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» de courage dans la guerre qu'il fit à Azon, il leur donna, suivant » leur rang, des places ou des récompenses, et il les appela Aznaouri (a).

» Après l'invasion d'Alexandre en Géorgie, on cessa d'y marger » de la chair. humaine, à l'exception cependant de celle qu’on offroit » dans les sacrifices. Sous le règne de P’harnavaz, tous les Géorgiens » vivoient heureux et tranquilles, et ils se disoient : Remercions le sort

qui nous a donné un roi de la race de nos pères , et qui nous a délivrés, v ainsi que nos parens, des tributs et des nauvais traiteinens de nos » ennemis.

» P'harnavaz fut le premier roi de Géorgie de la race de Schina» K'harthli. Il répandit sa langue maternelle dans toute la Géorgie. » C'est aussi lui qui donna une écriture à son peuple (b). Lorsqu'il » mourut, il fut enterré auprès de l'idole Armazi. » ( Klaproth, Reise in den Kaukasus und nach Georgien, tom. II, p. 92-100.)

(23). On verra bientôt qu'il ne faut pas prendre ces expressions trop à la lettre.

(24) J'ai trouvé ces mots employés à-peu-près dans le même sens dans une note communiquée à M. Adler ( Museum Cuficurn Borgianum, p. 163 ) par un Géorgien nommé Avoutandil, attaché à la congrégation de la Propagande. Ces mots, selon ce Géorgien, signifient vita Kartlidis; et ils sont le titre de la fameuse Histoire de Géorgie de Vakhtang.

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(a)

Ce mot signifie actucllement en Géorgie, noble; il est dérivé des mots Azona-oureis, c'est-à-dire, appartenant à Azon. (Voyez Guldenstedt, Reise nach Gorgien, tome 1.", pag. 351. J. de Klaproth, Reise in den Kaukasus und nach Georgien, tome 1.", page 740, et tome II, page 101). Mais il nous paroît bien plus probable qu'il vient de l'arménien www.np aznavor, qui signific noble, homme d'une origine illustre, héros, guerrier vaillant. Schérifeddin-Ali-Iczdy, historien de Timour, fait plusieurs fois mention, dans la vie de cc conquérant, de guerriers ou nobles Géorgiens , nommés par

oghi;l Aznawer, et qui sont les mêmes que ceux dont nous parlons. ( Ms. Persan, n.° 71, folio 294 recio, 305 verso, er 380 verso.)

(6) On dit, au rapport du prince David, dans sa petite Histoire de Géorgie, écrite en russe,

lui

qu'il fut l'inventcur de l'écriture cursive en usage dans ce pays , et qui s'appelle

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mkhedrouli- kheli, ce qui signific main de guerre. Les Géorgiens ont une autre écriture, reservée pour les livres d'église, qui se nomme khoudsouri. ( Voyez J. de Klaproth, tome II, pages 100 et 101). Les Arméniens prétendent que l'écriture fut donnée aux Géorgiens, au commencement du vie siècle, par Mesrob, inventeur de l'alphabet Arménien. Vide Mos. Khor., lib. II, cap. 54, pag. 299 et 300.

(25) Cet historien vivoit à la fin du XII. siècle ; il étoit prêtre et né à Ani, où il étoit attaché à l'église patriarcale de cette ville ; c'est de là que lui vient le surnom d'Anetsi. Il avoit beaucoup de savoir et de connoissances des langues : il composa une Histoire des Arméniens, des Géorgiens et des Persans, qui étoit fort estimée des Arméniens, mais qui est perdue maintenant; il n'en reste plus que quelques fragmens dans l'historien Vartan, qui vivoit dans le xiv. siècle, et dans l'Histoire que nous publions. Mékhithar Anetsi composa encore plusieurs autres ouvrages, et traduisit des livres d'astronomie du persan en arménien. (Serpos, Compendio storico degli Armeni, tom. III, pag. 521. – Tchantchéan, Histoire d'Arménie, tom. III, pag. 169.)

CHAPITRE II.

(1) Au lieu de cette date, l'édition de Madras porte celle de l'an 958 de l'ère Chrétienne[ 408 de l'ère Arménienne ), ce qui est un énorme anachronisme. Le manuscrit original avoit peut-être déjà cette faute, ou bien le copiste avoit laissé en blanc l'espace où devoit se trouver cette date, et l'éditeur aura commis l'erreur en voulant remplir cette lacune. L'invasion des Turks dont il est question dans ce chapitre, a été faite sous l'empire des Seldjoukides; on ne peut conséquemment placer sous l'année 958 une expédition faite par des souverains dont la race ne vint s'établir dans la Perse et dans l’Arménie qu'après l'an 1000 de J. C.

Mathieu d'Edesse place l'invasion des Seldjoukides en Arménie à l'année 498 de l'ère Arménienne ( 1049 de J. C. ]; Ibn-alathir, dans son Histoire universelle intitulée Esloul Job Kunnel-a!tewarikh , la met à l'an 440 de l'hégire [ 1048 et 1049 de J. C. ]; Cédrénus, Zonare, ainsi que tous les historiens Arméniens, la fixent vers l'an 1048 et 1049. C'est en conséquence que nous avons corrigé notre texte. La durée de cette expédition fut assez longue; elle commença en l'an 1048 et elle ne se termina qu'en 1049: c'est au moins ce qu'on peut raisonnablement conclure de la narration de ces différens écrivains. Comme notre auteur n'a parlé de cet événement que très

succinctement, et même d'une manière très-infidèle pour flatter sa famille, nous allons rapporter

les récits des auteurs Grecs, Arméniens et Arabes, qui pourront contribuer à bien faire connoître les diverses circonstances de cette mémorable expédition.

Le moine Cédrénus, qui vivoit avant la fin du XI.° siècle, est le premier des écrivains Grecs, et, à proprement parler, le seul qui ait raconté l'histoire de l'invasion des Seldjoukides dans l'Arménie et sur les terres de l'empire d'Orient. Comme il étoit à-peu-près contemporain, son récit paroît mériter une grande confiance; nous allons donc le rapporter dans toute son étendue.

Après avoir parlé de l'origine des Turks Seldjoukides et de l'établissement de leur empire, d'une manière un peu confuse, Cédrénus raconte l'expédition de Koutoulmisch ( K872ovuðs], cousin du sultan Thoghrul-Begh, dans la Mésopotamie, contre les princes Arabes qui en étoient les maîtres; il parle de sa défaite, de sa retraite à travers les montagnes des Kurdes et les possessions Romaines dans la Médie et sur les bords du lac de Van, ainsi que des combats qu'il eut à soutenir contre les généraux Romains qui gouvernoient dans provinces, et qui lui refusèrent le passage ( Cédrénus, tome II, pages 769 et 770 ). Ces événemens sont rapportés avec bien plus de détails dans l'Histoire Arménienne de Mathieu d'Édesse ( ms. Arménien, n.o 95, fol. 85 recto et verso, et n.o 99, fol. 127 recto et verso ), et dans la Chronique d'Ibn-alathir ( ms. Arabe non coté, tom. III, fol. 208 recto-213 verso). Pour venger cet affront, le sultan Thoghrul-Begh [ Tazłegrímně ] envoya son neveu Asan, surnommé le Sourd ('Aran, À negóuevov xwpor ), pour ravager l'Arménie. Ce général paroît être le même qu'Arslan, l'un des premiers princes Seldjoukides venus dans l'occident. Il fut aussi vaincu. Le sultan envoya alors son autre reveu , Ibrahim-Inal [ 'Abeguíos'Areiu], avec une armée bien plus nombreuse que les précédentes, pour faire la conquête de l'Arménie.

« Asan, qui avoit été envoyé par le sultan [ 0817vos ] contre les » Romains, s'avança au-delà de Tébriz (Tapéssor ] et de Téflis

[ Teqris], et entra dans le Vasbouragan (Baas wegenarias ], brûlant et » dévastant tout, tuant tous ceux qu'il rencontroit, et n'épargnant »> pas même les enfans en bas âge. Aaron-Vestès ['Aapor Béoms] (a),

(a) Le nom ou le titre de biens se rencontre souvent dans l'histoire Byzantine, toujours porté

» fils de Vladisthlave [ Bradyofadébos], frère de Prusianus [ TIpXoravo's], » qui étoit alors gouverneur du pays, voyant qu'il n'étoit pas en » mesure de combattre et qu'il n'avoit point une force suffisante pour » résister à une si grande quantité de Turks, envoya un message à » Vestès-Catacalon ( Besus Karardya's ], surnommé le Brûlé [ ó xexau» péros ), gouverneur d'Ani et de l'Ibérie [ + ’Aviou sỹ tõs '16neias na

Papgorta ), pour qu'il vînt le secourir, quelles que fussent ses forces. » Aussitôt

que celui-ci eut reçu ce message, il anima par ses discours » les soldats qui étoient auprès de lui et se hâta de se mettre en marche, » pour faire sa jonction avec Aaron. Lorsque ces deux généraux eurent » réuni leurs forces, on mit en délibération si l'on devoit attaquer de » nuit, ou s'il falloit combattre les ennemis en plein jour. Catacalon » rejeta l'un et l'autre avis , et par un autre moyen il parvint à » tromper les Turks. Il ordonna d'abandonner le camp dans l'état » où il étoit, avec les tentes, les bêtes de somme et tous les bagages; » puis, pendant la nuit, il fit disposer dans des lieux convenables » des embuscades, pour que, quand les Turks viendroient, trouvant » le camp vide de guerriers, ils se livrassent au pillage, et qu'alors, en » sortant subitement des embuscades, on pût fondre sur eux. Ce qu'il » avoit prévu arriva. Le lendemain, Asan sortit de son camp qui » étoit situé sur le bord du fleuve Stragna (a), et s'avança pour » combattre. Comme personne ne se présenta, il parvint jusqu'au » camp des Romains: n'y trouvant aucune garde, n'entendant aucune » voix, il pensa que tout étoit en sa puissance et que les Romains » avoient pris la fuite; on fit alors, par plusieurs endroits, irruption » dans le camp, et il ordonna d'enlever le butin. Cependant, å » la tombée du jour, les Romains sortirent de leurs embuscades, » formèrent leurs bataillons, et fondirent sur les Turks, qui ne » purent résister à leur choc et prirent aussitôt la fuite. Asan fut » un des premiers qui succombèrent en combattant. Toute la fleur » de l'armée périt; ceux qui échappèrent étoient en petit nombre

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par des personnages marquans. On le trouve aussi chez les Arméniens, sous la forme ukuta vesd, et, selon cux, il signific noble ou grand prince. (Tchamtch. Histoire d'Arménie, tome II, pages 919, 968 et 972.) Je le crois d'origine Arméniennc, car l'histoire ne le donne qu'à des princes Arméniens et Géorgiens de naissance d'o ne, ou bien å des généraux Grecs qui avoient commandé, soit dans l'Arménie, soit dans la Géorgic.

fa) Elegyva. J'ignore dans quelle partie de l'Arménie il faut placer ec fleuve.

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v et nus. Ils se réfugièrent par les montagnes dans les villes de la » Persarménie.

» Le sultan , instruit de cette défaite par les fugitifs, tomba dans un » fort grand chagrin, et ne s'occupa plus que des moyens de réparer » ce malheur. Il forma une armée choisie de cent mille hommes, » composée de Turks , de Cabires (a) et de Dilémites (b); il en » confia le commandement à Ibrahim-Inal (c), son frère, issu d'un » autre lit, et il l'envoya contre les Romains. Lorsque les généraux » dont nous avons déjà parlé furent informés de son approche, ils » réunirent leurs troupes, et tinrent conseil pour savoir ce qu'ils avoient » à faire. Catacalon pensoit qu'il étoit convenable de marcher avec » ce qu'on avoit de forces, de se porter à la rencontre des Turks » hors des limites du territoire Romain, et de les y combattre, parce » que la plupart d'entre eux étoient sans chevaux, que le reste de » leur armée étoit fatigué de la longueur du chemin, et qu'enfin ils » manquoient des fers nécessaires pour garnir les pieds de leurs che» vaux, tandis qu'au contraire les Romains, animés par leur précé» dente victoire, étoient pleins d'audace et brûloient de se mesurer » avec l'ennemi. Malgré cela, Aaron fut d'un avis contraire; il dit qu'il » falloit retenir l'armée, fortifier les villes et les châteaux en les » environnant tous de murs, puis en avertir l'empereur, et qu'il ne » falloit point, sans son consentement, aller combattre avec le peu » de troupes qu'on avoit cette multitude de barbares. Tous les généraux » furent convaincus par

le discours d'Aaron ; ils conduisirent aussitôt » l'armée vers l'Ibérie, et vinrent dans une plaine nommée par les » indigènes Osourtrou ['Oop sou ), où ils campèrent en rase campagne. » Bientôt toute la population des campagnes, les femmes et les en» fans, s'enfermèrent dans les lieux fortifiés avec tout ce qu'ils avoient » de plus précieux. On expédia ensuite un courrier à l'empereur

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(a) Kubípon. J'ignore quel étoit ce peuplc, dont il est souvent question dans Cédrénus. Ce sont peut-être Ics Kurdes, dont il aura corrompu le nom.

(6) Au lieu de Arquites, nom d'un peuple inconnu. Je pense que ce nom est altéré dans la texte de Cédrénus, et qu'il faut le remplacer par celui de acaruntür, les Dilémites, qui étoient fort célèbres alors dans l'Orient.

(c) 'Abequies 'Arsine i irreglunna åsoapès wiri. Selon tous les écrivains Orientaux, il étoit fils de Mikhaïl et frère du sultan Thoghrul-Begh, comme dans Cédrénus. ( Ibn-alathir , ms. non coté, tome IV, folio 10 recto. Abou'lféda, Annal. Moslem. tom. III, p. 131. ) Cependant Mirkhond

en fait un oncle maternel de ce prince, syslog slys; j'ignore sur quelle autorité. Voyez Rouza

assafa, ms. de l'Arsenal, tome IV, folio 84 verso.

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