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massacre inopiné et si mal à propos, mit toute la France en allarme, parce que chacun jugeoit qu'il n'y alloit pas seulement de l'intérêt de la maison de Lorraine, à qui le Roi en vouloit à tout reste, mais encore de la religion , d'autant que ces Princes avoient toujours été un mur trèsfort contre la violence des hérétiques, qui pour lors, comme auparavant, avoient tàché de supplanter la religion Catholique en France. Mais la guerre se déclara avec beaucoup plus grande furie après la mort du Roi, qui fut tué le premier jour d'août de l'an suivant, à St.-Cloud-lez-Paris, où il était au milieu d'une grande armée pour l'assiéger, quand Henri de Bourbon , roi de Navarre, nommé par le défunt pour succéder à la couronne, se présenta pour être Roi : à l'occasion qu'il étoit hérétique, faisant profession du Calvinisme dès le berceau, chacun print parti, les bons catholiques avec les Princes, les politiques et hérétiques avec le Roi de Navarre. Il n'y eut jamais semblable guerre, d'autant que toutes les misères qui se lisent être arrivées en toutes les guerres précédentes par tout le monde, soit en massacres, surprinses, ruines des villes , familles et personnes , feu, force, voleries et autres méchancetés, sontétéicireprésentées comme en unabrégé; le père étant contre les enfans, le valet contre le maître, le sujet contre son Seigneur, avec telle confusion, qu'il n'y avait coing en la France, que Mars n'y fasse paraître les marques de sa cruauté en tout et par tout. La Lorraine n'en pouvait être exempte, d'autant que Son Altesse, outre l'intérêt de sa maison, vouloit contribuer du sien pour la conservation de la religion en France, ce qu'il a fait autant qu'il a pû et dû , jusques à ce que le Roi de Navarre eût abjuré son hérésie, et fait profession de la religion Catholique à St.-Denis le 21 juillet 1595, lors il mit bas les armes. Aussi à son exemple plusieurs princes, villes , communautés et particuliers se reconcilièrent et recognurent leur Roi, qui fut dit Henri IV, du nom, le

quel de son côté ne s'oublia d'appaiser ses subjets, les uns par douceur, les autres par rigueur; tellement qu'en l'année 1598, il se vit paisible au-dedans et au-dehors de son Royaume. Dès le commencement de ce remû-ménage et pendant icelui, Son Altesse avoit fait sortifier plusieurs places en Lorraine et Barrois, seulement de terrasses ; savoir : Lunéville, Clermont, Stenay , Jamets, laquelle il avaint prinse par force, mais principalement Nancy, et son fauxbourg dit St.-Nicolas, pour y faire retraite en cas de nécessité; mais le tout appaisé, comme dit est, il adonna totalement son esprit (à l'imitation des Princes comme il étoit) à couronner scs hauts faits par l'ornement des bâtimens qu'il avoit ainsi commencés. Il fit donc murer Nancy la Vieille, et les remparts qu'il y avait fait faire ; savoir : deux boulevarts à la Porte NotreDame, un derrière St.-Antoine, dit le boulevart de Salm , et un derrière le château, dit le boulevart des Dames, avec celui vers les Minimes, qu'autrefois avoit été battu du Duc de Bourgogne, en mémoire de quoi il y avait beaucoup de pierres taillées en façon de boulets , à présent couvert de briques comme les autres , et les courtines bien flanquées, le tout fait avec carreaux de pierre par le dessus , et accomodés de beaux paremensdebriques, enceintes et liées d'un cordon de taille avec leurs parapés et geurittes, pentagennées, couronnées et couvertes d'écailles, trois à chacun boulevart, avec les armes de Lorraine en face. Il fit aussi murer une citadelle à Stenay, commencée par le Duc de Bouillon pendant les guerres ; Clermont en Argon et Marsalbattue et emportée par sadite Altesse parcomposition dedans dix-septjours, après le siége y avoir été mis et planté, laquelle il échangea depuis avec un Seigneur Evêque de Metz, comme il fit aussi Jamets, qu'il acheta des propriétaires , savoir : de M. de Montpensier, encore qu'il les eût par droit de guerre, néanmoins amateur

de la paix, il se les voulut deffermir par

composition faite de gré des parties. Sur toutes ses fortifications et bâtimens, il porta son affection à mettre sur pied la Ville-Neuve de Nancy, laquelle on voulait appeler Charles ville, mais il ne le voulut pas. Pendant lesdites guerres, il fit abbattre pour l'assûrance de Nancy-laVieille, un beau fauxbourg qui était à la Porte Notre-Dame, appelé St.-Dizier, lequel encore en l'an 1455 , avoit ses Sei

D'autre côté, Son Altesse croyant qu'en peu de temps , s'il les encourageoit, son désir se trouveroit accompli en ce fait , il fit alligner les rues et assigner des places à ceux qui avoient quelques terres dans lesdites terrasses, ou acheptées , ou en propriété, sans faire compte alors de méliorations, lesquelles places se donnoient à fort bon compte , voir au meilleure qne le fond n'avoit coûté au propriétaire , avec

gneurs, où la plupart de la bourgeoisie de peu d'espérance de voir un jour une telle rendu commode pour y loger, fut le duc |

Nancy avait des maisons particulièrcs , tant pour la commodité des eaux que pour les vignes, jardins, bois rivières et choses semblables qui s'y trouvoient en abondance, ce qni fut exécuté en année 1591 , et 1592 ; pour récompense, il fit assigner des places aux intéressés entre les terrasses et fortifications susdites , lesquelles il avoit fait élever l'an 1587, eontre la venüe d'une armée de quarante mille étrangers Allemands, que le feu roi Henri III, avoit fait lever, laquelle devoit passer par la Lorraine, pensant ruiner dès ce temps-là le susdit Prince Duc de Guise. Mais étant le plus vaillant de son temps, il mit en déroute ladite armée, après avoir passé Mâdon à Pont-St.-Vincent le huit septembre de la même année 1587 , avec une poignée de soldats, mais vieux et corrompus au fait de la guerre, tellement qu'il n'en demeura un entier , qui ne soit mort ou prins prisonnier, sinon environ cinq cens François, qui se sauvèrent à Genève, Nonobstant qu'il donna ainsi des places à ses bourgeois de St.-Dizier, néanmoins peu en firent leur profit, soit qu'on estimàt que cette ville ne viendroit à sa perfection, soit à cause de sa pauvreté, plusieurs prinrent parti ailleurs; ceux qui voulurent y demeurer, firent faire quelques cabanes pour se mettre à l'abri des injures du temps. Les bourgeois de Nancy voyant que dorénavant le séjour des Ducs de Lorraine seroit plus assuré à Nancy que du passé, et se sentant pressés à la ville, commencèrent à s'élargir en bâtissant dedans les vieux remparts de cette nouvelle ville.

ville en pied, le fond de laquelle a coûté bon depuis à ceux qui en ont voulu avoir; de sorte que ce qui se donnoit pour un sol le pied au commencement, a été vendu six gros, et plus sur la fin. Cette VilleNeuve s'augmenta tellement , qu'à moins de sept ou huit années, ces vieilles terrasses furent remplies de belles maisons, ne restant rien à faire pour sa perfection que ce qui était de la charge de sadite Altesse, savoir : la forme de la ville et la force. L'an 1605, il fit disposer le plan par un ingénieur Italien appellé Jean-Baptiste. | Toutefois quelques-uns ont opinion qu'il n'étoit qu'exécuteur des desseins dressés par le colonel Orphée de Galean , mort devant Canise en Hongrie, très-excellent mathématicien. Et au mois de janvier 1604, il fit commencer les terrasses sur le fossé de la ville du derrière le boulevart , dit de Vaudémont, derrière l'hôtel , dit de Salm, sa première forme étant fort longue et peu large , ses courtines faites en tenaiiles. Il fit tout abattre , sinon ce que d'aventure s'y trouva à propos par rencontre pour la mettre en forme presque ronde, ajoutant en certains lieux, comme vers Tomblaine , et diminuant vers la Madelaine. Quant aux bâtimens , ce qui étoit d'ancien y demeura toujours , savoir : un vieil fauxbourg de peu de conséquence, appelé le fauxbourg de St.-Nicolas , le surplus étoit en prés, terres arables , jardins , chenevières, parterres, pâquis et choses semblables, où furent plantés au lieu d'arbres et héritages, plusieurs beaux palais et belles maisons. . Il désiroit voir la Ville-Neuve achevée dedans sept ans; à oet esset, pour la plus diligenter et pour la faire fortifier à moins de dépense, il trouva meilleur et pour le plus expédient de marchander tout cet ouvrage à un homme qui en seroit l'entrepreneur, à qui on devoit fournir des deniers des coffres , deux cens mille frans par an durant les susdites sept années, sans les extraordinaires , s'il y en arrivoit, ce qui fut fait : Et Mo. Nicolas Marchal, natif de St.-Mihiel, marié à ladite Ville-Neuve, en fut l'entrepreneur. Mais sadite Altesse venant à mourir l'an 1608, le quatorze de Mai, quatrième de l'entreprise, il la laissa à parachever au duc Henri II, son sils et successeur, lequel la rendit en défense dedans les sept ans, mais non du du tout achevée, jusqu'en l'an 1619, que (peu réservé) ce qui fait pour accomplir une forteresse , se trouve y être accompli: voilà quant à l'extérieur. Il faut entrer dedans et parler de l'intérieur ; ce qu'on a fait de son temps et de ses prédécesseurs, autant qu'il en sera venu à cognoissance. Intérieur de Nancy.

Le principal bâtiment de Nancy, c'est le palais où demeurent les Ducs souverains de Lorraine, autant accompli que palais

i fut en Europe, pour ce qu'il contient. Le premier qui l'a commencé et

Raoul : quant à ses prédéceseurs, ou ils demeuraient à NeufChâteau, ou à Amance, ou à Chatenois, et plusieurs en France pour l'ordinaire. Néanmois quelquefois

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ric, neveu de Godefroi de Bouillon, (ancienne erreur, il était fils de Gérard d'Alsace, comme dit est ci-dessus), qui demeuroit au vieux château. Mais le Duc Raoul fit sa résidence en ce palais, et fit · faire semblablement, et presque en même temps, St.-Georges, sa chapelle ducale, où Jean son fils et Charles II, y ont aussi résidé, mais principalement René II, qui, comme héritier du patrimoine à cause de sa mère Yolande, comme dit est, y a établi du tout sa demeure, et disposé le palais pour lui et ses successeurs. De fait,

il ruina ce qui étoit fait auparavant, pour le bâtir superbement et avec beaucoup plus grande commodité que n'avoient fait ses prédécesseurs. Le Duc Antoine son fils y fit faire la galerie des Cerfs avec la porterie, et y ajouta quelques pièces nécessaires. Mais notre grand Charles, à qui étoit dû le bonheur de la maison, mit en ordre et rétablit ce qui étoit ruiné, et orna ce qui étoit ja établi, y ensermant plusieurs choses nécessaires, et corrigeant ce qui était fait hors de propos. Depuis l'altesse de Henri II , son fils y a sait faire le rond où sont les riches tapisseries et autres meubles de la maison, et s'il y a fait conduire les fontaines au parterre d'en bas, et fait mettre les statues. Quant à ce qu'on dit que la maison où l'on voit la Monnoye étoit autrefois la demeure des Ducs, on n'en trouve point de mémoire, sinon peut-être que ceux qui ont régné depuis Ferri II, jusqu'à Raoul, n'y ayent quclquefois demeuré aprés avoir fait démolir le vieil château et aggrandir la ville de ce côté-là, pour donner place à son Palais, le dédiant à Dieu pour y être fait son saint Service, ce qui ne se peut dire toutefois que par conjecture, ou René II, pendant qu'il faisait bâtir la Cour. Pendant la minorité de l'Altesse de Charles lII, l'Arsenal fut rebâti tout à neuf par madame sa mère et Monseigneur Nicolas de Lorraine, Comte de Vaudémont , ses gouverneurs. Mondit Seigneur de Vaudémont fit bâtir vis-à-vis de Notre-Dame sur la Place, un palais pour lui et pour ceux de sa maison, qu'ils tiennent encore à présent. Balthazar d'Haussonville, Gouverneur de Nancy, fit faire celui où réside à présent Mr. de Marcossey , à la rue de St.Michel. Jean, Comte de Salm, Gouverneur de Nancy, Maréchal de Lorraine, fit faire celui de Salm à la rue neuve, lequel est à présent à Monseigneur François de Lorraine, Marquis de Hattonchatel, Comte de Vaudémont.

Le Comte Paul de Salm, Grand Cham-| conciergerie et le marché, y ajoutant les bellan de l'Altesse de notre Charles III, | halles et la tour avec son horloge, ce qui

fit bâtir celui qui y est joint.
Christophe de Bassompierre, celui de

Bassompierre.
Les grandes et petites écuries furent

aussi bâties par le commandement de

Charles III.

Ce qui a été fait de notre temps, savoir |

l'an 1607, jusqu'à l'an présent, est la rue appelée de St.-Pierre, ou du Cardinal. C'étoit auparavant la maison du Prioré,

étoit auparavant à la place des Dames
prêcheresses de la Vieille-Ville.
le second palais est celui de Monsei-
gneur le Primat, bâti par la vigilance et
diligence de révérendissime prélat messire
Antoine de Lénoncourt, second Primat de
Lorraine, partie des deniers del'église,
partie des siens. Ce fut un bâtiment bientôt
commencé, et presque aussitôt achevé,
savoir dedans un demi an, à commencer

uni à l'abbaye de St.-Martin, où l'abbé et en mars de l'année 1609, et fut achevé, religieux, et tout ce qui dépendoit de la-hors quelque blanchissage et autres du dedite abbaye St.-Martin, fut transporté dans, à la St. Remi suivant ; tellement l'an 1564, lesquels abbaye et prioré furent | que dedans l'année, il fut du tout en sa unis à la Primatiale, comme se dira, oc-| perfection, et y put loger, comme en effet casion qu'on vendit la maison et cloître | il y logea. . soixante-huit mille frans, l'église demeu-i Le troisième est la maison décanale de rant pour paroisse, dans laquelle maison ' l'église Primatiale, bâtie aux dépens d'hoon fit ladite rue comme elle est, sauf quel-| noré Seigneur messire Pierre de Stainville, ques maisons particulières qu'on acheta | second doyen, proto-notaire du saint siépour la percer jusqu'à la grande rue, pour ge en l'année 1608, et 1618. la somme de vingt-un mille frans, restant | La maison de Mr. de Mont-Richier fut quarante sept mille frans ; trente desquels bâtie par honoré Seigneur Claude de ont été employés à bâtiment du palais Beauveau, dès le commencement et comme primatial, et onze mille aux maisons ca- , la première, comme celles de Jacquemin

noniales , outre six mille provenans de la
vendition du cloître y destiné dès le com-
mencement (1).
La Ville Neuve. — Entre les bà-
timens de la ville neuve, le plus superbe
et beau étoit celui de la ville, sis à la place.
Il fut premièrement bâti par Jean Vincent,

Ceuillet, Gruyer, Claude Fusil, hôte de la Licorne, Jean Richard, maire de St.Dizier, Jean Bernard, hôte de la Croix Blanche, tous anciens bourgeois de St.Dizier, et Jean de la Pierre, ce qui comprend presque tout un quart, à prendre sur la place à présent contre les Carmes,

Thrésorier-général de Lorraine, ès années , descendant par la grande rue jusqu'à celle

1595, 1594, et 1595 : n'étant encore du tout achevé, fut vendu par autorité de justice, et échu à messieurs de la ville pour quarante mille frans, environ l'an 1600, à la poursuite d'Honoré Seigneur Nicolas d'Haraucourt, dit de St. Nicolas, et de Hadonviller, son gendre. Ce fut peu au prix qu'elle avait coûté : ceux de la

des moulins, puis retournant par celle
de l'église, partie desquelles maisons sont
à présent au collége.
La maison sise en la place devant l'hô-
pital, appelée la Romaine, a été bâtie
l'an 1616, aux dépens des messieurs
de la ville, à l'effet d'y peser les mar-
chandises qui viendraient à Nancy, princi-

ville la firent achever, et y mirent les siè- palement le bois, le foin, la paille et ges de justice ; savoir, du bailliage, des | autres choses semblables, mais n'ayant échevins, de la prévôté et gruerie avec la , réussi elle demeura là, et tient-on que sa

(1) Nota que cette maison a été faite pour l'evêché, et que la rue s'appelle de l'église, pour ce qu'elle était pour la cathédrale.

structure a coûté plus de vingt mille frans (1).

(1) Cette maison a été démolie vers l'an

Les moulins de l'étang ont été faits avec le rempart; auparavant il n'y avait qu'un petit moulin de peu de conséquence, fort éloigné de la ville, qu'il fallut abattre, et un autre sur le ruisscau au-devant de St. Jean, dépendant de la commanderie, desquels son altesse a donné récompense à l'ordre de St.-Jean de Jérusalem.

Les maisons de messieurs des Dignités et Chanoines de la Primatiale, furent commencées en mars l'an 1607 , du vivant de Monseigneur le Cardinal, fondateur, et furent marchandées à trois maitres maçons, savoir, M". Jean Braconnier, M°. Nicolas Charles et M°. Lancelot : Et pour la charpente, à M°. Didier Barbonnois. Ceux qui n'étoient lors résidens à cause des études, ne purent commencer sitôt, quelques unes desquelles sont encore à présent sans être bâties.

Les moulins, appelés de Venise, sis sur le bras de rivière, ont été bâtis l'an 1619, et le bras accomodé à cet effet.

Le passage pour aller aux salines sur la rivière de Meurthe, fut établi l'an 1605.

Voilà ce qui est de l'intérieur et extérieur de la ville de Nancy pour le fait du temporel. Il faut maintenant venir au spirituel.

Saint-Dizier.

La première et plus ancienne Eglise de Nancy et faubourg, est celle de St.-Dizier, Paroisse autrefois dépendante des Dames de Bouxières. De cette paroisse dépendoient Laxou , Nancy et St.-Dizier, et dedans lesquels sont comprinses toutes les Eglises , Monastères, Oratoires et lieux qui y sont, soit exempts ou non.

Avant que de poursuivre plus outre, il est à noter que toutes les Eglises de Nancy † exceptées) sont sous l'invocation de

otre-Dame, encore qu'elles ayent des

Patrons particuliers, comme les Prêcheresses, St.-Georges; et la raison est, qu'après Dieu, c'est celle à qui Messeigneurs nos Princes ont leur espérance, et par les

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prières de laquelle ils ont été secourus et soulagés en toutes leurs adversités, comme ils y ont toujours eû , et ont encore une grande dévotion, principalement l'Altesse de Henri II, à présent régnant, à qui on a ouï dire que quiconque la prieroit de bon cœur, il ne lui peut arriver mal, ce qui se remarque en sa personne. Il a été, et est encore l'un des heureux Princes de l'Europe, et croit-on que ce bonheur procède de la dévotion qu'il a à Notre-Dame. Prioré de Notre-Dame. Le prioré de Notre-Dame fut érigé sur le territoire de Saint-Dizier hors des portes de Nancy, environ l'an 1100 , par Théodoric, ou Thierry, neveu de Godefroy de Bouillon (1), et frère ainé de Henri I, Roi de Portugal. Il a régné Duc de Lorraine après ses deux oncles Godefroy de Bouillon, Baudoin, Roi de Jérusalem, et son père Guillaume. Quelques. auteurs tiennent que Jérusalem fut prinse en 1070; mais Guillielmus Thirius et Paulus AEmilius, disent que ce fut l'an 1099, et quinzième de juillet, auquel temps Godefroy fut élû roi, et régna jusqu'au dix-huitième dudit mois de l'an 1100 , auquel succéda Baudoin son frère qui régna dix-huit ans. Guillaume leur frère plus jeune, fut quatre ans Buc, après lequel Théodoric, qui à ce compte n'aura régné en Lorraine que l'an 1125. Soit qu'il en soit, il fonda le Prioré, et y donna les deux tiers des dîmes de Nancy, St.-Dizier et Laxou, qu'il avait lors. Eglise des Dames Précheresses. La troisième Eglise en antiquité de fondation , est celle des Dames Prêchercsses, d'autant qu'elle fut faite l'an 1298 et y furent lesdites Dames établies par Ferri II, l'an quarante-cinquième de sonrègne; elles furent premièrement fondées au bois de Marleru, (qui est la Magdeleine-lez-SaintNicolas) l'an 1295, et trois ans après elles furent transportées à Nancy, septantedeux ans après la mort de leur père, saint

$ L'auteur suit l'ancien système, qui veut † es Ducs de Lorraine descendent de Godeoy de Bouillon.

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