Images de page
PDF
ePub

l'inflammation en abcès, ordinairement funeste, ou en dureté , souvent suivie d'accidents fâcheux. Ne faites point mordre des sangsues sur la région du foie, quoique leur application soit moins nuisible que celle de l'emplâtre vésicatoire et de l'onguent mercuriel, recommandée par plusieurs médecins-théoriciens : gardezvous encore d'appliquer des sangsues à l'anus, sous prétexte de rendre la circulation du sang plus libre dans le système de la veine-porte. Pour l'inflammation du foie par fièvre intermittente, tirez le premier jour moins de sang du bras, soit par la lancette, soit par les sangsues, que dans l'inflammation essentielle du foie; le second et le troisième jour, mettez un petit nombre de sangsues au bras, et aussitôt après chaque application et chute des sangsues, faites administrer le quinquina à haute dose ; si l'estomac ne peut le supporter, prescrivezle à haute dose en lavements. L'inflammation du foie par suppression du flux hémorroïdal ou des hémorroïdes, du flux menstruel, des lochies, ou par transport d'humeur laiteuse, exige sur-le-champ l'application sur les cuisses d'un grand nombre de sangsues; on la réitèrera plusieurs fois pendant les

premières vingt-quatre heures. — Appliquez à l'anus les sangsues, seulement pour l'inflammation du foie par suppression du flux hémorroïdal : le second et le troisième jour on ne fera mordre qu'un petit nombre de sangsues, parceque les saignées ayant été répétées le premier jour jusqu'à diminuer considérablement les forces, les saignées qui suivroient, si elles étoient trop copieuses, mettroient la nature dans l'impossibilité de résoudre l'inflammation. Io° L'inflammation essentielle de l'estomac, soit aiguë , soit lente, doit être combattue le premier jour par la saignée au bras avec la lancette et avec les sangsues : comme il est très difficile de distinguer l'inflammation lente de l'estomac d'avec la douleur vive et constante de ce viscère accompagnée d'envie de vomir ou de vomissement, et de l'accélération plus ou moins forte du pouls, il est prudent, dans ce dernier cas, de n'appliquer au bras, le premier jour, qu'un nombre médiocre de sangsues, et de les réitérer le second et le troisième jour, si on est mieux fondé à croire l'existence de l'inflammation. Pour l'inflammation aiguë de l'estomac essentielle par blessure, par poison, par transport d'une humeur morbifique ou par

suppression d'une évacuation sanguine habituelle, il est important le premier jour d'évacuer beaucoup de sang par les saignées au bras avec la lancette et avec les sangsues ; le second et le troisième jour, seulement avec les sangSU1GS. - L'inflammation de l'estomac par fièvre intermittente exige, les deux premiers jours, de ne tirer du sang qu'à l'aide des sangsues, et moins copieusement que pour les espèces d'inflammation d'estomac précédentes. Enfin l'inflammation d'estomac par suppression subite du flux menstruel, du flux hémorroïdal, des lochies, ou par transport d'humeur laiteuse, demande qu'on agisse de même que pour les diverses inflammations du foie, correspondantes à ces dernières espèces d'inflammation d'estomac. Aucune de ces espèces d'inflammation d'estomac n'indique les sangsues sur la région stomachique. •é) 1 I° L'inflammation essentielle des intestins demande à peu de chose près les mêmes remèdes que l'inflammation essentielle de l'estomac : premier jour, saignée au bras avec la lancette et les sangsues; et les deux jours suivants, seulement les sangsues au bras. Il faut se compor

[ocr errors]

ter ainsi pour l'inflammation des intestins par blessure, étranglement , poison , fièvre intermittente, âcreté d'humeurs intestinales, suppression subite de transpiration, ou par transport d'humeur morbifique, telle que l'humeur teigneuse ou dartreuse, etc. Quant à l'inflammation lente des intestins , il est nécessaire d'évacuer moins de sang, et de laisser plus d'intervalle entre chaque saignée. Pour l'inflammation des intestins par suppression subite des menstrues, du flux hémorroïdal, ou des lochies, ou bien par transport d'humeur laiteuse, même conduite que pour l'inflammation d'estomac par semblables principes : n'hésitez pas un instant à ne saigner qu'aux cuisses et avec les sangsues; autrement vous auriez le regret de voir accroître les symptômes, et souvent la maladie se terminer par suppuration. Ne vous laissez donc point entraîner par les discours de ceux qui recommandent l'application des sangsues sur le ventre. Pour l'inflammation des intestins par humeur goutteuse , avant d'appliquer la moutarde sur les articulations des extrémités inférieures anciennement

afféctées de goutte, faites - y mordre des sangsues.

12° Les espèces d'inflammation d'épiploon, dont les principes se rapprochent de ceux des espèces d'inflammations intestinales, doivent être attaquées de la même manière : premier jour saignées au bras avec la lancette et les sangsues; second et troisième jour saignées au bras avec les seules sangsues. L'inflammation de l'épiploon par dépôt de lait, que plusieurs prennent pour la fièvre puerpérale, accompagnée de gonflement, tension et douleur de ventre, se termine ordinairement par la résolution, lorsque le premier et le second jour de la maladie, au lieu de saigner au bras et d'y faire mordre des sangsues, on les applique aux cuisses; rarement les sangsues sont indiquées le troisième jour, à moins que les jours précédents on n'ait pas évacué par leur moyen une grande et suffisante quantité de sang. A défaut de sangsues, saignez plusieurs fois au pied ; en même temps favorisez les bons effets de la saignée par l'infusion de racine de persil en boisson et en lavement. Il faut bien se tenir en garde contre les avis d'appliquer les sangsues sur le ventre.

« PrécédentContinuer »