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naissance à deux volutes qui soutiennent une horloge. La Lorraine représentée audessous dans l'entablement d'une croisée , tient l'écusson de la ville de Nancy. La balus'rade qui termine les faces, tant de cet édifice, que des autres qui forment la place , porte alternativement des palmiers, des vases , des urnes et des groupes d'enfans. Qnatre pavillons de même architecture aux côtés de l'hôtel-de-ville, font les faces du levant et de l'occident de la place. Le collége royal des médecins, et la salle des spectacles, sont dans un pavillon de cette dernière face ; l'hôtel des Fermes occupe seul un pavillon de l'autre face vis à vis. La face septentrionale n'est qu'à un étage, et percée dans son milieu par un

passage qui laisse voir tout l'arc de triom

phe. Aux quatre angles sont des grilles en plan ceintré , admirées des connaisseurs : elles mettent le comble à la réputation du sieur Lamour de Nancy. Sous celles qui tiennent à la face du septentrion, sont de magnifiques fontaines , où des figures en

plomb plus grandes que le naturel , jettent ,

I'eau, et forment des cascades et des nappes.

La statue pédestre de Louis XV, ayant été coulée avec le plus grand.succès à Lunéville , le quinze juillet 1755 , on travailla avec toute l'ardeur et la vivacité qu'inspiraient l'impatience du roi de Pologne, à la mettre en état d'être posée sur son piédestal : en sorte que Sa Majesté Polonaise en fit la dédicace avec la plus grande magnificence, le vingt-six novembre suivant. Cette statue est en bronze , d'onze pieds quatre pouces de proportion, en face de la porte royale , la vue vers la France , le bras droit tendu du côté de I'Allemagne. Le piédestal est du plus beau marbre, haut de vingt-deux pieds, avec des bas-reliefs en bronze à chaque face; et aux angles quatre vertus exécutées

en plomb , la Valeur : la Prudence, la

Justice et la Clémence ; elles sont assises sur les marches, et ont huit pieds six pouces de proportion. M. Héré, premier architecte du roi de Pologne, a dirigé la construction de tous ces édifices. La statue

a été exécutée par le sieur Guibal, qui avait fait le modèle, et par le sieur Chifflet , qui a exécuté les figures représentant la Valeur et la Clémence : celles de la Prudence et de la Justice sont du sieur Guibal. Perrin de Lunéville a été le principal fondeur. - Place Saint-Stanislas. | La place Saint-Stanislas aussi dans la ' ville neuve, à quelque distance de la place ' de Louis XV, quoique fort belle et rérégulière, ne peut être comptée qu'après les deux dont on vient de parler. Le vœu de la capitale et de tous les sujets en général , serait d'y voir ériger la statue du prince qui a fait exécuter tous ces beaux ouvrages. Le même roi de Pologne a encore fait à Nancy le vingt-neufjuillet 1749, un double établissement, dont l'objet est la correction des mœurs, et l'instruction des enfans. ll a abandonné la maison de force, et la renfermerie de Maréville, à trois quarts de lieue de Nancy, aux frères de l'institut des écoles chrétiennes , à charge d'y rece-voir ceux qui y seront envoyés par lettres de cachet, au moyen de trois cents liyres , de pension, argent au cours de France. ll a confié aux mêmes frères deux écoles gratuites dans la ville neuve de Nancy » , lesquelles écoles ont été augmentées d'une ' troisième par M. le prélat de Bouzey, suivant le contrat du dix février 1751 , con- . firmé par autre contrat du vingt-neuf mars suivant, qui unit cette troisiéme aux autres écoles gratuites. Les Bénédictins de Nancy. En 1614 , le bon duc Henri fit présenter au pape Paul V, une supplique, conjointement avec les supérieurs de la congrégation de Saint-Vanne, pour demander à Sa Sainteté l'érection d'une abbaye de bénédictins dans la Ville-Neuve de Nancy , et l'union du prieuré d · Belval à ce nouvel établissement. Le pape accorda ce qu'on demandait par sa bulle du vingtneuf décembre 1616. Dès le vingt-trois novembre 1615, on avait toisé le terrain que devait occuper le

nouveau monastère ; on le toisa de nouveau en 1617, et il contenait quatre cent quatre-vingts toises et quatre-vingtsix pieds. , Les bénédictins ayant commencé à travailler à leurs murs de clôture, il yeut opposition de la part des bourgeois, sur ce que les religieux fermaient deux rues par leurs extrémités ; savoir : la rue de Saint-Sébastien et celle des Artisans ; mais les religieux furent maintenus par arrêt du vingt décembre 1624. Dans le même temps, c'est-à-dire, en 1626 le prince Henri de Lorraine, fils naturel du bon duc Henri II, abbé de St.Mihiel, de Bouzonville et de St.-Pierremont, forma le dessein de bâtir à ses frais l'église du nouveau monastère des Bénédictins de Nancy. La première pierre en fut posée le deux juillet 1626. Cette église devait être faite sur le modèle des incurables de Rome. Le prince Henri avait envoyé exprès à Rome, le sieur Drouin, entrepreneur, pour en prendre les dimensions. On travailla aux sondemens avec beaucoup d'ardeur jusqu'à la mort prématurée de ce jeune prince , qui arriva six mois après. Il mourut le vingt-quatre novembre 1626.

L'année suivante les bénédictins bâtirent le grand corps de logis, qui a vue sur le jardin et sur la cour.

Le duc Léopold I, d'heureuse mémoire, ayant souhaité que les quatre ordres rentés, des bénédictins, des chanoines réguliers de Saint-Augustin , des prémontrés et des pères de Citeaux, établissent chacun une abbaye de leur ordre dans Nancy; les bénédictins présentèrent leur requête à ce prince en 1701 , pour lui demander son agrément, à ce que les abbés de Lorraine, pussent démembrer de leurs menses abbatiales certains fonds, pour l'entretien d'un abbé régulier, et d'une communauté de douze religieux au moins ; afin de joindre ces fonds à ceux du prieuré de Belval, et d'exécuter autant qu'il serait possible la bulle du pape Paul V, en date du vingtneuf décembre 1616, donnée en faveur de

la congrégation résormée de Saint-Vanne et de Saint-Hidulphe. *Ils supplient son altesse royale de trouver bon que la nouvelle église et l'abbaye fussent dédiées à saint Léopold, patron de sadite altesse royale ; la requête fut agréée dans tous ses points au conseil d'état du deux mars 1701 ; et le chapitre général de la congrégation tenu à Luxeuil, ordonna qu'en conséquence, les abbés et prieurs titulaires, feraient les démembremcns convenables. Le vingt-six novembre 1701 , sadite altesse confirma les cessions et transports faits par lesdits prélats au monastère de Nancy, qui dès lors porta le nom d'abbaye de Saint Léopold. Le tout confirmé par arrêt de la Cour souveraine de Nancy , du vingt janvier 1702. Depuis ce temps l'abbaye a toujous été gouvernée par des abbés manuels, nommés par le chapitre général. L'on jeta les fondemens de la nouvelle église le quatorze juin 1701 , et son altesse royale, Léopold I, y mit la première pierre. Cette église a été consacrée par M. Begon évêque de Toul, le vingt septembre 1754, En 1742, le roi Stanislas donna cette abbaye en commande au révérend père dom Benoit Belfoy, qui prêta son serment à la Cour le vingt-sept août de la même année ; les supérieurs de la congrégation et les religieux de la communauté de Saint-Léopold ont toujours formé opposition à cette entreprise de dom Belfoy ,

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Henri II, abbesse de Remiremont, après avoir fait tous ses efforts pour rétablir l'observance de la règle de Saint-Benoit dans son abbaye de Remiremont ; et n'y ayant pu réussir par les oppositions des dames qui composaient le chapitre dudit Remiremont, et des principaux seigneurs du pays, tourna ses soins à fonder dans la ville neuve de Nancy, une abbaye de bénédictines, qui y observassent la régle de SaintBenoit dans toute la rigueur de la lettre , sans adoucissement ni mitigation, ni explication ; résolue d'y passer elle-même le reste de sa vie, dans la pratique de cette régle, à laquelle elle s'était engagée par vœux solemnels. Elle s'adressa donc en 1624, au duc Henri II, son frère, qui lui accorda aisément la permission qu'elle demandait ; à quoi il ajouta une rente de deux mille francs barrois , à prendre sur la recette de Bar, rachetable pour la somme de trente mille francs. Le traité fut passé le vingt six juin 1624, et ratifié par le duc Charles IV, son neveu, le dernier de juillet 1625: après quoi Catherine obtint du pape Urbain VIII, une bulle pour l'érection d'une congrégation de l'étroite observance de la régle de Saint-Benoit dans la Lorraine, et en particulier pour le monastère de NotreDame de la Consolation; c'est le nom qu'on donna au nouveau monastère des bénédictines établies à Nancy. Mais comme une pareille congrégation ne pouvait subsister dans un seul monastère de filles, Catherine demanda au pape qu'il lui plut favoriser l'érection d'une congrégation d'hommes, qui suivissent la régle de Saint-Benoit à la lettre, sans modification ni mitigation, d'où l'on tirerait chaque année un visiteur, qui en serait supérieur général, et auquel les religieux et les religieusesseraiententièrement soumises. Pour commencer cette congrégation, la princesse Catherine et le duc Henri son frère, s'engagèrent à fonder deux monastères d'hommes; l'un sous l'invocation de St. Romaric, contigu à celui de la consolation à Nancy, dont il n'était séparé que

parl'église; l'autre sousl'invocation de saint Bernard, au bourg de Saint-Vincent sur la Moselle, à deux lieues de Nancy; attribuant à chacun d'eux, quinze cents francs de rente annuelle, avec les lieux réguliers et autres bâtimens. Le pape accorda tout ce qu'on demandait. Il fut arrêté'que le visiteur ne pourrait être continué plus de trois ans : que le monastère de Saint-Romaric fournirait au monastère de la Consolation, des confesseurs, prédicateurs, ct des prêtres pour dire la messe. La bulle d'Urbain VIII, est datée du mois d'avril 1651. La princesse donna neuf cents livres de rente aux religieux du monastère de Saint-Romaric de Nancy , et quinze cents francs de rente à ceux du Pont-Saint-Vincent. Dom Albin Tellier, sous-prieur de Saint-Lazare de la Ferté-Milon, reçut à profession en 1652, six religieux, pour commencer la nouvelle congrégation de l'étroite observance ; mais cette nouvelle congrégation ne put subsister, à cause des guerres qui survinrent en Lorraine. Les fonds ne furent pas payés, et les religieux furent obligés de se séparer. M. Midot, grand vicaire de Toul, leur défendit en 1650, et 1656, de recevoir des novices; et enfin ils furent obligés de traiter en 1657, avec les religieux réformés de Saint-Vanne, de leur remcttre les prieurés de Saint-Romaric et de Pont-SaintVincent, de prendre leur habit, et de s'incorporter dans leur congrégation. Les religieuses de la congrégation formèrent opposition à ce traité; et après plusieurs procédures, on convint entre les parties en 1659, que le prieuré de SaintRomaric demeurerait aux religieuses de la Consolation, et celui du Pont-Saint-Vincent aux bénédictins réformés. En 1669, le vingt-huit mars, les religieuses de la Consolation prirent l'institut de l'adoration perpétuelle du Saint Sacrement, et y persistent avec beaucoup d'édification. La princesse Marguerite de Lorraine, épouse de M. Gaston de France, duc d'Orléans, frère du roi Louis XIII, affectionnait particulièrement cette maison, et avait commencé à bâtir la belle église des dames du Saint-Sacrement, qui n'a pas été achevée à cause des troubles qui ont agité la Lorraine. On peut voir notre histoire de Lorraine, t. 5. p. 161, et suivantes. Lemariage du prince Gaston de France, avec Marguerite de Lorraine, se fit dans le parloir de ce monastère, par le père Albin Tellier, qui desservait ces religieuses. Il y a dans leur trésor une belle et precieuse argenterie , donnée par la princesse Catherine de Lorraine, fondatrice. On y remarque surtout plusieurs pierres précieuses antiques, fort bien gravées. Cette princesse mourut à Paris le sept janvier 1648, et son corps fut apporté et inliumé dans le caveau des religieuses à Nancy. Les grandes Carmelites. des fortifications, qui venaient d'être démolies. L'an 1669 , le seize octobre, le duc Charles IV, accorda aux augustins réformés de Nancy, une place contenant quatre arpens et trente toises, à raison de deux cents cinquante toises l'arpent, mesure du pays ; cette place assise est située entre les deux villes au bout de la Carrière, du côté de l'hôtel de Salm, entre la rue qui passe derrière les écuries d'une part, et les rigosles par où découlent les eaux du fossé d'autre, sur la largeur de dix-neuf toises et quatre pieds, en la face du devant ; la totalité de quatre arpens et trente toises, laquelle ledit duc a bien voulu amortir; le tout sous certaines charges. Louis XIV, ayant fait de nouveau fortifier Nancy en 1675, leur église et leur couvent furent renversés, et ils se retirèrent dans l'hôtel de Maillane. Ils y firent bâtir la maison qu'on voit aujourd'hui en 1715. Leur église est sous l'invocation de Saint Charles. Les religieuses tiercelines doivent leur établissement à Charles Bouvet, qui les fonda en mil six cent vingt.

Les religieuses carmelites, nommées les grandes carmelites, dont le couvent est situé dans la rue des Quatre-Eglises, pour les distinguer des autres carmelites, surnommées les petites carmelites, qui ont leur demeure à l'extrémité de la rue Saint-Joseph.

Les grandes carmelites ont acheté la maison où elles demeurent pour la somme de vingt-cinq mille francs; cette maison avait été d'abord destinée pour la demeure des carmes déchaux. Leur église fut bâtie en 1611 , et consacrée en 1612, le jour de sainte Catherine; mais depuis elles en ont fait bàtir une nouvelle, avec un dôme, qui est l'ouvrage du sieur Betau ; elle fut achevée en 1704. Provençal en peignit le dôme.

Les petites carmelites furent fondées le dix neuf mai 1655 ; elles étaient d'abord fort à l'étroit , et n'avaient pour église, qu'une assez petite cbambre ; mais depuis elles se sont très-bien bâti, et ont fait une fort jolie église ; le tout fut achevé en 1718, B tau fit l'architecture, et fit exécuter tout l'ouvrage.

Saint Joseph.

Les pères prémontrés se sont établis à Nancy vers l'an 1654. Le révérend père Pierre de Bans, abbé de Sainte-Marie

du Pont-à-Mousson, obtint du duc Charles IV, l'agrément, afin d'avoir un hospice pour les pères de son ordre, à Nancy. Il convint avec les autres abbés de la province, d'acheter la maison des filles de sainte Magdeleine, que l'on appelait les Madelonettes, et qui avaient abandonné cet établissement. Illeur fut adjugé le vingtneuf mars 1655 , pour la somme de six mille cinq cents francs barrois. Ils y mirent d'abord un religieux, afin d'y recevoir les confrères qui venaient à Nancy pour leurs affaires; on y ajouta une chapelle domestique, pour y pouvoir dire la messe; dans la suite on augmenta les bâtimens, et l'on y bâtit une église ; enfin on trouva moyen d'y faire quelques acquisitions, et d'y réunir le prieuré de Bonneval, dépendant de l'abbaye de Muraut. M. l'abbé Louis Hugo, qui est mort abbé d'Etival et évêque de Ptolémaïde, y a fait commencer une église, qu'il éleva y étant prieur, à la hauteur de vingt pieds hors de terre : elle est couverte à présent, et à sa hauteur mais il n'y a pas d'apparence qu'elle soit de long temps achevée.

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Les Tiercelins de Nancy.

Les pères Tiercelins se sont établis vers le milieu du XVI° siècle, à Notre-Dame des Anges, à une demi-lieue de Nancy, en allant à Toul; depuis ils sont venus demeurer dans la ville, et après le retour du duc Léopold, ils se sont bâti une église et un couvent, où nous les voyons aujourd'hui : le R. P. Donat, tiercelin, confesseur du duc Charles IV, a commencé une assez bonne bibliothèque, que ces pères augmentent tous les jours.

La Visitation.

Les dames de la Visitation, instituées par saint François de Sales, se sont établies à Nancy le 14 décembre 1650. Elles y sont fort bien logées et bien rentées, et y ont une belle et nombreuse communauté, avec un prêtre qui les dessert, résidant près leur maison; mais l'église a peu d'apparence.

Notre-Dame de Refuge.

Elisabeth de Ransin, née à Remiremont en 1592, épousa M. Dubois, prévôt D'Arches-sur-Moselle ; étant devenue veuve, elle s'établit à Nancy, et s'y occupa aux exercices de piété. Ayant remarqué sur les remparts de la ville, des filles abandonnées au libertinage, elle les retira dans sa maison, et se chargea de leur entretien ; le bruit s'en étant répandu dans la ville, plusieurs personnes aussi engagées dans le désordre et désirant d'en sortir, s'adressèrent à elle. Bientôt elle en rassembla jusqu'à 20, auxquelles quelques pères jésuites donnèrent des constitutions ; et sous l'approbation de M. de Maillaue, évêque de Toul, elles reçurent l'habit de religion le 1" juin 1651.

Les religieuses de la Madeleine, vulgairement nommées Madelonettes, établies par la duchesse Marguerite de Gonzague, qui avaient quitté leur demeure qui était où sont les pères Prémontrés, se joignirent aux sœurs du Refuge au nombre de neuf, le 4 décembre 1652.

Le pape Urbain VIII approuva leurs constitutions, le 15 avril 1654. Dès l'an 1627 , le duc Charles IV, leur avait accordé sa protection, et en 1629 , au mois de février , le cardinal de Lorraine, évêque de Toul, l'établit en forme de momastère. Leur maison est vaste et bien bâtie , et cet institut s'est répandu dans plusieurs villes du royaume. On peut voir le R. P. Eliot et la vie de madame de Ransin.

Les Orphelines.

La maison des pauvres orphelines a été établie à Nancy par le duc Léopold I, le 20 janvier 1715. Françoise Catherine Croiset, veuve de M. Zénobie Vireau de Sombreuil, est la principale fondatrice de cet établissement, qui est destiné à nourrir et élever de jeunes filles, orphelines de père et de mère, nées en légitime mariage. Leur maison est bâtie commodément en un terrain qu'elles ont acheté ou qu'on leur a acheté pour une somme de 50,000 francs barrois, qui était autrefois un hôpital nom

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