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Mamkon, forcé de quitter la Perse pour

habiter l'Arménie, alla à la rencontre de Tiridate , roi d'Arménie, quand il rentra dans son pays et qu'il remonta sur le trône de ses pères, dont il avoit été dépouillé par les Persans ; ce qui arriva en l'an 259 de J. C. Mamkon abandonna les troupes Persanes , et se mit à son service avec tous les siens. Tiridate le reçut avec distinction , mais il ne le conduisit pas avec lui pour combattre les Persans; il lui donna un lieu pour y habiter avec sa famille, et lui fournit des provisions. Mamkon et ses Chinois menèrent pendant plusieurs années ụne vie errante (1), jusqu'à ce que Tiridate leur donna la province de Daron , possédée par les Selgouniens , qui s'étoient révoltés contre lui et avoient soutenu le parti des Persans.

C'est en lan 259 de J. C. que Tiridate remonta sur son trône; et il y avoit alors plusieurs années que les Mamigonéans étoient établis en Arménie, puisque ce fut sous Ardeschir, fils de Babek , premier roi de la race des Sassanides, qu'ils vinrent de Chine en Perse, et que ce ne fut qu'au comiencement du règne de son fils Schahpour qu'ils passèrent en Arménie Ardeschir Babégan cessa de vivre en l'an 240;

երդոքեալ նմա Հօրն իմոյ ի լոյսն արեգական• այլ, վասն անխռով զքեզ առնելոյ, Հալածեցի զնա յաչ խարՀէս իմմէ յեզր երկրի , եւ ի մուտ» արեւը, որ Հաւասար է նմա մաֆուր եւ արդ` մի լիցի պատեբազմ՝ ընդ իս, եւ ընդ քեզ : Եւ զի՞, քան զամ՝ բնակեալս ի վր երկրի, ասեն խաղաղասէր գոլ զազգդ Ճենաստանաց, յանձն առնում առնել (Տաշտութիւնն : Mos. Khor. lib. II, cap. 78 , p. 20; et 206.

(1) Բայց՝ Մամգոնայ, յոչ կամաց եկեալ յաչ խարէս մեր, Ժանդիպեցաւ գալստեան Տրդատայ, եւ ոչ դարձաւ ընդ զօրս Պարսից , այլ ամ՝ իւրով աղխիւ ընդ առաջ գնաց Տրդատայ • մեծաւ թագաւ ընկալաւ զնա Տրդատ , բայց` ընդ իւր ի պատերազմ ոչ էառ,

երկիրն Պարսից, այլ՝ ետ տեղի աղխի նորա եւ ռոճիկ ի կերակուր՝, փոխելով ի տեղի ի տեղւոջէ 3°բովանդակ ամա ։ Ibid.

ք.

206.

պաստա

c'est donc péu avant cette époque qu'il faut placer l'arrivée de Mamkon en Perse. Ces princes descendoient de la race royale, qui gouvernoit le pays de Djénasdan. Si nous ouvrons l'histoire Chinoise à l'époque dont il s'agit, nous verrons que la grande dynastie des Han , déjà très-affoiblie depuis longtemps, cessa de régner en lan 220. Son dernier empereur, Han-hian-ti, céda la couronne à Tsao-pi , fondateur de la dynastie des ’Weï, tandis que Lieou-paï, nommé ensuite Tchaolie-ti, qui étoit issu d'une branche collatérale des Han, parvint à se faire aussi déclarer empereur, et à foriner, avec quelques provinces de la Chine, un état dans lequel il résista à l'usurpateur, et qui subsista pendant quarante-trois ans. Il ne s'écoula qu’une vingtaine d'années entre l'époque de la destruction de la dynastie des Han et l'année la plus rapprochée de nous, que l'on puisse assigner à l'arrivée des Mamigonéans en Perse. Au milieu des troubles qui déchirérent la Chine à cette époque, il ne seroit pas étonnant que quelques princes, de la race impériale des Han aient été forcés de chercher un asyle loin de leur patrie: il nous paroît fort vraisenıblable que les Mamigonéans sont ces mêmes fugitifs, et que le roi du Djénasdan, qui demanda leur extradition au roi de Perse , étoit l'empereur des 'Weï, fort intéressé à les avoir en sa puissance. L'histoire de la Chine fait ellemême foi qu'un grand nombre de mécontens se retirèrent alors dans la Tartarie , d'où ils purent facilement passer en Perse. Tous les historiens Arinéniens font mention de l'origine Chinoise des Mamigonéans : nous nous contenterons de citer Mesrob de Siounie, qui écrivoit, en l'an 962, l'histoire du patriarche Nersès le Grand (1), et Faustus de Byzance,

(1) Cap. 11, p. 134, édition de Madras.

évêque du pays

des Saharhouniens, qui composa , en lan 390, son histoire d'Arménie.

Voici, selon cet historien, ce que disoit, peu avant cette époque, un prince de cette race, Manouel, qui revint de Perse en l'an 381, pour venger la mort de son frère Mouschegh , que le roi Varaztad avoit fait périr. Il s'exprimoit ainsi dans son message : « Animés du même esprit que nos » ancêtres , qui depuis long-temps se sont consacrés à votre » race , nous nous sommes dévoués au service des Arsa» cides, nous nous sommes sacrifiés pour vous : nos aïeux se » sont tous précipités au milieu des combats pour vous, et

Vasag, père de Mouschegh, a péri pour Arschag. Nous » avons été perpétuellement accablés de travaux et de fatigues, » pour soutenir la puissance de votre famille. En échange de » notre vie , nous avons accepté les périls ; les uns ont suc»» combé

par

le fer des ennemis; et ceux qui sont restés parmi » vous, ont été massacrés par les ordres des Arsacides. Le vail» lant Mouschegh, mon frère, qui, dès son enfance, a com» battu pour vous, qui a vaincu et anéanti vos ennemis , lui » qu'ils n'ont

pu
faire
périr, il a fallu

que

tu le fisses étrangler » sur son lit. Tu n'es pas du sang des Arsacides, tu n'es que » le fils de l'adultère; aussi c'est pour cela que tu ne te montres » pas digne d'eux. Nous ne sommes point vos serviteurs, » nous sommes vos alliés, et même vos supérieurs, car nos » ancêtres étoient rois du Djénasdan. Des querelles frater» nelles firent verser beaucoup de sang; c'est là ce qui » nous a amenés chez vous : nous y avous trouvé le repos et » nous nous y sommes fixés. Les premiers rois Arsacides sa» voient qui nous étions; mais toi ,

qui n'es

pas » sors de l'Arménie, si tu ne veux mourir par nos mains (1).

de leur sang,

(1) Եւ յետ այսորիկ պատգամ՝ ղեր սպարապետն Մանուել առ

Les négociations qui eurent lieu, entre les rois de Perse et le souverain de la Chine, pour l'extradition des Mamigonéans, prouvent que les sujets des deux empires se connoissoient fort bien, et que, quoique les deux états fussent séparés par toute la largeur de l'Asie, ils avoient des relations fréquentes, et exerçoient une grande influence politique l'un sur l'autre. Si, pour ne pas violer les droits de l'hospitalité, le roi de Perse se décida à envoyer en Arménie les réfugiés Chinois, au lieu de prendre leur défense , c'est, sans doute , que, trop occupé par ses guerres contre les Romains, il ne voulut pas s'en attirer d'autres avec les Chinois. Il n'y avoit que peu de temps que sa dynastie

թագաւորն Վարազդատ. եւ ասեր թէ փոխանակ ամ ազգին մերոյ վաստակոց զոր ի նախնեացն ի Հնոց ժամանակաց Հետէ միամտուԹբ առ ձեզ Արշակունեաց վաստակեալ եմք. եւ եդեալ զանձինս ի վր ձեր• ամ՝ նախնիքն մեր առաջ ինքն անկան ի պատերազմունս ի վր ձեր • Վասակ Հայր Մուշեղի կորեաւ ի վր Արշակայ արքայի։ Եւ մեք Հանապազ վաստակեալ եւ աշխատեալ եմք ի վր Թագաւորութե ազգիդ ձերոյ : Եւ փոխանակ կեանս առնելոյ ընդ վաստակոցն` արդ որք ի թշնամեացն մեռան, որք մնացին զայդ դուքդ Արշակունիքդ կոտորեցիքդ: Արդ` Մուշեղ քաջ եղբայրն իմ որ ի վր ձեր մաչեաց զանձն իւր ի մանկուք իւրմէ, վանեաց կոտորեաց զթշնամիս ձեր՝ եւ hչ կարացին Թշնամիքն սպանանել դու կալար եւ բազմականին խեղդեցեր զնա: Նա դու չես իսկ Արշակունի, այլ ի պոռնկութենէ եղեալ ես որդի. վս այսորիկ ոչ ծանեար զվաստակաւորսն Արշակունեաց է Նա մեք չեմք իսկ լեալ ձեր ծառայք: այլ ընկերք ձեր եւ ի վերոյ քան զձեզ՝ զի մեր նախնիքն լեալ էին թագաւորք աշ խարՀին Ճենաց ։ Եւ վասն եղբարցն իւրեանց գռգռումն՝ զի արիւն մեծ անկեալ է. վս այնր եմք գնացեալք ։ Ես վս բարւոյ Հանգստի գտանելոյ եկեալ դադարեալ եմք։ Առաջին Թագաւորքն Արշակունիք, որ գիտէին զմեզ its էաք՝ այլ զի դու քանզի չես Արշակունի գնա յաշխարՀէն• եւ մի մեռանիր ի ձեռաց իմոց ։ Faustus Byzantinus, lib, y, cap. 37, P. 353, et 354

étoit sur le trône; et il pouvoit appréhender, avec raison, que les nombreux descendans des Arsacides qui existoient en Perse, ne se révoltassent, et ne se joignissent aux rois de la même race qui étoient à Balkh et dans l'Indo-Scythie, et qui pouvoient facilement être soutenus par les Chinois.

Les Arméniens nous fournissent encore d'autres preuves des rapports fréquens qui unissoient la Chine et la Perse. Un Syrien, nommé Zénob, qui écrivit en arménien, au commencement du iv.° siècle, l'histoire de l'établissement du christianisme dans le pays de Daron, nous apprend que le roi du Djénasdan offrit sa médiation pour rétablir la paix entre Ardeschir, roi de Perse, et Khosrov I.“, roi d'Arménie, qui vouloit venger la mort d'Ardevan , dernier prince de la 'race des Arsacides en Perse (1). Le même auteur fait aussi mention d'un certain Souren , frère de Saint Grégoire, et fils d'Anag, assassin du roi Khosrov, qui, après la mort de son père, fut emmené encore enfant en Perse, où il fut élevé par sa tante Khosrovouhi, femme d'Ardeschir. Ce Souren alla par la suite dans le Djénasdan, peut-être par mécontentement de ce que le roi de Perse n'avoit pas voulu remplir en sa personne les promesses qu'il avoit faites à son père Anag, pour l'engager à assassiner le roi d'Arménie, son parent. Tous ces détails, selon Zénob, étoient tirés d'une Histoire du Djénasdan, composée en grec,, et qui se trouvoit de son temps chez un écrivain nommé Parta, ou Barda, qui habitoit à Edesse (2).

Après ce qu'on a vu des relations qui existèrent entre la

(1) Histoire de Daron, édition de Constantinople, 1709, chap. 12, p. 38 et 39.

(2) Ibid. p. 41 et 42.

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