis-à-vis de la porte d'un cabaret , appellé le Merle. Il est seul fur le bord septentrional du chemin , & notre direction en rasoit le bord meridional.

A 3087 toises , nous étions à la pointe du grand chemin de Salon à Tarascon. | A 5873 toises nous étions vis-à-vis de la Croix qui est fur le bord du grand chemin, notre direction étoit à 20 pieds || au Nord de cette Croix.

La mesure de cette base nous donne occasion de rapporter ici une autre mesure, que nous fimes en même-tems avec les mêmes regles de bois , quoiqu'elle|| n'ait pas de rapport avec les Opérations de la Meridienne.

Dans les différens Voyages que nous avons faits dans le Languedoc & dans la Provence, nous avons reconnu plusieurs Milliaires Romains, encore plantés ou couchés par terre, le long des anciens chemins : mais la plûpart paroissent déplacés. Ourre cela il est assez rare d'en trouver deux ou trois de suite. Nous en avons cependant rencontré trois , qui nous ont paru assez évidemment dans leur ancienne place. Ils sont dans une vallée sur le grand chemin d'Aix à Arles , à trois grandes lieues d'Aix, & à deux grandes lieues de Salon. Cel font trois groffes pierres d'une même figure, taillées en partie en cylindre, de 16|| à 17 pouces de diamétre sur cinq pieds de hauteur, le reste est à peu-près cubique, & sert de piedestal , ayant environ un pied & demi de largeur & del longueur sur un pied d'épaisseur. Nous n'y avons reconnu aucun veftigel d'inscription.

Le premier & le plus oriental qu'on rencontre à gauche du chemin, en alJiant d'Aix vers Arles, est un peu en-deçà d'une Maison seule , bâtie au bord du

chemin , & appellée Cafeneuve. Il est droit sur son pied. Le second est aussi un Ipeu en-deçà d'une autre Maison seule ou Cabaret, appellé le Crot. Il est ren

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