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Pagh de Sisagan : ce fut le noble prince Sempad, le chef » des descendans de Haïg, le bras droit de la nation Armé» nienne. Héros puissant et intrépide, il ceignit le diadème; » et fut ferme et redoutable aux méchans. Sa puissance sub» sista de longues années après lui,

du
temps

des rois Pagratides, et elle alla même cent vingt ans plus loin, à » cause de la forte situation du pays. Les derniers de ses » successeurs furent Sénék’harim et son fils Grégoire. Leur » royaume fut détruit du temps d'Eldigouz (1); une race

d'étrangers, de Persans, livra feur pays aux flammes, en »» l'an 615 de notre ère (1166 de J. C.). C'est ainsi qu'ils » passèrent et qu'ils furent entièrement anéantis. »

Il ne nous reste plus qu'à parler de l'ouvrage même que nous publions. Ce livre, intitulé Histoire des Orpélians,

uwwer ()rflylouing, est divisé en neuf chapitres, et il a dû être composé après l'an 1290 de J. C., puisque la date du dernier fait qu'il contient, se rapporte à cette époque. C'est plutôt une collection de fragmens historiques, qu'une histoire suivie , comme l'auteur, au reste, le dit lui-même dans son premier chapitre. Après avoir parlé de l'origine de la famille des Orpélians, qui vint s'établir en Géorgie long-temps avant la conquête de la Perse par Alexandre, il se contente de dire quelques mots sur l'accroissement rapide de leur puissance, et il passe aussitôt à l'histoire du prince Libarid, qui vivoit au milieu du Xi.' siècle. On trouve, après ce qui le concerne, une autre lacune jusqu'à l'époque où les rois de Géorgie, soutenus par les Orpélians, firent la conquête de l'Arménie septentrionale. Depuis lors,

(1) Ce personnage est l'atabek Schams-eddin Ildighiz, ou Eldigouz, souverain de l’Aderbaïdjan.

la narration est plus suivie ; mais cependant, telle qu'elle est, elle ne peut satisfaire complètement la curiosité d'un lecteur difficile. Nous chercherons, autant que nous le pourrons,

ձ réparer dans nos notes cette imperfection.

Le texte de cet ouvrage a déja été publié à Madras, en 1775, en un petit volume in-4.* de 144 pages, avec l'Histoire du patriarche Nersès I."", par le prêtre Mesrob, de Siounie. L'Histoire des Orpélians contient en particulier cinquante-trois pages (1). L'éditeur fut un certain Éléazar

(1) Ce volume porte le titre de Պատմութիւն մնացորդաց Հայոց եւ Վրաց, արարեալ յումեմնէ ի Մեսրոպայ քաՀանայէ ի Հողոց գեղջէ` ի Վայոց ձորոյ , յաչ խարէէն Սիւնեաց : Յամի տեառն 962։Նախ պատմելով զգալստեն (Օրբէլեանց։ Եւ ապա զվարուց սրբոյ մեծին

Ներսիսի։ Նաեւ զքաջա Մուշեղայ զսպարապետն Հայոց ։ Ի լոյս ածեալ տպիւք եւ ծախիւք Եղիազարու Շամիրեան կոչեցելոյ՝ աչ խատակցուԹբ Մովսէսի Բաղրամեան Հրաչանգչին իւրոյ։ Նաեւ քրթնա Թր վաստակօք Կարապետի Մկրտումեան սորին տպագրողի: Ի զբօսանս եւ զուարճութի սիրարփի սերնդյց եւ ԹարմաՀասակ մանկանցն Հայոց ։ 'Ի Հայրապետութե Տեառն Սիմօնի ամենայն Հայոց կաուղիկոսի: Յամի մարդեղութե բանին• 1775։ Եւ ի թուին Հայոց • 1224։ 'Ի Հնդիկս ի քաղաքն Մադրաս • ի տպարանի Յակոբայ Շամիրեան կռskyky: C'est-à-dire, Histoire des débris des Arméniens et des Géorgiens, faite par un certain Mesrob, prêtre du bourg d'Hoghots, pays de Važots-dsor, dans la province de Siounie, l'an du Seigneur 962. On raconte d'abord ce qui concerne l'arrivée des Orpélians; on trouve ensuite la vie du grand Saint Nersès et du vaillant Mouschegh, généralissime des Arméniens. Le tout a été mis au jour par les soins et avec les caractères d'Éléazar Schamiréan, aidé par Moyse Baghraméan, son instituteur, et par les pénibles travaux de Garabied Mégerdouméan, son imprimeur, pour l'amusement et l'instruction de ceux qui aiment la science, et pour la jeunesse Arménienne ; sous le patriarcat de Siméon , catholikos de tous les Arméniens , l'an 1773 de l'incarnation du verbe , 1224 de l'ère Arménienne. Aux Indes, dans la ville de Madras, dans l'imprimerie de Jacques Schamiréan.

de Schamir, ou Scharniréan, riche marchand, né au nouveau Djoulfah, près d'Ispahan, et établi alors dans l'Inde. Il avoit déjà fait imprimer dans la même ville, en 1772, un petit ouvrage pour exhorter ses compatriotes à secouer le joug des Musulmans , et il y avoit joint un précis trèssuccinct de l'histoire et de la géographie de l'Arménie. Éléazar fut aidé, pour son édition de l'Histoire des Orpélians, par deux autres Arméniens, Moyse Baghraméan et Garabied Mégerdouméan. Ces savans ignoroient le nom de l'auteur de l'ouvrage et son véritable titre; ils l'appelèrent improprement wwe F II pug, c'est-à-dire, Histoire des Géorgiens. Malgré tous leurs efforts, cette édition contient un grand nombre de fautes que nous avons corrigées dans la nôtre, sans que nous ayons jugé à propos de les indiquer plus particulièrement, à l'exception de quelques-unes, pour ne pas alonger notre travail par des notes indifférentes à nos lecteurs. Nous regrettons cependant beaucoup de n'avoir pas eu entre nos mains un manuscrit, pour pouvoir le faire avec plus de certitude; mais, malgré cela, nous croyons avoir été assez heureux pour faire disparoître toutes les taches qui déparent l'édition de Madras, et pour rétablir le texte dans loute sa pureté.

Nous pensons qu'il doit exister un manuscrit de l'Histoire des Orpélians, dans quelque bibliothèque de l'Allemagne; car il s'en trouvoit un dans celle de Jean Acoluthus, professeur de Breslau, comme on le voit dans une lettre de Lacroze à Théophile Bayer, datée de Berlin, le 11 mars 1717 (1).

(1) Acoluthi bibliothecam ipsi non invideo : utinam tamen uno aut altero è numero librorum Armenicorum, quos istic perlustravi, mihi per brevissimum temporis spatium usura concederetur. Indè, ut nosti,

Cet Acoluthus savoit un peu d'arménien : il avoit rassemblé plusieurs ouvrages écrits en cette langue, et fait fondre des caractères pour imprimer le prophète Abdias, qu'il publia à Léipsig, en 1680, un volume in-4°, avec une version Latine et des notes. C'est sur le manuscrit de l'Histoire des Orpélians, qui appartenoit à ce savant, que Lacroze a fait la traduction Latine du commencement du sixième chapitre, qui est publié dans sa correspondance avec Théophile Bayer, et auquel il a joint quelques courts extraits du même livre, relatifs aux Tartares (1). Ces divers morceaux ont été réimprimés,

ans aucun changement, en 1810, à Saint-Pétersbourg sous le titre de Excerpta ex libro Stephani, Synensis archiepiscopi, scripto sub finem sæculi xili, cui titulus est: wwSneebese (rubbuug [ Badmuthiun Orbéleanzz ], Historia Satraparum Orbelensium, in majore Armenia; à M. V. Lacrozio, BAYERO transmissa. On les trouve dans le premier et l'unique cahier d'une collection de pièces relatives à l'Orient, que M. Jules de Klaproth se proposoit de publier successivement, et qui étoit intitulé, Archiv für Asiatische litteratur, geschichte und sprachkunde, erster band, in-4.', p. 114-118.

On voit, par plusieurs passages de la correspondance de Lacroze avec Théophile Bayer, qu'il attachoit la plus grande importance à la publication de l'Histoire des Orpélians, dont il paroît qu'il avoit fait une traduction complète. Quoique l'auteur n'ait pas mis assez d'ordre dans sa narration, et que la série des faits soit souvent interrompue par

descripsi olim Stephani Synensis historiam Satraparum Orpelensium, libellum quantivis pretii. (Thesaurus epistolicus Lacrozianus, tom. III, P. 24.)

(1) Thesaurus epistolicus Lacrozianus, tom. III, p.s et 6, et 11-14.

de grandes lacunes, nous pensons que cet ouvrage mérite de tout point l'estime qu'en faisoit Lacroze : il peut être utile de diverses façons pour l'histoire générale de l'Asie , non-seulement par ce qu'il contient sur la famille Orpéliane, qui ne peut se trouver ailleurs, mais encore par ce qu'il rapporte des conquêtes des Mongols, et des révolutions arrivées dans la Géorgie, dont les annales nous sont fort mal connues. Nous croyons donc rendre service aux amateurs des lettres orientales, en donnant le texte et la traduction complète de cette histoire. Ce sera le premier texte original Arménien publié en entier en France, avec une traduction française.

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