Oeuvres mêlées de Saint-Evremond, Volume 2

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J. Léon Techener Fils, 1866
 

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Page 321 - II faut convenir que la Poétique d'Aristote est un excellent ouvrage ; cependant il n'ya rien d'assez parfait pour régler toutes les nations et tous les siècles. Descartes et Gassendi ont découvert des vérités qu'Aristote ne connaissait pas; Corneille a trouvé des beautés pour le théâtre qui ne lui étaient pas connues...
Page 21 - Les dupes viennent là tous les jours en foule : les proscrits, les misérables s'y rendent des deux bouts du monde ; jamais tant d'entretiens de générosité, sans honneur ; jamais tant de beaux discours et si peu de bon sens ; jamais tant de desseins sans actions, tant d'entreprises sanseifets: toutes imaginations, toutes chimères; rien de véritable, rien d'essentiel, que la nécessité et la misère.
Page 295 - DEPUIS QUE J'AI LU le Grand Alexandre, la vieillesse de Corneille me donne bien moins d'alarmes, et je n'appréhende plus tant de voir finir avec lui la tragédie.
Page 187 - ... sans crainte dans l'état le plus dangereux, mais ne s'opiniâtrant pas dans une Affaire ruineuse, par l'aigreur d'un ressentiment, ou par quelque fierté mal entendue. Dans la vie ordinaire, son Commerce est honnête, sa Conversation juste et polie: tout ce qu'il dit est bien pensé; et dans ce qu'il écrit, la facilité de l'expression égale la netteté de la pensée.
Page 390 - J'avoue que leur magnificence me plaît assez, que les machines ont quelque chose de surprenant, que la musique en quelques endroits est touchante, que le tout ensemble paraît merveilleux ; mais il faut aussi m'avouer que ces merveilles deviennent bientôt ennuyeuses-, car, où l'esprit a si peu à faire, c'est une nécessité que les sens viennent à languir.
Page 311 - Vous me soutenez, quand on se persuade qu'on m'a abattu ; et vous me consolez glorieusement de la délicatesse de notre siècle, quand vous daignez m'attribuer le bon goût de l'antiquité.
Page 114 - Point de plaisir sans trouble, et jamais de repos. Sylla m'a précédé dans ce pouvoir suprême ; Le grand César mon père en a joui de même...
Page 296 - Je voudrais qu'il lui donnât le bon goût de cette antiquité qu'il possède si avantageusement; qu'il le fît entrer dans le génie de ces nations mortes, et connaître sainement le caractère des héros qui ne sont plus. C'est, à mon avis, la seule chose qui manque à un si bei esprit. Il a des pensées fortes et hardies, des expressions qui égalent la force de ses pensées; mais vous me permettrez de vous dire, après cela, qu'il n'a pas connu Alexandre ni Porus.
Page 492 - J'admire le dessein, l'économie, l'élévation de l'esprit, l'étendue de la connaissance : mais le changement de la religion, du gouvernement, des mœurs, des manières, en a fait un si grand dans le monde, qu'il nous faut comme un nouvel art, pour entrer dans le goût et dans le génie du siècle où nous sommes1. Et certes mon opinion doit être trouvée raisonnable par tous ceux qui prendront la peine de l'examiner. Car si l'on donne des caractères tout opposés, lorsqu'on parle du...

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