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plupart des fonctions du corps et de l'esprit se font mal, le pouls est foible, petit et lent, quelquefois petit, foible et accéléré. Dans l'une et l'autre circonstance les vaisseaux sanguins continuent toujours d'être pleins; un nombre plus ou moins grand de ces vaisseaux acquiert un plus petit diamètre ; la boisson ne remplace point sur-le-champ le sang évacué, il faut pour cela que l'art et la nature emploient beaucoup de temps, et toujours en raison de l'évacuation. 2° La spoliation est selon quelques praticiens la perte, dans chaque évacuation de sang par les sangsues, d'une quantité plus ou moins grande de principes qui constituent essentiellement le sang ; principes constitutifs que la nature ne répare que lentement et avec effort, et que souvent elle ne rétablit pas : en suivant ce système, on ne confondra pas l'eau qui tient en solution les principes du sang avec l'eau , principe constitutif : la première peut se renouveler promptement; mais la seconde espèce - d'eau, ainsi que tous les autres principes constitutifs du sang, ne se réparent qu'avec peine et lenteur.La nature de ces principes est-elle counue ? Résident-ils en plus grand nombre dans la sérosité du sang ou dans sa partie rouge coagulée ? Les principes qui sont attachés à la partie rouge sont-ils plus essentiels à la conservation de la vie que ceux que renferme la sérosité? Enlève-t-on, par l'évacuation du sang, des matières nuisibles et capables de causer ou d'entretenir une maladie ? A toutes ces questions, l'analyse du sang que les chimistes ont faite jusqu'à nos jours n'a donné aucune réponse satisfaisante, et n'a servi qu'à leur démontrer l'impossibilité de décomposer et de recomposer ce fluide : ils ne connoissent point les · principes essentiels du sang, et par conséquent leur proportion et la manière dont ils s'unissent pour le former. Les principes essentiels de la partie séreuse · et de la partie rouge coagulée, séparées l'une de l'autre par le repos et par l'action de l'air, sont donc des mystères pour nos chimistes, et le seront encore long-temps.Ainsi on ignore si la partie séreuse est plus difficile à réparer et plus nécessaire à la vie que la partie rouge coa·gulée;onsait seulement que les substances nutritives réparent l'une et l'autre avec d'autant plus · de promptitude qu'elles sont bien digérées, et que les efforts de la nature tendants à les changer en sang dans les secondes voies ne sont

point dérangés. La nature ou l'art, en établissant une évacuation sanguine, souvent enlève au sang des · parties qui auroient été capables de déranger les fonctions du corps. Le sang, pour ainsi dire déposé dans les hémorroïdes, paroît contenir des parties nuisibles dont la nature cherche à se débarrasser en établissant une évacuation de sang par les hémorroïdes : il en est de même du sang porté dans les vaisseaux utérins ; la nature expulse chaque mois hors de la matrice une espèce de sang qui, étant retenu dans le torrent de la circulation, produit plus par ses mauvaises qualités que par sa quantité des symptômes plus ou moins fâcheux. Vers la fin d'une maladie aigué, la nature détermine souvent, dans les vaisseaux sanguins du nez, une certaine quantité de sang chargé de parties morbifiques; aussitôt qu'elle a établi une hé· morragie critique par le nez, quelque petite quantité de sang qu'il en sorte, le pouls devient plus souple, les symptômes se calment, et la maladie se termine heureusement. Lors, que dans ces différents cas la nature est incapable d'opérer l'évacuation sanguine critique, il faut absolument avoir recours aux sangsues, qui produisent quelquefois les mêmes effets. Le sang, au sortir des hémorroïdes mordues par des sangsues, étant ramassé dans un vase, ne présente point à l'inspection des signes qui le distinguent du sang tiré des veines du bras,

et quiyfassent reconnoître la prétendue atrabile

des anciens; il sert encore moins à découvrir les mauvaises qualités des humeurs qu'on assure circuler avec le sang. Que le sang ait une couleur foncée ou vermeille, une grande fluidité ou une consistance épaisse; qu'il se putréfie promptement, ou qu'il résiste long-temps à la putréfaction ; qu'il se convertisse sur-lechamp en sérosité et en coagulum , ou qu'il reste un certain temps sans paroître se décomposer; qu'en se refroidissant le coagulum prenne une forme particulière, ou qu'il n'en affecte aucune; que la sérosité offre une couleur d'un jaune clair, d'un jaune foncé, d'un jaune tirant sur le verdâtre, ou d'un jaune rougeâtre; le praticien ne peut pas dire que la nature a chassé, par cette évacuation sanguine, la plus grande partie des matières nuisibles contenues dans la masse du sang : il peut encore moins tirer de ces différents états du sang évacué une

indication pour connoître le genre et l'espèce de maladie, et le traitement qui convient; car · le sang de l'homme bien portant offre souvent à la vue les mêmes variétés. Il n'en est pas ainsi du sang couenneux, il annonce ordinairement une disposition inflammatoire, ou la présence d'une inflammation : ce n'est pas seulement le sang tiré par les sangsues qui jouit de cette qualité, mais toute la masse du sang. Plus la couenne dont le sang est couvert a de la consistance et de l'épaisseur, plus la disposition inflammatoire est considérable et l'inflammation violente, sur-tout si le sang couenneux fournit peu de sérosité.La couenne, d'ordinaire de couleur grise, est souvent rouge ou jaune, ou jaune-verdâtre, sans désigner rien de funeste ou d'avantageux. Communément le sang couenneux, en se refroidissant, se divise en sérosité et en coagulum. Le coagulum représente-t-il un cul d'artichaut couvert d'une couenne plus ou moins épaisse, et environné de sérosité ; alors la grande consistance et épaisseur de la couenne, la petite quantité du coagulum rouge et de la sérosité font appréhender une inflammation des plus violentes etun danger imminent ; mais elles n'indiquent pas de réité

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