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Aux beaux vers toujours favorable, Toujours sensible aux tendres arts, Vous ramenerez l'âge aimable Qu'ils durent aux premiers Césars.

On n'y voit plus leur cour antique
Séjour des héros de Phébus :
C'est encor Rome magnifique,
Mais Rome savante n'est plus.

De tant de sublimes génies
Il ne reste chez leurs neveux
Que les chants où leurs symphonies
Charmerent l'oreille des Dieux.

Vous chérirez cette contrée,
Et les précieux monuments
Où leur mémoire consacrée
Survit à la suite des temps.

Là de Ménandre, autre Lélie,
Reprenant l'antique pinceau,
Vous tracerez l'art de Thalie
A quelque Térence nouveau.

Vous aimerez ces doux asiles,
Ces bois où le chant renommé

Des Ovides et des Virgiles

Attiroit Auguste charmé.

Dans ces solitudes chéries
De la brillante antiquité
Des poétiques rêveries
Vous chercherez la volupté.

De Tibur vous verrez des traces ;
Et sur ce rivage charmant
Vous vous direz : Ici les graces
De Glycere inspiroient l'amant;

Là du luth galant de Catulle
Lesbie animoit les doux sons ;
Ici Properce, ici Tibulle,
Soupiroient de tendres chansons.

Aux tombeaux de ces morts célebres Vénus répand encor des pleurs ; L'Amour sur leurs urnes funebres Attend encor leurs successeurs.

Il garde leurs lyres muettes,
Qu'aucun mortel n'ose toucher,
Et leurs hautbois et leurs trompettes
Que l'on ne sait plus emboucher.

Près de la flûte de Pétrarque

Il garde ce brillant flambeau
Qui sauva des nuits de la Parque
Les conquérants du saint tombeau.

Muses, Amour, séchez vos larmes ; Bientôt dans ces lieux enchantés Vous verrez revivre les charmes De vos disciples regrettés.

Tivoli, Blanduse, Albunée,
Noms immortels, sacré séjour,
Sur votre rive fortunée
Apollon ramene sa cour.

De n'entendre plus vos Orphées,
Dieux de ces bords, consolez-vous ;
Un favori des doctes Fées
Dans lui seul vous les rendra tous.

IV.

A MONSEIGNEUR

L'ARCHEVEQUE DE TOURS.

Loin de moi , Déités frivoles,
Que la fable invoque en ses vers !
Muses, Phébus, vaines idoles,
Ne profanez point mes concerts !
Vérité, consacre mes rimes :
Sur tes autels, seuls légitimes,
On verra fumer mon encens ;
Fille du ciel, Vérité sainte,
Descends de la céleste enceinte,
Pese à ton poids mes purs accents.

Les vertus, et non pas la mitre,
Font la grandeur des vrais prélats :
C'est peu d'en porter le beau titre,
Si les mœurs ne l'annoncent pas,
Si la fastueuse indolence,
Fille de l'oisive opulence,

Occupe ces trônes sacrés
Où l'humble Foi, mere du Zele,
Plaça dans un temps plus fidele
Des pontifes plus révérés.

A cet auguste caractere
Un grand cœur répond autrement :
Il n'est le chef du sanctuaire
Que pour en être l'ornement ;
Pour éclairer la multitude
Il puise dans l'active étude
Des immortelles vérités
Cet esprit, ces traits de lumiere,
Dont sur une contrée entiere
Il doit réfléchir les clartés.

Tels furent, dans l'Église antique,
Digne du Pontife immortel,
Ces pasteurs d'un zele héroïque,
Dont la cendre vit sur l'autel :
Assidus habitants des temples,
Ils y brilloient par leurs exemples
Plus que par un faste odieux;
Et leur humilité profonde
Leur assuroit l'encens du monde,
Et les premiers trônes des cieux.

Oh! qui te rendra ces oracles,

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