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une odeur de putridité, tandis que la sangsue morte naturellement dans l'eau répand huit ou douze heures après une odeur fétide. .

Jetez une sangsue qui vient de sucer du sang dans huit onces d'eau, tenant en solution deux grains d'alcali fixe , elle s'agite et vomit beaucoup de sang ; aussitôt après mettez-la dans une grande quantité d'eau pure, elle reprend ses forces, et devient, au bout d'un, certain temps , capable de, mordre , et de sucer : employez ce moyen pour réitérer la saignée avec les mêmes sangsues, seulement dans les, pays où ces insectes sont rares. L : •ilo . :: oo : . ' : 1 ,o : ' s | | " ti #. DEUxIÈME ExPÉRIENcE.-T Plongez une sangsue dans quatre onces d'eau où l'on aura mêlé alcali volatil une drachme; aussitôt la sangsue se rapetisse, devient presque ronde et sans mouvement; un moment après elle s'alonge,. puis elle rapproche sa tête de la queue, ensuite elle s'aplatit, elle s'étend la queue formée en godet, elle devient flasque et reste comme im* mobile ;ison conduitogénératif fait plus ou · moins de saillie en dehors, et sa vie se prolonge quelquefois au-delà de dix heures. Ce, mélange continue d'agir sur la sangsue morte ;

la portion antérieure et principalement la portion postérieure du corps acquièrent un peu de transparence et de la solidité; l'extrémité de la queue est épanouie, et présente à la vue des faisceaux musculeux qui comme des rayons partent du centre vers la circonférence : la lèvre supérieure offre aussi des faisceaux musculeux qui ressemblent beaucoup à ceux de la queue, et s'étendent pareillement en divergeant du centre de la bouche vers la circonférence de la lèvre supérieure. La sangsue morte dans le mélange d'alkali volatil et d'eau résiste plus à la putréfaction qu'une autre sangsue morte dans le mélange d'eau et d'alkali fixe minéral ou végétal. — La sangsue morte dans l'alkali volatil fluide , ensuite renfermée avec l'alkali volatil pur dans un vase exactement bouché , se conserve très long-temps sans être décomposée ; seulement elle devient demi-transparente, et blanchâtre à ses extrémités; le reste du corps se maintient brun et demi-transparent. · Ne pensez point d'après ces expériences que l'alkali volatil preserit intérieurement et extérieurement chez l'homme attaqué de gangrène,

ou d'ulcère fétide et tendant à la gangrène, produise de bons effets; préférez toujours l'usage interne et externe du quinquina.

Mettez dans une fiole vide et de capacité à contenir cinq onces d'eau une sangsue vigoureuse; exposez-la à la vapeur de Palkali volatil un gros; aussitôt la sangsue s'agite, elle vomit de la mucosité et du sang noirâtre, si depuis" long-temps elle n'a pas sucé du sang ; elle cesse bientôt de s'attacher aux parois du vase, ses mouvements sSnt à peine sensibles, son corps se replie en dedans , l'extrémité supérieure OÙ la tête est évasée et renfoncée, la bouche fermée, l'extrémité de la queue médiocrement épanouie; et au bout de deux heures au plus elle meurt dans cet état , et y reste pendant plusieurs jours ; le corps est flasque, tirant plus sur le noir, et moins gros qu'avant de recevoir la vapeur de Falkali volatil.

Cette vapeur paroît plus funeste à la sangsue qu'à l'homme; elle irrite fortement l'un et l'autre, mais elle a une action délétère plus marquée pour la sangsue : c'est cette action particulière , quoique moins nuisible à l'homme , qui doit obliger le médecin de ne pas employer l'alkali volatil à si haute dose, aussi souvent et aussi long-temps què le prescrivent certains empiriques.

Expériences sur les sangsues avec les sels neutres.

Première Expérience. —Saupoudrez de sel marin une sangsue, aussitôt elle se détache du vaisseau sanguin dont elle suce le sang, elle entre en convulsion , elle vomit la plus grande partie du sang dont elle s'est gorgée, elle rend par la bouche beaucoup d'humeur muqueuse; il transsude de la surface de son corps une grande quantité d'humeur liquide et visqueuse, et sur cette surface on voit de petites bulles d'air se succéder les unes aux autres ; les rides transversales et les mamelons sont très saillants; l'extrémité de la queue se (orme en godet ; les lèvres continuellement s'alongent et se raccourcissent ainsi que tout le corps : pour lors si on lave dans plusieurs eaux pures cette sangsue , quelquefois les convulsions et tous les symptômes se calment, et elle peut quinze ou vingt jours après mordre et sucer avec presqu'autant de force que la premiers fo s. Lorsquon saupoudre de sel une sangsue qui n'a pas sucé du

sang depuis long-temps, elle vomit du sang noirâtrecommegrumelé, etd'une odeur plus ou moins fétide. -

Une sangsue jetée dans de l'eau saturée de sel marin éprouve les mêmes symptômes que la précédente ; étant retirée et lavée, au bout de dix ou quinze minutes, lavez-la dans plusieurs eaux, elle peut reprendre sa première vigueur ; mais si vous la laissez dans l'eau saturée de sel vingt-cinq ou trente minutes, elle se rapetisse, demeure immobile et meurt.

Le sel marin ne fait donc mourir la sangsue qu'autant qu'il est appliqué à haute dose et pendant un certain temps. Ceux qui jettent une poignée de sel marin dans un étang pour y faire périr les sangsues qu'ils prétendent s'attacher aux poissons et leur causer la mort, sont dans l'erreur, et n'obtiennent jamais l'effet qu'ils désirent.

DEUxIÈME ExPÉRIENCE. — Plongez une sangsue dans eau quatre onces, tenant en dissolution nitre une drachme; aussitôt la sangsue entre en convulsion, elle se rapetisse, et rend de la mucosité par la bouche et par les mamelons des téguments; la tête se rapproche de la

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