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locité du sang, et à suspendre par cette constriction l'hémorragie: il en est de même de la saignée du pied pour supprimer le saignement de nez; elle détermine quelquefois la nature à diminuer le diamètre des vaisseaux du nez jusqu'à faire cesser l'hémorragie; alors le visage pâlit, les artères carotides et temporales battent avec moins de force, proportion gardée , que l'artère crurale. Les morsures des sangsues peuvent produire les mêmes effets que la saignée avec la lancette.

La saignée au bras avec la lancette est souvent cause, dans la goutte, dans le rhumatisme et autres espèces de maladie dont le foyer est extérieur, que l'humeur morbifique se répercute à l'intérieur ; tandis que les sangsues tendent toujours à rappeler l'humeur morbifique de l'intérieur à l'extérieur.

Lorsqu'il se présente, dans les maladies convuJsives, une circonstance où la saignée est indispensable, si le sujet a une répugnance invincible pour les sangsues, si la durée et la douleur de leurs morsures et de leur succion peuvent accroître la convulsion , s'il faut surle-champ évacuer une certaine quantité de sang, il importe de préférer aux sangsues la saignée avec la lancette, quoiqu'elle affoiblisse beaucoup, et que cinq ou six heures après il survienne quelquefois une irritation d'aussi longue durée que celle qui est causée par les sangsues.

Malgré plusieurs autres circonstances où la saignée avec la lancette l'emporte sur les sangsues, leurs morsures en général n'entraînent jamais autant d'inconvénients que la lancette , principalement si elle est dirigée par une main maladroite ou ignorante. Combien de fois n'arrive-t-il pas de piquer un nerf, un tendon, une aponevrose, d'ouvrir une artère, et de causer de vives douleurs sans tirer du sang! Souvent le chirurgien le plus adroit et le plus expert est dans l'impossibilité de pratiquer la saignée, les veines étant trop petites, profondes , ou situées de manière qu'en voulant les percer il s'exposeroit à léser un nerf, un tendon, une artère; plus les personnes sont replètes, plus il trouve d'obstacles, et s'il ne cause aucune blessure dangereuse , ordinairement il ne tire point ou très peu de sang.

Les effets de la ventouse scarifiée approchent beaucoup plus des effets de la sangsue que ceux de la saignée par la lancette; cependant les

effets de la ventouse et ceux de la sangsue diffèrent entre eux. 1° La douleur produite par les scarifications faites avant l'application de la ventouse n'est pas de si longue durée que la douleur par les morsures des sangsues ; 2° La tuméfaction des téguments est plus considérable et plus douloureuse pendant l'action de la ventouse que durant la succion de la sangsue ; 3° Tant que la ventouse agit , le sang sort ordinairement en plus grande abondance des plaies que des morsures pendant la succion des sangsues; mais aussitôt que la ventouse est enlevée, le sang coule ordinairement en plus petite quantité des plaies que des morsures des sangsues après leur chute; à moins que les lancettes à scarification n'aient entamé des veines considérables ; 4" Dès que la ventouse est séparée des téguments, la portion ventousée perd de sa chaleur, de sa rougeur, et principalement de son gonflement ; au contraire, après la chute des sangsues, la tuméfaction, la chaleur et la rougeur des bords des morsures et des environs

s'accroissent ;

5° Pendant l'action de la ventouse, ses bords compriment avec force la partie des téguments à laquelle la ventouse adhère, au lieu que les sangsues, en mordant ou en suçant, n'exercent sur les téguments aucune espèce de compression par leur queue, et n'empêchent point le sang de se porter en grande quantité et avec vélocité dans les vaisseaux qui avoisinent les morsures;

6° L'irritation causée par les sangsues se soutient beaucoup plus long-temps après leur chute que l'irritation produite par les scarifications et la ventouse;

7° La quantité de sang tiré par les ventouses peut être fixée : la quantité de sang tiré par les sangsues n'est pas toujours soumise à la volonté du praticien; souvent ces insectes sucent peu de sang; et après leur chute, il ne sort des morsures qu'une petite quantité de sang, lorsqu'il en faudroit une évacuation abondante.

Pour mieux juger des effets dela sangsue et des ventouses, réunissez aux différences qu'elles offrent les observations suivantes: > On peut à volonté scarifier les vaisseaux sanguins propres à fournir plus ou moins de sang, et en faire cesser l'écoulement en étant la ven

touse; tandis que les sangsues ne mordent pas toujours où l'on veut; elles ne font pas communément sortir la quantité de sang qu'on désire ; on a souvent plus de peine à arrêter le sang qui s'écoule des morsures que celui qui sort des scarifications. . Dans les maladies où il faut établir sur-lechamp une évacuation sanguine avec forte dérivation et prompte révulsion, les ventouses scarifiées souvent l'emportent sur les sangsues : par exemple, le premier jour des affections soporeuses essentielles, ou par fièvre inflammatoire, ou par humeur morbifique, telle que l'humeur goutteuse, dartreuse, galeuse, rhumatismale , teigneuse, etc., les ventouses scarifiées mises aux cuisses opèrent plus rapidement et avec plus de succès que les sangsues : en semblables circonstances, les ventouses appliquées sur les parties extérieures affectées les dernières de goutte, de rhumatisme, de dartre, d'abcès, d'ulcère, d'inflammation, etc., agissent quelquefois avec plus d'efficacité que les sangsues pour rappeler promptement à l'extérieur la matière morbifique, et pour dégager le viscère affecté. D'ailleurs on peut enflammer plus ou moins la partie où l'on se propose d'appliquer

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