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ger d'eau journellement, la sangsue perd de ses forces et meurt.

L'infusion d'absinthe ne s'oppose point à la putréfaction du sang et des autres , matières excrétées par la sangsue : l'infusion d'absinthe ne lui cause pas la mort, si on la sort de cette infusion une heure après l'y avoir jetée ; la sangsue reprend alors ses forces ordinaires. L'infusion d'absinthe agit donc sur la sangsue presque de la même manière que sur les vers lombricaux de l'homme. Si l'endroit où l'on veut faire mordre des sangsues a été couvert d'absinthe ou d'une autre substance végétale amère, ayez soin de le laver long-temps avec l'eau chaude et pure.

DEUxIÈME ExPÉRIENcE. — Plongez une sangsue dans un vase où se trouvent deux onces de décoction de quinquina faite avec quinquina pulvérisé un gros, en décoction dans six onces d'eau jusqu'à réduction de deux onces ; la sangsue, les vingt - cinq et trente premières minutes, s'agite beaucoup; elle se rapetisse, s'alonge, se courbe et forme des espèces de nodosités dans différentes parties du corps ; elle vomit des matières muqueuses et du sang; ensuite

les mouvements se ralentissent par degrés : une heure ne s'est pas écoulée que la sangsue tomba au fond du vase , et se rapetisse au point de représenter une espèce d'ovale; elle devient presque immobile, la bouche béante, et l'extrémité de la queue à peine épanouie; la sangsue reste dans cet état jusqu'au sixième jour, où la décoction de quinquina a pris une odeur fétide; pour lors jetez la sangsue dans l'eau pure, elle y recouvre le mouvement; elle s'alonge et s'aplatit , le conduit génératif est dehors et plus ou moins contracté et mobile : le septième jour jusqu'au douzième, la flaccidité et l'immobilité du corps augmentent progressivement, le conduit génératif devient quelquefois rougeâtre et très flasque, l'étranglement du corps entre le cou et la poitrine est considérable; les orifices du vagin et du canal excrémentiel sont , le douzième jour, visibles sans le secours de la loupe; enfin la sangsue meurt le treizième jour, malgré le soin de changer d'eau journellement.

La décoction de quinquina n'agit point sur la sangsue de la même manière que l'infusion d'absinthe; la première resserre et rapetisse la sangsue , la seconde la relâche; la première produit sur les organes intérieurs de la sangsue des effets plus fâcheux que la seconde, puisque la sangsue, au sortir de l'infusion d'absinthe, reprend dans l'eau beaucoup de force et y vit long-temps, tandis que la sangsue tirée de la décoction de quinquina et jetée dans l'eau pure n'y vit que sept ou huit jours au plus. La décoetion de quinquina, qui passe pour s'opposer davantage à la putréfaction que l'infusion d'absinthe, devroit avoir été préservée de toute odeur fétide pendant l'immersion de la sangsue; cependant la décoction de quinquina donne au bout de cinq jours une odeur plus fétide que l'infusion d'absinthe.

De cette expérience il faut bien se garder de conclure que la décoction de quinquina est incapable de combattre les maladies gangreneuses, et que , dans ce cas, supposé qu'on voulût employer une de ces deux substances , l'absinthe doit être préférée au quinquina.

Troisième Expérience. — Jetez une sangsue dans une décoction de suie de cheminée, faite avec suie provenant de la combustion du bois de chêne un gros , eau six onces, en ébullition jusqu'à réduction de deux onces : aussitôt la sangsue s'agite, elle vomit beaucoup de sang et de mucosité; il s'échappe de son corps des bulles d'air; cet état d'agitation dure demiheure environ $ ensuite elle tombe au fond du vase presque immobile, la bouche béante, et tous les autres orifices extérieurs fermés : huit heures après, elle devient flasque, on n'aperçoit que des mouvements à peine sensibles vers le cou. Au bout de quinze à vingt heures au plus elle meurt : à l'ouverture de la sangsue on trouve dans ses estomacs du sang fluide et noirâtre. 1l est peu d'insectes qui résistent à l'action de la suie de cheminée ; on ne sauroit trop l'emplojer dans les engrais des jardins, lorsque la terre contient un grand nombre de ces espèces d'insectes qui dévorent les plantes et les fruits. La suie agit peut-être avec plus de force sur plusieurs espèces de vers que contiennent les intestins du cheval et de l'homme; aussi doit-on regarder la suie comme un des premiers vermifuges; en faisant mourir les vers, elle ne cause d'accidents fâcheux ni à l'homme ni au cheval; car il ne faut point préjuger de ce qu'elle donne la mort aux sangsues qu'elle soit aussi funeste à l'homme : une substance mortelle pour une espèce d'animal est souvent utile pour telle autre espèce.

Expériences sur les sangsues avec les substances sucrées.

Première Expérience. — Mettez une sangsue dans une fiole contenant trois onces d'eau où l'on aura fait dissoudre parties égales de, sucre; boucliez exactement le vase avec un linge, les douze premières heures la sangsue y, paroît vivre comme dans l'eau pure $ elle rend par la bouche une petite portion de mucus qui surnage , se porte au goulot de la fiole, et prend une couleur moins brune; ensuite elle vomit un peu de sang, se roule sur elle-même et meurt ordinairement le second jour , ou au commencement du troisième. . j.'- , ; '. .. ,; . . |

C'est donc à tort qu'on frotte quelquefois aVec de l'eau sucrée l'endroit des téguments où l'on veut faire mordre promptement des sangsues; elles agissent au contraire plus lentement que si on s'étoit contenté de laver la même place avec de l'eau pure : souvent même elles refusent de s'attacher et de mordre à la portion des téguments froltés avec l'eau sucrée. ;.,

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