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moment où l'on s'aperçoit qu'elle commence â se développer, fomentez continuellement" la partie affectée et les environs avec la décoction suivante, quinquina jaune ou rouge réduit en poudre subtile, deux onces, eau quatre livresr faites bouillir jusqu'à réduction de moitié, trem? pez dans cette décoction des linges pour fomentation , tenez les linges toujours humectés, ou substituez à la fomentation le cataplasme de quinquina ; faites prendre chaque jour en boisson et en lavement la décoction faite avec quinquina en pondre quatre onces , eau huit livres en ébullition jusqu'à réduction de moitié, à agiter avant de l'administrer; continuez de cette manière le quinquina extérieurement et intérieurement jusqu'à ce que les escarres soient détachées et l'ulcère presque cicatrisé ; seulement enlevez l'escarre avec l'instrument tranchant lorsque la suppuration commence à la détacher; ne l'extirpez point avant ce temps: pansez l'ulcère avec des plumasseaux chargés de digestif animé d'eau-de-viecamphrée; appliquez par dessus des compresses trempées dans la décoction ci-dessus de quinquina que vous aiguiserez d'eau-de-vie plus ou moins saturée.

CHAPITRE IX. 565 de camphre : souvent les plumasseaux trempés * dans une forte décoction de quinquina, et le cataplasme de quinquina mis sur la partie gangrenée , suffisent pour détacher l'escarre et cicatriser l'ulcère.

Agissez de même lorsque les sangsues appliquées sur des parties enflammées y ont déterminé la gangrène : dans l'un et l'autre cas il faut croire qu'il y avoit disposition à la gangrène. Le quinquina est le premier des remèdes pour combattre cette variété de gangrène. Quelquefois les chairs de l'ulcère gangreneux jouissent d'une si grande sensibilité qu'il faut pour lepanser, mettre des plumasseaux couverts d'huile d'œuf par expression, ou de digestif avec peu de térébenthine, ou de cérat mêlé avec le blanc d'œuf et longtemps lavé dans une forte décoction aqueuse de quinquina.

Employez encore le quinquina intérieurement et extérieurement pour combatre la gangrène venue à la suite des morsures des sangsues imprudemment appliquées sur des parties violemment conluses ou enchymosées.

Les praticiens qui sont dans l'impossibilité de se procurer en pareilles circonstances du quinquina conseillent, pour l'extérieur, une forte infusion de feuilles de scordium ou d'absinthe, intérieurement la décoction de feuilles de germandrée ou de feuilles de chardon étoile à haute dose. On fait encore grand cas de la racine de poligale du Sénégal, ou de la racine de zédoaire pulvérisée, mêlée avec parties égales de nitre, et administrée à petites doses plusieurs fois le jour, ou du camphre à petite dose, combiné avec quatre parties de nitre. Un de ces mélanges souvent favorise les bons effets du quinquina employé à haute dose en boisson et en lavement; mais ils ne peuvent tenir lieu de quinquina.

Quelque temps après la suppression du sang échappé des morsures des sangsues, on est souvent obligé de remédier à l'accroissement de sensibilité et d'irritation reconnu par les symptômes suivants, douleur constrictive à la région épigastrique, malaise, anxiété, agitation, inquiétude, quelquefois insomnie et disposition aux mouvements convulsifs; employez pour dissiper ces symptômes, autant que l'espèce de maladie et l'état du malade peuvent le permettre , le bouillon de grenouilles, le bouillon de poulet, l'eau pure et fraîche, dans laquelle on aura long-temps agité plusieurs feuilles de camomille romaine, ou des feuilles fraîches d'oranger déchirées en petits morceaux, les demibains d'eau pure et tiède de peu de durée et souvent répétés dans le jour; entre chaque demi-bain les fomentations médiocrement chaudes de décoction de racine de guimauve sur le ventre et sur la poitrine; les lavements de bouillon de grenouille, de bouillon de poulet ou de décoction de racine de guimauve; faites respirer un air libre, pur et aussi frais que le malade pourra le supporter; et sur-tout recommandez la tranquillité de corps et d'esprit. Il faut ici absolument éloigner les médicaments qu'il plaît aux routiniers d'appeler antispasmodiques , et qu'ils administrent si souvent en pareils cas à haute dose, tels que le musc , le castoreum, le camphre, l'asse fétide, la valérianne , la liqueur minérale d'Hoffman , l'éther et les narcotiques , particulièrement l'opium; quelque petite qu'en soit la dose , cette dernière substance nuit aux bons effets des sangsues; la sensibilité et l'irritation souvent prennent de l'accroissement; la tête se

trouve lourde, embarrassée, quelquefois avec stupeur; le pouls paroît plus développé, la respiration plus élevée, les veines jugulaires plus gonflées, et l'affluence du sang vers la partie mordue moins grande.

FIN. .

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