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AE 25 053 1873

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Les lecteurs sont prévenus que tous les mots espacés dans le texte courant (par exemple : Transsubstantiation, Immortalité, César) sont l'objet d'articles spéciaux dans le Dictionnaire, et constituent dès lors autant de renvois à consulter.

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ORIENTALES(Langues et Littéralures). On comprend rius IV s'intéressèrent aussi à cette institution. Sous le aujourd'hui sous cette dénomination commune les langues pontificat de Clément V le synode réuni à Vienne décida que et les littératures de tous les peuples de l'Asie aussi bien que des professeurs d'arabe et de chaldéen seraient établis à Rome. de l'Afrique et de l'Europe musulmanes. Tant que leur étude à Paris , à Oxford, à Bologne et à Salamanque, afin de pou scientifique se horna en Europe aux langues et aux littératures voir mieux convertir les mahométans et les juifs. Le pape des peuples d'origine sémitique (Juifs, Syriens, Chaldéens Jean XXII notamment recommanda à l'évêque de Paris de Arabes ) et fit entrer tout au plus dans son domaine les Armé. veiller à ce que ces langues fussent enseignées à la Sorbonne. niens et les Coptes chrétiens, l'expression de littérature orien. Le second motif qui porta à s'occuper de littérature orientale tale fut restreinte à la littérature de ces diverses nations. fut le zèle scientifique qui voulut rendre accessibles à l'OcciMais d'un côté l'Europe, par son commerce et son mouvement dent les ouvrages des Arabes relatifs à la médecine, à l'asde colonisation, en est arrivée de nos jours à avoir des rela. tronomie et à la philosophie, ainsi que les ouvrages d'Aristote tions de plus en plus actives avec l'Orient et à se trouver

traduits en arabe. Dès la dernière moitié du douzième siècle en contact avec presque tous les peuples de l'Asie et de il parut des traductions latines d'ouvrages arabes surtout, l'Afrique, et de l'autre la tendance de notre époque a de plus dont le nombre alla toujours en augmentant pendant le en plus été de suivre l'histoire du développeinent de l'esprit moyen age, et qu'on imprima à partir du quinzième siècle. humain et de rechecher dans son berceau, situé en Asie, le La réformation encouragea l'étude des langues orientales en germe de notre existence moderne. C'est pourquoi non-seu- s'appliquant à la critique biblique. Afin de mieux étudier le {ement les langues et les littératures de l'Orient chrétien, texte hébreu, ainsi que les anciennes traductions du Noujuis et musulman, ont été étudiées avec plus de soin et d'exac- veau et de l'Ancien Testanent en langues orientales, protitude, mais encore les auvres intellectuelles des peuples testants et catholiques rivalisèrent de zèle pour apprendre du plateau de l'Asie , des populations participant à la civili- la langue rabbinique, l'arabe, le syriaque , le chaldéen, sation indo-chinoise , sont entrées dans le domaine des étu. le samaritain et l'éthiopien. Les catholiques songèrent aussi des scientifiques et des connaissances pratiques. Il serait im- à créer des missions en Orient. En 1627 le pape Urbain VIII possible à un seul individu d'embrasser dans tous ses détails fonda à Rome, pour les missions catholiques , le Collegium un si vaste ensemble de notions; aussi, parmi les orienta. pro Fide propaganda , où l'on enseigna les langues orienlistes, les uns se sont-ils spécialement consacrés à l'étude tales ( voyez PROPAGANDE ). Les missionnaires jésuites de la de l'Asie orientale, de la langue et de la littérature des Chine et du Japon firent en même temps connaitre à peuples participant à la civilisation chinoise (on les appelle l'Europe les langues de l'Asie orientale et leur littérature. A sinologues), d'autres à celle du monde indien ( on les partir du dix - huitième siècle l'étude des langues orienappelle indianistes ), d'autres, enfin, à l'étude scientifique tales reçut une direction plus scientifique. On ne se borna et pratique des langues de l'Orient musulman (arahe, persan, plus à les étudier dans des buts bibliques ou de mission, turc et, suivant l'occasion et le besoin, malais, hindoustani, mais pour connaitre la littérature qu'elles possèdent et par arménien et berbère); alors que d'autres encore se livraient là l'histoire et la civilisation des peuples de l'est. Dans les spécialement à l'étude de la Bible, notamment à l'archéo- Indes orientales, l'Anglais W. Jones appela, de 1780 à 1790, logie juive, et y rattachaient l'étude de langues anciennes l'attention sur la richesse de la littérature hindoue; ot il déjà tout à fait ou à peu près éteintes de l'Asie en deçà du londa en 1780 à Calcutta la Société Asiatique, qui a tant Gange (phénicien, syriaque, chaldéen , éthiopien , anti- contribué aux progrès des études orientales. A Paris Sylvestre quités assyriennes et babyloniennes, etc.). Un plus petit de Sacy, à partir de 1790 , donna une vive impulsion à nombre d'investigateurs (les égyptologues) se sont consacrés l'étude de la langue et des écrivains arabes. Tandis que à jeter quelque lumière sur les choses de l'antique Égypte. jusque alors les études orientales étaient restées dans un

L'altention des savants de l'Europe se porta dès le moyen état d'infériorité réelle à l'égard des autres sciences, on les age vers les langues orientales, en particulier vers l'arabe,

vit vers la fin du siècle dernier prendre tout à coup lo tt cela par deux motifs principaux. Le premier fut l'esprit plus brillant essor, se créer dans les diverses sociétés asiade proséłytisme, qui, au moyen de la connaissance de l'actiques des organes influents ; et depuis une trentaine d'anrabe, voulait réfuter les mahométans et les convertir au nées elles constituent un élément essentiel de la civilisation christianisme. Dès le milieu du quinzième siècle le pape In- | moderne. nocent IV ordonna de fonder à Paris des chaires pour l'ensei. Les principales parties dont se compose la littérature gnement de la langue arabe; les papes Clément IV et Hono

orientale sont : DICT, DE LA CONVERS, - T. XIV.

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au.

1 ORIENTALES ORIFLAMME 1° La littérature chinoise (voyés CHINE);

13° La lillérature samaritaine, brancne de la littérature 2° La littérature japonaise, qui se raltache complé- juive, peu riche, ne consistant guère qu'en une traduction tement à la littérature chinoise, qui lutte de richesses et du Pentateuque, en préceptes liturgiques pour le culte jud'étendue avec elle, mais qui est encore peu connue. En daïco-samaritain et en hymnes religieux ; Europe, Siebold et Pfizmeier sont ceux qui s'en sont le plus 14° La litterature phénicienne, consistant uniquement occupés;

en inscriptions sur des tombeaux et sur des médailles; 3o La littérature anamitique, comprenant les ouvrages 15° La littérature syriaque; des peuples du Tonkin, de la Cochinchine, des Siarnois 16° L'ancienne littérature éthiopienne, voyez ÉTHIOPIE); et des Birmans. Les livres théologiques relatifs aux dogmės 17° La littérature arabe; et aux traditions de la religion de Bouddha en constituent 18° La littérature copte; la plus grande partie. Viennent ensuite de nombreux ouvra- 19° La littérature arménienne; grs relatifs à l'histoire, à la botanique et à d'autres sciences 20° La littérature géorgienne ou grusienne, née aux naturelles, de mêine que des romans et des pièces de théâtre. quatrième et cinquième siècles, lorsque la Géorgie se fut con

4° La littérature mongole, qui naquit au moyen âge, verlic au christianisme, encore peu connue, et qui a été lorsque les Mongols réunis en corps de nation par Djingis. récemment l'objet d'intelligents travaux de la part de M. BrosKhan adoptèrent la religion de Bouddha et l'alphabct mongol set. Elle contient des ouvrages de théologie, d'histoire, de actuel. Une foule d'ouvrages relatifs aux dogmes et aux tra- géographie, de philologie, de législation et de poësie. M. Bros. ditions de la religion de Bouddha furent, à partir de cette épo- set nous a donné quelques échantillons du poëine épique Taque, traduits du thibétain en mongol. Il existe aussi en riel, dont le caractère rappelle la poësie épique des Persans. langue mongole des ouvrages historiques, des poésies épi- Il ne saurait être question de littérature chez les autres ques, des romans et des contes, les uns originaux , Tes

peuples de l'Asie ; car, bien qu'il existe des livres dans tres imités de modèles hindous. On retrouve le même ca- presque toutes les langues de l'Orient, ils manquent d'origiractère dans la littérature, moins importante, des Kalmoucks; nalité dans la pensée , de sensibilité et d'expression.

5° La littérature mandchoue, qui naquit seulement à l'é- ORIENTER (S'). l'oyez Est. poque où les Mandchoux firent pour la deuxième fois la ORIFLAMME, célèbre bannière française, que la cré. conquête de la Chine (1644). La dynastie mandchoue qui de- dulité de nos pères comparait à un palladium, dont la vue puis lors s'est maintenue sur le trône de la Chine dola peu mettait en fuile l'ennemi; elle n'en a pas moins été perà peu son peuple de la civilisation chinoise. On traduisit

due maintes fois à la guerre, et renouvelée sous des formes donc en langue mandchoue les ouvrages de l'ancienne litté- dissemblables; de là vient que les auleurs qui la dépeignent rature chinoise, notamment les livres sacrés et les ouvrages à des époques distantes les unes des autres en font une des. historiques ; et on composa également dans cette langue de cription différente. Cependant, la superstition s'étail persuade nouveaux ouvrages, tels que des grammaires, des diction que quand l'ennemi mettait en pièces cet insigne, comme paires. La littérature mandclique se recommande donc à le firent les Flamands , saint Denys le réintégrait dans son l'Europe comme pouvant lui faciliter l'intelligence des an- trésor, Ce conte était renouvelé des Grecs, c'est-à-dire du ciens ouvrages chinois, la langue mandchoue n'étant pas labarum. Le nom de l'oriflamme n'a pas moins varie; on difficile (voyez MANDCHOU );

l'a orthographié de six manières avant de l'écrire comme 6° La litterature tatare, comprenant : a, la littérature on le fait aujourd'hui. Avant la création de la langue franmuigourique, qui à partir du huitièine siècle se répandit caise, on disait auriflamma. Ce mot barbare venait du parmi les Ouigoures occidentaux, habitant l'Asie cen- grec paquíàov ( drapeau ). On a supposé que la hampe ou le trale; b, ta littérature du Djaggalai , appartenant à la glaive de l'oriflamme était originairement recouvert en cuiforde tatare du même nom en Boukharie, laquelle le porte vre doré, de là le mot or. La draperie qui y était appendue depuis le règne de Djaggalai, l'un des fils de Djingliz-Khan; était de couleur de feu, parce que le rouge était l'emblème c, la littéralure du kaptchak, écrite dans le dialecte des des inartyrs et de saint Denys; de la le mot flamme. Telle Taiares fixés à Kasan et à Astraklan; d, la littérature des est l'explication que donnent à tort oli à raison les étymoOsmanlis , que nous nommons plus particulièrement litté logistes ; mais telle n'est pas l'opinion de Court de Gebelin, rature turque;

qui pretend originaire du celtique la seconde syllabe du mot, 7° La littérature thibétaine, née lorsque le Thibet et qui la suppose analogue à sanon on fanion. adopta, an septièine siècle, la religion de Bouddlia. Elle L'oriflamme était dans le principe la bannière de l'abbaye Comprend une foule d'ouvrages théologiques , ascétiques et de Saint-Denys; sa draperie était d'une étofie de soie, qu'on cosmogoniques des bouddbistes, traduits en grande partie appelait cedal ou cendal. Elle avait été , dit-on , donnée en du sanskrit, plus des ouvrages d'histoire, des romans , des présent en 630 à ce monastère , par le roi Dagobert. Quand dictionnaires et des grammaires;

l'abbé de Saint-Denys , qui était en même temps baron du 8° La littérature malaise, à savoir: a, la littérature malaise Vexin, faisait campagne à la tête de ses vassaux, il y porproprement dite, née parmi les tribus malaises qui habitent tait l'orifiamme, comme les curés des autres provinces de la presqu'ile de Malah ka et l'ile de Sumatra, consistant en imi. France faisaient marcher en temps de guerre la bannière tations de traditions soit musulmanes, soit indigènes, en contes paroissiale à la tête de l'infanterie communale. L'Encyclope. ei en poëmes; et b, la littérature javanaise, divisée en littéra- die de 1751 à supposé que le couvent de Saint-Denys avait lure ancienne et en littérature moderne : la première écrite en bannière de procession (vexillum beati Dyonisii) et ban. Jangue kawi, dialecte sanskrit, qui s'y est conservé de l'Inde; nière de campagne; mais rien n'appuie cette supposition. la seconde, en langue javanaise, et consistant surtout en L'orilammo ou les oriflammes n'eurent pas d'autre destina. poëmes et en contes;

tion pendant plus de quatre siècles. Le roi de France devint 9° La littérature hindoue (voyez !NDE ). De cette lité. alors seigneur du Vexin, et en vertu d'un contrat formel rature hiudoue naquirent les littératures pali et prakrit, il s'engagea envers les moines, dont la couronne devint de même que les riches littératures existant aujourd'hui vassale, à porter aux gaerres nationales l'étendard de Saintdans les langues modernes de l'Inde et dans leurs dialectes; Denys. Cette vassalité du monarque,

relevant d'une com10° La litterature persane, divisée en ancienne litté- pagnie de moines, dont il devenait le capitaine, le goniarature persane (voyez ZEND et Peulewi) et en littérature lonier, ou, comme on disait alors , l'avoue, était une des persane moderne, et à laquelle se rattache la très-pauvre risibles bizarreries de la féodalité. En vertu de cette convenlittérature des Afghans;

tion, Louis le Gros vint , en 1075, lever sur l'autel de Saint11° La lillérature chaldéenne (voyez CaalDÉENS ); Denys l'orillainme. L'histoire mentionne fréquemment celle

12° La littérature hébraïque et la littérature posté solennelle cérémonie du drapeau emporté, jamais du drarieure des Juifs;

peau rapporté. Au temps de Charles V, qui leva ainsi l'ori.

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ORIFLAMME ORIGENE Mamme, la draperie se détachait de sa hampe ou de son L'origan fausse marjolaine, vulgairement nommé mar. båton , puisquo; Daniel rapporte que le porte-oriNamme se jolaine, est une plante qui, comme la précédente, a été fort l'attachait au con, et la gardait en manière d'écharpe jus- usitée en médecine. D'une odeur

, aromatique agréable, tonique qu'à ce qu'il eût rallie l'armée; il embatonnait alors cette et excitante, agissant principalement sur le système ner, écharpe,

veux, on la croyait très-puissante contre les affections du L'orilamme a été aussi pendant trois siècles la bannière cerveau, et on l'employait contre la paralysie, l'apoplexie, nationale et l'insigne royal qui avait remplacé la chape de l'épilepsie et les vertiges. On la donnait encore dans les ma saint Martin. Louis le Jeune perdit l'orillamme dans la croi- ladies aļoniques de la poitrine et de l'utérus, telles que cao sade de 1147; mais Philippe-Auguste ne vint pas moins la tarrhes chroniques, chlorose, aménoţrhée. Elle est peu rechercher à Saint-Denys pour la porter en Terre Sainte, usitée aujourd'hui, La patrie originaire de la marjolaine n'est en 1191; il la fit également flotter à Bouvines , en 1214 | pas bien déterminée; on croit qu'elle vient des contrées lit. elle' y était sous la garde de la milice communale. Il n'en torales du nord de l'Afrique. est plus question depuis la défaite d'Azincourt; on croit que L'origan diclame, yulyairement nommé dictame de les Anglais s'en rendirent maitres au temps de Charles VI, Crèle, est une plante originaire des montagnes de l'ile de quand ils possédaient Paris et Saint-Denys; cependant, Crète, cultivée depuis longtemps dans les jardins bolani,, quelques relations donnent à entendre qu'après l'expulsion qués, et dans laquelle des botanistes modernes ont cru sem des Anglais, Charles VII leva une nouvelle oriflamme. Ce connaitre le dictamé des poëtes anciens, qu, suivant ces monarque, trente-huit ans après la mort de son père, si derniers, avait la propriété merveilleuse de faire lermer à l'on en croit un ouvrage de 1686, intitulé : De l'Origine l'instant les blessures les plus dangereuses. L. Louvet. et des Progrès de la Monarchie française , faisait porter ORIGÈNE, le plus savant der écrivains de l'Eglise une oriflamme à la guerre; une chronique manuscrite affirme primitivé, surnommé Adamantinus , comine qui dirait de que dans l'église de Sainte-Catherine-du-Val-des-Écoliers, diamant, suivant les uns à cause de sa patience dans ses le cardinal d'Albi remit aux mains de Louis XI une ori- recherches et dans ses études, et suivant d'autres à cause de la flamme qu'il se disposait à déployer contre les Bourgui. | force de ses raisonnements et de sa pénétration, ou encore à gnons ; mais nous supposons qu'il ne faut voir dans ces ré. cause de sa constance à résister aux erreurs, naquit à Alexan. cits qu'une cérémonie de consécration d'une bannière royale drie', l'an 185, sous le règne de l'empereur Comroodde. Son que par habitude on continuait à appeler oriflamme, mais qui père s'appelait Léonidas. C'était un homme pieux et éclairé; n'avait plus rien de commun avec la baronnie du Vexin et les il s'occupa lui-même de l'éducatiou de son fils, et lui fit saints autels du bienheureux Denys. M. de Barante, se contre- commencer de honne heure des études sérieuses, l'applidisant sans s'en apercevoir, atteste que depuis 1437 il n'est quant surtout à l'interprétation de l'Ecriture Sainte. Le jeung plus question d'orisamme, el aflirme dans un autre passage Origène en acquit en peu de temps une connaissance qui que c'est en 1465 que « pour la dernère fois on ait parlé dépassait tellement la capacité de son age, que saint Jérôme d'oriflame w. Félibien, au contraire, rapporte qu'en 1534 disait de lui que dès son enfance il avait été grand homme. i une auriflambe se voyoit encore au thrésor de l'abbaye, Plus tard il étudia sous le fameux saint Clément d'Alexan« mais à demi rongée des mites ».

drie, et sous le néo-platonicien Ammonius Saccas. Il avait En 1790 la sédération du 14 Juillet arbora une oriflanime, dix-sept ans quand eut lieu ( 202) la persécution de l'empcqui était le chef de file des bannières des quatre-vingts-trois reur Sévère contre les chréliens. Léonidas fut jeté en prison. départements; elle n'avait du reste rien de commun avec Origène, loin d'être effrayé par le sort de son père, se sentit l'ancienne, ni par la forme, ni par la couleur, ni par le saisi d'un tel enthousiasme pour les confesseurs de Jésus. lieu de la consécration, puisque c'est au Champ-de-Mars Christ qu'il brula de partager leur martyre. Il encouragea qu'elle fut bénie, de la main de M. de Talleyrand, évêque son père à souffrir le martyre, plutôt que de renoncer à la d'Autun. Elle se composait d'une draperie bleue seniée de

foi de Jésus-Christ, et à ne se point mettre en peine de ce fleurs de lis d'or. Elle était à deux fanons, comme les an- qui pourrait advenir de sa femme et de son fils, Cependant ciens étendards d'église. On vit renaitre en l'an iv et en l'an v la mort de son père lui enleva tous ses biens. Il se trouva «les oriflammes ; mais celles-ci se passèrent de consécration. réduit pour vivre et faire subsister sa mère et sa sæur à en. Le Directoire en adressa une à chaque armée de la républi- seigner la grammaire et les belles-lettres. Saint Clément que. Elles furent réintégrées en cérémonie au Luxembourg, ayant été obligé de quitter vers ce temps Alexandrie, on après le traité de Campo-Formio.

Gal BARDIN.

chargea Origène, malgré sa grande jeunesse, d'exposer à sa ORIGAN (de õpos, montagne, et rávos, joie, parce que place la doctrine chrétienne au nombreux auditoire qui va cette plante se plait sur les montagnes ). Genre de dicotylé- nait entendre saint Clément. dones monopétales, de la famille des la biées, et très- Il n'avait encore que dix-huit ans, et il expliquait aussi voisin du thym, comprenant des plantes herbacées à feuilles les lettres saintes aux femmes et aux filles : la calomnie et à Neurs ramassées en épis serrés. On en connait une pouvait s'exercer sur lui et le noircir ;. pour y échapper, il vingtaine d'espèces, appartenant presque toutes à l'ancien prit un parti extrême, dont il serait permis de douter sans continent. Nous citerons l'origan commun, dont la lige at- les importantes autorités qui l'attestent : il se mutila lui. teint 0“,66 de hauteur, et dont les Neurs, disposées en épis même, renonçant à la virilité pour continuer sans distracoblongs ou cylindriques, forment par leur agglomération tion d'aucune espèce l'enseignement qu'il avait commencé, des corymbes ou panicules très-denses au sommet de la Cette résolution et cette vigueur de courage , "il les reling plante. La couleur pourprée des bractées et du double pé- toute sa vie, et les porta dans toutes ses actious et dans tous rianthe donne à cette plante un aspect agréable. L'origan ses 'travaux. Sans se soucier des jugements du public', ct est très-commun dans nos bois, le long des haies et des fort de l'approbation de l'évêque d'Alexandrie, de Démé. chemins, surtout dans les parties montueuses de l'Europe trius, il poursuivit son quvre. Il avait depuis longtemps tempérée. Froissée entre les doigts, celte plante répand une conçu le projet d'un grand ouvrage; il le commença alors odeur agréable, qui a fait préconiser ses feuilles comme sto- et bientot l'acheva, grace à sa persévérance et à la puisi. machiques, sudorifiques, emménagogues, céphaliques et

sance de travail qu'il s'élait donnée par des exercices pé expectorantes; préparées en infusion à l'instar du thé, on pibles et dont on se serait à peine l'idée. Il fit donc les : les a employées contre les suppressions des menstrues, les traples. C'était une Bible où se trouvaient d'abord le texte Natuosités, les maux de tele, les étourdissements et les hébreu, puis les différentes versions qui en avaient été affections catarrhales du thorax. On s'en sert en bains ou en faites, par les Septante, par Aquila, par Symmachus et fumigations contre la paralysie et les rhumatismes chroniques, par Théodolion, lesquelles étaient distinguées en autant de En Suidle, on ajoute, dit-on, une infusion d'origan à la bière colonnes. Il y ajouta depuis deux autres versions grecques, pour la renilre plus forte et plus enivrante.

et l'ouvrage parut avec cette addition, sous le nom d'll exa.

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ORIGENE ORIGINAL ples. Ces immenses travaux accrurent la réputation d'o- ceux que nous avons déjà mentionnés, on a encore de lut rigène, et on venait à Alexandrie dans le seul but de voir une Exhortation à souffrir le martyre, des Philosophismena, l'homme célèbre qui avait osé entreprendre d'élever à la des commentaires, des homélies et des scolies sur l'Écrireligion chrétienne le plus grand monument littéraire qu'on ture Sainte, que le premier peut-être il entreprit d'interpré lui edt encore consacré.

ter. On en a beaucoup de lui, mais la plupart ne sont que Mais la tranquillité dont Origène avait joui jusque alors des traductions libres. Origène rendit aussi plus générale allait etre troublée pour jamais. Les traverses et les vicissi- | l'interprétation figurée ou allégorique de l'Écriture en usage ludes de sa vie commencèrent à la guerre insensée que parmi les Juifs, et il en rejeta le sens littéral, dans lequel il l'empereur Antonin Caracalla fit aux habitants d'Alexandrie. ne voyait que le corps de l'interprétation figurée. Son orObligé de quitter sa ville, Origène alla chercher un refuge thodoxie a donné lieu aux controverses les plus animées. AD en Palestine. Il y reçut des évêques de la province la charge quatrième siècle, les ariens invoquaient son autorité pour d'expliquer publiquement l'Écriture Sainte dans l'église. défendre leurs doctrines. Parmi ses défenseurs et ses adverRappelé dans Alexandrie par l'évêque Démétrios, que ses saires, on trouve les plus savants et les plus célèbres Pères succès - rendaient jaloux , puis forcé d'en sortir dereches, de l'Église, saint Jérome entre autres, qui se déclara contre errant de province en province, il s'arrêta encore en Pa- lui. La doctrine d'Origène n'est donc point nettement conlestine, où il fut ordonné prêtre. Cette ordination parut ir- nue. Voici néanmoins ce qu'on en sait de plus clair : Orirégulière à quelques-uns, et son évêque Démétrius préten- gène, profondément versé dans la connaissance de la docdit que seul il aurait eu le droit de la faire. Toutefois, Ori- trine de Platon et de celle des pythagoriciens, n'était pas gène, revenu dans sa ville natale, y mit au jour ses cinq étranger à la philosophie sloïcienne. Il distinguait trois livres de commentaires sur l'Evangile de saint Jean, huit lie sortes de sagesses : la sagesse profane, qui comprend les vres sur la Genèse, des commentaires sur les vingt cing sciences et les arts; la sagesse des princes de ce monde, premiers psaumes et sur les Lamentations de Jérémie, ses c'est-à-dire la pliilosophie occulte et l'astrologie des Challivres des Principes et ses Stromates. Le succès qu'obtin- déens; enfin, la sagesse qui a sa source dans la révélation rent ces écrits ne fit qu'envenimer la laine de Démétrius et l'Évangile. Il croyait à la préexistence des ames dans une contre Origène. Il fut inquiété et contraint encore une fois région supérieure; de là, selon lui, elles venaient animer le de s'exiler et d'aller chercher un asile dans une terre étran. corps matériel, avec le pouvoir de se perfectionner par la gère. Il choisit Césarée pour sa retraite. La jalousie de Dé- connaissance de Dieu et l'instruction des bons génies, de métrius l'y poursuivit encore. A l'instigation de cet évèque, se purifier de leurs erreurs, de s'élever à la rassemblance un concile déposa et même excommunia Origène. Cette sen- avec Dieu, et enfin à la félicité suprêine par la communica. tence fut approuvée à Rome et par la plupart des autres tion intime et l'union avec l'auteur de toutes choses. Tel:e est éveques, à l'exception de ceux de la Palestine, de l'Arabie, pour le fond la doctrine d'Origene. Ses ouvrages ont été de la Phénicie et de l'Achaïe, qui demeurent Gidèles aux doc- plusieurs fois imprimés. Une des meilleures éditions qui en trines d'Origène.

aient été faites est celle de Delarue, imprimée à Paris, Cependant celui-ci expliquait au peuple de Césarée l'É- 1733-1759, en 4 vol. in-fol., et repro luite à Wurizbourg, criture, et le nombre de ses auditeurs et de ses admirateurs. en 1783, 15 vol. in-8°; à Berlin, 1831 1848, 25 vol.; et à augmentait de jour en jour. Un nouvel édit sut alors publié Paris, 1856, 7 vol. contre les chréliens, sous l'empereur Maximin. La persécu- ORIGENISTES. Deux sectes ont porté ce nom. tion fut sanglante. Origène se tint caché pendant deux années La première, qui tirait son nom d'un Origène qu'il ne faut en Cappadoce. Quand, en l'an 237, l'empereur Gordien rendlit pas confondre avec le savant pere de l'Eglise de ce nom, exisla paix à l'Église, Origène fit un voyage à Athènes, puis tait encore sous saint Épipliane; on attribuait à ces origénistes alla en Arabie, appelé par les évêques de cette contrée pour des aboininations. Ils condainnaient le mariage, se servaient réfuter l'évêque Berylle de Botha, qui niait encore que la de livres apocryphes, nature divine de Jésus-Christ eût existé avant son incarna- La seconde de ces sectes provenait, au contraire, d'otion. Origène déploya tant d'éloquence, que Berylle se ré. rigène, dont elle adoptait les doctrines. Les origénistes tracta et le remercia de l'avoir remis sur la voie de la vérité. trouvèrent dans le principe de nombreux adeptes parmi les Quoique agé de plus de soixante ans, il travaillait avec une moines de Nubie et d'Égypte. Le cinquièine concile æcumé. ardeur infatigable. Ce fut alors qu'il écrivit sa réfutation du nique renouvela contre les origenistės les condamnations philosophe Celse , le plus estimé de ses écrits , et en même prononcées contre Origène et sa doctrine par le concile réuni temps l'apologie du christianisme la plus complète et la sous Justinien. Aujourd'hui il existe encore des origenistes mieux raisonnée que nous offre l'antiquité.

dans la Russie méridionale; ces derniers débris de la secte Chargé de fers et jeté dans un cachot , lors d'une nou- d'Origène se font remarquer par le retranchement de la vivelle persécution ordonnée par l'empereur Dèce contre les rilité, qu'ils pratiquent à l'exemple du maitre. chrétiens, il souffrit tous les tourments qu'on imaginait ORIGINAL ( du latin origo, originis, principe, naisalors contre les sectateurs de la foi nouvelle. Sorti de prison, sance), mot qui sert à caractériser exclusivement tout ouil ne profita de sa liberté que pour parler et écrire en faveur vrage, toute pièce ou lettre qui n'ont point eu de modèle, de sa foi et pour la défense et la gloire des martyrs. Enfin, et qui par conséqnent ne sont point des copies, toute action après des travaux inouïs, mourut à Tyr, au commencement qui n'est point décalquée sur celle des autres. L'original du règne de l'empercur Gallus (254), dans la soixante-sixième d'un portrait est la personne qu'il représente. On appelle année de son age, cet homme rare par ses talents et plus original, par rapport à une traduction, le texte même de encore par ses vertus.

l'ouvrage traduit. L'original d'un acte, d'un contral, est Peu d'hommes ont été plus admirés et honorés, et en la minute qui reste en dépot, et dont on délivre des copies même temps plus attaqués et persécutés qu'Origène, de son à qui de droit. Il en est de même d'un traité diplomatique vivant comme après sa mort : on l'accuse notamment d'avoir dont l'original est conservé dans les archives. On dit d'un d éfiguré les vérités du christianisme par des idées néoplato- tableau, qui n'est point une copie, que c'est un original; a iciennes. Sans aucun doute, dans son livre Des Principes, on qualifie de inéme le tableau dont le peintre n'a eu d'autre

dressé surtout aux hérétiques, et que nous ne possédons modèle que la nature et son imagination. On décernc aux plus que par la traduction de Rufin, il a exposé un système auteurs des brevets d'originalité, quand le tour, la forme fondé sur la philosophie de Platon ; mais il ne présente ses particulière de leurs écrits ne ressemblent en rien à ceus idées que comme une possibilité. D'ailleurs, comme il le dit des autres, quand ils impriment à leurs œuvres un cachet Ini-même, les hérétiques avaient beaucoup falsifié ses ou- tout particulier, qu'on ne saurait imiter. La plupart de nos vrages. Ils étaient, assure-l-on, au nombre de 6,000; mais grands écrivains sont des écrivains originaux. Qui doncimb U s'en faut que tous soient parvenus jusqu'à nous. Outre terait le style de Pascal, de La Bruyère, de Voltaire, de

etc.

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