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très abondante de transpiration, de salive, d'urine, de bile, d'humeur muqueuse pulmonaire ou intestinale , ou bien de matières purulentes, contre indique les sangsues; elles augmentent l'abattement des forces vitales et musculaires , l'irritation et la sensibilité. La suppression du flux menstruel par cachexie, sans prostration des forces, ne contreindique pas l'application des sangsues sur les cuisses, pourvu qu'on ait soin d'arrêter le sang aussitôt après la chute des sangsues, ou peu de temps après. Réitérez chaque mois cette saignée, mais en même temps faites usage des remèdes propres à combattre la cachexie : parmi ces remèdes, choisissez les préparations ferrugineuses, le quinquina, le marrube blanc, à moins que l'espèce de cachexie et l'état particulier des viscères du ventre ne les contreindiquent. 7° La suppression du sang immédiatement après la sortie du fœtus et du placenta, et la suppression des lochies sont ordinairement accom·pagnées de symptômes si graves, qu'il faut sur-le-champ faire mordre aux cuisses un grand · nombre de sangsues : la saignée au pied avec la lancette ne les remplace que très foiblement. Préférez donc les sangsues, dont vous renouvellerez souvent l'application les premières vingt-quatre heures, sur-tout si un des viscères se trouve déjà affecté par le transport des lochies ou du lait. 8° La leucophlegmatie ou l'anasarque par suppression d'évacuation sanguine habituelle, ou par pléthore, etl'ascite par suppression d'une évacuation sanguine habituelle, sans perte des forces vitales et sans dérangement considérable des viscères , diminuent fréquemment d'une manière sensible par la morsure des sangsues aux cuisses prescrite dès les premiers jours ; ne tirez qu'une médiocre quantité de sang à chaque saignée, vous en obtiendrez toujours de meilleurs effets. Je ne saurois trop recommander ici de ne pas mettre les sangsues aux bords de l'anus, comme le conseillent la plupart des praticiens. 9° Les dépôts de lait sur quelque partie du corps que ce soit se terminent plus souvent par résolution que par suppuration, si on fait mordre aux cuisses plusieurs fois le premier jour un grand nombre de sangsues, si on fait prendre intérieurement une certaine quantité de décoction de racine de persil, et si on ad

ministre des lavements de décoction de la même racine et de celle de guimauve. Les sangsues aux cuisses conviennent rarement auX IlOurrices attaquées de dépôt de lait au sein, à moins qu'elles ne soient sanguines et que l'inflammation ne s'annonce avec des symptômes violents ; alors les sangsues diminuent l'inflammation et la disposent à la résolution; ou si l'inflammation se termine par suppuration, le cours de la maladie est de moindre durée, et les douleurs sont plus supportables.

1o° La suppression subite des fleurs blanches, accompagnée de douleur de tête, de difficulté de respirer, et de colique, est ordinairement combattue par l'application des sangsues sur les cuisses; il faut la répéter, si la pléthore et la disposition inflammatoire ne sont pas entièrement dissipées : c'est après avoir arrêté le sang qui sort des morsures que les demi-bains d'une douce chaleur sont avantageux. Les insessions dans l'infusion de feuilles d'armoise, et la vapeur qui s'élève de la décoction de ces feuilles, proposées pour rappeler les fleurs blanches, souvent irritent au lieu de produire l'effet désiré.

I 1° La rétention d'urine inflammatoire, soit vésicale, soit urétrale, est souvent diminuée par la saignée au bras avec la lancette; après cette première saignée, mettez les sangsues aux bras, elles seront accompagnées d'un succès plus marqué que la saignée au bras avec la lancette. Ceux qui ont proposé de les appliquer aux bords de l'anus ou au périnée, ou bien à l'urètre , lorsque l'inflammation a son siège dans cette partie, ont dû observer que cette méthode rendoit toujours la rétention d'urine plus opiniâtre, et qu'elle augmentoit les obstacles au passage dans la vessie de la sonde creuse de gomme élastique, sonde qu'il faut y conserver jusqu'à ce que l'inflammation ou la suppuration, si elle survient, ait entièrement disparu, et que les obstacles qui causent la rétention d'urine soient entièrement ou en partie détruits. 12o L'abcès produit par une forte inflammation où l'on n'a pas saigné, et dont les bords et les parties environnantes sont encore très enflammés, et avec pléthore générale, prend souvent un mauvais caractère si l'on n'a pas soin de faire mordre des sangsues à l'extrémité du corps la plus éloignée de l'abcès; lorsque les parties supérieures en sont atteintes, appliquez les sangsues sur les cuisses, et mettez-les aux bras si l'abcès est situé au ventre, aux cuisses ou aux jambes. Réitérez cette application plusieurs fois dans les premières vingt-quatre heures, quand l'inflammation des parties voisines de l'abcès est vive, et que le sujet se trouve sanguin, robuste et jeune. On voit des praticiens qui journellement font poser les sangsues autour de l'abcès sur les parties enflammées, croyant diminuer l'inflammation, les progrès de l'abcès et les mauvaises qualités du pus ; mais le malade éprouve malheureusement le contraire. *.

13° La jaunisse est une des maladies où l'on répugne le plus à tirer du sang ; néanmoins si cette maladie a pour principe une suppression d'évacuation sanguine habituelle, une pléthore générale ou une pléthore particulière, un violent exercice du corps avec diminution ou avec suppression subite de transpiration, un coup violent sur la région du foie; si elle attaque un sujet d'un tempérament sanguin , d'une constitution robuste; s'il y a disposition inflammatoire, n'hésitez pas, les premiers jours de la maladie, à mettre les sangsues aux bras : vous ne devez les faire mordre aux environs de l'anus qu'autant que l'ictère vient de la suppres

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