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pression d'une évacuation sanguine habituelle, admettent la saignée aux bras avec les sangsues les premiers jours et tant que les forces vitales et musculaires se soutiennent, que les coliques sont vives et qu'il y a pléthore ou inflammation lente, ou grande disposition inflammatoire : cependant on doit distinguer la diarrhée par suppression subite du flux menstruel, du flux hémorroïdal ou des hémorroïdes; car alors les sangsues à la cuisse ou aux bords de l'anus l'emportent sur leurs morsures aux bras. | .

Ne partagez pas l'opinion de ceux qui regardent comme dangereuse la saignée avec la lancette ou avec les sangsues, dans quelque espèce de diarrhée que ce soit.

15° La vomi-diarrhée (cholera), accompagnée de colique aigué, de tension du ventre, de ténesme, de soif, de pouls petit, dur, concentré et accéléré, sollicite dès le premier jour l'application des sangsues sur les bras, principalement chez les sujets jeunes, robustes et sanguins. Les sangsues sont encore indiquées dans la vomi - diarrhée par substances vénéneuses, par vomitifs ou par purgatifs forts.

16° Le catarrhe, sur-tout le catarrhe épidémique avec vives douleurs de tête, grande chaleur et cuisson dans les sinus nasaux, dans le larynx et l'arrière-bouche, avec évacuation abondante par le nez d'humeur âcre, se porte moins fortement sur la poitrine, si le premier ou le second jour on fait mordre des sangsues aux bras avant d'appliquer sur l'un et l'autre bras un emplâtre vésicatoire : les sangsues aux cuisses sont ici beaucoup moins avantageuses. . ' " · 17° La salivation par le mercure , ordinairement accompagnée de tuméfaction et de douleur des glandes salivaires, n'est pas d'aussi longue durée, lorsqu'on prescrit dès les premiers jours des sangsues aux cuisses : ne les appliquez point sur les bras, elles ne produiroient pas autant de bièn. , 18° Le ténesme par âereté du mucus intestinal , ou par violents purgatifs avec déjection de matières glaireuses, avec chaleur et douleurs vives vers l'extrémité du rectum et avec pléthore générale ou pléthore particulière du rectum, se calme par l'application des sangsues sur les bras. . , . · · · > Pour le ténesme hémorroïdal, dégorgez les hémorroïdes internes , en faisant mordre les

sangsues aux cuisses; les hémorroïdes externes sont-elles très gonflées, servez-vous de la lancette; si ces moyens ne diminuent pas le ténesme, si la pléthore générale et particulière se soutiennent, mettez alors des sangsues aux bras.

Maladies par rétention de matières fluides ou solides.

Le pouls plein, lent et souvent inégal, la respiration grande, les veines extérieures di- . latées, le corps lourd, annoncent que le sang circule difficilement à cause de sa trop grande quantité, et qu'il comprime avec trop de force les parties qui environnent les vaisseaux san-' guins ; s'il y est retenu malgré les efforts de l'art et de la nature qui tendent sans cesse à se débarrasser de cette surabondance par les : organes excrétoires, il faut nécessairement l'évacuer par une ouverture faite à une veine avec la lancette ou avec les sangsues : néanmoins s'il n'existe point de symptômes qui annoncent un avenir funeste, attendez, principalement lorsque la nature est sur le point d'établir une évacuation sanguine par le nez, par

les hémorroïdes, ou par le vagin. Mais le sang se porte-t-il en trop grande quantité et avec trop de violence vers les poumons, l'estomac , les intestins, les reins ou la vessie; saignez à l'aide de la lancette, des ventouses scarifiées, ou des sangsues, aux parties les plus éloignées du viscère menacé d'hémorragie : la saignée avec la lancette ne l'emporte sur les sangsues que lorsqu'il est indispensable de tirer promptement une grande quantité de sang, comme dans une suppression subite d'évacuation sanguine habituelle, avec crainte bien fondée d'apoplexie ou d'hémoptysie, ou bien dans une pléthore excessive accompagnée de signes précurseurs d'apoplexie, d'hémoptysie ou de violente inflammation d'un viscère interne. Les symptômes annoncent-ils une hémorragie nasale critique, et la nature ne peut-elle l'opérer, faites mordre les sangsues à la face interne des narines. Si le sang se trouve retenu en grande partie dans une portion dilatée des parois d'une veine, ou d'une artère, et s'il se meut fortement pour ·vaincre cette résistance au point de faire redouter un avenir fâcheux , comme dans les anévrismes et les varices considérables, ayez re

cours à la saignée, premièrement avec la lancette, ensuite avec les sangsues. Aussitôt après la répercussion d'une humeur excrétoire ou naturelle ou morbifique, le pouls devient-il plein et fort, ou dur et concentré ; un des viscères internes fait-il mal ses fonctions ; la tête est-elle douloureuse, la respiration difficile; saignez avec la lancette s'il y a danger pressant ; autrement donnez la préférence aux sangsues; elles tendront à rappeler l'humeur répercutée, en même temps qu'elles en évacueront une partie avec le sang qu'elles font couler. - · Les solides, tels que les os, sont-ils déplacés ou fracturés, et retenus hors de leur situation, ils compriment des vaisseaux et des nerfs ; les ligaments et les muscles qui les maintenoient dans leur place naturelle deviennent douloureux, se gonflent et souvent s'enflamment;alors, avant de réduire l'os déplacé ou l'os fracturé, saignez avec la lancette, et après la réduction faites mordre des sangsues à la partie la plus éloignée de la luxation ou de la fracture : agissez de même pour les hernies ; vous calmerez les grandes douleurs, vous faciliterez la réduction et vous éviterez l'inflammation.

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