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fameuse abbaye à la tête du troisième tome de l'histoire de Lorraine. MAURICE.(Saint), — Saint Maurice, village du diocèse de Toul, situé sur la Mortagne, à deux lieues de Remberviller

quième siècle on y voyait une commu- et de Gerbéviller. Ce village est annexe de nauté de religieux, ou de clercs, qui y Romont. L'église a pour patron saint faisaient l'office devant le corps de saint Maurice.

Eucaire (1). Egbert, archevêque de Trè- Vers l'an 1752, on trouva à Saint-Mauves, élu en 778 entreprit de bâtir une rice, en creusant au milieu du village sur grande et magnifique église sur le tom- le chemin , pour construire la tour de l'ébeau de saint Eucaire; l'empereur Othon Il glise, une chambre souterraine, où se contribua aux frais de cette entreprise. | voyaient dix ou douze petites cheminées :

Comme on en creusait les fondemens, on | On y découvrit quantité de pièces de monMaur-Munster, du nom d'un de ses raine y fut reçue avec beaucoup de joie.

découvrit le tombeau de saint Celse , qu'on croit être un saint archevêque de Trèves. La translation du saint corps se fit so

lennellement en 980. L'archevêque Egbert

fit venir de l'abbaye de Saint-Pierre de Gand, un religieux nommé Gauthier, pour gouverner la communauté de saint Eucaire, et on croit que c'est le premier supérieur de ce monastère, qui ait porté le nom d'abbé. Ses prédécesseurs se contentaient de titre du père, qui signifie la même chose, et ses religieux ne prenaient entre eux que le nom de frères. Ce ne fut qne depuis la découverte des reliques de l'apôtre saint Mathias, qui se sit en 1227 que ce monastère prit le nom de Saint-Mathias, et parvint à l'état de grandeur, de richesse ou de réputation, où on l'a vù depuis. On dit que des maçons travaillant à l'église de Saint-Eucaire, et ayant été obligés de remuer l'autel de la Vierge, y trouvèrent un coffre de plomb et une

(1) Hist. de Lorr., t, 1, pag. 695.

naie de cuivre. MAUR-MUNSTER, ou Maurmoutier, ville et abbaye. — Maur-Munster, Maurimonasterium, célèbre abbaye dans la basse Alsace, à une lieue de Saverne vers le midi, n'appartient à notre dessein, que comme ayant autrefois dépendu de l'évêché de Metz, et ayant été prétendue pendant long-temps par les ducs de Lorraine. Dès l'an 1469, sous le duc Nicolas, les Lorrains ayant pris et démoli le château de la Roche (1), dont les seigneurs désolaient tout le pays des environs, ils mirent le siège devant la ville de Maurmoutier, située près le château de la Roche, et qui servait de retraite aux voleurs et aux pillards de ces quartiers-là La ville de Maurmoutier fit quelque résistance, et enfin fut prise de force : on en rasa les murailles, et les bourgeois promirent d'être à l'avenir bons Lorrains, et soumis au duc de Lorraine. Le duc Antoine s'en regardait encore

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comme souverain en 1555. Voici comme en parle Pilladius (1) dans son poème composé dans le même temps : His actis principi populoque in pace redacto Qui sacrœ fidei postquam servire Lothringo Promisit domino. ... Dimisit princeps sua Mormunsteria tecta. Il posséda cette ville par droit de conquête. Volzir. l. 5. c. 10 du voyage du duc Antoine contre les Luthériens d'Alsace, prétend que les ducs de Lorraine sont patrons et fondateurs de Maurmoutier, Le duc Charles IV , en 1667 , donnait à son fils Henri comte de Vaudémont, Lixin, Bitche, Sarverden, Falkestein, Marmoutier et d'autres terres, pour être érigées en duché, sous le nom de Sarland, en empire. L'abbaye de Maurmoutier fut fondée en 615, par Léobard ou Léopard, qui vivait sous Childebert roi d'Austrasie, du temps de saint Déicole, fondateur du monastère de Lure. On dit que ces deux saints étaient disciples, et compagnons de saint Colomban, fondateur de Luxeuil. S. Léopard reçut du roi Childebert ce lieu, qui était alors désert, et y bâtit un monastère nommé d'abord, la Celle, et ensuite la Celle de Léopard, et long-temps après,

mission à Drogon son frère, évêque de Metz, de le faire rétablir, car cette abbaye dépendait encore en ce temps là de l'évêque de Metz ; Drogon s'acquitta de cette commission, et fit transporter à Maurmoutier, les corps de saint Céleste ct de saint Adintor, évêques de Metz. L'abbé Celle gouvernait alors cette maison en 828. Ce fut sous saint Goéric, évêque de Metz, et en 659, que l'évêché ou les terres qui composent aujourd'hui le diocèse de Strasbourg, furent soustraites à la juridiction de l'évêque de Metz, lorsque saint Dagobert fonda à Strasbourg une église cathédrale ; car auparavant cette ville ct tout le pays des environs , était sous la juridiction des évêqnes de Metz. Pendant la guerre des paysans luthériens allemands révoltés (1), qui firent irruption en Alsace en 1525 , lors de l'emprisonnement du roi François I en Espagne, le monastère de Maurmoutier fut désolé et ravagé par ces luthériens, et l'abbé Gaspard obligé de se sauver pour éviter d'être brûlé vif et rôti. Après la reddition de la ville de Saverne au duc Antoine, les luthériens qui s'étaient rendus maitres de la ville et de l'abbaye de Maurmoutier, voulurent faire quelque résistance, et empêcher le duc et ses gens d'y entrer; mais ils furent aisément repoussés, et l'armée Lor

abbés, nommé Maur. Ce monastère fut dédié aux apôtres saint Pierre et saint Paul, et à saint Martin. On marque la fête de saint Léobard dans le martyrologe bénédictin, au quinze de février. Il eut pour successeur Anastase, qui gouverna le monastère quarante ans, puis Godefroi, Léo

Les luthériens avaient profané les choses saintes qui étaient dans l'église de l'abbaye, et avaient tiré de leurs châsses, les os et les reliques des deux saints évêques de Metz, Céleste et Adintor, et les avaient jettées

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et avaient résolu de ruiner et de brûler

pard II, et Maur, qui donnason nom à tout le reste du monastère, même l'église, l'abbaye de Maermoutier, comme elle est qui est très-belle et très-solide, ayant déja aujourd'hui appelée, et qui l'augmenta et amassé des bois pour mettre le feu aux

l'embellit. Maurmoutier ayant été consumé par les flammes, avec tout ce qu'il y avait de chartres et de monuments anciens, l'empereur Louis le Débonnaire, donna com

Rusticiad, 663.

portes, et mis en bas les cloches de la tour, pour ensuite la miner et la renverser ; ils avaient brûlé et dissipé les livres de la bibliothèque, et en avaient usé de même

| des titres et documens qu'ils avaient pu

Hist. d . t. 3. p. 644. Pilladi (1) Hist. de Lorr p. 644. Pilla "|. de Séronville, cxxIII.

(1) Hist. du duc Antoine, par Nicolas Vol

saisir ; mais heureusement deux religieux
en avaient emporté et sauvé une bonne par-
tie, qu'ils avaient cachés dans des lieux
écartés et inaccessibles.
Volzir de Séronville, secrétaire du duc
Antoine, et auteur de l'histoire de l'expé-
dition de ce prince, ayant remarqué dans

l'église de l'abbaye deux monumens respectables , et n'ayant pas eu le loisir de les copier, pria l'abbé Gaspard de les lui envoyer, ce qu'il fit. Voici ces deux monumens qui se voyaient alors sur la muraille à côté du grand autel , mais on ne les y voit plus aujourd'hui.

Voici ce qui se voyait sur la colonne :

Columna haec Romana dicitur, per quam Sybilla prophetavit urbis Romae interitum , sub obscura hujusmodi litterarum appositione; quas venerabilis Beda, Romam profectus exponendi causâ respiciens, à Romanis interrogatus hoc modo. Quid spectas bos anglice ?specto, inquit, urbis vestrae interitum. Qui tandem dixerunt : nihil sentio. Et ille, sentis. Et sic illico... exorsus est.

Litterarum expositio.

Si tapis est unus, P. P. P. Pater, Patriœ, Profectus est. Dic quâ fuit arte le-| S. S. S. Secum Salus Sublata est.

Vat lt8. R. R. R. R. R. Regnum Romanum, Regale Ruit, Si lapides plures, JV.V. V. V.V.V.P. Ruind. Dic ubi contigui. F. F. F. F. Venit Validus Victor, Vicit ci

ves Urbis Vestrae. Ferro, Flammā, Fame, Frigore.

La pierre carrée contient sept cercles, au milieu desquels on voit la figure du ortail et de l'église de Maurmoutier; voici ce que renferment les huit cercles : PIE MEMORIE. HILDEBERT. REX FRANCOR, MARCHAM. AQVILEIENSEM LEOBARDO. HVIVS. LOCI. PRIMO ABBATI. PRO. SALVTE ANIME SVE , AC. REGNI. STABILITATE. AD CONSTRVENDVM1. IN EA. ECCLESIAM. IN. HONORE. BEATI MARTINI IVRE. lPROPRIETARIO. CONTRADIDIT. OVOD POSTMODVM THEODERICVS FILIVS PRAEDICTI. REGIS, AD. PETITIONEM. DOMINI. MAVRI. ABBATIS AVCTORITATE. REGIA. CONFIRMAVIT. VT. IN PRIVILEGIIS NOSTRIS PLENIVS. CONTINETVR. AB INCARNATIONE. DOMINI VSOVE. AD ANNVM. PRIMVM. IMPERII. LODOVICI. EXPLENTVR. ANNI. OCTINGENTI XXVIII. lN. IPSA. SVPPVTATIONE. VIR VENERABILIS, CESLIVS. MAVRI ABBAS. MONASTERII. POST. CVIVS.

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ILL. HILDEBERTVS.
DE. ROTE. CISTARN
GVBEGVM. P. FRAXINETVM.
SORNE. ETC. .
La ville de Maurmoutier n'est ni grande
ni belle ; elle est fermée de vieilles et mau-
vaises murailles.
L'abbaye est fort bien bâtie à la mo-
derne ; l'église est ancienne, belle, solide
et bien décorée, d'un goût antique, mais
non gothique.
Outre la paroisse du lieu , dont les re-
ligieux ont l'administration, ils ont aussi
celle d'une abbaye de bénédictines, si-

Les deux châteaux de Gerolsech sont . situés dans la montagneau-dessus de Maurmoutier. Nous avons fait un article sous le nom de Gerolsech. Les seigneurs de ces châteaux se disaient aussi seigneurs en partie de la ville de Maurmoutier.

MAUVAGE. = Mauvage , en latin Malvagia, ainsi nommé, apparemment à cause de la plante Malva, mauve, qui y abonde. Mauvage est un village du

tuée à deux lieues de là, dans la mon-| Barrois, diocèse de Toul, mi-parti avec tagne. Le monastère des religieuses se la France, situé à six lieues de Bar, nomme saint Jean des choux. | deux de Gondrecourt, de Void et de

Vaucouleurs (1). Il y a quatre seigneuries, dont trois sont du Barrois. Le roi est seigneur de deux, de l'une comme duc de Bar, qui est de l'office et prévôté de Gondrecourt, et de l'autre comme comte de Ligni , qui est de l'office et comté de Ligni. La paroisse a pour patron saint Pantaléon. François de Lorraine comme gouverneur du Barrois, érigea un marché toutes les semaines à Mauvage au jour de mardi, et deux foires, l'une au jour de saint Nicolas de mai, et l'autre au jour de saint Jean, à la fin du mois de juin. MAXEI SUR-VOISE. — Maxei-surVoise , village à une lieue de Vaucouleurs, répondant à Gondrecourt, nommé en latin Marceium suprà Vesiam, pour le distinguer d'un autre Maxei, situé sur la Meuse, où la Verre se joint à la Meuse

sous Brixei, prévôté de Ruppes, répon

dant à Neufchâteau, et dont nous parlerons ci-après. Maxei, ou Macei-sur-Voise, est du diocèse de Toul, office et prévôté de Gondrecourt , pour la partie dont le roi est seignetir, et juridiction des juges gardes des seigneurs pour leur part. Bailliage de saint Thiébaut, recette de Bourmont, présidial de la Marche, parlement de Paris. La paroisse a pour patron saint Pierre. MAXEI-SUR-MEUSE. — Maxei, ou Macei-sur-Meuse, Marceium ad Mosam, village où le Verre se joint à la Meuse , prévôté de Ruppes, répondant au bailliage de Neufchâteau. La paroisse a pour patron la Sainte Vierge en son assomption. Intendance de Champagne , officialité de Vaucouleurs. Il est parlé d'un Marcei, comme appartenant à l'abbaye de Juvigni au diocèse de Verdun, sous l'an 1096 (2): In Merecio tres mansi cum Ecclesia. Et encore d'un autre Marcei appartenant à l'abbaye de saint Maur de Ver

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dun, dans une bulle de Léon IX de l'an 1049: Villam Marseium, et quidquid ad illam pertinet. Dans un titre de l'abbaye de Longeville de l'an 1121 il est fait mention de deux villages de Marcei (1). Il y a un château nommé Marcei proche Longwy, entre Verdun et Luxembourg, duquel dépendait les terres d'Ottenge et de Cutri. La maison de Marcei a produit Albert, évêque de Verdun, en 1556 et divers autres seigneurs de réputation. Voyez l'histoire de Verdun, p. 259. Il y a apparence que les lieux nommés Marcei ou Maxei, dérivent de Mercatum, qui dans la basse latinité signifie un marché, ou de marchesium, qui signifie un marais, un lieu boueux et marécageux , ou marchesia, du marsage, des grains qui se sèment au mois de mars , pour les distinguer du froment qui se sème en l'arrière saison. MAXIMIN, (SAINT) abbaye près la ville de Trèves. — L'abbaye de saint Maximin près la porte de Trèves, est certainement ou le premier ou un des premiers monastères de l'Europe.On ignore le temps précis et l'auteur de sa fondation. Les uns l'attribuent à saint Agrèce, archevêque de Trèves, qui vivait en 514 et qui amena à Trèves un moine d'Antioche, nommé Jean ; on dit que Felicius , ou Fibicius, archevêque de Trèves avait gouverné ce monastère dès l'an 540. La plupart en attribuent la fondation à l'empereur Constantin et à sa mère sainte Hélène; d'autres croient qu'il doit son origine à saint Athanase, qui ayant été exilé à Trèves, par l'empereur Constance, en l'an 556 y apporta la connaissance du grand saint Antoine, père de la vie monastique et des moines d'orient , et . inspira à plusieurs personnes le désir de les imiter. Ce fameux monastère fut d'abord consacré à Dieu sous l'invocation de saint

(,) Hist. de Verdun, p. 9. Preuve

Jean l'évangéliste. On ne lui donna le nom de saint Maximin, que depuis que le corps de ce saint évêque y fut rapporté du Poitou, où il était mort vers l'an 547. Il fut rapporté par saint Paulin son successeur en 547 ou 548. Je trouve que le même monastère était aussi nommé de saint Hilaire. Voyez l'histoire de Lorraine, tome 5 , p. 5 et 157. Preuves : apparemment à cause que saint Adolin qui donnait le nom de saint Hi-laire au monastère qu'il réformait, y mit la réforme.

On assure que saint Hidulphe, archevêque de Trèves, rassembla dans l'abbaye de saint Maximin jusqu'à cent religieux , après quoi il se retira dans les montagnes de Vôge, où il fonda l'abbaye da Moyenmoutier. Je n'entreprends pas de donner ici l'histoire complète de l'abbaye de saint Maximin. Je remarquerai seulement qu'elle a essuyé, dans une si longue suite d'années, une infinité de vicissitudes; que les archevêques de Trèves ont fait diverses tentativos pour la soumettre à leur juridiction, et même pour faire unir ses revenus à leur crosse archiépiscopal; mais que les abbés de saint Maximin se sont toujours maintenus dans leur indépendance, et que l'observance de la règle de saint Benoit s'y est conservée dans sa pureté jusqu'aujourd'hui. On peut voir notre histoire de Lorraine, et celle du Luxembourg, du révérend père Bertholet.

Nous avons donné à la tête du troisième tome de l'histoire de Lorraine, la liste chronologique des abbés de saint Maximin.

MAZIROT. -- Mazirot, village répondant à Mirecourt, diocèse de Toul, patron, saint Pierre-aux-Liens. Seigneur, M. Mauleon de la Bastide, et le sieur Prudhomme. Bailliage de Mirecourt, cour souveraine de Lorraine. La maison de Mazirot porte de gueules à l'écu d'argent mis en abyme.

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craigne ou Mécrin, village situé sur le chemin de Commercy à St. Mihiel, sur la rive orientale de la Meuse, diocèse de Verdun, doyenné d'Hatton-châtel, une lieue au-dessus de St. Mihiel , Barrois non-mouvant. Il y a dans ce lieu un château avec fossés et pont-levis, bâti par Robert, duc de Bar en 1590. Il déchargea en même temps les habitants de Mécrin du scrvice qu'ils devaient auparavant au château de St.-Mihiel, et les obligea à la garde, jour et nuit, du nouveau château de Mécrin, et leur remet d'autres cens et redevances qu'ils lui devaient. L'église a l'air antique : on la croit du dixième ou douzième siècle. Dans l'intérieur du château se voient plusieurs maisons habitées par des gens du lieu. On y remarque en particulier la maison curiale, mais le curé ne l'occupe pas à présent. » . Brasseite, église succursale , dépendante de la cure de Mécrin, patron saint Léonard. Il y a dans ce lieu environ 80 habitants. M. Paris en est seigneur haut , moyen et bas justicier. Il y a un moulin à l'ordre de Malthe, apparemment à cause de la commanderie de Marbotte. MEINFELD ou MUNSTER-MEINFELD. — Meinfeld est une ville située dans le pays de Trèves sur la Moselle, près du lieu où saint Nicetius, archevêque de Trèves, bâtit un château sur la rive gauche de la Moselle, en un lieu nommé en allemand Bischoffstein, ou la roche de l'évêque. Venance Fortunat dit que ce château était environné de la Moselle, et de la petite rivière de Rhon (1). Quem musella tumens Rhodanus quoque parvulus ambit. Près de là se voit la campagne de Meinfeld , qui est d'une fertilité extraordinaire. Brouverus croit que Venance a voulu exprimer Meinfeld sous le nom de Mediolanus.

(2) Vcnant-Fortunat. de Castello Nicetii

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