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et répand une odeur infecte. De nouvelles sangsues jetées dans ce sang putréfié n'y vivent que peu de temps. Si vous ouvrez les sangsues deux jours après qu'elles ont vécu au milieu du sang, vous en trouverez dans leurs estomacsbeaucoup plus que dans ceux des sangsues qui n'ont jamais sucé de sang humain, ou qui ne s'en sont point abreuvées depuis plusieurs mois : d'ailleurs le sang que les estomacs des premières sangsues contiennent ne paroît pas décomposé. Mettez quatre sangsues dans un vase renfermant environ huit onces de sérosité séparée du sang humain récemment tiré; elles restent plongées au milieu du liquide, s'y meuvent avec moins de rapidité que dans l'eau , et n'y acquièrent point une grosseur sensible; dès le quatrième ou le cinquièmejour, elles paroissent moins actives; elles meurent ordinairement du vingt au vingt-quatre. Jetez dans un vase en grande partie rempli d'eau pure, et contenant des sangsues, plusieurs gouttes de sang nouvellement tiré d'un homme sain; changez d'eau au bout de vingtquatre heures; agissez de même tous les quinze jours; les sangsues prendront plus de force,

quelquefois un peu plus de grosseur ; substituez au sang une substance animale ou végétale jugée incapable de nuire aux sangsues, elle ne produira jamais le même effet que le sang. Le sang des animaux, particulièrement celui · de l'homme, est la seule nourriture des sangsues connue de nos jours. En suçant le sang qui circule dans un vaisseau, elles avalent souvent une si grande quantité de ce fluide, qu'elles en meurent : mais lorsqu'elles n'en sucent qu'une médiocre quantité et qu'on les plonge aussitôt dans l'eau pure, elles sont nourries pour très long-temps et sont ensuite moins avides de mordre et de sucer ; au lieu que les sangsues renfermées un ou deux jours dans un vase contenant du sang récemment tiré et non coagulé , puis jetées dans l'eau pure, sont à peine nourries et vivent moins de temps, peutêtre parcequ'elles n'avalent qu'une très petite quantité de sang. La partie rouge du sang paroît nourrir plus particulièrement la sangsue que la sérosité du sang, puisque la sangsue plongée dans cette sérosité n'acquiert les premiers jours ni volume ui force. ' - ^ Lorsque vous avez l'intention de nourrir des sangsues renfermées dans un bocal rempli d'eau, gardez-vous d'y verser du sang prêt à se décomposer, ou déjà décomposé par la fermentation putride; les sangsues ne tarderoient pas à tomber malades, et à périr, si on ne les mettoit promptement , dans une eau pure , comme les expériences ci-dessus le démontrent : il vaut mieux conserver les sangsues dans l'eau pure, sans y ajouter du sang, crainte qu'il ne · soit altéré. , Frottez une portion des téguments de l'homme avec du sang aussitôt qu'on l'a tiré d'un animal; au même instant, appliquez sur la partie frottée deux ou trois sangsues vigoureuses ; elles ne mordront pas plus tôt les vaisseaux sanguins que celles qu'on mettra sur une autre partie du corps lavée avec de l'eau pure et chaude, et ensuite bien séchée; souvent même ces dernières mordent plus promptement : le sang n'est donc pas un appât pour faire mordre les sangsues plus vite; le sang hors des veines et refroidi n'est donc pas une nourriture que les sangsues recherchent avcc avidité.

HUITIÈME ExPÉRIENcE. Des sangsues gorgées de sang par la succion d'un vaisseau sanguin, étant mises dans le vase où a coulé le sang échappé des morsures faites aux téguments , vomissent plus ou moins de sang : celles qui n'en rendent point ou très peu ne tardent pas à mourir; celles qui vomissent beaucoup vivent plus long-temps, sur-tout lorsqu'on les met dans l'eau pure aussitôt après qu'elles ont rejeté une partie du sang : si elles en rejettent encore dans l'eau qu'on aura soin de changer tous les deux ou troisjours, elles reprendront au bout d'un, de deux ou trois mois leur première vigueur et leur appétit : pour leur faire recouvrer plus promptement ces qualités, on est en · usage, avant de les jeter dans l'eau pure, de leur faire vomir beaucoup de sang, en les posant une ou deux minutes sur des cendres de bois, ou en les lavant avec de l'eau aiguisée d'alcali fixe végétal ou d'alcali minéral. Voyez les expériences sur la sangsue avec les alcalis.

Expériences sur les sangsues avec les substances amères.

PREMIÈRE ExPÉRIENcE. — Renfermez une sangsue dans un vase contenant deux onces d'infusion d'absinthe faite avec feuilles sèches d'absinthe un gros, eau pure et bouillante trois onces; la sangsue se meut rapidement en tout sens ; elle rend des matières visqueuses et muqueuses par la bouche et par d'autres parties du corps; ensuite elle vomit plus ou moins de sanget de mucosité; au bout de trois quarts d'heure au plus elle cesse de s'agiter, ses mouvements sont lents, les rides transversales paroissent plus saillantes; elle s'étend sur le dos, elle devient flasque; ses mouvements, soit intérieurs, soit extérieurs , diminuent et sont à peine sensibles; le conduit génératif se montre tout entier, tantôt flasque, tantôt rigide; l'ouverture du vagin située au-dessous de l'orifice du conduit génératif est très visible; la bouche se tient béante, l'extrémité de la queue épanouie : le septième jour, l'infusion d'absinthe donne une odeur fétide; la sangsue retirée de cette infusion avec tous les signes d'une mort prochaine, et jetée dans de l'eau pure et fraîche,

commence à se contracter et à se mouvoir ;

chaque jour elle acquiert plus de force, le conduit génératif participe de cet état, elle ne se tient plus sur son dos; huit jours se passent de la sorte; ensuite, malgré la précaution de chan

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