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la tête, au cou, entre les épaules, et même aux bras, quand même il y auroit vive douleur de tête; d'ailleurs avec cette précaution on ne doit pas craindre de tirer des enfants une certaine quantité de sang, toujours relative à leur . âge, à leur force , à leur constitution, et à l'espèce de fièvre : cette évacuation leur est aussi utile qu'aux jeunes gens et aux adultes ; car il est d'observation que l'évacuation du sang par les sangsues favorise alors le travail de la nature pour la coction de l'humeur fébrile et pour la crise, et qu'elle contribue en outre au transport d'une partie de l'humeur morbifique vers les morsures. Parmi les praticiens qui ne redoutent pas de saigner le fiévreux jeune ou adulte, il en est plusieurs qui donnent la préférence à la lancette sur les sangsues; tandis qu'il est de fait que ces

· dernièresl'em portent infiniment sur la lancette :

pour s'en convaincre, qu'ils appliquent les premiers jours de la fièvre les sangsues aux cuisses, ils sont presque sûrs d'obtenir une dérivation et une révulsion plus ou moins considérables

du sang et d'une portion de l'humeur morbi8 p

fique, au lieu que les saignées au bras par la lancette ordinairement ne diminuent que la quantité de sang, affoiblissent beaucoup , et troublent le travail de la nature. Il faut bien se garder d'imiter les médecins qui conseillent de ne jamais saigner les vieillards attaqués de fièvre pléthorique, inflammatoire, ou éruptive, crainte de les trop affoiblir : la saignée leur est aussi nécessaire qu'aux enfants, et non moins avantageuse, principalement si vous l'effectuez par les sangsues ; elles diminuent beaucoup moins que la lancette les forces musculaires et vitales des vieillards , et elles favorisent la circulation du sang dans leur cerveau, où elle est souvent difficile. Les personnes d'un tempérament sanguin, quelle que soit l'espèce de fièvre dont elles sont - attaquées, peuvent très rarement s'exempter, les premiers jours de la maladie, de l'application des sangsues aux cuisses : plus les autres tempéraments participent du sanguin, particulièrement le bilieux, plus ce genre de saignée est indispensable. ,i Les sujets d'une constitution très robuste, et atteints d'une fièvre inflammatoire quelconque, retirent communément, les premiers jours de la maladie , de grands avantages de l'application des sangsues aux cuisses; la coction et la crise deviennent plus faciles, et it n'est pas si fréquent de voir le cerveau s'engorger, et la matière morbifique s'y porter. . L'homme habitué à se faire saigner une ou plusieurs fois l'année ne peut que ressentir de bons effets de l'application des sangsues aux cuisses, particulièrement dans le principe de la maladie. Il est un grand nombre d'espèces de fièvres où, dès les premiers jours, le pouls est petit, concentré, à peine accéléré, avec abattement considérable des forces musculaires du tronc et des extrémités : la plupart des praticiens refusent dans ce cas d'appliquer les sangsues, pour ne pas anéantir les forces vitales et musculaires; mais ils se comporteroient bien autrement s'ils savoient qu'après avoir fait mordre les sangsues aux cuisses les forces se développent, les pulsations deviennent plus fortes et plus fréquentes, et la nature cessant d'être opprimée agit mieux pour la coction et la crise : il ne faut donc pas attendre que la fièvre parvienne à son plus haut degré d'intensité pour employer les sangsues ; ce n'est qu'autant qu'on auroit oublié d'y avoir recours qu'on doit en tenter l'application à cette époque, encore faut-il choisir

le moment le plus calme de la fièvre, parceque
les sangsues augmentent toujours l'irritation et
la sensibilité.
Comme chaque espèce de fièvre est souvent
compliquée, occupez-vous à la combattre plu-
tôt que la maladie qui se trouve réunie avec
elle : cependant, si cette maladie est de nature
à exiger une saignée copieuse, n'hésitez pas à
faire mordre les sangsues en grand nombre,
quand même la fièvre seroit parvenue à son
plus haut degré; il n'y a qu'une foiblesse ex-
trême, une grande maigreur et une diminution
considérable du sang qui puissent les contre-
indiquer. D'une autre part, la fièvre est-elle
compliquée d'inflammation du foie, de l'esto-
mac ou des intestins, appliquez en très grand
nombre les sangsues , non pas aux cuisses,
mais aux bras, ayant toujours égard au temps
et au degré de l'inflammation : il ne faut
point imiter ceux qui les appliquent sur la
partie qui répond au viscère du ventre en-
flammé, sous prétexte de calmer promptement
l'inflammation et de hâter la résolution.Ainsi 2
toutes les fois que dans les fièvres le cerveau est
affecté, ce qui arrive souvent, gardez-vous de
mettre les sangsues à la tête ou au cou ; dès

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les premiers jours faites-en mordre beaucoup aux cuisses, les symptômes ne tarderont pas à se calmer, la nature éprouvera moins de résistance pour la coction et la crise, et l'on pourra administrer avec plus de succès les remèdes propres à combattre la fièvre : il n'en est pas ainsi de la fièvre avec douleur de poitrine et grande disposition à l'inflammation des poumons, les sangsues mises en grand nombre sur l'endroit douloureux sont ordinairement très utiles. Les jours véritablement critiques des fièvres, saignez, lorsque le malade se plaint de douleurs vives ou sourdes dans la région frontale ou temporale, que les vaisseaux sanguins des yeux et de la face sont tuméfiés, que les artères temporales battent avec force, que le pouls est dur, concentré et fréquent, qu'il y a démangeaison dans le nez, ou que le malade y porte involontairement le doigt; si l'hémorragie du nez tarde trop à paroître, faites mordre sur la façe interne des narines plusieurs sangsues : quelquefois cette application est suivie du calme des symptômes, et tient lieu de la crise par hémorragie nasale. Les premiers jours des fièvres aiguës avec

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