Images de page
PDF
ePub

soit chrétien.

quoi, je vous prie? Ètes-vous protestants ou papistes ? Si vous êtes protestants, proclamez vos principes, levez votre étendard; si vous êtes papistes, hâtez-vous, enrôlez-vous

parmi les membres de la Société pour la propagation de la !1 est faux qu'il for. Il importe peu, dit un autre, que nous soyons protesportance d'ètre pro- tants ou catholiques, pourvu que nous soyons chrétiens, que pourvu qu'on De grâce, prenez garde : il y a là une immense erreur dé

guisée sous le manteau de la charité évangélique, et notre devoir est de la signaler. Pour admettre en effet ce principe comme véritable, il faudrait d'abord admettre une chose de toute fausseté; il faudrait reconnaître que le christianisme existe à un état aussi pur et aussi fécond en salutaire influence, dans l'Église romaine que dans les Églises protestantes ; que la vérité n'a point de drapeau, que la Bible n'est pas la seule et infaillible parole de vérité, que les hommes peuvent substituer leurs propres interprétations à la parole de Dieu, et qu'enfin il importe peu que tous les commandements de Moïse, sans exception, et toutes les vérités particulières de la dispensation chrétienne, soient ou ne soient point reçus comme articles de foi. Ce n'est pas à nous, chrétiens protestants, de soulever la question de savoir si Dieu peut aimer, et si Christ peut sauver un papiste qui vit et meurt papiste; mais il s'agit de savoir si le papisme est la vérité et si le protestantisme est l'erreur, et si, le contraire étant prouvé, notre premier devoir n'est pas d'arracher le papiste à sa fausse et dangereuse illusion. C'est un point reconnu dans l'Église chrétienne, que Christ peut sauver, même à la onzième heure, celui qui, durant une longue vie, a vécu jusqu'à ce moment dans l'impéni tence : s'en suit-il, toutefois, que l'Église annonce par la parole de ses ministres qu'il y a sûreté à différer jusqu'au lit de mort cette repentance essentielle au salut? « Mais, dit-on, le cas est différent: nous parlons de sincères chrétiens catholiques et de chrétiens protestants également sincères, et nous prétendons qu'il est de peu d'importance, pourvu que les hommes soient vraiment chrétiens, qu'ils soient catholiques ou protestants.» Cette erreur est une des plus dangereuses, surtout dans ses conséquences pratiques: ses effets, n'étant point bornés à la propagation de fausses théories et de principes dangereux, mais ayant pour résultats inévitables, d'abord, d'affaiblir le zèle et l'activité des protestants pour l'instruction des papistes, et ensuite, d'inviter le monde à penser que le débat entre les deux Églises n'est qu'une simple dispute de forme et de mots : nous nous présenterons, dans l'Europe protestante, comme les adversaires déclarés d'une aberration si funeste.

Et d'abord , est-ce peu de chose, est-ce une légère Les papistes vica erreur que la violation du second commandement par mandemento l'Église romaine et ses sectateurs ? Un «chrétien catholique » abandonne-t-il donc le culte de la vierge Marie, les prières aux images représentatives des saints, et la foi en l'intercession de LA MÈRE de notre divin Maître et Seigneur, ainsi substituée à l'intercession de Notre-Seigneur seul ? N'est-il pas dit dans l'Écriture que le Dieu vivant doit seul être l'objet de notre culte (Matth., IV, 10)? N'est-il pas vrai

que les papistes ordonnent de rendre un culte à l'armée des anges, aux saints, aux images, aux reliques, à la Vierge, qu'ils n'avaient jamais songé à adorer avant le XIVe siècle ? N'est-il pas vrai qu'ils adressent à la Vierge cet hommage d'adoration : « Je te salue, Marie, reine du monde , à qui toute puissance a été donnée dans les cieux et sur la terre » ? N'est-il vrai

pas

la Bible nous dit que

que Christ est le seul médiateur (1 Tim. 11, 5; 1 Jean, 11, 1); et n'est-il pas vrai aussi que les papistes ont recours à la Vierge, à saint Pierre et à tous les saints ? Dans un admirable traité religieux, intitulé Icabod , imprimé à Lausanne, et dont nous recommandons la publication et la lecture à tous ceux qui prennent un intérêt réel dans la grande question du salut , il est dit : « Si les papistes prétendaient le nier, nous citerions la prière du roi Charles X, qui, en 1830, lorsque l'expédition faisait voile pour Alger, accompagné de l'archevêque et du haut clergé de Paris , se pros

terna devant la châsse de saint Vincent de Paule , et prononça ces paroles: « En venant vénérer les reliques d'un saiħt prêtre si cher à l'humanité, j'ai surtout le désir d'obtenir, par son intercession, le bonheur de mon peuple; je lui demanderai avec confiance de présenter à Dieu ce vou le plus ardent de mon cour, et je ne doute pas que ces prières ne soient exaucées. Nous demanderons maintenant si uni chrétien catholique » désavouerait cette prière, s'il refuserait de s'y joindre, s'il la regarderait comme un blasphème ? Et cependant, dira-t-on, que signifie la prière de Charles X ? Ce qu'elle signifie; le voici : elle signifie que saint Vincent de Paule est présent partout , qu'en tout lieu , en tout temps, il est toujours prêt à entendre, à écouter les prières des fidèles, et à les présenter à Dieu. Si le monarque défunt ne croyait point cela , sa prière n'était qu'une dérision , une insulte au nom et à la mémoire du saint qu'il vénérait, et, s'il le croyait, qu'est-ce qu'une semblable croyance sinon une véritable idolâtrie ? Nous répéterons maintenant notre question : un chrétien catholique, pour nous servir de l'expression employée par nos adversaires, refuserait-il de se joindre à une semblable prière, la rejetterait-il comme une idolàtrie et un blasphème ? Non assurément, il ne le ferait pas. Alors donc, comment ceux qui confessent un amour sincère

pour

le Sauveur des hommes et un ardent désir du salut des âmes , soutiennent-ils qu'il importe peu qu'on soit protestant ou catholique, pourvu qu'on soit chrétien ? Nous citerons un autre exemple moderne de cette invocation aux saints , et de cette confiance en leur intercession auprès de Dieu , par cet extrait d'un invito sacro affiché sur les murs d'une ville d'Italie. « Les fidèles sont invités à participer à ces « cérémonies sacrées pour assister les åmes saintes du pur« gatoire, et pour obtenir du Seigneur, par l'intercession « du glorieux saint Joseph , la grâce de terminer leur vie par a une sainte mort. »

La preuve suivante de la foi des papistes en la vierge Marie, comme un moyen direct de salut, est trop frappante

Statue érigée à la

(C

[ocr errors]

pour être omise. Nous citons d'après les feuilles catholiques et quotidiennes : « Le 8 de ce mois ( septembre 1838 ) a eu « lieu à la Délivrande (Calvados) l'inauguration d'une statue vêque de Paris, en « que monseigneur l'archevêque de Paris a donnée, pour version du prince « éterniser le souvenir de la conversion de M. le prince de de Talleyrand. Bénévent. Voici comme on raconte l'origine de cette pieuse

offrande: Dans un voyage qu'il effectua l'année dernière « à la Délivrande, le prélat y remarqua une colonne en mar

bre, sur laquelle sont gravées plusieurs guérisons miraculeuses obtenues par la protection de la sainte Vierge. Dès

lors, il fit voeu de couronner cette colonne d'une statue a de la mère de Dieu, s'il obtenait la conversion de M. de

Talleyrand. Les démarches de M. de Quélen auprès du

prince moribond ayant été couronnées de succès, comme « on sait, le prélat s'est acquitté de son vou. La statue est « en bronze; elle pèse environ cent livres, et représente « Marie priant pour le pécheur. Les pieds sont posés sur « un serpent qu'elle écrase. On lit sur le devant du globe

qui sert de soutien : Virgo fidelis, congratulamini mihi : in« veni ovem meam quæ perierat, 17 mai 1838. Derrière se « trouve cette autre inscription: Ex voto Hyacinthi Ludovici « de Quelen, archiepiscopi parisiensis, pro salute æternâ prin

cipis de Talleyrand , ad reconciliationem ritè admissi ac perseverantibus poenitentiæ signis defuncti. Cette statue est l'ouvrage de M. Choiselat Gallien. »

Et que dirait le chrétien catholique des détails suivants sur l'état du papisme dans l'Océanie, tels qu'ils sont donnés par les prêtres papistes eux-mêmes ? Gémirait-il en voyant Puissance de la ainsi la Vierge substituée à Notre-Seigneur, les saints et le telle qu'elle est re crucifix au crucifié lui-même ?

connue par le jour

nal le Catholique. « Aux îles Gambier, dit le Catholique, la religion a fait « d'assez rapides progrès, surtout depuis l'arrivée de monseigneur Rouchouse, évêque de l'Océanie, et de MM. Mai

gret et Liansu , dont nous avons entretenu nos lecteurs « dans les premiers numéros de l’Anti-Protestant. Il ne se « passe pas de mois sans que, par le zèle des missionnaires

C

[ocr errors]
[ocr errors]

« sous les ordres de ce prélat et sous ceux de l'évêque de
« Maronée, un nombre plus ou moins important d'insu-
« laires ne demande à entrer dans le sein de l'Église , et
« ne réclame le baptême, sous la marrainage (la protec.
« tion) de la grande sainte du Paradis : c'est ainsi que,
« dans ces contrées, les nouveaux chrétiens appellent gé-

néralemeut la sainte Vierge. Les saints sont les grands esprits , les amis de Dieu ; et il n'est pas rare de voir verser « des larmes en présence d'un crucifix. »

Il nous est également impossible d'accorder que le chrétien cutholique n'ajoute point foi au pouvoir de la vierge Marie pour le salut des âmes, et qu'en lui adressant la parole, les papistes ne songent en effet qu'à Notre-Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Il n'en est pas ainsi : qui doute et qui peut douter que l'abbé de Genoude ne soit ce qu'on entend par un chrétien catholique! Et pourtant à la dernière fête de l'Assomption, il a prétendu que, comme la première

Ève a perdu le monde, le seconde Ève, Marie, L’A SAUVÉ. L'abbé de Ge. Ce ne sont pas les protestants, mais les papistes eux-mêmes Jau vierge Marie a qui ont donné l'extrait suivant de cette prédication.

sauyé le

Diocèse de Meaux.

C'est pour tous les chrétiens une fête touchante que celle de l'Assomption ; mais la France doit la célébrer

d'une manière plus fervente encore, car elle y porte, ou« tre sa piété de chrétienne, la reconnaissance de ses sou

venirs, en se rappelant le væu de Louis XIII et la naissance « de Louis XIV destiné à fermer une période de troubles et « à élever si hạut notre gloire. C'est ainsi que cette grande journée du christianisme est devenue une grande journée de notre histoire nationale.

« Personne plus que M. de Genoude n'était dans les con« ditions nécessaires pour annoncer dignement les louan« ges de la sainte Vierge. Aussi, sur le bruit de cette pré« dication, un immense concours était-il accouru à Provins,

dans cette église de Saint-Ayoul, vénérable basilique ou

[ocr errors]

(C

« PrécédentContinuer »