Eloges et discours philosophiques qui ont concouru pour les prix de l'Académie françoise & de plusieurs autres académies: Par l'auteur de l'ouvrage intitulé L'an deux mille quatre cent quarante. ...

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Chez E. van Harrevelt, 1776 - 358 pages
 

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Page 346 - ... fimplicité qui devroit être le premier devoir des rois , parce que le luxe ne fort des bornes que pour leur complaire. Il faut donc le louer d'avoir eu une table frugale , exempte de ces fuperfluités qui font gémir l'indigent & le difpofent au crime de la haine ou du blafphême. Quand on fonge que les biens de la terre appartiennent également à tous les hommes , il faut être un fou barbare , pour prodiguer & gâter les dons nourriciers , que le Créateur n'a répandus qu'en faveur de la...
Page 348 - Sully faifoient trop de bien à la nation pour que le génie des courtifans .ne cherchât pointa les féparer. Ces hommes, qui ne font fatisfaits que quand ils ont rendu le prince & le miniftre tributaires de leur cupidité perfonnelle , voyant la mâle févérité d'un grand homme s'oppofer à leur art infidieux , ourdirent les trames les plus compliquées & qui devoient inévitablement faire tomber dans leur piege tout autre homme que Henri. Il n'eut en ce moment , ni cette opiniâtreté qui repouffe...
Page 108 - ... des amis, les imprécations du défefpoir, les hurlemens de la rage , une violation publique des droits les plus facrés , l'innocence dans les bras du crime, la pâleur de la famine, l'agonie du trépas, & la pefte livide qui achevé de fournir à la voracité des corbeaux les reftes infortunés que le fer & l'incendie des combats ont malheureufement épargnés...
Page 329 - Et le peuple; dans ce mouvement anarchique, n'a ni l'art de combattre puiflamment fon fouverain , ni l'art de créer une nouvelle forme de gouvernement. On parle avec démence , on s'agite de même ; on prétend qu'il faut caffer la Loi Salique; & les Efpagnols perfuadent à des François qu'il faut porter fur le trône l'Infante Jfabelle, & pourquoi?
Page 13 - ... primitif de la juftice ; c'eft à toi que je voue mes jours; conduis mes pas & ma langue; tu élèveras ma penfée, tu la rendras digne de fon auteur. Je ne dépendrai point du regard des hommes, je ne porterai point les fers qu'ils fe forgent; & fi ma mâle indépendance...
Page 308 - En même-temps qu'elle avoit jugé nécefTaire d'écarter du gouvernement les princes de la maifon de Lorraine , elle fit la faute incroyable de ne point donner leurs places à leurs ennemis ; eux feuls auroient été capables de les anéantir. Cette incertitude éguillonna les chefs adverfaires", & les rendit plus formidables ; car s'il eft un temps où la 'main du gouvernement doive pefer, c'eft pendant les minorités.
Page 242 - Je voudrais que chacun écrivît ce qu'il sait, et autant qu'il en sait, non en cela seulement, mais en tous autres sujets : car tel peut avoir quelque particulière science ou expérience de la nature d'une rivière ou d'une fontaine, qui ne sait au reste que ce que chacun sait. Il entreprendra toutefois, pour faire courir ce petit lopin, d'écrire toute la physique. De ce vice sourdent plusieurs grandes incommodités.
Page 320 - Il renaît en effet , lors même qu'il paroît aflbupi , & il eft quelquefois fi précipité qu'il paroît tenir de la bizarrerie. Il femble que le duc de Guife ne connut pas lui-même tout l'afcendant de la religion ,. & comme elle pouvoit fuppléer de fon tems à la politique , à la force , aux alliances. Il ne fentit pas , au milieu de ces orages...
Page 315 - Coligny parut plus téméraire en faifant ouvertement la guerre à fon prince, & il l'étoit beaucoup moins. Guife obtenant la victoire, fut toujours en profiter. Coligny perdit quatre batailles, & dans fes défaites il fut épouvanter fes vainqueurs de manière à ne point fembler vaincu.
Page 316 - La probité le diftinguoit encore , vertu bien remarquable dans un chef de parti. Guife avoit bien plus de ces dehors qui féduifent la multitude ; il faifoit de grandes chofes , mais avec éclat , & plus pour fa propre ambition que pour l'intérêt général. Coligny portoit réellement la patrie dans fon cœur ; il aimoit l'ordre, par ce fentiment intime & profond qui n'appartient qu'à quelques âmes rares & vertueufes.

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