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De Samuel de Beaumanoir, Marie d'Antraigues n'eut qu'une fille nommée Marguerite, non encore mariée en 1595, et qui épousa plus tard Philippe du Matz, seigneur de Terchampt', fils de Jean du Matz seigneur de Montmartin le célèbre capilaine huguenot, auteur des Mémoires publiées par Dom. Morice.

M. E. Frain, m'a donné les actes de naissance de plusieurs de leurs enfants : Judith née le 3 mai 1610 à Gazon, Jean né en 1617, Isaïe né en 1624 et baptisé à Gazon. - Mais on connaissait surtout Elisabeth dont le mariage est cité dans tous les recueils généalogiques, et qui épousa en 1629 Jacques de Goyon de Marcé.

Une autre de leurs filles était inconnue jusqu'ici; et l'histoire de cette branche ainée de la maison du Matz n'ayant élé dressée nulle part, nous avons eu mille peines à déterminer son élat civil d'une manière certaine. Tous les généalogistes ayant l'habitude de se copier les uns les autres, on désignait toujours Louis de Montgomery comte de Ducey, petit-fils du fameux huguenot Gabriel de Montgomery meurtrier de Henri II, comme ayant épousé N. du Matz. Quelquesuns mettaient même N. Dumas. Personne ne nous donnant le nom de ses parents, il en était d'elle comme de la Suzanne de Gilles de Beaumanoir. Heureusement l'aimable érudition de M. F. Saulnier m'est encore venue en aide et m'a signalé un mémoire manuscritsurla famille de Poix,conservé aux archives départementales de Rennes (fonds Piré) où on lit ceci: Suzanne » de Poix mariée à Gilles Gilles de Beaumanoir juveigneur des » maisons du Besso et de Gazon, duquel est issu Samuel de » Beaumanoir, allié à la maison de Montgommery. DE SA » DESCENDANCE EST ISSUE LA DAME COMTESSE DE QUINTIN ET » DE LA MOUSSAYE. »

1 Mort à Terchampt le 3 avril 1639 (Abbé Paris-Jallobert).

2 Une branche cadette des du Matz demeurée en Bretagne a produit à la réformation de 1668. Mais la branche des aînés devenus Mis du Brossay, n'habitait pas la Bretagne et n'y a pas produit sa généalogie.

Voilà qui est clair : Comme on sait que Suzanne de Montgomery, Comtesse de Quintin et de la Moussaye était fille de Louis de Montgomery et de N. du Matz, il est évident, et les dates s'y prêtent parfaitement, que cette N. du Matz était fille de Philippe et de Marguerite de Beaumanoir et seur de Madame de Marcé.

Cette comtesse de Quintin sur laquelle Mme de Sévigné et Saint-Simon racontent de si amusantes historiettes, n'ayant pas eu d'enfants, la descendance de Gilles de Beaumanoir est actuellement représentée par les branches de la famille de Goyon de Vaurouault, descendants eux-mêmes des Goyon de Marcé, la Motte-Rouge, et Geslin de Trémargat.

Voici le texte, pris sur l'autographe, de la lettre qui fait le sujet de cette notice :

Mons. le Doyen du Besso, Mons" le Recteur de St-Brice au Besso en Bretaigne. De Rome.

Monsle doïen, le dix neufme jour de juin dernier Je reçus une lettre de vous avecques vingt écus d'or que me envoïez desquels vous ai remercié et faict response bien amplement à la dicte lettre et baillé quittance dudict argent, et vous asseure que quand je receus lesdites lettres Je avois prins ung bon espoir et atente que vous me feriez ce bien de continuer à souvent me faire scavoir de votz nouvelles et de celles de Monseigneur Mons" mon frère, mada moyselle ma seur et aultres de la maison, et vous promets ce me semble que ne se devroit passer mois que ne seusse de votz nouvelles, quar cest la choze qui plus donne de réconfort aux courtisans de par dessà que souvent avoir nouvelles du Pays; et avez la commodité de m'en faire passer tous les mois et par ainsy je vous supplie que paresse ne vous puisse empêcher, et que ne me donnez bien à cougnoistre la bonne voulonté que tousjours m'avez portée jusques à présent laquelle je estime quy jamais ne faillira, et hoc nunc solis lilleris monstrari et continuari potest. Itaque, derechef je vous supplie que le plus souvent que il vous sera possible me faictes tenir lettres par desså davantaige. — Vous savez qu'il n'est en aulcune sorte possible de faire rien de son profict par desså sans avoir bonne intelligence au pays et suport; et croiez avecques l'aide de Dieu et de Monseigneur si vous plaist ung peu entendre à mon faict, que j'ai très bon espoir de faire mon profict par dessa ; mais aultrement est

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impossible de rien pratiquer ni acquérir. Vous savez que tantost y a neuf mois que suis en ceste ville, et puis le temps que suis venu ai seulement reçeu vingt ecus que m'aviez envoiez. Pancez combien ce peult estre pour vivre par desså où y faict trois fois plus cher que en France, et puys que jai esté malade qui ma cousté beaucoup, et vous asseure que si aujourd'hy Dieu me donne quelque adversité de malladie serais contraint de me faire treter à lopital par deffault de être secouru.

Item que je suis tant mal en ordre dacoutrement que je nose me trouver entre nulles gens da parence qui mest cauze d’ung très grand mal et de mon desadvantaige. Je vous supplie pour lhonneur de Dieu que vous me faictes tant bien de le remontrer à Monseigneur et faire tant que me remetterez en sa bonne grace laquelle plus que choze de ce monde je desire davantaige et garder en perpétuité, et que puisse par votre moïen estre secouru par dessà et avoir argent tant pour me acquiter pour vivre et m'accoutrer, que pour souvenir à mes affaires; et je vous prometz ma foi qu'il nen sera mis un seul liart en movèze emplette, quar je vous assure que si ne suis secouru que en brief seré merveilleusement tenu, quar je ne sai comme je doi vivre par desså, jusque à avoyr receu de votz nouvelles.

Nous avons de nouveau par dessà que ces jours ici Notre Saint Pere le Pape a despéché troys Cardinaux légats pour envoïer au Concile que les alemans ont demandé et tant ont faict que il leur a esté octroïé en la ville et cité de Trente douze ou quinze lieulx par della Millan ; combien que je croi que pour cette fois ne sera rien conclut ni accordé à raison des guerres du Roy et de l'Empereur et aussi que les suppôts de l'Eglise n'en ont encore point de haste.

Les cardinaux sont le Cardinal d'Angleterre fugitif du Reaulme d'Angleterre à raison de l'infidélité du Roy, homme de très bonnes lettres, de vie et savoir. L'aultre est nommé le Cardinal Parisii et l'aultre le Cardinal Moron'. Après leur retour en cette ville je vous écrirai ce que je pourré entendre. Les derrenières lettres que je vous escrivis furent mises au raquet de Mons" l'archidiacre.

· Reginald, Pole, Cardinal Prêtre du titre de Ste Marie in Cosmedin, Président du Concile en 1542, légat en Angleterre sous la Reine Marie, mort en 1558, archevêque de Cantorbéry.

Pierre Paul Parisii. Cardinal de Ste Balbine, « eximià doctrinå fuit », légat du Concile de Trente, mort en 1545, originaire de Calabre.

Jean Moroni, de Milan, président du Concile de Trente, aida S. Ignace a fonder la Cie de Jésus. Cardinal Evêque d’Albano, puis de Porto et Ste Rufine, puis d'Ostie, doyen du Sacré Collège, légat près de plusieurs puissances, mort en 1580.

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Je ne scai si vous les aures receulx. Je vous prie de me adresser quelcun à Rennes ou à Nantes qui me fera tenir votz lettres en bonne diligence et seurté à qui je puisse adresser les miennes, car je vous promets que c'est beaucoup le mieux et plus sur quant on est en seurté qu'elles ne sont point ouvertes. Je vous prie de ne vous en oubliez, et si d'aventure rien vacque par delà que m'en veilliez advertir : ne vous fiez en tout aux banquiers de Nantes pour quelquefois on y est trompé; mais fauldroit en diligence au moins ung homme de pié jusque à Lion, et faire avance à quelque banquier ou envoier si la chose le vallait, courier ici tout exprés. Il fait bon s'en tenir près, quar je vous prometz qu'il s'y trouve de bonnes advantures, et avoir à Rennes, Nantes, St-Malo et Sainct-Brieu amis pour vous en advertir. Ainsi sera fin après m'estre recommandé de tout mon cueur à vostre bonne grace et souvenance priant Nostre Seigneur Mons" le Doñen qui vous doint bonne et longue vie, sans me oublier derechef aultant qu'il m'est possible de vous recommander mon faict, vous suppliant den avoir souvenance et de moi, de Rome ce XXVI° d'octobre 1542, en hatte.

Je ne rescris point à Mons' mon frère car desjà plusieurs fois lui ay escript sans aulcune respnse et partant je ai peur de l'ennuïer, mais je vous supplie estre très humblement recommandé à sa bonne grace aussi de Madamoiselle ma seur' et puisquil ne leur plaist me rescrire je vous prie me faire savoir de leurs nouvelles ; je désire aussy estre recommandé aulx bonnes graces de Mons. François de Cornoillé, Mons' de la Fosse et de Vilėsmorais, Don Pierre, Jeanne de Mardeaulx, Beauchêne et touz les aultres de la maison.

Vostre.... et perpétuel....? rursum fac sciamus te nostri fuisse memorem.

2

GILLES DE BEAUMANOIR.

· Du Paz ne donne pas de soeur à Gilles de Beaumanoir. Ce doit être la femme de Jacques son frère aîné, Adélice de la Feuillée. 9 Déchirures à l'original.

Le Cte DE PALYS.

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L'abbaye royale de Notre-Dame de Bois-Grolland. Considé

rations générales. - L'association catholique pour l'étude des monuments chrétiens.

« Les évêques ont construit la monarchie française, comme » les abeilles construisent une rûche. » (Gibbon).

Sans contester l'affirmation de l'illustre historien anglais, il faut reconnaitre que les ordres religieux, grâce au double ascendant de la science et de la vertu, ont fourni à cette cuvre de civilisation, le concours le plus efficace et, en même temps, le plus laborieux.

« C'est saint Benoit qui, par ses disciples, a défriché les o terres et les intelligences de l'Europe..... Pendant dix siè» cles, les monastères n'ont-ils pas été en France et partout, » les écoles, les archives, les bibliothèques, les hôtelleries, » les ateliers, les pénitenciers et les hôpitaux de la Société » Chrétienne ? (Rorhbacher, Hist. univ. de l'Eglise.)

Dans toutes les communautés, chaque moine avait une
T. V. NOTICES. IV ANNÉE, 1re Liy.

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