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vrier; il ouvrit la tranchée au eommencement de mai. Cliquot commandait dans la place ; il laissa travailler Magalotti, sans s'en mettre beaucoup en peine, disant qu'il n'avait pas voulu faire des dehors à la place, pour pouvoir en venir plutôt aux mains avec les ennemis. Magalotti s'étant rendu maître de la çontre-escarpe, attacha le mineur à un rocher, qui servait de fondement au bastion de Sainte-Barbe. Ayant fait mettre le feu à la mine, il fit une brêche assez grande pour pouvoir donner l'assaut à la place. Cliquot résolut toute fois de la défendre jusqu'à l'extrémité. La mort de Magalotti arrivée presqu'au même temps, le tira

d'embarras, et lui donna le temps de réparer | .

en quelquesorte la brêche du muravant l'arrivée du marquis de Villeroi, qui fut envoyé pour remplir sa place. Il offrit carte blanche à Cliquot, pour la capitulation qu'il pourrait demander. Cliquot assembla ses officiers, qui conclurent qu'il fallait rendre la place, sous les conditions qui furent envoyées à Villeroi , et acceptées après quelques difficultés. Cliquot avec sa garnison en sortit le 7 juillet 1646. Le roi ordonna que non seulement les fortifications, mais aussi les maisons de la ville et l'église, fussent démolics, ce qui fut éxécuté sans délai, malgré les prières et les remontrances des bourgeois. La Mothe ne s'est point rétablie depuis ce temps ; et dès le premier siége, les papiers les plus importans de l'état, que Charles IV y avait réfugiés, comme dans une forteresse imprenable, furent transportés à Paris, d'où ils ne sont jamais revenus en Lorraine. M. le chancelier Séguier, en fit faire des copies des principaux, qui se conservent en plusieurs volumes à l'abbaye de St.-Germain-des Prés, où feu M. de Coislin, évêque de Metz, les donna de son vivant. La ville de la Mothe, portait d'or à trois têtes arrachées de lions de guou

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d'argent.

MOUSON (LE), rivière. — La petite rivière de Mouson, en latin Mosuna, partant de sa source au-dessous de la Marche en Barrois, vient passer à cette ville, à Tolaincourt, Rosières sur Mouson; puis entrant au bailliage de Bourmont, passe à Vrécourt, Soulaucourt, au pied de la Motte, à Sommerécourt, bailliage de Neufchâteau, traverse Pont-pierre, entre au val de Circourt. Pendant les sécheresses cette rivière se perd dans des bancs de roc an-dessous de Villars, et par des souterrains, vient dégorger au-dessus du moulin de Noncourt, à un quart de lieue de Neufchâteau. Elle se joint à la Meuse dans cette ville. MOUZAY ou MOUSA. — Mouzay ou Mousa, village dépendant de la ville de Stenay (1). Il y a le grand et le petit Mouzay proche ladite ville. On tient que le roi saint Dagobert II, martyr, fut mis à mort près Mouzay, en 227, par un nommé Grimoalde, son filleul (2). Quelques-uns forment des difficultés sur sa qualité de roi de France, et prétendent que si saint Dagobert tué à Mouzay, était roi de France, c'était Dagobert III, fils de Childebert III. Voyez ce que nous avons dit sur cela dans l'article de Stenay, et dans celui du prieuré de saint Dagobert de Stenay. Dagobert III, n'a pas régné treize ans, mais seulement six, depuis l'an 711 , jusqu'en l'an 716. MOYEN. — Moyen en latin Medium, ou Modium, ou Medianum, ou Arx Media, tout simplement nommé Moin, même dans les titres latins : chef-lieu de la châtellenie du même nom , diocèse de Toul, temporel de l'évêque de Metz, village autrefois célèbre par son château, qui est aujourd'hui ruiné; il est du bailliage de Vic, dans le ressort du parlement de Metz ; le patron de l'église est saint Martin. Les lieux dépendans de cette ehâtellenie sont Moyen, le prieuré de Mervaville, (1) Hist. de Verdun, p. 2o7. (2) Histoirc de Lorraine, tome 1 , p. 469.

Preuves,

dépendant de l'abbaye de Senones, saint] Clément, Chenevière, la Ronce, la cense de Putaigne sur le ban de Saint-Clément, celle de Boulain sur le ban de Vatiménil , et le village de Vatiménil. Il est parlé de Moyen comme dépendant de l'abbaye de Senonos, dans un diplôme de l'empereur Henri V, de l'an 1111 , dans une bulle du pape Calixte II, de l'an 1125, et dans une chartre d'Etienne de Bar évêque de Metz, de l'an 1124. - Jean, évêque de Metz en 1224, acquit tout ce que les abbé et religieux de Senones, possédaiént à Moyen , en terres, cn bois, en serfs, en eaux, avec le ban (1) ou la seigneurie, à l'exception du droit de patronage et des dimes qui leur appartenaient. En échange, le prélat, du consentement du chapitre de sa cathédrale, leur accorda dix livres, monnaie de Metz, de | rente annuelle, à prendre surtoutes les poëles à faire du sel (2) qui ne sont pas franches, et qui leur appartiennent dans la ville deVic, à eux,ou à leur prieuré et aux maisons de leur dépendance;en sorte qu'à l'avenir ils possédent toutes ces poëles, ou ces loges à faire du sel,franches et quittes de toutes rede

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ques de Metz ; , ou bien ledit prélat leur , assignera dix livres de rente annuelle , à percevoir sur la ville de Vic ou sur celle de Metz. L'acte en fut passé à Metz dans l'Octave de l'Assomption de la Vierge dc l'an 1224.

, Et l'an 1285, Bouchart évêque de Metz, pour acquitter cetterente annuelle de dix livres de Messins, que l'évêqne Jean son prédécesseur, s'était engagé de payer à l'abbaye de Senones , céda à ladite abbaye pareille somme, à prendre sur les cens qu'il percevait dans le village de Vaqueville; et si les cens de Vaqueville ne suffisaient pas pour acquitter cette somme, il y affecte subsidiairement les cens qui lui

(1) Bannum, Dominium Jurisdictio.

(2) Sissœ, Sedes, Salinariœ. In quibus caldaria, patella, et cœtera instrumenta ad sal conficiendum.

sont dus à Moyen; il ordonne que les maïeurs de ces lieux-là en fassent feauté ou hommage (1), à l'abbé de Senones , sans être obligés d'en reparler à l'évêque. Il parait par-là que l'abbaye de Senones avait la seigneurie et la haute justice à Moyen , et qu'elle la céda à l'évêque de Metz , qui en composa une de ses châtellenies, comme elle est encore aujourd'hui. En 1254, Jacques de Lorraine, évêque de Metz, reconnait que les abbés et religieux de Senones, ont donné à lui et à ses prédécesseurs, le bois qui est dans le ban de Reuleiz, avec le fond de la même forêt; et en échange, le même prélat cède au prieuré de Mervaville , dépendant de la même abbaye, l'usage dans son bois de Moyen, nommé Marbois, tant pour ses bâtimens que pour son affouage ; de plus, il accorde au même prieuré, la pâture ou glandée pour les porcs qu'on y nourrit dans ses bois de Chèvremont, à charge d'en payer le passonage (1), comme les autres habitans de Moyen , et à condition qu'ils ne pourront ni vendre ni donner aucun bois desdites forêts. Passé au mois de mai 1254. Conrade Bayer de Poppart, évêque de Metz, commença à bâtir le château de Moyen vers l'an 1444. Le bourg de Moyen était alors entre les mains du seigneur d'Ogévillers : Conrade de Bayer l'en retira, et y fit bâtir tout à neuf un château sur une hauteur, vis-à-vis le village de Moyen. On remarque que les bourgeois d'Epinal, qui appartenaient alors à l'évêque de Metz, y étaient commandés, et y venaient travailler par corvée. Les seigneurs des environs en murmurèrent; l'évêque ne s'en mit pas en peine, et nomma ce château Qui qu'en grogne, pour marquer le mépris qu'il faisait de leurs discours : il unit

(1) Faire seauté. Facere homagium, seujuramentum fidelitatis.

(2) Passonage, le droit qu'un seigneur tire sur les porcs qui paissent dans les forêts Voycz Du Cange, Pasnaticum, Pasnagium, Pastionaticum.

à la châtellenie de Moyen, le ban de saint Clément, qu'il avait acheté du chapitre de sa cathédrale. Nous avons le plan et l'élévation du chàteau de Moyen, très-proprement dessiné et gravé par le sieur de Beaulieu, chevalier de l'ordre de Saint-Michel, un des ingénieurs et géographes du roi, gravé après la paix des Pyrénées, conclue en 1659.Alors lesvilles et châteaux de Lorraine ne subsistaient plus avec leurs anciennes fortifications, mais M. de Beaulieu les avait sans doute dessinés avant leur démolition. Le château de Moyen était carré , avec une grande enceinte fortifiée de cinq tours, placées au côté du nord et de l'orient : le corps du château était environné de fossés et de murs bien solides, non pas toutefois en pierre dc taille ; il était fortifié de six grosses tours rondes; la basse-cour était en dehors avec les écuries. Le village de Moyen en était éloigné d'environ cent pas ; les jardins étaient au dehors de la forteresse. George de Bade, évêque de Metz , mourut au château de Moyen , le 11 octobre 1484 , d'où son corps fut rapporté à Metz, et enseveli dans sa cathédrale. En 1654, le château de Moyen fut assiégé par le maréchal de la Force, dans l'espérance d'attirer le duc Charles IV en campagne : le château"se rendit faute d'eau au bout de six jours ; la garnison en sortit avec armes et bagage. Les soldats Lorrains mal payés et mal disciplinés, continuaient cependant à désoler le pays , sans faire distinction de l'ami ou de l'ennemi. Les troupes Lorraines reprirent ce château en 1656, et se servirent de ce lieu comme d'une forteresse, pour exercer plus hardiment leurs pilleries et leurs ravages dans la province. En 1659, Duhallier, gouverneur de Nancy, maréchal de France, pour réprimer ces désordres, alla assiéger le chàteau de Moyen. Thouvenin, capitaine du régiment dc Saint-Baslemont, y était en

fermé avec seulement cent hommes. Lc siége fut commencé le premier août 1659, et le château ne fut pris que le quinze septembre de la même année : on y tira plus de quatre mille coups de canon ; il y avait déjà deux brêches de faites, et on était prêt à donner l'assaut, l'orsqu'on donna avis à Duhallier qu'il y avait un côté où il était plus aisé de faire brêche. Il tourna sa batterie de ce côté-là, et en vingt-quatre heures on fit une nouvelle brêche de quarante pas. Comme on se disposait à donner l'assaut, Duhallier, par le conseil de Lenoncourt, fait une nouvelle sommation à Thouvenin ; il l'accepte, et obtient telle capitulation qu'il avait demandée. Quelque temps après cette forteresse fut démolie, ainsi que la plupart des châteaux de la Lorraine, et n'a pas été rebâtie. MOYENMOUTIER, et le château de la Haute-Pierre.— Je ne sépare pas ces deux lieux, parce qu'ils ont une liaison nécessaire, comme on le verra dans la suite. L'abbaye de Moyenmoutier fut fondée vers l'an 671 , par saint Hidulphe , archevêque de Trèves, lequel à l'imitation de saint Gondebert, et de saint Déodat ou Diey, évêque de Nevers,quis'étaient déjà retirés dans le désert de Vôge, quitta aussi son archevêché, et vint chercher Dieu dans ces solitudes, qu'on peut à bon droit appeler la Thébaïde de l'Europe. Il paraît que le premier dessein de saint Hidulphe était d'y vivre en ermite ou en simple solitaire, puisqu'il choisit pour sa demeure l'endroit du pays le moins propre à y bâtir un monastère, resserré entre la montagne et les rochers du côté du midi, et par la rivière de Rabodo du côté du nord. Tout le terrain des environs était déjà occupé par saint Gondebert à l'orient, par saint Diey au midi, par le monastère d'Etival, fondé par Bodon Lendinus, évêque de Toul à l'occident, et par les ababbayes de Bonmoutier, d'Offonville , Offonis Monasterium , fondées par le même Bodon frère de sainte Salaberge, au nord. Ainsi le monastère de saint Hidulphe se trouva au milieu de quatre ou cinq monastères, ce qui lui fit donner le nom de Moyenmoutier. Saint Hidulphe trouva dans ses saints voisins, tous les secours qu'il pouvait désirer, non seulement pour sa personne, mais aussi pour le grand nombre de disciples qui vinrent se ranger sous sa discipline, et qui l'engagèrent à bâtir une abbaye et deux églises, l'une sous l'invocation de la Sainte-Vierge, et l'autre sous celle de saint Pierre et des autres apôtres. Il en bâtit ensuite encore une troisième au dehors du monastère, en faveur des étrangers et des hôtes qui survenaient, et une quatrième sur le monticule qui est au midi de l'abbaye, qu'il dédia au pape saint Grégoire, et y bénit un cimetière pour y enterrer ses religieux, parce que le terrain où était bâti le monastère, était alors trop humide et trop aquatique. On compte entre ses disciples , trois saints personnages , savoir : Jean et Benin, frères germains et même jumeaux, selon la plupart, et un troisième nommé Spinule, honoré du don des miracles, de telle sorte, que saint Hidulphe fut obligé après sa mort, de lui commander en vertu de la sainte obéissance qu'il lui devait, de cesser d'opérer ces merveilles, qui attiraient à son tombeau une foule de peuples qui troublaient le repos de ses frères. Tel était alors l'esprit de ces saints solitaires, tels étaient leur amour et leur respect pour le silence, la retraite et l'humilité. Peu de temps après que saint Hidulphe se fut établi dans ce désert, un seigneur des environs nommé Begon, lui fit présent de la terre nommée aujourd'hui St.-Blaise, et autrefois Bégoncelle : il y ajouta la roche de Folcholde, que l'on croit avoir renfermé la montagne voisine de St.-Blaise, le vallon où était autrefois le village de Veis-Valle, et l'emplacement de Rua, où l'on a depuis bâti la ville de Raon-l'Etappe, dont on parlera plus au long ci-après. Saint Erard, frère de saint Hidulphe, et évêque de Ratisbonne, ayant appris la retraite de son frère, le vint visiter, et ces deux saints prélats catéchisèrent et

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baptisèrent Odile, fille d'Atique, duc d'Alsace. La jeune Odile, par une grâce particulière du ciel, et par les prières des SS. évêques, reçut à la fois la lumière de l'esprit et celle du corps au baptême. Atique son père, lui permit de se retirer sur une haute montagne nommée Hohemberg, où elle bâtit un fameux monastère, qui porta le nom de sainte Odile, qui fut comblé de biens par la libéralité du père. Après la mort de saint Diey , arrivée en 679 , saint Hidulphe prit la conduite de la communauté que ce saint avait rassemblée en son monastère de Jointures, ou du Val de Galilée, et laissa celle de Moyen-Moutier à Leutbalde son disciple. Celui-ci étant mort en 704, saint Hidulphe prit de nouveau le gouvernement de Moyen-Moutier, et le tint jusqu'à sa mort, arrivée en 707. Sous le règne de Charlemagne, les religieux de Moyen-Moutier ne pouvant s'accorder sur le choix d'un abbé, ce prince leur donna pour supérieur un archevêque de Grade, nommé Fortunat, qui était alors à sa cour. Fortunat gouverna cette abbaye environ vingt-deux ans ; il mourut en 825, et fut enterré à l'oratoire de SaintGrégoire, au midi de l'abbaye. Le roi Lothaire le jeune (1), qui donna son nom à la Lorraine, et qui troubla toute la France à l'occasion de son divorce avec Thietberge, étant en guerre avec ses oncles Charles-le-Chauve et Louisle-Germanique, demanda à Pipin, abbé de Moyen-Moutier, les trente soldats armés que son abbaye était chargée de fournir au roi en temps de guerre. Pipin s'en excusa sur le mauvais état des affaires de son monastère; Lothaire méprisa ses excuses, et donna l'abbaye de Moyen-Moutier au duc de la province, qui était apparemment Regnier, comte de Hainau, surnommé au Long-Col, qui avait reçu ce duché du roi le nombre des troupes à quoi il était taxé, désola Moyen-Moutier, en dissipa les biens ; et les religieux manquant des choses nécessaires à la vie, furent obligés de se disperser, à, l'exception d'un petit nombre à qui le duc fournissait la nourriture. Il fit plus : il s'appropria 1511 familles de serfs qui appartenaient à ce monastère, qui par ce moyen fut réduit à la dernière misère. Les chose demeurèrent en ce triste état, jusqu'au règne de Zuintebolde, roi de Lorraine, fils naturel de l'empereur Arnoû. Zuintebolde commença à régner en 895 , selon les uns, ou 895, selon d'autres. Ce prince donna l'abbaye de MoyenMoutier au comte Hillin, qui chassa le peu de religieux qui y étaient demeurés, et mit des chanoines en leur place vers l'an 896. Ils y demeurèrent environ soixante-six ou soixante-sept ans, et Fridéric , duc de Bar, y remit des religieux vers l'an 965, ou 966. Quant à l'état temporel de cette abbaye , elle a été soumise dès les commenoemens aux rois d'Austrasie, dans les états desquels elle est située, et ensuite à l'empereur Charlemagne et à ses successeurs. Dans la suite, les ducs de Lorraine y exercèrent les droits régaliens sous l'autorité des empereurs. Depuis Gérard d'Alsace, les abbayes de Moyen-Moutier et de St.-Diey, ont toujours été de la souveraineté des ducs de Lorraine, ce qui n'a pas empêché qu'elles n'aient eu des seigneurs avoués, qui, sous prétexte de protection et d'avocatie, exerçaient sur leurs sujets une assez grande autorité. Dès l'an 1220, ou environ, Albert, ou Aubert de Parroye, écuyer, d'une des plus grandes et des plus anciennes maisons de Lorraine, avoué ou sou-voué de Moyen-Moutier, bâtit une forteresse auprès et au nord de la Haute-Pierre, qui est unc roche escarpée fort haute, qui se voit sur la montagne vis-à-vis l'abbaye. On remarque encore à présent quelques restes de cette forteresse, qui fut nommée de la Haute

|même roi Lothaire vers l'an 855, lorsqu'il

commença à régner. Ce duc de la province, pour fournir au (1) Histor. Mediani Monast. p. 169, 177.

cum seq.

Pierre, dont le nom demeura à Aubert de Parroye et à ses successeurs. Le duc Mathieu II, ne put souffrir cette entreprise : il assiégea cette forteresse, et la prit après un assez long siége, qui dura depuis l'Octave de la Pentecôte, jusqu'à la Nativité de Nôtre-Dame, huit septembre. Après la prise de ce château, le duc Mathieu et Aubert de Parroye convinrent ensemble, que ledit Aubert pourrait construire une nouvelle forteresse sur la montagne d'Ansus,près Colroye, au val de St.Diey; même de rétablir , s'il voulait, son château de la Haute-Pierre, en faisant hommage au duc, de celui des deux qu'il rétablirait. La lettre est du mois de Janvier 1224, Il parait certain qu'Aubert de Parroye ne bâtit point sur le montAnsus, mais qu'il rétablit son château de la Haute-Pierre : et l'on voit par le Nécrologue de l'abbaye de Moyen-Moutier, qu'il y eut encore depuis quelques seigneurs et dames résidant à la Haute-Pierre. Il parait de plus, par les lettres de l'an 1224 , qu'Aubert de Parroye était fils de Simon de Parroye, et que le château de Spissemberg leur appartenait. Dans la suite les seigneurs de Parroye vendirent, ou échangèrent avec les ducs de Lorraine, ce qu'ils avaient à Spissemberg, dans le Val de St.-Diey, à Moyen-Moutier et à EtivalLe cardinal Humbcrt, célèbre par ses écrits et par les services qu'il a rendus à l'église contre les grecs schismatiques, était religieux de Moyen-Moutier. On conserve dans l'abbaye de MoyenMoutier un assez bon nombre d'anciens manuscrits, dont la plupart viennent du Prieuré de St.-Mont, proche Remiremont: d'autres sont des restes de l'ancienne bibliothèque de Moyen-Moutier; d'autres viennent de différens endroits. On peut voir le dénombrement des principaux, dans Bibliotheca bibliothecarum, manuscrit du R. P. dom Brnarde de Montfaucon. On y montre en particulier l'unique copie qu'on connaisse de l'histoire de Jean de Bayon, Dominicain,

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