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ce prince n'a régné en Austrasie que depuis 899, jusqu'on 912. On ne peutdonc reculer cette translation au-delà de cette dernière année : par conséquent elle a été faite vers l'an 910, ou 911. On est partagé sur la personne de ce roi ou empereur Louis , qui fit bâtir ou réparer l'église de Remiremont. Les uns ont cru que c'était l'empereur Louis-leDébonnaire, qui est assez désigné dans les monumens de Remiremont, par sa qualité de père des moines ; mais il a régné long-temps avant l'irruption des Huns. Nous nous en tenons au roi Louis III, comme nous l'avons dit. Dans cette translation le corps de St. Romaric fut placé sous l'autel de la sainte Vierge, et celui de St.-Adelphe, sous l'autel de St.-Paul à Remiremont. Sous l'empereur Othon I (1), et Giselle, abbesse de Remiremont, vers l'an 954 , ou 956, arriva le massacre des habitans d'Alzé, près Marsal en Lorraine, seigneurie dépendante de l'abbaye de Remiremont, qui furent massacrés (apparemment par les Huns). L'abbesse et son chapitre abandonnèrent la moitié du revenu de cette seigneurie, pour faire mémoire de ce funeste accident, par acte passé en présence de plusieurs témoins, et en particulier de Thierry , évéque, auteur du monastère, et en présence des comte Gérard, de l'abbesse Giselle, et des dames de Remiremont, qui y donnèrent leur consentement. Ce Thierry évéque, auteur du monastère, pouvait être un évêque régionnaire, ou, in partibus infidelium , qui demeurait alors à Remiremont et y exerçait les fonctions épiscopales sur les religieuses de l'abbaye, laquelle est exempte de l'ordinaire, qui est l'évêque de Toul. Il n'y avait alors ni à Toul ni à Metz aucun évêque du nom de Thierry , et ce terme Autor Monasterii, peut bien marquer que ce

Thierry y exerçait l'autorité épiscopale Le.

(1) Histoire de Lorraine , t. 1 , mouv. édit. p. 827.

D. P. D. Mabillon (1), a lu, tutor monasterii, mais l'original de Remiremont que j'ai devant les yeux, porte certainement Autor : Ce même Thierry est quelquefois qualifié Procurator, ou Syndicus, ou Praefectus operum du monastère de Remiremont, et ce fut lui qui fit bâtir l'église paroissiale de ce lieu. Elle est par conséquent du dixième siècle. Ces différentes dénominations de Procurator, de Syndicus, et de Praefectus opérum , pourraient faire croire qu'Episcopus et Autor Monasterii, ne voudraient dire autre chose qu'intendant, grand officier ou homme d'affaire de Remiremont. Quelques temps après les Huns étant de nouveau entrés en Bourgogne et en Lorraine, les religieux et religieuses rapportèrent au Saint-Mont les reliques de leur saint patron ; et après la retraite de ces barbares, ils les rapportèrent en bas. Enfin le pape Léon IX, en 1051 , vint en personne à Remiremont , et consacra l'église, comme le témoigne le bienheureux Lanfranc (2), qui assista à cette céTCIIlOIl1e, Depuis ce temps-là le monastère de St.Romaric demeura double comme auparavant, et l'on bâtit à Remiremont deux églises, l'une sous l'invocation de St.Pierre où les dames chanoinesses font leur office , et l'autre sous le nom de la Ste. - Vierge , qui servit apparemment d'oratoire aux religieux , et de paroisse aux laïcs qui demeuraient au même lieu pour le service des deux communautés. Le cimetière qui se voit entre ces deux églises, était apparemment le cloitre de l'abbaye, et les dames y ont encore aujourd'hui leur sépulture. Les deux communautés de Remiremont avaient leur supérieur particulier : les religieuses étaient soumises à une abbesse, et les religieux à un abbé ou supérieur , et les uns et les autres devaient concourir à l'électionde l'abbesse de Remiremont,

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comme il parait par une bulle du pape Pascal II, qui a siégé depuis l'a 1999, jusqu'en 1118. On montre encore au Saint-Mont une crosse de cuivre doré qui avait été émaillée, que l'on trouva; c'était à ce que l'on croit, la crosse de l'abbesse de Remiremont (1).

Il ajoute, que pour reconnaître , leur dépendance du saint-siége, elles donneront tous les trois ans au palais de Latran, astulinum (2) pallium cum equo candido, une pièce d'étoffe couleur de pourpre avec un cheval blanc. On conserve encore dans l'église de Remiremont, une ancienne étoffe de soie couleur de · pourpre, qui se portait autrefois devant l'ahbesse dans les processions en signe d'une éminente dignité (5). Nous dirons ci-après quelque chose sur la manière dont une abbesse de Remiremont recevait de l'évêque la bénédiction abbatiale ; la formule en est fort singulière.

On observait à Remiremont la règle de Saint-Benoit , du moins on se faisait honneur d'être de son ordre et d'en conserver quelques marques dans l'habit. , Mais ce qui fait juger que la règle s'y observait assez mal , c'est que l'église des dames de Remiremont ayant été consumée par les flammes , vers l'an 1 145, et l'abbesse s'étant adressée au pape Eugène III, pour lui demander quelque secours afin de la rétablir, le souverain pontife lui accorda un rescrit adressé aux archevêqucs de Cologne et de Trèves , exhortant les peuples à contribuer à cette bonne œuvre ; mais il ajoute qu'en accordant cette grâce à l'abbesse, il à moins d'égard au mérite de celles qui l'ont demandée, revêtues d'un habit religieux qu'elles déshonorent par une vie toute mondaine, qu'à l'espérance qu'il a conçue de voir le culte de Dieu rétabli dans leur église. A peine les deux communautés de Re{3 Histoire de Lorr. T. 3, p. xLvI. Preuv"

2) Astulinum ou Asturinum ou Tyrium. (3) Valdenaire. Hist. de Remiremont.

miremont avaient elles demeuré six ou sept ans en paix dans leur nouvel établissement, à l'orient de la Moselle, que les Huns, en 916 ou 917, firent une nouvelle irruption en Lorraine, et remplirent tout le pays de trouble et de terreur. Alors les religieux et religieuses du nouveau monastère, prirent les corps des saints Amé, Romaric et Adelphe leurs patrons, avec ce qu'ils avaient de plus précieux, et se sauvèrent sur la montagne du Saint-Mont, où ils avaient apparemment conservé quelques habitations, et où ils se flattaient que les Huns n'iraient pas les chercher; ou qu'au pis aller, ils pourraient trouver un asile dans l'épaisseur de la forêt dont ce lieu est environné.

• En mémoire de cette fuite forcée et précipitée, les dames de Remiremont ont conservé l'usage de chanter une messe à trois heures après minuit, le troisième du mois d'août, dans l'église de la Sainte-Vierge, qui est la paroisse de la ville, et qui est séparée de l'église de l'abbaye , par une place assez grande, par quelques maisons de chanoinesses et par le cimetière, dont une partie est destinée à la sépulture des dames chanoinesses. Cette messe est appelée la Messe Piteuse, parce qu'on la chante sur un ton bas, lugubre et plaintif, comme des personnes qui sont dans la frayeur et qui se croyent en danger de périr. Elle se célèbre à trois heures après minuit, parce qu'alors on disait les matines à Remiremont vers deux heures après minuit , et qu'on devait s'enfuir aussitôt après la messe chantée, et célébrée à la hâte et en tremblant.

La messe piteuse est de Beata, et est chantée par le curé de Remiremont, avec Gloria in excelsis et Credo, mais sans orgue. Cette messe ne se sonne point. Les dames eommencent ce jour-là , leurs matincs vers deux heures après minuit : à l'issue des Laudes , elles vont en procession et aux flambeaux, conduites par le chanoine hebdomadaire, et par un sacristain à l'église paroissiale, pour y chanter la On assure que dans cette occasion la Moselle s'étant trouvée fort basse, les dames la passèrent sans danger : car alors il n'y avait point encore là de pont sur cette rivière; mais le lendemain elle se trouva si enflée , que les Huns ne la purent traverser, soit que la chose soit ainsi arrivée par hasard ct par un orage survenu la même nuit, car dans ces montagnes, les ruisseaux et les rivières croissent et décroissent trèspromptement, soit que la main de Dieu ait voulu protéger d'une manière miraculeuse ses serviteurs et ses servantes, dans une circonstance si périlleuse. | D'autres croient que cette messe piteuse dont on a parlé, se dit en mémoire de la fuite précipitée des religieuses du SaintMont, lorsqu'elles descendirent la première fois dans la plaine; c'est la tradition du pays, et elle est confirmée parce qu'on dit cette messe non dans l'église de l'abbaye, mais dans la paroisse qu'on croit plus ancienne. Il parait au conteaire qu'elle est plus moderne par l'histoire de la translation dc S. Adelphe. V. Bolland, t. 5, septemb. p.851, 852. Mais il n'est nullement vraisemblable que les religieux et les religieuses du SaintMont, se soient enfuis de leur montagne dans cette occasion de l'irruption des Huns, pour venir dans la plaine où ils étaient bien plus exposés à la violence de ces ennemis; au lieu qu'au Saint-Mont ils étaient à couvert de leurs insultes, et qu'enfin ils auraient pu se sauver et se cacher dans la forêt contigue à leur monastère. Ajoutez ce que nous avons dit cidevant , que l'abbaye avait été transférée du Saint-Mont dans la plaine, dès l'an 910. Quoiqu'il en soit, après que les enne

messe. Elle se chante sur un ton si bas, qu'à peine les entend-t-on, même dans l'église. Remarquez qu'alors l'usage des messcs basses et privées était très-rare, car s'il eut été ordinaire, pourquoi ne pas faire dire une messe basse pendant les laudes , avant de sortir du monastère ?

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mis se furent retirés , nos solitaires revinrent dans leur monastère, où ils demeurèrent dans une grande union de cœur et d'intérêt , jusqu'à l'incendie de l'abbaye, arrivée en 1057 . Il est très-croyable que l'ancien monastère des religieux, qui était situé au pied du Saint-Mont , demeura désert depuis la retraite de ces religieux , et qu'on n'y vit point de communauté depuis. Mais pour le Saint-Mont, le bienheureux Richard, abbé de Saint-Vanne, ayant été obligé de sortir de Verdun, pour se soustraire au ressentiment de l'évêque Haymon, et s'y étant retiré, tronva le lieu fort solitaire et très-propre à y pratiquer les exercices de la vie contemplative. Il y demeura environ cinq ans , et y bâtit quelques ceilules: Invenit penès Romarici-montem locum, qui dicitur Rombec , tunc temporis vitae solitariœ satis commodum , in quem conscendens congrua sibi construxit habitacula, et multis diebus ibi solitarius degens , caelesti theoriae animum inlendere studuit. Hugues de Flavigny ajoute que quelques disciples s'étant joints au saint abbé , il leur donna une règle formée suivant l'idée des SS. Pères. Un autre écrivain dit qu'il ne demeura que deux ans à Rombec, s'exerça dans toutes sortes d'austérités, et y laissa de grands exemples de vertu. Plusieurs années après, deux religieux de Saint-Vanne passant par Remiremont, l'un d'entr'eux eut la dévotion de monter au Saint-Mont, pour examiner la situation du lieu , et les babitans qui s'y voyaient encore. Il y trouva une vieille femme, quiy demeurait depuis 80 ans; elle lui donna le couvert, et lui raconta deux miracles qu'elle avait appris dans sa jeunesse d'une autre femme, qui y avait vu le bienheureux Richard, savoir : qu'un lépreux avait été guéri en se lavant dans l'eau où le bienheureux s'était baigné, et un aveugle qui avait recouvré la vue en lavant ses yeux dans l'eau, cù le saint homme avait lavé ses mains. Cela prouve au moins la haute idée qu'on avait de sa sainteté , ct qu'alors les solitaires qu'il avait

rassemblés au St-Mont, n'y demeuraient plus. La retraite du bienheureux Richard en cette solitude, arriva vers l'an 1020, et ceci vers l'an 1060, trois ou quatre années après l'incendie de 1057.

Hillin, archevêque de Trèves, successeur d'Adalberon, tint un concile provincial, à Trèves en 1152, où il rétablit la bonne intelligence entre les ducs Ma"thieu I", et Judithe, abbesse de RemireInOI]t.

Dans cette sentence il y a plusieurs choses très-remarquables. « Le duc reconnoit le droit que les dames de Remiremont ont de choisir leur abbesse et leurs officiers, et promet d'y donner son consentement sans délai ; et s'il se trouve qu'on ait élu un officier indigne (inutile), l'abbesse pouvoit de plein droit le déposer. Le duc renonce aux tailles que lui ou ses officiers avoient imposées sur les sujets de l'abbaye. Les ecclésiastiques et les clercs qui les desservent, ne seront point inquiétés ni dans leurs personnes ni dans leurs biens, mais ils jouiront d'une noble liberté, in nobili libertate remanebunt. Le duc ne pourra attirer les sujets de l'abbaye, pour plaider hors de leur ban, extrà Bannum suum. Le duc ne prendra point d'avoine dans les seigneuries de l'abbaye, sinon pour la , nourriture de ses chevaux, ni avant que l'abbaye ait pris l'avoine nécessaire pour faire sa bière. On ne prendra plus à l'avenir les vaches, que le duc ou ses gens prenoient le jour de Noël, dans les seigneuries des dames. On supprime les sous-prévôts et les sous-voïez. Le duc pourra vendre seul du vin chaque trois ans, mais il ne le vendra qu'une obole de plus qu'on ne le vend ordinairement ; et ce vin se prendra dans l'abbaye.»

Le monastère de Remiremont ayant été consumé par les flammes en 1057, les religieuses se séparèrent et ne vécurent plus en communauté comme auparavant , mais chacune se bàtit une demeure en particulier. Elles ne lais

sèrent pas de continuer à porter le voile et de se dire religieuses de saint Benoît. Jean de Bayon, historien de l'abbaye de MoyenMoutier, parlant de la seconde fille de Thierri II, comte de Vaudémont, mort en 1299, dit qu'elle prit le voile de religieuse à Remiremont, et mérita ensuite d'être choisie abbesse. In Romarici Monte velo Sanctimonialis insignitur, quœ tandem Abbatiœ regimen gratid populi |faciente , promeruit et virgam. Anciennement l'abbesse de cette église usait de cette formule : Je N. par la grâce de Dieu, humble Abbesse de l'Eglise de SaintPierre de Remiremont, de l'ordre de St. Benoit , Diocèse de Toul, immédiatement soumise au St. Siége Apostolique, etc. Je n'entre point dans une plus grande explication sur l'état des dames de Remiremont , depuis la ruine de leur monastère. On peut voir le père Mabillon, dans sa lettre à un de ses amis sur ce sujet : le père Eliot, Histoire des ordres monastiques, t.VI. chap. 51, et l'histoire manuscrite de dom Charles Georges, prieur du St.-Mont. Mais où se retirèrent les religieuses de Remiremont après l'incendie de l'an 1057? Il y a apparence que les religieux ne se séparèrent des religieuses, que vers l'an 1090 ou 1100, et qu'une partie des religieux s'établit au Saint-Mont, qui était le lieu de leur première demeure, et qui était alors abandonné ct presque désert, comme nous l'avons marqué. D'autres se rangèrent auprès d'Anténor, qui vivait en solitaire près la ville de Remiremont, dans un lieu connu encore aujourd'hui sous le nom de Châtelet; c'est de là que sortit Sohère, fondateur et premier abbé de Chaumousey et de Saint-Léon de Toul. Ces deux abbayes embrassèrent l'institut des chanoines réguliers de saint Augustin, qui commençait alors à se répandre dans l'église. D'autres se retirèrent à Hérival, où ils fondèrent un monastère # Pierre de Beixei évêque de Toul, dédia

(1) Valdenaire, Hist. de Remiremont.

en 1169, l'église du Saint-Mont, ce qui fait juger qu'après le départ du bienheureux Richard, abbé de St. Vanne, qui quitta le Saint-Mont vers l'an 1025, ce lieu était demeuré désert jusque vers l'an 1160, que de nouveaux solitaires s'y établirent , et furent considérés comme les successeurs des anciens disciples de saint Romaric. Ces nouveaux solitaires du Saint-Mont, suivirent d'abord apparemment la règle de saint Benoit, qu'ils avaient professée à Remiremont; et bientôt après ils embrassèrent l'institut des chanoines réguliers, quoiqu'ils ne connussent pas distinctement ni la règle de St. Augustin, ni les statuts des premiers chanoines réguliers, qui se disaient de son ordre. Gérard d'Alsace fit bâtir une forteresse surl'embouchure de la petite rivière de Vologne, pour arrêter les courses que les soldats aventuriers faisaient sur les terres de Remiremont, On a un très-grand nombre d'actes qui prouvent que les dames de Remiremont jouissaient des droits régaliens dans leurs terres, sous la protection des ducs de Lorraine, et je soupçonne qu'elles se mirent d'elles mêmes en possession de ces droits, après la décadence de la maison de Charlemagne, et sous les empereurs d'Allemagne, qui dissimulaient ces sortes d'entreprises. En 1204, ces dames avaient un comte différent du duc de Lorraine Simon I, mais dans la suite les empereurs donnèrent aux ducs de Lorraine le comté de Remiremont ; et dans tous les actes de reprises qu'ils ont faites des empereurs depuis le duc deric III, ils expriment toujours le comté de Remiremont dans le diocèse de Toül. En 1260 (1), le roi Alphonse, élu empereur, donne au duc Ferri III, le titre de comte de Remiremont, dont ce prince lui fait hommage. Les ducs, en cette qualité, doivent défendre et protéger l'abbaye en paix et en guerre. Ils étaient tenus tous les ans , le jour de la division des apôtres ,

(1) Hist. de Lorr. t. 3. p. 1 15:

lequinze de juillet, de venir à Remiremont, où ils portaient sur leurs épaules la chàsse de St. Romaric, jusqu'en un certain endroit.

Les ducs de Lorraine, dans ces circonstances faisaient serment au chapitre, d'en maintenir et soutenir les droits et privilèges : on écrivait leurs sermens qu'ils signaient, dans un volume in-folio en vélin couvert de plaques d'or et doré sur tranche. Ce livre se voit encore dans le trésor, où l'on voit quantité de signatures des ducs.

M. l'abbé de Longuerue (1) dit que Remiremont est un collége impérial, dont les empereurs ont donné depuis long-temps la vouerie aux ducs de Lorraine, qui en ont pris l'investiture des empereurs, jusqu'au duc Charles IV, qui l'a reçue encore de l'empereur Ferdinand II, en 1627. Adoocatia monasterii de Rumlesberg tullcnsis diœcesis.

La qualité de comtes et d'avoués de Remiremont, leur donnait droit d'exiger certaines droitures ou redevances réglées par la coutume, sur les sujets de l'abbaye. Le duc Thiébaut I, portant ses prétentions plus loin que les avoués ses prédécesseurs, Clémence d'Oiselet (2), abbesse de Remiremont, envoya un de ses officiers en porter ses plaintes à l'empereur Albert I, qui s'étant fait informer de la vérité du fait, députa Thiébaut de Hastembourg, pour terminer ce différend. Il le fit du consentement des parties, et le duc Thiébaut en sut si peu mauvais gré à l'abbesse, qu'il s'employa auprès de l'empereur, pour lui faire donner ou confirmer la qualité de princesse d'empire, et la régale de son abbaye.

Dans un diplôme du roi ou empereur Albert (5) daté d'Ensisheim le 10 avril 1507, il donne expressément à l'abbesse de Remiremont le titre de princesse d'em

(1) Longuerue des ription de la France, seconde partie p. 15o. 2) † de Lorr. t. 2. n. 152. 4) Valdenaire Hist. de Remiremont. *

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