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de sangsues, employez les ventouses scarifiées aux cuisses; et si l'on ne peut se procurer des ventouses, pratiquez la saignée au pied : très rarement la saignée au bras réussit. Les sangsues aux cuisses combattent avec plus de succès la convulsion par dentition que les sangsues à la nuque ou derrière les oreilles : il faut toujours, quel que soit l'endroit des cuisses ou des jambes sur lequel on applique les sangsues, laisser couler beaucoup de sang des morsures , sans cependant causer une trop grande foiblesse : les demi-bains, les cataplasmes de riz avec un peu de moutarde sur les pieds, et principalement les lavements huileux ou mucilagineux, fréquemment répétés avant et après les sangsues, en favorisent les bons effets. 2° L'éclampsie essentielle menace-t-elle le nouveau né les premiers jours, ou plusieurs jours après l'accouchement; pour peu que l'enfant soit robuste ou sanguin, faites mordre des sangsues aux cuisses, et non à la nuque (quoique je l'aie recommandé dans la médecine expectante après l'usage des sangsues aux cuisses). L'éclampsie par répercussion d'humeur teigneuse est soulagée à l'aide des sangsues mises aux cuisses, ensuite au cuir chevelu ; cette dernière saignée doit être suivie d'un emplâtre vésicatoire à la nuque. L'éclampsie qui précède l'éruption de la petite-vérole, de la fièvre scarlatine , ou de la rougeole, nécessite l'application des sangsues aux cuisses aussitôt après les demi-bains, les cataplasmes de riz et de moutarde autour des pieds et des jambes. 3° L'épilepsie essentielle où il y a pléthore, accès forts et fréquents, douleur de tête, stupeur entre chaque accès, souvent est calmée par les sangsues ; appliquez-les toujours sur les cuisses, sur les jambes ou sur les pieds, et jamais sur la tête ni sur le cou. Tant qu'il existe pléthore et douleur de tête, réitérez l'application des sangsues, une, deux ou trois fois tous les mois : ne laissez point évacuer des morsures une si grande quantité de sang que les forces vitales et musculaires en soient affoiblies; la fréquence des accès et même leur violence augmenteroient. Souvent les ventouses scarifiées aux cuisses, et la saignée au pied avec la lancette, sont préférables. L'épilepsie par suppression subite du flux menstruel, ou à l'approche d'une menstruation

difficile, diminue, mais rarement disparoît par l'usage des sangsues aux cuisses, quelques jours avant la menstruation.

La passion hystérique par suppression ou par diminution considérable du flux menstruel est quelquefois calmée par l'application des sangsues sur les cuisses quelque temps avant la menstruation : laissez couler peu de sang après la chute des sangsues, et faites aussitôt prendre un demi-bain d'eau tiède, pour tempérer l'irritabilité et la grande sensibilité augmentées par leurs morsures.

4° L'hypocondrie vient-elle de la suppression ou d'une diminution subite du flux hémorroïdal ou d( s hémorroïdes, mettez des sangsues aux environs de l'anus : on peut user de ce moyen une fois chaque mois, particulièrement s'il y a douleur de tête, respiration difficile, pouls plein, et colique hémorroïdale.

5° Le tremblement par pléthore demande dès les premiers jours l'application de plusieurs sangsues sur les cuisses ; laissez couler des morsures, le premier jour, une assez grande quantité de sang; posez les jours suivants un plus grand nombre de sangsues, et arrêtez le sang dès qu'il en a coulé une médiocre quantité.

6° Le tic douloureux par suppression ou par diminution d'une évacuation sanguine habituelle, ou des hémorroïdes, est quelquefois soulagé par les sangsues aux cuisses; saignée qu'on peut répéter deux fois chaque mois, tant que le pouls se soutient plein ou dur, Ou que la tête est douloureuse et pesante. A près chaque application des sangsues, faites prendre un grand nombre de demi-bains.

7° La dyspnée pléthorique ( difficulté de respirer grande et fatigante) provient-elle de la suppression d'une évacuation sanguine habituelle, d'une répercussion subite de transpiration insensible, ou d'une nourriture trop succulente, avec excès de repos ; faites mordre des sangsues aux cuisses , et réitérez leur application les jours suivants , jusqu'à ce que la respiration commence à être facile et que le pouls cesse d'être plein.

8° Le cochemar pléthorique indique l'application des sangsues sur les cuisses; il ne faut la renouveler qu'autant que le pouls se soutient plein , que les accès sont fréquents et la difficulté de respirer considérable.

9° L'asthme convulsif est-il accompagné de pouls plein , de disposition à l'inflammation des poumons ou d'un autre viscère, d'une

grande difficulté de respirer, et d'accès violents;

faites mordre, entre les deux accès, des sangsues

aux cuisses; et lorsque le sang est arrêté, faites

tremper les pieds dans l'eau chaude aiguisée de

moutarde.

i0° La toux catarrheuse vive, fréquente, avec pouls plein, et avec crainte d'hémoptysie ou d'inflammation des poumons, et la toux par suppression d'évacuation sanguine habituelle ou des hémorroïdes, bien loin d'être accrues par l'application des sangsues sur les cuisses pendant les premiers jours, comme certains empiriques l'assurent, sont toujours sensiblement calmées : dès-lors les remèdes propres à combattre la toux agissent avec plus d'efficacité.

ii° La palpitation du cœur par pléthore, ou par suppression d'une évacuation sanguine habituelle , diminue et quelquefois se dissipe par la morsure aux cuisses d'un grand nombre de sangsues; réitérez leur application les jours suivants, mais en plus petit nombre, tçint qu'il existera pouls plein ou dur, difficulté de respirer et retour de palpitation à la moindre agitation du corps et de l'esprit : après chaque

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