Images de page
PDF
ePub

Athakh et Heni sont Terdchan et Palou, où le vartabied Mesrob trouva notre écriture : ces provinces portent le nom d'Arschamouni (107). C'est dans le fort imprenable de Gamakh que, par crainte d’Ardaschir, fils de Sasan, le prince Oda, qui avoit élevé Tiridate et Khosrovitoukhd, garda Tiridate et sa sour, avec les trésors et les statues des Arsacides; et c'est de là que , lors du retour de son roi, Oda sortit

pour
aller

par honneur au-devant de lui (108). Ensuite est le fleuve Euphrate , qui vient de la province d’Egéghéats ; mais c'est le véritable Euphrate qui sort de Saint-Oski, passe par Daron et va vers la Syrie. Sébaste est Sevasd, où sont le monastère des quarante martyrs et le fleuve Halys. La Cappadoce, le pays de Kamir, et la ville de Majag, patrie de S. Basile de Césarée et des martyrs de J. C. , S. George et S. Sarkis, forment actuellement la première Arménie. Ezengan avec Gamakh et son territoire jusqu'à Mousch, portent le nom de seconde Arménie. La province d'Haschdéan, et celle de Mog avec Hizan, jusqu'à Amid, forment la quatrième Arménie. La troisième est composée de Mousch et de tout le circuit de la mer d'Aghthamar. Ararad est la grande Arménie. C'est Vagharschag, premier roi des Arsacides, qui fit cette division. Lorsque l'apôtre Thadée vint, il ordonna son disciple Théophile évêque de la première Arménie. C'est pour cette raison que notre illuminateur y alla, et qu'il y fut sacré comme par l'apôtre luimême. Les Arméniens en agirent de même jusqu'au concile de Chalcédoine. Ce Théophile est celui qui demanda un évangile et une mission apostolique à l'évangéliste S. Luc, qui accéda à sa prière, écrivit un évangile et lui donna une mission, ainsi qu'il est dit : « Vous m'ordonnez d'écrire, ô illustre

Théophile (109) !» Notre saint illuminateur apporta de cette ville les reliques de S. Garabed et celles de l'évêque Athana

[ocr errors]

giné; elles reposent dans le pays de Daron. Ce fut l'évêque Léonce qui les lui donna,

ainsi
que.
les
corps

des deux religieux Antoine et Cronidès, qui sont sous la garde des reliques de S. Garabed, et comme un guide pour l'instruction des Arméniens.

La Cilicie est le pays de Sis, entre la Syrie et celui de Kamir ; elle a des villes, des bourgs célèbres et beaucoup de forteresses, le fort de Gobidarh, Pardserpert auprès de Molévon ; les monastères de Trazarg ( 110), d'Ark’haïgaghnin (m), de Karhneroun, de Keverhna-anabad et un grand nombre d'autres, le bourg de Lampron et les métropoles Tarse, Sis et Marasch. Ce sont là tous les pays et toutes les contrées des Arméniens, dont nous avons parlé bien en abrégé.

Nous allons maintenant parler du pays des Persans, en commençant par l'Orient. On trouve d'abord Tchinoumatchin et la ville de Khatha. La valeur de ce pays égale bien celle du reste du monde. Les habitans sont chrétiens orthodoxes; ils ont une souveraineté et un sacerdoce ; ils sont justes et amis de la vérité. Chez eux il n'y a aucune veuve dans Pabandon, ni aucun orphelin dans la douleur. Ils ont un seul livre, qui est l'Évangile

l'Évangile de S. Mathieu. Le pays est fertile, l'air y est doux et rempli de bonté; on y sème une fois, et, on y a du pain pour quatre années, parce que le Paradis terrestre est auprès. Il y vient des dattes, des fleurs odoriférantes et des inédicamens pour diverses maladies. Ensuite est la terre de K’houschan, puis celle de. Djen, d'où vint la famille des Mamigonéans. Quand les deux frères, Mamag. et Gonag s'enfuirent de chez le djenpagour, et vinrent auprès du roi d'Arménie Ardaschès (112), qui, à cause de leur vaillance, les fit généraux des armées Arméniennes, on les,

[ocr errors][ocr errors]

appela Mamigonéans. Le vaillant Mouschegh, qui détruisit l'armée des Persans, par les prières du patriarche Nersès, dans la plaine Nbadagan, nommée aujourd'hui Abaghi-taschd, étoit de cette famille, aussi bien que Vartan, qui étoit son petitfils. Le peuple de Djen est si riche que tout le monde s'habille de gerbas (113). Ensuite sont le pays et la nation des Thédaliens (114), voisins du Khorasan et du rivage de la mer des Indes.

Ensuite est le pays des Persans , où l'on trouve le Khorasan, qu'on appelle l'Orient, et Nouschavor, résidence des rois de Perse, où les saints Léontiens furent martyrisés, et d'où le bienheureux Moghed (. 115), qui fut converti par le martyre de ces saints, fut emmené, par l'ordre du roi, vers les pays de Gouran et de Magouran, qui sont le Khorasan intérieur, et où on le jeta dans un puits. Il demanda à Dieu de signaler son martyre en faisant sortir de l'eau d'un canal à sec , qui fut le torrent où on le précipita, et une troupe d'oiseaux se mit à le suivre. On trouve encore en Perse, Balkh et Badaschkhan, d'où sortent les beaux lapis-lazulis, et dont s'empara la race des Arsacides, appelée aussi Balhavouni (116). Sdahar, d'où viennent les belles étoffes de soie (117); Iezd, d'où vient le meilleur satin ; Schiraz, Koum, Kaschan, Kazvin, RhéSchahriar (118) etle Mazanderan, font aussi partie de la Perse; elle s'avance jusqu'à Sulthanieh, qui est une ville d'Arménie. Toutes ces villes de Perse sont dans le pays d'Aragh [l'Yrak]. Schosch (Suse), où le prophète Daniel eut sa vision, quand il vint auprès de Cyrus , roi de Perse, est la ville d'Asbahan (119). Les Elamites et la nation des Mages dépendent aussi des Persans, de même que Nardesdan (120) et beaucoup d'autres villes qu'il me paroît inutile de mentionner. Samarkand est la capitale de la nation des Archers (121). De ce côté est la rivière Sarankas, qu'on appelle aussi Dchahan et Amousou

« PrécédentContinuer »