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parties voisines; il change la partie sur laquelle il agit en une escarre d'autant plus profonde que le feu a été actif et de longue durée, les parties qui touchent l'escarre s'enflamment et suppurent abondamment ; l'escarre se détache et la suppuration subsiste long-temps, pour peu qu'on la provoque avec des topiques irritants. . Pendant la brûlure, le battement des artères voisines de l'endroit brûlé, et le gonflement des veines croissent à chaque instant, les forces vitales et musculaires augmentent, la dérivation devient en peu de temps considérable ; mais la brûlure et la douleur étant finies , les artères battent avec moins de force, et le gonflement des veines diminue. Comparez ces effets avec ceux des sangsues ; la douleur par les morsures des sangsues est beaucoup moins vive; la nature, pendant la durée de ces morsures, chasse avec moins de force et en plus petite quantité le sang dans les artères voisines de la partie blessée, qu'elle ne le fait pendant l'action du moxa dans les environs de l'endroit brûlé : durant la succion et l'hémorragie qui se montre après la chute des sangsues, la dérivation du sang est souvent plus grande dans les artères voisines des morsures,

qu'elle lie l'est dans les artères des environs de l'escarre : à peine l'hémorragie est-elle arrêtée, que la dérivation du sang n'est plus aussi forte que dans les bords et le voisinage de la partie brûlée; l'inflammation des bords de l'escarre augmente chaque jour, la suppuration s'y établit et devient de plus en plus abondante jusqu'à ce que l'escarre soit entièrement tombée. Pendant tout le temps de la suppuration qui a lieu pendant et après la chute de l'escarre, il se fait quelquefois révulsion de la matière morbifique et évacuation de cette matière par l'ulcère formé dans la partie brûlée.,

Plusieurs praticiens de nos jours emploient le moxa pour combattre, i° toutes les espèces de maladies douloureuses chroniques dont le principe est fixé dans une partie du corps, et qu'ils croient susceptible d'être détourné et dirigé à- l'extérieur par une grande irritation et suppuration qu'on y procure; 2° les maladies convulsives dont ils soupçonnent le principe mobile, et le siège dans le cerveau , la moelle épinière ou les nerfs, telles que l'épi— lepsie, l'éclampsie, le tic, le tetanos, etc.; 3° les ulcères internes chroniques dont ils pensent qu'on peut éloigner le pus, le porter à l'extérieur, et délerger ainsi et cicatriser l'ulcère interne; 4° les maladies de foiblesse dépendant de l'affection du cerveau, de la moelle épi— nière ou des nerfs, par un principe anciennement mobile, dont la présence sur le cerveau tend à détruire la sensibilité et le mouvement d'uneou deplusieurs parties du corps; 5° les maladies chroniques, dont le principe inconnu attaque spécialement les os, telles que le rachitis. Il& appliquent le moxa sur la partie qui répond au siège de la maladie, ou aux environs; ils prétendent par-là qu'ils forcent la nature à faire une plus prompte révulsion et une plus forte dérivation de la matière morbifique vers la partie brûlée , que le feu détruit une partie de cette matière, et que la suppuration en entraîne le reste. L'expérie,pce et l'observation nous apprennent qu'il est extraordinaire de voir le moxa opérer la guérison d'une de ces maladies, et qu'étant mis en usage dans semblable espèce d'affection morbifique où il paroît avoir réussi, il l'augmente, quelquefois même il contribue à la rendre incurable; jamais les sangsues ne produisent de pareils effets lorsque même on emploie ces insectes dans les. maladies leurs bons effets sont douteux.

CHAPITRE vII.

· INCoNVÉNIENTs DEs sANGsUEs.

LEs inconvénients dessangsues sont nombreux. | 1° La sangsue ne mord pas toujours à la volonté du praticien le vaisseau sanguin qu'on lui présente. Si on l'approche trop près d'une veine considérable, telle que la veine jugulaire externe, la veine crurale externe 2 souvent elle les préfère à une petite veine; alors il survient une hémorragie très difficile à supprimer; et les moyens qu'on est obligé d'em ployer pour la suppression de l'hémorragie nuisent encore aux bons effets de la morsure de la sangsue. | 2° La sangsue mord quelquefois une artériole où l'on ne pouvoit soupçonner qu'il en existât ; le sang qui sort de la morsure ne s'arrête pas communément sans le secours de l'art, et avant qu'on ait suspendu le cours du sang, il s'en écoule souvent plus que la maladie ne l'exige :

d'ailleurs les effets salutaires de la sangsue sont toujours contrariés par les forts astringents et la grande compression mis en usage pour arrêter le sang.

39 La sangsue refuse fréquemment de mordre, non seulement le vaisseau sanguin contre lequel on l'applique, mais encore les vaisseaux sanguins du voisinage; cela dépend autant de la sangsue que des téguments de l'homme; car il y a souvent, des sangsues affaiblies ou malades par quelque cause que ce soit, ou trop gorgées de sang, qui ne peuvent ou ne veulent pas s'attacher aux vaisseaux sanguins de l'homme malade ou bien portant. Souvent encore il se rencontre des sangsues qui mordent avec avidité les vaisseaux sanguins de tel homme sain ou de tel malade, tandis que les mêmes sangsues refusent de mordre les vaisseaux sanguins d'une autre personne bien portante ou malade : cette volonté de la sangsue pour mordre ou pour refuser de mordre a vraisemblablement pour cause la différence du tissu des téguments de l'homme, et sur-tout celle des qualités de la transpiration insensible; aussi le refus que la sangsue fait de mordre est-il souvent cause qu'il faut avoir recours à la ventouse sca

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