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CC

« Nous considérons la papauté comme le mystère de
l'iniquitė (2 Thess. II, 7). Nous la regardons avec
« Cécil, comme le chef-d'œuvre de Satan, formé pour

séduire, pour siéger comme la grande prostituée qui
« enivre la terre de ses fornications (Apoc. XVII, 1,2).

Ayant cette conviction, et sachant aussi qu'il est proba-
« ble que plus de cent millions de nos semblables sont en.
« core sous ce charme dangereux, c'est assurément pour
« nous un devoir sacré de dire avec affection et sollicitude
à tous les papistes : Sortez de son sein, pour n'avoir part
ni à ses péchés, di à ses châtiments (1). »

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(C

rope protestante.

Nous ne ferons ici aucune apologie pour la publica- Toute apologie tion de l'Europe protestante; toute apologie est inutile. blication de l'Eu Nous avons exprimé ci-dessus, dans le langage d’un pieux et savant théologien anglais de notre époque, nos convictions et nos peines, nos sentiments sur notre devoir, et notre ferme résolution de le remplir ; il est inutile de justifier

(1) Remarques sur les progrès du papisme , par le révérend Edward Bickersteth, recteur de Watton, Herts, 12 mo. 1837.

tholique.

comme

aucun effort qui tende à mettre en lumière la vérité, à en pénétrer les esprits, et par conséquent à examiner la véra

cité des faits sur lesquels seuls peuvent reposer les convicMouvement réac: tions des protestants et des påpistes. La réaction a comcrédulité à la foi. mencé de l'incrédulité à la foi : le christianisme, sous ses

diverses formes, reçoit de nouveau l'hommage du monde civilisé : mais l'ancien système de doctrines, rejeté par les protestants après des siècles de controverse, a été préconisé encore une fois avec trop de bonheur; et il faut l'avouer,

hélas ! le christianisme sur le continent n'est que trop géCroyance du ca- néralement identifié et confondu avec le papisme. Le catho

lique se réjouit à cette pensée ; il regarde son Église
la seule véritable; il la considère comme demeurant invaria-
blement la même; il croit que toute opposition à cette
Église a été faite par l'hérésie, rebelle à ses vraies doctrines:
par la convoitise envieuse de ses richesses : par l'ambi-
tion jalouse de son influence, jusqu'à ce que, dans les
pays protestants, l'ignorance et de stupides préjugés aient
triomphé de tout ce qu'il y avait, dans chaque nation, de

plus noble, de plus riche, de plus savant et de plus pieux, Croyance du pro- Le protestant, au contraire, croit que l'Église romaine

est une Église corrompue; qu'elle a obtenu un ascendant graduel sur les autres Églises, par faiblesse de celles-ci et par l'usurpation; il croit que c'est à la tyrannie de sa conduite, et aux vices de ses institutions, qu'il faut attribuer le succès des attaques dirigées contre elle par la réformation; que l'opposition à l'Église romaine a été et est encore essentielle au salut de l'humanité, et que cette Église est opposée aux trois biens les plus précieux qu’un peuple puisse posséder : ordre, moralité, religion.

Le retour de l'esprit public en France vers le christia

nisme est reconnu par un des meilleurs journaux quotidiens Reaction en fa- de ce pays, le Courrier français. « Il est vrai, dit cette feuille, comuue par le Cour. « que l'on va maintenant à l'église : la mode et le sentiment

« des convenances agissent sur la foule, comme agissait au

trefois la dévotion. A cela se joint un penchant réel, dont

testant.

rier français et la

Presse.

C

revient par

par habitude

« on doit tenir compte, parce qu'il est de tous les temps, et « que, sous une forme ou sous une autre, il faut lui donner « un aliment. Le peuple ne peut pas se passer de croyances; « en vain la philosophie bat en brèche des religions épuisées, et qui ne sont plus en rapport avec les progrès ac- ,

complis par la société; tant que les cultes que l'on détruit « n'ont pas été remplacés, la foule

у a et par besoin. »

Un autre journal plus monarchique et plus dévoué au gouvernement, la Presse, remarque : « qu'il s'est manifesté « dans le pays, à la suite des circonstances de 1831 et de

1832, un mouvement religieux qui entraîne la société. Les « désastres publics ont pour effet de reporter les esprits « vers les pensées graves et consolantes de la religion; et « l'anarchie qui menaçait le pays en 1831, le fléau qui l'a dé« solé en 1832, devaient produire ce résultat. Quand on « voit les institutions livrées aux attaques brutales des pasa sions matérialistes d'une tourbe ignorante et avide, ces « désordres découvrent aux yeux affligés les côtés hideux a de l'humanité, et ce sont les misères humaines qui nous « font mieux sentir les grandeurs divines. Quand on voit a tomber coup sur coup, à ses côtés, les êtres sur lesquels « on avait concentré ses affections, le cour reflue naturel« lement vers une affection supérieure à toutes les autres, " et qui n'expose pas à des détachements douloureux. La

pensée d'un Dieu s'élève sur les ruines des illusions ter« restres. Aussi l'histoire nous montre toujours l'exemple « d'une réaction de ce genre, après les grandes calamités « subies par les nations.

Le « mouvement qui s'opère et qu'on a pu observer depuis trois « ans dans les familles comme dans les églises, et à Paris « comme dans les départements, est libre et spontané. Il « monte d'en bas vers la religion ; il ne descend pas du * gouvernement dans les masses. On n'y regarde ni un mo« bile ni un but politique; c'est une manifestation publique

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Efforts pour faire

définition.

que n'excite aucun attrait mondain; c'est un cri de cons« cience; c'est un mouvement d'opinion.

C'est avec de semblables convictions que l'EUROPE PROTESTANTE apparaît devant le public : ses armes sont les saintes Écritures, l'histoire et les faits ; son objet est de convaincre, non de dénoncer; de convertir, non de persécuter; d'éclairer, non de confondre; d'encourager enfin un esprit de recherche et d'examen, « avec quelque raison d'espérer que cet esprit se rencontre en nous, » et de faire cela dans un but de paix et de charité : mais pour réussir, il sera nécessaire de parler hautement, et il ne doit y avoir de notre part aucune réticence, aucune dissimulation, aucun voile sur la parole de Dieu.

« Le papisme, considéré dans son véritable jour, dit l'arsous une fausse chevêque Wake, est si différent du christianisme, qu'il n'au

rait aucun progrès à espérer s'il se donnait pour ce qu'il est réellement: il est donc nécessaire que cette religion se présente comme aussi orthodoxe que possible. Certaines choses sont niées, d'autres adoucies, d'autres déguisées, et par là un double avantage est'obtenu ; le papisme se fait admettre ainsi comme doctrine très-innocente, très inoffensive, et les protestants, surtout les ministres et les premiers réformateurs, sont représentés au monde comme gens qui ne se sont soutenus que par la calomnie et le mensonge, qui ont fait grand bruit d'erreurs et d'abus, qui n'avaient de fonde

dans leur propre cerveau ou dans leurs livres, et que l'Eglise romaine déteste autant que nous les détestons nous-mêmes. » Est-ce bien là réellement le papisme? en est-ce là une peinture fausse ou véritable? Examinons.

Et d'abord, nous avons appelé cette religion papisme et l'appelons papisme.

non religion catholique romaine, parce qu'en analysant cette dernière dénomination, son impropriété deviendra évidente, « Romain catholique » signifie ce qui est à la fois particulier et général, et un protestant ne peut consentir à employer ce terme, à moins d'abandonner un des principaux articles de sa foi. Ce terme suppose que l'Église romaine,

ment que

Pourquoi nous

en

que nous ne considérons que comme une seule Église
tre un grand nombre, a des droits, au titre de catholique ou
d'universelle, c'est-à-dire, que son influence ou son autorité
devraient s'étendre sur toutes les autres communions. Ci-
tons un exemple afin d'être mieux compris. Les protestants
épiscopaux croient que le lien de l'union, dans la primitive
Église, consistait dans le vote et l'assentiment communs des
différents évêques, et non dans la soumission à l'évêque de
Rome, chaque Église étant catholique comme faisant par-
tie de la seule Église universelle du Christ. L'interprétation
des Écritures fut donnée à celle-ci par les conciles géné.
raux, dans lesquels l'Église romaine n'exerça aucune in-
fluence dominante. La dénomination de catholique romaine,
appliquée à une Église, annonce donc des prétentions tout
à fait inadmissibles et en opposition avec l'Écriture, la raison
et l'histoire. Ainsi les mots papisme et papiste sont des ter-
mes ' qu'il faut adopter; car nous ne pouvons sacrifier la
vérité à aucune convenance réelle ou imaginaire. Nous
avons entrepris cet ouvrage, non pour la déguiser, mais
pour la dire : la générosité, la douceur, la tolérance sont
sans doute de grands et inestimables biens ; ils le sont moins
que la vérité; c'est elle que nous devons proclamer, nous
espérons le faire d'une façon qui témoignera, de notre part,
des égards suffisants pour ceux dont les doctrines sont en
opposition avec elle; mais nous avons aussi à remplir une
mission plus sacrée que de gagner la faveur des latitudi-
naires ou l'approbation des incrédules.

Une opinion fausse et dangereuse s'est répandue parmi Dangereux es les divers protestants de l'Europe, et elle a gagné fa- le papisine. veur, autant auprès de ceux qui sont évangéliques, qu'auprès de ceux qui appartiennent aux anciennes Eglises réformées. C'est une tendance à capituler avec le papisme. « N'intitulez point votre revue L'Europe protestante, dit l'un; ce titre blessera les préjugés de quelques-uns, excitera l'animosité de beaucoup d'autres, et fera tort à la cause du christianisme: intitulez-la L'Europe chrétienne. » Et pour

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