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Un corps solide, tel qu'un calcul dans la vésicule du siel ou dans les canaux biliaires, un calcul dans les reins, dans les uretères ou dans la vessie; un fœtus, ou une mole, ou un arrière-faix dans la matrice, est-il retenu malgré les efforts de la nature pour l'expulser; ces efforts sont-ils précédés ou accompagnés de symptômes qui annoncent une vive inflammation prochaine ou actuelle; le sujet affecté est-il sanguin ; la saignée à la lancette doit être préférée aux morsures des sangsues, parcequ'il faut UlIl G prompte évacuation de sang pour sauver le malade : mais les sangsues l'emportent sur la lancette toutes les fois que le danger n'est pas urgent. - I° La pléthore est générale ou particulière : la pléthore générale s'étend à tous les vaisseaux sanguins ; dès qu'elle commence à déranger les fonctions du corps , il faut avoir recours à l'application des sangsues sur les cuisses, plutôt qu'à la saignée au pied avec la lancette; évitez de tirer tout à coup une grande quantité de sang des morsures ; il vaut mieux répéter cette saignée le premier jour, s'il y a danger ; mais lorsqu'on ne craint aucun accident fâcheux , il convient de n'appliquer les

sangsues qu'une fois tous les jours ou tous les deux jours, jusqu'à ce que le pouls cesse d'être plein, ou dur et concentré.

· Pour la pléthore qui attaque le cerveau, les poumons, le cœur, ou l'un des viscères du ventre, faites sur-le-champ une saignée avec la lancette, ensuite appliquez des sangsues sur la portion la plus éloignée de l'organe affecté : ne faites point mordre des sangsues à la portion des téguments qui répond au viscère ma· lade, quoTque de nos jours la mode place ainsi les sangsues et les épispastiques. La pléthorea-t-elle son siège dans la tête ou dans la poitrine, mettez les sangsues aux cuisses ; atteint-elle au contraire un des viscères du ventre, appliquez-les sur les bras; de cette manière elles établissent toujours une dérivation et une révulsion salutaires. , - 2° Pour l'anévrisme, il faut prescrire l'application des sangsues sur la partie la plus éloignée de son siège, et réitérer souvent cette application si l'anévrisme est considérable, crainte d'une mort prochaine. . , , , ... .. · L'anévrisme occupe-t-il une des artères de la tête, de la poitrine ou des bras, saites mordre les sangsues aux cuisses; au contraire, s'il

est situé dans une des artères du ventre ou des extrémités inférieures, faites mordre les sangsues aux bras. C'est un moyen capable seulement de prolonger les jours du malade et de diminuer ses douleurs.

3fi Les varices affectent très rarement les veines de la tête, du cou et des bras; lorsque cela arrive, et qu'elles sont accompagnées de douleur et de gonflement considérables, prescrivez les sangsues aux cuisses.

Les veines des cuisses^ des jambes et des pieds sont-elles atteintes de varices, mettez tes sangsues aux bras; vous diminuerez la dureté, la grandeur et la douleur des varices et des parties environnantes; réitérez l'application des sangsues chez-l'homme jeune, robuste et sanguin , jusqu'à ce que les varices et les parties voisines ne soient plus attaquées de douleur et d'inflammation , en même temps employez le repos, la diète la plus sévère et la plus tempérante. Mais gardez-vous de faire mordre les sangsues sur les varices; elles s'enflammeroient, elles deviendroient plus grandes et plus douloureuses, et souvent il s'établiroit à l'endroit de la morsure un ulcère très difficile à guérir. Si on applique les sangsues sur les cuisses ou suf les jambes variqueuses, à quelque distance que ce soit des varices, vous vous exposez à rendre les cuisses , surtout les jambes et les pieds, comme œdémateux, principalement chez les adultes et les vieillards.

4° Les hémorroïdes externes, dures, gonflées et fort douloureuses, éprouvent quelquefois du soulagement par l'application des sangsues sur ces espèces de varices; mais souvent elles s'enflamment davantage, et il n'est pas rare de voir cette inflammation se convertir en abcès et former une fistule; au lieu qu'en les ouvrant avec la lancette on ne court pas ce risque : mais le malade répugne-t-il à la lancette , faites mordre des sangsues vers la partie supérieure des cuisses, ou à un ou deux travers de doigt de l'anus; d'ordinaire la dureté , le gonflement, la vive douleur et chaleur diminuent. En pareille circonstance, si vous appliquez les sangsues sur les bords de l'anus ou sur le périnée, vous vous exposez à accroître considérablement les symptômes et souvent à faire dégénérer les hémorroïdes en fistule.

Lorsque les hémorroïdes externes et internes et les parties environnantes sont gonflées, dures ,

douloureuses et enflammées au point de faire redouter une abondante suppuration ou la gangrène, on ne doit pas hésiter à mettre un très grand nombre de sangsues aux bras ; elles procurentassez promptement un calme sensible. Pour les hémorroïdes simplement externes, enflammées et disposées à se changer en abcès, il faut les ouvrir avec la lancette, ensuite faire mordre aux bras des sangsues : gardez-vous de les appliquer dans l'un et l'autre cas sur les cuisses, sur les fesses ou sur le périnée, vous augmenteriez le danger de la maladie. Les hémorroïdes ou le flux hémorroïdal étant répercutés, survient-il des symptômes qui nécessitent leur retour, faites mordre des sangsues aux environs de l'anus; il vaut mieux répéter cette saignée modérément pendant quelques jours consécutifs, que de la faire sur-lechamp trop copieuse, à moins que le péril ne presse : pour lors ordonnez plusieurs fois le même jour un très grand nombre de sangsues : si l'on ne craint pas d'exciter à l'anus ou aux hémorroïdes une inflammation capable de les convertir en abcès et en fistule , il convient d'appliquer les sangsues sur les bords de l'a, nus ou sur les hémorroïdes flétries; la déri

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