Dictionnaire de la langue verte: argots parisiens comparés

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E. Dentu, 1867 - 514 pages
 

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Page xv - Le parler que j'ayme, c'est un parler simple et naïf, tel sur le papier qu'à la bouche ; un parler succulent et nerveux, court et serré, non tant délicat et peigné comme véhément et brusque : Haec demum sapiet dictio, quœ feriet, plustost difficile qu'ennuieux, esloingné d'affectation, desreglé, descousu et hardy ; chaque lopin y face son corps ; non pedantesque, non fratesque, non pleideresque, mais plustost soldatesque...
Page xxvi - Mais aujourd'hui qu'enfin la vieillesse venue, Sous mes faux cheveux blonds déjà toute chenue, A jeté sur ma tête, avec ses doigts pesants, Onze lustres complets surchargés de deux ans.
Page xi - Car enfin, il faut bien que je me décide à le répéter : enfant du pavé de Paris, et d'une famille où l'on est faubourien de père en fils depuis cinq ou six générations , j'ai cueilli sur leur tige et ramassé sur leur fumier natal tous les mots de mon Dictionnaire, tous les termes bizarres, toutes les expressions pittoresques qui s'y trouvent accumulées : il n'en est pas une seule que je n'aie entendue de mes oreilles, cent fois au moins, dans la rue Saint-Antoine ou dans la rue Neuve-Bréda...
Page 268 - J'espère pourtant que je l'arrêterai par le bon traitement que je lui fais. Je ne le nourris que de fromages et de biscuits. Peutêtre, Madame, qu'il n'était pas si bien traité chez vous. Car je pense que les Dames d'Yère ne laissent pas aller les chats aux fromages l et que l'austérité du couvent ne permet pas que l'on leur fasse si bonne chère.
Page 297 - ... ni troisième sujet de la danse , et où elle a préféré l'état de coryphée à tout autre, par la grande raison qu'après l'emploi de sa jeunesse elle n'en pouvait pas prendre d'autre...
Page xiii - En France, on parle peut-être français ; mais à Paris on parle argot, et un argot qui varie d'un quartier à l'autre , d'une rue à l'autre, d'un étage à [l'autre. Autant de professions , autant de jargons différents, incompréhensibles pour les profanes, c'est-à-dire pour les gens qui ne font que traverser Pantin — la capitale des stupéfactions, parce que celle des étrangetés.
Page 177 - Charlemagne, arrivée au moment de la plus grande puissance de l'empire d'Occident. Charlemagne garda jusqu'à la fin toutes ses conquêtes, et quitta' le jeu de la vie sans avoir rien rendu du fruit de ses victoires. Le joueur qui se retire les mains pleines fait comme Charlemagne, il fait Charlemagne. Le fll3 du grand empereur n'eut pas autant de bonheur que son père.
Page 398 - Pardieu , Sire , nous venons de « voir passer des gens qui semblent avoir dessein « de vous préparer une collation de bien autres » prunes que celles-cy et un peu plus dures à di« gérer , si vous ne montez promptement à che« val , pour aller donner ordre à vostre armée.
Page xiv - ... aussi, le slang, l'argot des faubouriens et des filles, des voyous et des soldats, des artistes et des ouvriers. Toutes deux, je le sais, renferment une ménagerie de tropes audacieux, ricaneurs et blasphémateurs, une cohue de mots sans racine dans n'importe quelle autre langue, sans aucune étymologie, même lointaine, qui semblent crachés par quelque bouche impure en veine de néologismes et recueillis par des oreilles badaudes: mais toutes deux aussi, quoi qu'on fasse et dise, sont pleines...
Page x - ... les coins ténébreux, ramassant sans cesse et sans fin, heureux d'un tesson comme Rousseau d'une pervenche, et enrichissant chaque jour mon musée d'un nouveau débris, sans lui enlever un grain de sa poussière, un atome de sa boue, une parcelle de sa rouille : tel trouvé, tel conservé*4.

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