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hémorroïdes et les bords de l'anus dans les maladies où ily a indication urgente de rappeler les hémorroïdes, ou de remplacer le flux hémorroïdal; alors l'application des sangsues sur le bord de l'anus ou sur les hémorroïdes externes flétries est ordinairement indispensable ; le bien qu'on peut en retirer l'emporte sur le mal à appréhender. 18° L'application des sangsues à l'anus seroit un des plus grands secours de la médecine pour combattre la plupart des maladies par suppression ou diminution du flux hémorroïdal et des hémorroïdes , et pour dégorger les hémorroïdes externes très gonflées et fort douloureuses, si elle n'étoit jamais accompagnée d'inflammation des hémorroïdes ou des bords de l'anus, au point d'y produire un abcès ou une fistule. L'application des sangsues à l'anus seroit encore d'une grande utilité pour évacuer une grande quantité de sang, parcequ'on est plus assuré de tirer par le moyen des sangsues beaucoup de sang des vaisseaux hémorroïdaux que des vaisseaux sanguins de la cuisse, ou de la jambe ou du pied; mais la crainte de déranger le cours du sang de la veine-porte , ou de causer

à l'anus une inflammation et quelquefois une fistule, doit souvent déterminer le praticien à les appliquer plutôt sur les cuisses, au risque d'avoir recours à un beaucoup plus grand nombre de sangsues pour obtenir une évacuation aussi abondante de sang. 19° Les sangsues étant appliquées sur les parties attaquées d'inflammation causée par humeur dartreuse, scrofuleuse, vénérienne, teigneuse, rachitique, scorbutique, cancéreuse, goutteuse , rhumatismale , catarrheuse , par humeur critique, ou par tout autre principe, soit connu soit inconnu, elles augmentent toujours l'inflammation, et la font souvent termi- . ner par abcès, quelquefois par gangrène, ou par ulcère cancéreux : lorsqu'elles ne font qu'irriter la partie enflammée sur laquelle on les applique, elles en retardent toujours la résolution. 2o° Les morsures des sangsues aux jambes, particulièrement proche des malléoles, se changent souvent en ulcères difficiles et longs à guérir, sur-tout chez les sujêts cacoehimes et chez les vieillards; elles causent encore fréquemment · aux sanguins, aux bilieux jeunes, robustes et faisant degrands exercices à pied, des érysipèles douloureux et quelquefois longs à se résoudre.

21° Les sangsues étant mises sur les bords et les environs des plaies et des ulcères dans le dessein de les dégorger, pour l'ordinaire elles accroissent l'engorgement, elles enflamment, et souvent elles font prendre à la plaie ou à l'ulcère un mauvais caractère. .

22" Dans la plupart des maladies convulsives, les sangsues accroissent tellement la sensibilité et l'irritation, que le praticien observateur se trouve obligé de n'employer que la saignée avec la lancette, ou les ventouses scarifiées.

23° En appliquant des sangsues sur les bords de l'orifice externe des marines, des oreilles et de l'urètre, sur les bords des lèvres , sur les gencives, à l'entrée du vagin et sur les bords de l'anus, on s'expose à voir ces insectes pénétrer dans les narines, dans le conduit externe de l'oreille, dans la bouche et l'arrière-bouche, et dans le rectum; elles peuvent y mordre surle-champ des vaisseaux sanguins, y causer, tant qu'elles sucent du sang, des douleurs plus ou moins vives, et, lorsqu'elles cessent de sucer, une hémorragie. Après avoir séjourné plus ou moins de temps dans ces cavités, elles en sont chassées plus souvent mortes que vivantes.

Lorsque la sangsue ne mord aucun vaisseau sanguin dans la cavité où elle a resté, il ne s'écoule point de ang, et elle n'est pas plus grosse à sa sortie qu'à son entrée; tandis que la sangsue qui a mordu un vaisseau sanguin dans la cavité où elle a pénétré donne lieu à une évacuation sanguine extérieure ordinairement très légère, et acquiert un volume plus considérable qu'elle n'avoit avant son entrée dans la cavité.

24° Les sangsues appliquées aux parois internes de la vulve pour rappeler les menstrues ou les lochies supprimées n'agissent jamais avec autant d'efficacité que les sangsues mises aux parties supérieures et internes des cuisses; il en est ainsi de l'inflammation de matrice ou de ses ligaments larges , par suppression de la perte de sang après l'accouchement, ou des lochies , ou du flux menstruel, ou de la perte blanche; les sangsues placées à la partie supérieure et interne de la cuisse favorisent la résolution de ces espèces d'inflammation de matrice, au lieu que fixées à la vulve, elles rendent souvent l'inflammation plus forte; elles enflamment d'ordinaire les grandes lèvres et elles augmentent considérablement la sensibilité et l'irritation. D'ailleurs l'application des sangsues aux bords de la vulve, sur les grandes pu petites lèvres, offre l'inconvénient très grave de voir quelquefois les sangsues pénétrer dans le vagin? s'attacher et mordre à ses parois, ou au cou de la matrice : j'ai vu arriver à la suite d'une semblable morsure une évacuation sanguine qui dura plusieurs semaines, et ensuite détermina une perte blanche très abondante avec gonflement douloureux dans la région hypogastrique, etdpuleur de matrice : il faut donc en général éviter de mettre les sangsues aux parties extérieures de la génération de la femme, quelle que soit l'indication qu'on se propose de remplir.

25° On ne trouve pas en tout temps et dans tous les pays des sangsues : il y a des ri,vières, des lacs, des ruisseaux, des étangs, des mares qui n'en contiennent pas ou très peu. Dans les campagnes, les bourgs et les petites villes ,. les , chirurgiens et les pharmaciens dédaignent souvent de se pourvoir de sangsues; en été, leç mares et un grand nombre de ruisseaux, de petits étangs, etc., se dessèchent et les sangsues, y meurent; en hiver on ne peut également s'en procurer dès que le froid commence à geler les lacs, les étangs, etc.:

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