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un grand nombre de sangsues aux cuisses. Pour les plaies pénétrantes dans les poumons, les saignées du bras avec la lancette ne doivent pas être épargnées le premier jour ; mais le second jour, pour peu que le pouls soit dur, que les forces vitales et musculaires se soutiennent, appliquez des sangsues sur les cuisses, l'inflammation deviendra plus légère, la suppuration plus louable, et la cicatrice plus prompte. Les plaies pénétrantes dans le ventre ne sontelles pas évidemment mortelles, saignez au bras avec la lancette abondamment et souvent le premier jour : le second jour faites mordre des sangsues au bras, et après leur chute ne laissez couler le sang qu'autant que le pouls offre encore de la dureté ou de la plénitude, et que les forces ne sont pas entièrement abattues. Les plaies des extrémités supérieures, considérables ou avec forte commotion, présentent moins de danger lorsque, dès le premier jour après la saignée au pied avec la lancette, on applique sur les cuisses plus ou moins de sangsues; elles sont alors préférables à la saignée au bras, et même à la saignée au pied avec la lancette; répétez leur usage plusieurs fois le même jour, si vous appréhendez une violente inflam

mation, ou la gangrène. C'est dans les plaies d'armes à feu qu'il faut réitérer l'application des sangsues le premier et le second jour, quoique l'inflammation ne paroisse pas ces jours-là devoir être vive et répondre à la grandeur de la blessure ainsi qu'aux dérangements sensibles dans les fonctions de la partie blessée.

Quant aux plaies des extrémités inférieures, au lieu de mettre les sangsues aux cuisses , faites-les mordre aux bras en beaucoup plus grand nombre et plus souvent qu'aux cuisses pour les plaies des extrémités supérieures : on est fréquemment obligé d'avoir recours , aussitôt après la blessure, à la saignée au bras avec la lancette , en attendant qu'oui puisse se procurer des sangsues et les employer. Certains praticiens ont proposé de faire mordre des sangsues sur les bords des plaies avec contusion, principalement des plaies d'armes à feu: L'expérience et l'observation réprouvent cette méthode.

Io° Les accouchements avant le terme, ou trop précipités, exigent la saignée dès qu'ils font craindre l'inflammation ou la gangrène , qu'ils ne sont pas suivis d'un écoulement

abondant de sang utérin , et que le sujet se trouve sanguin et robuste. Les efforts trop violents de la mère pour chasser le fœtus ou un faux germe engagent souvent le praticien à saigner au bras avec la lancette, afin de modérer ses efforts ; les sangsues sont ici moins utiles que dans l'accouchement naturel , mais précipité à tel point que la tête du fœtus déchire le périnée en partie ou entièrement jusqu'à l'anus, le relâchement n'étant pas assez considérable pour donner un libre passage : aussitôt après l'accouchement faites mordre des sangsues aux bras, et non aux pieds; si vous craignez de diminuer ou de supprimer les lochies, et si aucun symptôme n'annonce une vive inflammation et la gangrène, appliquez les sangsues aux cuisses. L'accouchement précipité par les emménagogues nécessite pendant les douleurs du travail la saignée au bras avec la lancette, et après l'accouchement les sangsues aux bras, à moins qu'il n'existe une suppression subite du sang utérin, douleur vive à la tête ou à la poitrine, assoupissement, oppression; alors faites mordre des sangsues aux cuisses. La perte de sang a - t - elle considérablement diminué, et

reste-t-il douleur vive dans la région bypogastrique, préférez encore l'application des sangsues sur les cuisses à celle sur les bras.

L'accouchement précipité par vives passions est-il suivi d'une grande perte, aussitôt mettez des sangsues aux bras; si l'accouchée est sanguine et robuste, saignez d'abord au bras avec la lancette, ensuite faites-y mordre des sangsues.

L'accouchement précipité par le forceps a-til causé l'inflammation dans les parties extérieures; le sang utérin coule-t-il peu ; y a-t-il douleur et gonflement de la région hypogastrique; saignez au bras avec la lancette , ensuite appliquez des sangsues sur les cuisses: l'arrière-faix a-t-il été arraché avec force; la perte de sang qui vient après cette extraction est-elle considérable; saignez au bras, ensuite placez-y des sangsues.

L'avortement par pléthore souvent entraîne avec lui douleur, gonflement et tension de la région hypogastrique : dans ce cas, si le sang utérin sort en petite quantité, si le pouls est plein, fort et accéléré , ou dur, concentré et fréquent, faites mordre des sangsues aux cuisses; au contraire, la perte est-elle abondante

avec les symptômes ci-dessus, ne tardez pas à mettre les sangsues aux bras. Pour prévenir cette espèce d'avortement lorsqu'il n'y a pas irritation , prescrivez les sangsues aux bras plutôt que la saignée avec la lancette; agissez de même dans l'avortement par blessure, et comportez-vous pour l'avortement par violents remèdes comme pour l'accouchement précipité par les emménagogues. | 1 I° L'ulcère flegmoneux , l'ulcère érysipélateux offrent-ils vers leurs bords et aux environs une inflammation vive; le pouls estil plein et fort, ou dur et concentré; le sujet se trouve-t-il d'un tempérament sanguin et d'une constitution robuste; faites mordre des sangsues dans l'endroit du corps le plus éloigné de la partie ulcérée : par exemple , à la cuisse lorsque l'ulcère affecte la tête, les bras ou la poitrine ; au contraire, aux bras quand il attaque le ventre, les parties naturelles, et les extrémités inférieures. Ceux qui assurent que les bords et les environs d'ulcères enflammés sont plutôt dégorgés en y appliquant des sangsues tombent dans l'erreur ; l'inflammation s'accroît , quelquefois dégénère en gangrène, et ordinairement l'ul

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