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» consulté. Nous n'en connaissons pas d'autre dans l'Armo» rique, et il y a plus de vraisemblance à l'assurer, qu'à dire, » qu'Alétius était évêque d'Aleth et que cette ville prit le » nom du prélat, en considération de son mérite. Cette der>> nière considération tombe d'elle-même. La ville d'Aleth est » beaucoup moins ancienne que S. Jérôme (qui vivait de l'an » 331 à 420) et n'a point été ville épiscopale avant le VI° siècle, » plus de 100 ans après la mort d'Arisius. » Selon Albert de Morlaix,on devrait à Arisius les églises « parocchiales d'Oudon de Donges et Cordemez (nunc Cordemais), » et même trois autres, non désignées. Mais cette assertion n'est appuyéo sur aucune preuve et la fable qui suit, sur Conan Mériadec, (tous les auteurs, jusqu'à nos jours ont cru à ce personnage apocryphe) devrait jeter plus d'un doute sur ce fait.

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S. Desiderius ou Didier, archidiacre de Nantes, succéda au précédent. Cet évêque attentif à éloigner de son diocèse l'hérésie naissante de Vigilance', envoya, de concert avec l'évêque Riparius, les ouvrages de cet hérétique à S. Jé

· Cet hérésiarque, qui vivait à la fin du IVe siècle, et au commencement du Ve, était Gaulois et non pas Espagnol, comme la plupart des historiens l'ont cru. Il fut bien accueilli par S. Jérôme sur la fin de l'an 394 en Palestine. A son retour, il le calomnia, prétendant qu'il était infesté des erreurs d'Origène. Mais lui-même ne tarda pas à avancer des opinions peu orthodoxes. Il soutenait qu'on ne devait rendre aucun honneur aux reliques des martyrs, ni croire aux miracles qu'on disait accomplis à leurs tombeaux ; il n'admettait pas non plus les prières pour les morts, ni les lampes ou cierges allumés en plein jour dans les Eglises. Il condamnait les veilles publiques, excepté la nuit de Pâques, voulant même qu'on ne chantàt alleluia qu'à cette fête. Il désapprouvait la coutume d'envoyer des aumônes à Jérusalem et de vendre son bien pour en donner le prix aux pauvres. Il déclamait contre les jeûnes et la vie monastique et renouvelait les opinions des Juvéniens contre le célibat et la virginité. Du reste, son hérésie eut peu de par. tisans. (Voyez la Bibliothèque sacrée des PP. Richard et Giraud T. XXII pp. 137-138).

rôme, qui, à la prière des deux prélats, écrivit pour réfuter les erreurs que contenaient ses livres. Désidérius engagea par des sollicitations pressantes et réitérées, Sulpice Sévère à écrire la vie de S. Martin. C'est à Désidérius que S. Paulin de Nole écrivit sa 43e lettre : il la lui envoya par Victor ou Victurius, depuis évêque du Mans. Désidérius priait S. Paulin de lui expliquer les bénédictions du patriarche Jacob à ses enfants; le saint s'excusa, croyant Désidérius plus capable que lui d'approfondir ces mystères et d'en obtenir de Dieu l'intelligence par ses prières. En l'an 444, on tint à Bourges un concile dont S. Léon, évêque du lieu, Eustochius, de Tours et Victurius, du Mans envoyèrent le résultat à l'évêque Désidérius et aux autres prélats de la II° Lyonnaise, comme sujets du même état'. Le Père Sirmond a cru que la lettre des trois évêques avait été rédigée dans le concile d'Angers, l'an 413. C'est une méprise. Les lettres de Charles-le-Chauve au Pape adressées, l'an 471, et quelques anciens manuscrits la font dater au concile de Bourges.

Si l'on en croit Albert-le-Grand, ce fut Désidérius qui fit bâtir à Nantes l'Eglise de St-Vincent, pour y placer des reliques du saint, apportées d'Espagne. Ce fut le même prélat qui bâtit l'église de St-Julien, à la Fosse, où il fut enterré en l'an 444, dans un âge avancé, ayant siégé près de 40 ans.

J. DE KERSAUSON. (La suite prochainement).

| La troisième Lyonnaise, Lugdunensis tertia, métropole Coesarodunum, aujourd'hui Tours, comprenait le territoire actuel des départements du Finistère, des Côtes-du-Nord, d'Ille-et-Vilaine, du Morbihan, de la Loire-Inférieure, de la Mayenne, de la Sarthe, de Maine-et-Loire et d'Indre-et-Loire. Les peuples principaux de ce pays étaient : les Osismiens, Corisopites, Vénètes, Biduens, Rhedones, Namnètes, Aulerques, Diablintes, Cénomans, Andes et Turons.

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L'année même de la naissance du futur constituant, noble homme Simon Jary', son père, négociant à l'entrée de la Fosse à Nantes, et mari de Claire Despré, adhérait à la souscription patriotique des Nantais, pour avancer sans intérêts au conseil de la commune une somme de 216000 livres, destinée à subvenir aux besoins urgents de la ville contre la disette. Le jeune François-Joseph trouva donc, dans sa famille, des traditions de désintéressement et de sacrifice aux intérêts populaires. Je ne sais trop à quel genre spécial de

Voir la livraison de novembre 1887. ' J'écris Jary d'après l'acte de naissance de François-Joseph, et non pas Jarry, comme on a coutume d'écrire habituellement.

négoce il consacra ses premières années, mais aux approches de l'année 1789, comme il allait atteindre la cinquantaine, il figure avec la qualification tantôt d'agriculteur, tantôt de directeur de mines à Nort, parmi les noms les plus honorables de la bourgeoisie nantaise. En 1788, il prit grande part aux manifestations du mouvement réformiste. L'un des membres de la célèbre députation envoyée en cour pour réclamer une représentation du Tiers aux Etats de Bretagne égale à celle du Clergé et de la Noblesse, il fut choisi au mois de décembre comme député extraordinaire de la commune aux Etats réunis à Rennes, et devint, le 1er février 1789, l'un des quatre députés titulaires de la ville de Nantes aux Etats. Son rôle y fut assez effacé, et j'ai dit ailleurs comment son collègue et ami Chaillon y prit l'attitude prépondérante. Mais il suffisait d'avoir fait partie de ces fameuses assises du TiersEtat breton pour acquérir des droits sérieux à la députation aux Etats-Généraux. Le 4 avril 1789, Jary fit partie des 50 électeurs délégués par l'ordre du Tiers de la ville de Nantes à l'assemblée générale du Tiers-Etat de la sénéchaussée ; quelques jours après, il en sortait député.

Les journaux du temps ne nous apportent pas grands détails sur les travaux de Jary à l'Assemblée Nationale; et j'y constate seulement que le 21 janvier 1790, il fut nommé membre du comité des impositions : ses votes le classaient du côté gauche, avec Baco, Cottin, Chaillon et Giraud du Plessis ; et plus tard, il se fit gloire d'avoir été inscrit par le côté droit sur les listes de proscription future, pour avoir voté contre le veto royal. Il sut acquérir ainsi la réputation d'un franc patriote ; et le 10 septembre 1792, il fut élu, en tête de liste, député à la Convention par le corps électoral de la Loire-Inférieure convoqué à Ancenis.

Comme Chaillon, qui fut élu avec lui, et avec qui nous le retrouverons souvent encore, il revint à des idées beaucoup plus modérées en présence des excès de toutes sortes auxquelles se livraient les partisans de la Montagne. Dès le mois de janvier 1793, il avait fait partie du comité de sûreté générale, mais il fut vivement pris à partie à la tribune par Marat, dont il ne voulait pas suivre l'impulsion. « Le nouveau comité, s'écriait l'Ami du Peuple, n'allait plus être un comité de sûreté générale, mais un comité de contre-révolution. Rolland en avait fait la liste et il s'y trouvait à peine deux patriotes. »Jary laissa Marat crier à son aise; et sa conduite dans le procès de Louis XVI, montre qu'il avait le courage de ses opinions.

Le 15 janvier, il vota pour soumettre à la ratification du peuple réuni dans ses assemblées primaires, le jugement qui serait rendu sur le roi : et le lendemain, au troisième appel nominal, il s'exprima ainsi : .

« Citoyens, je ne viens point ici émettre mon veu comme juge de Louis : mes commettants ne m'ont donné aucun pouvoir pour exercer cette fonction. J'ai déclaré Louis coupable, j'ai voté pour la sanction du peuple. Je ne puis oublier qu'à Versailles, à l'appel nominal qui eut lieu pour le veto à accorder au Roi, je votai avec 88 de mes collégues, pour qu'il ne lui en fút accordé d'aucune espèce et mon nom fut inscrit sur la liste des proscrits. Louis a donc été mon ennemi. Mais comme représentant du peuple, je dois participer aux décrets qui assurent sa tranquillité. Je vote pour la réclusion jusqu'à la paix et le bannissement perpétuel lorsque le gouvernement républicain sera solidement établi. »

Ce vote n'ayant pas sauvé l'infortuné Louis XVI, Jary vota le 19 pour le sursis, avec Chaillon, Lefebvre, Mellinet et Coustard. Ce fut sans doute une des causes qui motiverent son arrestation au mois de juillet. Il avait, du reste, signé la protestation contre le 31 mai, et fut englobé dans le décret de proscription de tous ses co-signataires le 3 octobre 1793; il se réfugia d'abord chez son collègue Chaillon qui, n'ayant pas signé les protestations, n'avait pas été compris dans le

"Convention nationale. Opinion de Jary, député de la Loire-Inférieure, sur le jugement de Louis XVI, prononcée le 16 janvier 1793, etc. – S. l. (Paris), imp. nat., s. d., in-, 2 pp.

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