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cations que le poëte n'a placées dans sa bouche, que parce qu'elles débordaient, en ces jours de colère, de celle de tous les paysans de Cornouailles.

A ces accents mêlés de fureur et de pitié, les auditeurs s'indignent, s'attendrissent, se passionnent ; et, en effet, l'aventure ainsi arrangée est des plus émouvantes, en ses retouches habiles. Le poète recourt à la fiction, parce qu'il ne connait pas l'histoire; et l'art avec lequel il manie l'invention fait regretter son ignorance de la réalité; car, s'il l'avait connue, telle que je vais la présenter, je ne doute pas qu'il n'eût tiré de ses détails poignants des accents plus touchants encore.

GASTON DE CARNÉ.

(La suite prochainement).

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Suite du cartulaire de Bois-Grolland ; morcellement du sol

indivision des fiefs. Du grand nombre des châtellenies. Talmond a été port de mer.

Quand on lit avec attention le cartulaire de Bois-Grolland, on remarque deux faits de nature à surprendre ceux qui pensent que, sous l'ancien régime, les seigneurs étaient souverains maîtres dans leur domaine, et que ce domaine, à cause de son étendue, était mal cultivé, faute de bras. A l'aide de textes, je crois pouvoir démontrer que, dans bien des cas, il y avait indivision de pouvoirs dans les fiefs et que la propriété était morcelée en infimes parcelles. Il y avait alors un grand nombre de châtellenies qui maintenant sont des fermes ou des métairies : elles étaient occupées par une foule de gentilshommes d'arrière-fief's, chevaliers, écuyers qui ont disparu. Les villes se sont accrues aux dépens des cam

Voir la livraison de janvier 1888.
T. V. NOTICES. · IV° ANNÉE, 3me LIV.

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pagnes et bien des bourgs ont perdu l'importance qu'ils avaient autrefois. Ainsi, pour ne citer qu'un exemple, Poiroux renfermait dans une triple enceinte de fortifications, dont il ne reste aucun vestige, un château, siège de la baronnie, et autour du baron, un sénéchal, un procureur fiscal, un notaire, un greffier, des sergents, un chirurgien et une sour-trésorière de la Charité. Poiroux possédait une maladrerie de fondation royale affectée aux lépreux, laquelle jouissait d'an revenu de 300 livres. Dans une commune voisine, celle de Grosbreuil, il y avait de nombreuses seigneuries : la Benatonnière, la Vergne-Cornet, la Forestrie, la Barbière, la Marchezière, la Gaudetière, la Boucherie, le franc-fief des Epinettes, apanage des curés de Grosbreuil, et la Dinneraye. Des métayers occupent actuellement ces maisons nobles, à l'exception des châteaux de la Benatonnière et de la Boucherie.

Des dix seigneuries, des deux communautés religieuses qui existèrent sur le territoire d'Ayrillé, seul, le château de la Guignardière a conservé son antique splendeur.

Revenons à l'analyse du cartulaire de Bois-Grolland : nous y trouverons les preuves de notre double affirmation.

La charle de fondation nous apprend que Aimery de Beuil donna le lieu appelé Bois-Grolland pour y établir un monastere.

L'abbé Giraud achèta bientôt de Vital de la Chaume l'endroit est båtie la maison des moines. (Ch. 8).

Thébaud lo Machuns fait don ensuite de l'endroit est báti le pressoir et il ajoute à la suite un autre terrain.

Aimery de Poiroux, Chevrier du Pin, les deux fils d'Olivier des Coudres et Guillaume Joslens, à qui appartenaient ces diverses parcelles, acceptent la vente et le don.

Propriétés de l'abbuye à Curson.

Aimery de Beuil donne aux moines une grange avec ses dépendances, à la pointe du Payré de Curzon. (Ch. 1).

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Rouaud, serviteur d'Aimery, donne avec l'assentiment de son maître, tout ce qu'il possédait en cet endroit. (Ch. 3).

Le seigneur de Poiroux fait don du complant d'un quartier et demi de vigne, situé au même lieu. (Ch. 4).

Guillaume de Thouars, Hervé de Mareuil et Gilbert de Volvire cèdent aux religieux tous leurs droits sur une maison située à la pointe du Payré de Curzon. (Ch. 32).

Pierre de Volvire, partant pour Jérusalem, fait don du quart des revenus qu'il percevait sur ladite maison. (Ch. 103).

Maxime de Mareuil abandonne ses droits sur la même maison. (Ch. 37).

Hubert de Mauvergne donne à l'abbaye la terre qu'il possédait en ce lieu. Guillaume de Chantemerle confirme sa donation en présence de Benaston, Guillaume Cairant, Jean de Nelle, Regnault de Montmorant et Geoffroy de Vérolie qui tenaient cette terre du seigneur de Poiroux. (Ch. 39).

L'abbé G. achète de Guillaume l'infirme la moitié d'un quartier de vigne au Payré de Curzon. P. de Beuil y ajoute le fief d'un autre quartier de vigne au même endroit. (Ch. 65).

Jean Foucher de Mareuil concède à l'abbaye ses droits de voirie sur la maison sise à la pointe du Payré. (Ch. 69).

Don par G. de Mauléon de la cinquième partie du marais de Curzon. (Ch. 100).

Don par Elisabeth de Jart d'un marais situé entre le pont du Payré et celui de la Rochère. (Ch. 101).

Don par Aimery, vicomte de Thouars, de toutes les tailles qu'il percevait sur tout le marais placé entre Luçon et Champagné et sur toutes les terres de la Grange du Payré de Curzon. (Ch. 102).

Guy de la Poçonnerie et sa femme Alix donnent à l'abbaye le marais situé entre le milieu du pont du Payré de Curzon et la grange aux Moines. Elisabeth de Jart et ses enfants font remise entre les mains de l'abbé des biens qu'ils tenaient du seigneur de la Poçonnerie. (Ch. 99).

La Frédonnière.

Dun par Guillaume du Bois de six sexterées de terre qu'il possédait à la Frédonnière,devant la maison des moines.(Ch.12).

Don par Hugues du Melle de toutes les coutumes qu'il recevait à Noël de la Frédonnière. (Ch. 46).

Benaston abandonne ses droits sur la susdite maison. Son fils y ajoute le don de ce qu'il percevait sur trois quartiers de terre situés devant la maison des religieur. (Ch. 66).

Savary de Mauléon, partant pour la Terre-Sainte, abandonne aux moines la redevance que lui payaient les moines, à sa maison de la Frédonnière, à cause de la tour de Curzon. (Ch. 73).

Jean Gringnon, écuyer seigneur de la Cigogne, fait don de ses droits sur une pièce de terre située dans son fief de la Frédonnière. (Ch. 147).

La Cigogne.

Vignète et Pagan, son frère, donnent à l'abbaye 4 sexterées de terre à la Cigogne, dans le fief des religieux, avec le consentement de Jean et d'Aimery de Longeville. (Ch. 13).

Don par A. de Beuil de deux sexlerées de terre libre à la Cigogne, pour faire un moine. (Ch. 15).

Barthélemy de Chastegner, sur le point de prendre part à la croisade, donne à l'abba ve toute sa terre de la Cigogne. Odon, à qui le fief appartenait, y consent, ainsi que sa femme et son frère. (Ch. 45).

A. de Beuil donne la taille qu'il touchait sur la maison de la Cigogne. (Ch. 50).

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