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Expériences sur les sangsues àvec la machine électrique.

PREMIÈRE ExPÉRIENCE. — Mettez sur le tableau électrique une sangsue, soutirez de son corps des étincelles répétées à l'aide d'une pointe métallique; l'insecte commence à s'agiter; il vomit du sang, si les premiers estomacs en contiennent ; ensuite il se raccourcit, devient roide, et meurt après avoir fourni un grand nombre d'étincelles. »

Sur le même tableau, soumettez la sangsue à plusieurs commotions électriques légères ; aussitôt elle vomit un peu de sang, se gonfle, se durcit et ne tarde pas à mourir : après sa mort elle conserve encore quelque temps la même dureté et le même raccourcissement. Lorsqu'on dirige les commotions électriques sur la bouche de la sangsue, il en résulte des étincelles plus fortes et une mort plus prompte qu'en agissant de la même manière sur le disque de cet insecte. - * -

Chargez fortement une bouteille de Lerde, dirigez la commotion le long du corps d'une sangsue placée sur un isoloir ; aussitôt que

l'étincelle part, la sangsue est frappée avec tant de violence qu'elle meurt de suite dans un état de dureté et de raccourcissement.

L'électricité est aussi nuisible à la sangsue que le galvanisme fFune et l'autre ne paroissent pas agir d'une manière bien différente sur cet insecte : lorsqu'on l'électrise fortement, il en est toujours la victime; si on Félectrise peu, et qu'on le jette aussitôt dans l'eau pure,il recouvre rarement assez de force pour mordre et sucer le sang du vaisseau mordu.

Expériences pour déterminer si- les sangsues annoncent le beau et le mauvais temps.

Renfermez un grand nombre de sangsues dans plusieurs bocaux d'égale grandeur, contenant1la même eau et exposés ensemble à Fair libre : on nevoit jamais à la même heure, quelque temps qu'il fasse, les sangsues suivre une marche semblable et relative à l'état de l'atmosphère. Dans un des bocaux elles s'agitent à la surface, au milieu et au fond de l'eau; tandis que dans un autre bocal elles restent attachée* hors de Feau au couvercle, ou elles se tiennent au fond de l'eau, tranquilles, amoncelées ou isolées, adhérentes aux parois du vase et contractées, ou libres et étendues: souvent dans le même bocal on les voit hors de l'eau, à sa surface, au milieu et au fond, les unes calmes , les autres agitées , celles - ci adhérentes, celles-là entassées , beaucoup éparses, et quelques unes fixées par la queue aux parois du vase , se balançant le reste du corps dans l'eau par mouvements presque régulière.

Ces experiences souvent répétées ne s'accordent point avec les observations et les idées de certains physiciens, qui prétendent que les sa»gsues peuvent tenir lieu de baromètre.

CHAPITRE IV.

EFFETS SENSIBLES DES SANGSUES
SUR L'HOMME SAIN.

Appliquez sur les téguments d'un homme sain une sangsue, elle s'arrête, elle fixe l'extrémite' de sa queue à l'épiderme ou aux corps solides environnants, tandis que ses lèvres adhèrent fortement à la peau; alors ses dents pénètrent dans le tissu des téguments et y causent une douleur rongeante, lancinante et plus ou moins vive suivant l'espèce de vaisseau sanguin et de nerf qu'elles blessent, la grandeur et la profondeur de la blessure , le degré de sensibilité, la répugnance pour cet insecte , et la crainte de ses effets. Les dents continuent d'agir, elles ouvrent un vaisseau sanguin veineux ou artériel; aussitôt que le vaisseau est ouvert, la sangsue suce le sang qui s'écoule du vaisseau. Cette succion de plus ou moins longue durée, d'ordinaire peu douloureuse, quelquefois sans douleur , détermine aux environs de la blessure une rougeur et une tuméfaction à peine sensibles dans le premier temps de la succion, mais très visibles vers la fin de cette succion. Lorsque la morsure dure long-temps et avec douleur, et que la succion est longue et douloureuse , la rougeur et la tuméfaction sont plus grandes , et les petits vaisseaux sanguins environnants plus dilatés.

Dès que la sangsue s'est gorgée d'une cer-' taine quantité de sang, pour l'ordinaire l'extrémité postérieure de la queue ou le disque cesse d'adhérer aux téguments; alors la douleur que la sangsue cause en suçant, quelquefois augmente à mesure qu'elle devient plus grosse; ses lèvres se fixent avec plus de force contre les téguments, elle implante souvent ses dents contre les bords de la plaie; car la douleur est souvent aiguë : appuyez le corps et la queue de la sangsue sur un coussinet, de manière qu'ils ne pèsent plus sur la bouche; la douleur diminuera, la succion sera d'ordinaire plus longue, et la sangsue acquerra un volume plus considérable.

Souvent pendant la succion il s'échappe de la blessure une petite portion de sang : alors il,

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