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midi et de Phalsbourg au couchant. Cette abbaye fut fondée par saint Pirmin , évêque régionaire, et réformateur de plusieurs monastères. Saint Pirmin engagea Sigebalde évêque de Metz, à faire cette fondation dans un territoire qui était alors de son diocèse et sous sa juridiction spirituelle. Bucelin croit que ce furent Rutharde Adolphingue, prince d'Alsace, et Irmensonde son épouse, qui la dotèrent. Le monastère fut dédié à saint Pierre et à saint Paul. Dans la suite Drogon évêque de Metz, frère de l'empereur Louis-leDébonnaire, y envoya le corps de saint Adelphe, l'un de ses prédécesseurs, évêque de Metz, qui y est honoré comme second patron ; St. Pirmin en est considéré comme premier abbé. NICEY.— Nicey, Nicetum, village du Barrois mouvant,surlarivièred'Aire,au-dessus de Pierrefitte, à trois lieues et demie de Bar, bailliage de cette ville, présidial de Châlons, parlement de Paris. Ce lieu est du diocèse de Toul ; la paroisse a pour patrone la Sainte-Vierge en sa Nativité. La terre de Nicey a été autrefois possédée par des seigneurs du même nom. NICOLAS (sAINT), bourg, prieuré,

VARANCévILLE.— Le bourg de Saint-Nicolas, situé sur la rivière de Meurthe, à évêque de Toul, qui la mit dans cette deux lieues de Nancy vers l'occident, et à chapelle, au jour qu'il en fit la dédicace trois lieues de Lunéville vers l'orient, se en 1195.

nommait autrefois le Port , parce que c'étoit un port où l'on chargeait et déchargeait les marchandises qui montaient ou qui descendaient la Meurthe , cette rivière commençant en cet endroit à être navigable ; il donnait le nom à un canton considérable de la Lorraine, qui se nommait le Portois ou le pays de Port, et s'étendait assez loin sur la Meurthe, et aux environs vers les montagnes de Vôge. Il ne prit le nom de Saint-Nicolas (1), que depuis qu'un gentilhomme Lorrain y apporta de la ville de Bari en Pouille, l'os d'un article de la main du grand saint Nicolas, évêque de Myre en Lycie, vers

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l'an 1087. Ce gentilhomme nommé Albert, donna d'abord cette relique à l'église de la Vierge, bâtie à peu près où est aujourd'hui la grande et belle église de St.-Nicolas ; ce lieu était alors en bois, et il n'y avait que la chapelle dont nous venons de parler, et une métairie dépendante du prieuré de Varangéville, située du même côté de la Meurthe. Dès qu'on sut qu'il y avait en ce lieu une relique de saint Nicolas, les peuples des environs y accoururent en foule : le lieu commença à se peupler, l'on y bâtit une église qui devint bientôt célèbre par les miracles que Dieu y opèra par l'intercession de saint Nicolas. J'ai lu dans un manuscrit qui m'a été communiqué à St.Nicolas, que l'évêque de Toul, Eudes de Vaudémont, donna en 1195 (1), à l'abbé de Gorze la relique de ce saint : cela veut dire apparemment que cet évêque fit en 1195, la dédicace de la nouvelle église de Port, dédiée ci-devant sous l'invocation de la Sainte-Vierge, qu'il la dédia sous le nom de saint Nicolas, et la confia à l'abbé de Gorze, de qui dépendait le prieuré de Varengéville, et la chapelle en question. Peut-être aussi que la relique fut d'abord déposée entre les mains d'Eudes ,

Dès le temps de Richerius, religieux de Senones, qui vivait au commencement du XIV° siècle, l'on voyait déjà dans l'église de Saint-Nicolas, ces chaines énormes, qui y sont suspendues aux piliers, et qui sont des monumens indubitables de la délivrance procurée par les mérites du saint, aux seigneurs chrétiens pris par les Turcs dans les guerres des croisades.

On raconte en particulier qu'un comte de Richecourt , s'étant trouvé en Palestine dans les prisons et chargé de chaînes , entre les mains des Insidèles, invoqua saint Nicolas, et se voua à lui ;qu'aussitôt il se trouva miraculeusement transporté avec ses

(1) V. histoire de Lorraine, tome 1, page I2 I I ct I 2 1 2 .

chaînes à la porte de l'église du saint; en mémoire de ce miracle on fait encore tous les ans une procession solemnelle à huit heures du soir , dans l'église et dans le bourg de St.-Nicolas. Ce seigneur et ses successeurs, s'étaient engagés de venir tous les ans, ou d'envoyer leurs sujets en armes pour gardcr la relique ; mais 1ls se sont déchargés de cette servitude, en donnant quelque chose aux pères de Saint-Nicolas, qui gardent euxmêmes, où font garder par d'autres la relique du saint. On aura peine sans doute a se persuader qu'un homme ait pu être transporté de la Palestine à St.-Nicolas, encore chargé de ses chaînes : c'est un assez grand miracle que le seigneur de Richecourt ait obtenu sa délivrance, et ait apporté et déposé ses chaînes à Saint-Nicolas, comme un monument de la liberté qu'il avait obtenue par les mérites du saint, sans vouloir faire croire qu'il fut transporté encore chargé de ses chaînes, à la porte de l'église du saint ; toutes les autres circonstances qu'on raconte de ce miracle, peuvent être regardées comme des embellissements que la pieuse crédulité du peuple y aura ajoutés. Le sire de Joinville dans l'histoire de saint Louis (1), raconte que la flotte du roi étant accueillie d'une dangereuse tempête, qui la menaçait du naufrage , ce seigneur promit à la reine, si elle voulait faire présent à l'église de Saint-Nicolas , d'une nef d'argent, du poid de cinq marcs, que Dieu par les mérites du saint, la délivrerait du naufrage ; la reine le crut, promit la nef d'argent, et le calme fut rendu à la mer. Le sire de Joinville arrivé en France , apporta lui-même la nef promise à l'église de Saint-Nicolas en 1254. Cette église était encore en ce temps-là, regardée comme membre du prieuré de Varangéville ; le sire de Joinville l'appelle du nom de St.-Nicolas de Varangéville. Dans la suite on abattit le bois qui était aux environs, on y bâtit des maisons, on y 1) Joinville, histoire de saint Louis, page

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mit des religieux, avec un prieur tiré de Gorze, pour desservir l'église, et enfin il s'est formé un village et une paroisse à St.-Nicolas. Cette paroisse dans les commencemens , n'était que la chapelle des fonts baptismaux, qui se voit aujourd'hui du côté septentrional du sanctuaire ; et dans la suite on dit toujours dans la visite que les doyens ruraux font à St.-Nicolas, qu'ils y ont visité les fonts, le St. Sacrement et les saintes huiles qui se conservent dans cette chapelle. Les curés de St.-Nicolas et de Varangéville, font toutes leurs fonctions dans cette ehapelle, mais ils n'y ont jamais chanté ni messes ni vêpres, et n'y ont enterré personne. En 1254 , le cardinal Hugues, légat du Saint-Siége, du titre de Ste Sabine, donna pouvoir au prieur et aux religieux de Saint-Nicolas, de célébrer dans leur église le saint Sacrifice de la messe, nonobstant l'interdit publié à Lyon. Le pape Nicolas III en 1278, leur accorde le même privilége, et Conrade évêque de Toul en 1289 , denna des indulgences particulières aux pélerins qui fréquentaient ce saint lieu. En 1248, le duc Mathieu II fit un accord avec l'abbé de Gorze, par lequel il reconnait que les sujets de Saint-Nicolas , ont le.droit de halle, celui de pougny (1) du change et celui des enseignes des pélerins, qui viennent à St.-Nicolas , et que tout cela appartient nuement à l'abbé de Gorze, comme seigneur du lieu de Port ou St.-Nicolas. En 1284, le jour de la Quasimodo, Renaud de Neuchâtel et Jean, voué de Nomeny, partageant en présence du duc Ferri, la succession de Liebeau de Hautepierre leur frère, Renaud emporte la moitié du ban de Bertrimoutier avec quelques héritages à Faucompierre et à Feraille ; Jean de Nomeny emporte la contre-partie de Bertrimoutier, quelques biens à 1) Un droit de prendre une certaine quan

tité de grain, sur chaque sac qui se vend au marché.

Conei, à Sancy, à Velancourt, etc., laquelle succession leur était échue par leurs femmes. En 1541 , les merciers de Nancy, de Port (ou St.-Nicolas), de Rosières et autres, ayant formé une confrérie en la vérence et remembrance (ou en mémoire) de monsieur Saint-George, dont le. duc Raoul venait de fonder la collégiale dans Nancy , ce prince au mois de janvier 1541 , confirma leur association, et voulut que lesdits merciers et confrères, fussent obéissans à celui que le bâton dudit monsieur Saint-George aurait pris et reçu comme roi. Les deux successeurs de Raoul, confirmèrent ladite association en différens temps, et le duc Léopold en 1715 , créa la justice consulaire à Nancy, pour reconnaitre tous les différens nés et à naitre entre marchand et marchand, pour fait de commerce seulement. Le bâtard de Bourbon ayant pris le château de la Mothe (1), y demeura pendant un mois , faisant de là des courses par toute la Lorraine. Il envoya de ses coureurs jusqu'à St.-Nioblas de Varangéville , qui depuis très long-temps était respecté par les ennemis mémes. Ceux-ci, sans avoir égard à la sainteté du lieu , le pillèrent, et en emportèrent de grandes richesses. Le roi Charles VII, étant venu en Lorraine en 1444, avec le Dauphin, qui fut depuis le roi Louis XI, fit son pélérinage à St.-Nicolas avec les seigneurs de sa cour; ce prince lui accorda ses lettres de sauvegarde et de protection. Il veut que cette église dépendante de l'abbaye de Gorze (2), et les bourgeois du lieu, soient gardés et défendus par ses officiers, comme ses propres sujets; il leur assigna le bailli de Vitry et de Chaumont, pour les défendre et maintenir dans leurs franchises et liberté, et leur confirma les privilèges qui leur avaient été accordés par le roi René et par ses prédécesseurs ducs de Lorraine. (1) Histoire de Lorraine t. 2. page 816. Monstrelet an 1439. (2) Livre xix. page 967.

Il accorda de pareilles lettres à l'abbaye
de Gorze l'année" suivante, létant à Sari
près Châlons-sur-Marne, au mois de juin
1445. /
Le roi René I, étant duc de Lorraine, la
reine Marguerite sa fille, depuis reine
d'Angleterre, épouse du roi Henri VI,
vint à St.-Nicolas l'an 1459 , et y fit pré-
sent d'un bel ornement rouge et violet à
fond d'or, orné de perles.

Le roi Louis XI, y fit son pélerinage, et y fit mettre sa figure, qui se voit après le pillier, qui est à la gauche de l'autel de St.-Nicolas, et cela en reconnaissance du danger qu'il avait évité à Lyon de perdre la vie. L'empereur Charles IV, de la maison de Luxembourg, en 1555 , vint rendre ses devoirs à St.-Nicolas: Le roi de France Henri II, en 1552 ; Charles IX, avec la reine Catherine de Médicis sa mère et le cardinal Charles de Bourbon, y vinrent faire leurs dévotions en 1600 ; le roi Henri III, en 1602 ; le roi Henri IV, avec la reine Catherine de Médicis, et le roi Louis XIII, avec le cardinal de Richelieu , s'y rendirent de même en 1652. La belle et magnifique (1) église que l'on voit aujourd'hui à Saint-Nicolas , fut commencée par Simon Moyset, curé de ce lieu, en 1494. Il en jetta les fondemens le 14 avril de cette année; on ignore le nom de l'architecte qui donna le plan, et qui fit exécuter cette grande entreprise ; elle fut achevée en 1544. Il est surprenant qu'un simple particulier ait pu accomplir en si peu de temps un ouvrage digne de la magnificence d'un roi. Il mourut le 11 avril 1529 , et fut enterré au pied de l'autel, où l'on voit sa tombe ; son épitaphe se voit après un pillier près de là. Simon fut aidé dans son entreprise par les ducs de Lorraine, René II et Antoine,

(1) Philippe de Vigneule T. 3. pag. 358. Environ l'an 15oo, fut faite l'église de St.-Nicolas, que l'on dit de Varangéville, laquelle auparavant était très-laide et vieille pareille à l'église paroissiale de St.-Mihiel.

par plusieurs personnes puissantes, comme il est remarqué dans son épitaphe. Le duc René II, pour faciliter le transport de la pierre detaille de Viterne à St.-Nicolas, fit dit-on paver le chemin de St.-Nicolas à Viterne à la longueur de trois lieues. Le roi René I, fit faire en 1450 , le bras d'or enrichi de pierreries, où l'on

conserve encore aujourd'hui la relique de

St.-Nicolas ; ce riche reliquaire fut déposé à Bar-le-Duc, dans la chambre des comptes, en un coffre sous trois clefs, et ne fut donné aux prieurs et religieux de St.-Nicolas qu'en 1575. Entre les autres pierres précieuses dont le bras était orné, on voyait une Vénus fort bien faite, gravée sur une agathe, que le peuple baisait avec respect, croyant baiser la figure de la Ste. Vierge; on la détacha il y a quelques années, et on mit en sa place un St.-Nicolas en émail ; la Vénus fut envoyée au roi Louis XIV, Gérard Mercator dans son atlas imprimé à Amsterdam en 1082 , remarque que de son temps , c'est-à-dire avant l'incendie de l'église St.-Nicolas, arrivé en 1655, on voyait au faite de cette fameuse église, un obélisque autour duquel était une branche de lierre, avec ces mots, TE. STANTE. VIREBO. J'ai une médaille de Charles, cardinal de Lorraine, duc et pair de Reims, portant d'un côté les armes en plein de Lorraine, avec le chapeau de Cardinal, et la croix d'archevêque, et autour , cette légende : CAROLVS CARDINALIS DE L0THAR. ARCH. DVX RHEM : et sur le revers, la pyramide ou l'obélisque surmonté d'un croissant , avec la branche de lierre, et ces mots CRESCAM. ET. TE STANTE VIREB0. C'est le grand cardinal Charles de Lorraine, archevêque de Reims, qui assista au concile de §. la pyramide marque l'église catholique; elle est surmontée d'un croissant, auquel le cardinal fait allusion, en disant crescam : je croitrai en honneur et en dignité, attaché à l'église catholique, et je fleurirai dévoué à la

même église, dont en effet il fut le soutien et l'ornement dans la France. Il ne se contenta pas de faire graver cette devise sur ces médailles ; il la consacra même sur l'église de St.-Nicolas, la plus grande et la plus belle de la Lorraine. On remarque dans cette église une chose singulière qui fait l'étonnement des étrangers; c'est qu'elle fait un coude dans sa longueur, et représente en quelque sorte un navire, dont les deux extrémités, la poupe, et la proue sont recourbées; les architectes sont partagés sur la cause de cette courbure. Quelque uns ont cru que le premier architecte l'avait fait exprès, pour faire montre de son habilité , car il est visible que cette irrégularité a du augmenter le travail, et dans la taille et la position des pierres ; d'autres ont conjecturé que l'on avait voulu représenter un vaisseau, St. Nicolas étant le patron des matelots et des gens de mer, et le protecteur de ceux qui entreprennent des voyages sur les eaux. D'autres sans y chercher aucun mystère , ont jugé que Simon Moyset qui conçut le dessein de faire bâtir cette église, n'étant pas maitre du terrain , fut obligé de donner cette tournure à cet édifice, pour ne pas abattre quelques maisons, qu'apparemment on ne voulut ni lui céder ni lui vendre. On m'a assuré que les architectes du roi Louis XV , en avaient d'abord jugé ainsi à leur passage à St. Nicolas, mais ils en vinrent ensuite au sentiment, qu'on avait voulu imiter un navire. Lorsque le duc Charles III, et le cardinal de Lorraine son fils, entreprirent de fonder l'église primatiale de Nancy, en 1602, on supprima le titre prieural du prieuré de St.-Nicolas, et on exposa au pape Clément VIII, que le prieuré de ce lieu était détruit et renversé de fond en comble par les hérétiques : Bellorum injurid quae in iisdem partibus, novissimè extiterunt ab haereticis dijectus ac solo aequatus reperitur. Rien n'était moins vrai que cet exposé; ce qui n'empêcha pas

que le prieuré de St.-Nicolas ne fut supde la célébrité du pélerinage : mais en 1655 , les Suédois enlevèrent presque tout le reste, à la relique près, qui avait été sauvée à Nancy. Il y eut de fort bonne heure une imprimerie à St.-Nicolas, et je pense que c'est la plus ancienne qu'on ait vue en Lorraine; car dès l'an 1518, le curé de St.-Nicolas nommé Pierre Jacobi, y imprima le poème de Pierre de Blar, intitulé Nanceidos, en beaux caractères , avec figures en bois fort bien faites. On vit encore dans le même bourg de St.-Nicolas d'autres imprimeurs en 1627, 1628, et l'on a des livres d'église imprimés par François Dubois et Jacques François, à St.-Nicolas en ces années là ;mais les malheurs de la guerre, qui ont ruiné ce fameux bourg, y ont fait tomber l'imprimerie, qui ne s'est guères soutenue qu'à

primé, et les revenus avec toute la dime | manières, et fut enfin brûlée au mois de de St.-Nicolas et de Varangéville unis à| décembre 1655.

la primatiale de Nancy, de même que | Le bourg était plein de richesses, de quantité d'autres prieurés et abbayes. Les marchandises, de provisions de toutes chanoines de la primatiale, en enlevèrent! sortes; le grand duc Charles III, y avait les plus précieux joyaux et ornemens de transferé le principal commerce du pays, l'église, et y laissèrent néanmoins encore y ayant établi des foires franches , comme quelque argenterie et ornemens, à cause dans le lieu le plus propre au trafic,

Metz, au Pont-à-Mousson , à Nancy et à
Toul.
On voit dans la Lorraine quelques piè-

ces d'or, portant d'un côté l'image de St. Nicolas, et au revers les armes en plein du duc René II ; mais ces monnaies ont été frappées non à St.-Nicolas, mais à Nancy, comme il parait par l'inscription qui se lit autour de l'effigie de St. Nicolas:

étant au centre de ses états, et à portée de la France et de l'Allemagne. J'ai une médaille de cuivre frappée à l'occasion de ces foires établies à St. Nicolas, et du grand commerce que le duc Charles III, y voulait faire fleurir ; d'un côté sont des navires, qui sont les armes de ce lieu, avec ces mots, FLVCTVO NEC MERGOR, et au revers des ballots de marchandises avec cette inscription : PR0SPERATVM EST OPVS IN NAVIBVS EIVS; et au dessous : NOROI. qui est apparemment le nom du monayeur, ou de celui qui a fait frapper la piece. St.-Nicolas devint donc un lieu extraordinairement riche , et ce fut cette réputation de richesses, qui fit son malheur , et qui y attira cette foule d'ennemis, qui, comme dit un auteur du temps, jouaient comme aux barres , et se succédaient les uns aux autres dans le pillage de St.-Nicolas. Depuis ce temps ce lieu n'a pu se rétablir; on n'y voit plus ni ce concours d'étrangers pour le commerce, ni de riches marchands magasiniers , ni même cette foule de pélerins, qui s'y rendaient de tous côtés. On raconte que le duc Charles III,

MONETA AVREA NANCEI, et sur le ayant obtenu du pape que le jubilé durât revers, RENATVS D. G. REX. SICIL. |à St.-Nicolas pendant toute l'année 1602, IHER. L. G. B. René par la grâce de | on y compta jusqu'à deux cent mille péléDieu, roi de Sicile, de Jérusalem, de rins , y compris six mille prêtres qui y

Lorraine, de Gueldre et de Bar.
L'église et le bourg de St.-Nicolas. souf-

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dirent la messe , et vingt mille hérétiques,

qui y firent abjuration. frirent extraordinairement pendant #|

Un certain Louis Desmasures calviniste, voulut répandre ses erreurs dans le bourg de St.-Nicolas; il y prêcha d'abord en secret, puis y ayant fait venir un ministre, il assembla au bruit d'un coup de fusil, ceux qui furent curieux de l'entendres; ils

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