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· vation et la révulsion en seront plus sûres et plus promptes.

5° L'enchymose très étendue à la suite d'une blessure, et l'enchymose inopinée , considérable et sans principe évident, chez un sujet d'un tempérament sanguin et robuste, se terminent d'ordinaire avec promptitude par l'application des sangsues sur l'extrémité du corps opposée à l'endroit où se trouve l'enchymose : on favorise encore cette terminaison en mettant sur la première espèce d'enchymose des linges imbibés d'eau-de-vie, et lorsqu'il y a disposition gangreneuse, des linges imbibés de la décoction de quinquina aiguisée d'eau-de-vie. Fomentez la seconde espèce d'enchymose avec la décoction aqueuse de quinquina; ayez soin aussi de faire mordre un grand nombre de sangsues et de réitérer cette saignée les jours suivants, jusqu'à ce que la pléthore générale soit entièrement dissipée : dans l'enchymose naturelle de l'œil, cessez l'usage des sangsues aussitôt que les douleurs de tête seront calmées. En général dès que l'enchymose paroît, employez les sangsues, et n'imitez pas les praticiens qui les appliquent sur l'enchymose même ou aux environs ; bien loin de diminuer le mal par cette méthode, ils l'accroissent et le font dégénérer quelquefois en gangrène. L'enchymose légère, peu étendue et sans crainte d'inflammation, n'exige point les sangsues; elle se dissipe sans le secours de l'art. 6° La suppression du flux menstruel par impression des corps froids, par vives passions , par disposition inflammatoire, par pléthore,ou par excès de graisse avec douleur de tête et difficulté de respirer, souvent est combattue avec succès par l'application des sangsues, principalement si on les fait mordre au moment que les règles se sont supprimées, et un ou deux jours avant le temps où elles devroient naturellement reparoître. Faites bien attention de ne pas prendre pour suppression morbifique des menstrues leur suppression naturelle par grossesse ; les sangsues mises aux cuisses peuvent alors causer l'avortement, et elles produisent plus souvent ce funeste effet que la saignée au pied avec la lancette. v Lorsque les sangsues n'ont pas rappelé le flux menstruel, réitérez leur usage une fois chaque mois jusqu'à ce que le cours des menstrues soit rétabli. Les bains de jambes dans une lessive de cendres où l'on aura fait infuser des feuilles de rue, les insessions dans une infusion de feuilles de rue, les vapeurs de décoction de la même plante, ou de matricaire, ou d'armoise introduites dans le vagin, et leur infusion en boisson, souvent favorisent l'action des sangsues; n'employez point ces derniers moyens chez les femmes très irritables, ou chez celles qui sont menacées de perte de sang par le vagin. Vers l'âge de treize, quatorze ou quinze ans, les filles d'un tempérament sanguin , qui n'ont point été réglées, éprouvent-elles des douleurs de tête , de la difficulté de respirer, de la douleur dans la région lombaire ainsi qu'aux aines ; le pouls est-il plein, ou dur et concentré; soyez persuadé que la nature fait de grands | efforts pour établir les menstrues : vous l'aiderez en faisant mordre des sangsues aux cuisses ; le mois suivant les mêmes symptômes renaissent - ils ; renouvelez l'application des sangsues aux cuisses, et de même les autres mois, tant que les règles ne paroîtront pas et que les symptômes ci-dessus se soutiendront. | Lorsque la menstruation difficile, douloureuse, et en médiocre quantité chez les femmes robustes et sanguines ne cède pas aux demibains, aux insessions, aux bains de jambes, faites mordre quelques jours avant l'époque du flux menstruel plusieurs sangsues aux cuisses ; aussitôt après, réitérez les demi-bains. Cette espèce de diminution des règles est-elle produite par excès d'irritation, et subsiste-t-elle malgré les demi-bains et malgré les sangsues; l'infusion de tête de pavot, précédée des sangsues aux cuisses , facilite quelquefois l'écou· lement. · La suppression naturelle des menstrues, ordinaire dans les contrées septentrionales de la France aux femmes âgées de quarante-deux à cinquante ans, indique les sangsues, lorsqu'elles éprouvent des douleurs à la tête et dans le ventre, un sentiment général de pcsanteur et de la difficulté de respirer. L'application des sangsues aux bras me paroît alors plus avantageuse qu'aux cuisses, principalement si l'on craint des engorgements dans un des viscères du ventre, et si la femme a été exposée quelque temps avant la suppression à des pertes abondantes de sang utérin. Cependant la tête et la poitrine sont-elles les seules parties du corps affectées, faites mordre les sangsues aux cuisses : dans l'un et l'autre cas

réitérez l'usage des sangsues une fois tous les mois tant qu'il y a pléthore accompagnée des symptômes ci-dessus : favorisez les bons effets des sangsues par le régime, l'habitation de la campagne et l'exercice. La suppression des menstrues arrive-t-elle à de jeunes personnes scrofuleuses et attaquées de tumeurs sur les parties latérales du cou; pour favoriser l'action des remèdes propres à les résoudre, faites appliquer chaque mois aux cuisses plusieurs sangsues, jusqu'à ce que l'écou- lement périodique soit parfaitement rétabli. Plusieurs praticiens sont en usage, toutes les fois qu'il arrive suppression du flux menstruel par un des principes ci-dessus , et qu'il faut promptement en rétablir le cours, de faire mordre les sangsues à la face interne desgrandes lèvres ou aux bords de l'anus : l'expérience journalière m'a toujours prouvé que les sangsues mises à la partie supérieure et interne des cuisses accéléroient plus promptement et plus sûrement le retour des menstrues. La suppression du flux menstruel par mauvaise conformation du vagin, par violents et longs exercices, par maladie de longue durée avec foiblesse et maigreur , ou par évacuation

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