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J'ai en main un sceau fort remarquable en cire d'Espagne, et en caractères demigothiqnes, sur lequel sont représentés

deux écussons aux armes de Bar-le-Duc |

ayant entre les deux barbeaux une crosse épiscopale posée en pal ; et autour dudit sceau ces mots : LE SAEH. DE. LA. PREVOSTE. DE TILLEI. La crosse épiscopale placée dans l'écu de Bar, entre les deux barbeaux, est remarquable, et a sans doute rapport à l'engagement fait de la prévôté de Tilly à Henri de Bar seigneur de Pierrefort en 1555. En 1568, le duc de Bouillon, seigneur de Sedan et de Jametz fit glisser quclques

docteurs (1) protestans dans la prévôté |

de Mangienne et dans celle de Tilly, qui y séduisirent plusieurs personnes, et leur persuadèrent de se soustraire à la juridiction temporelle de leur évêque. Mais Nicolas Pseaume évêque de Verdun en 1569 les réduisit à l'obéissance, en confisquant les corps et les biens de ses sujets convaincus d'hérésie. Quelque temps auparavant vers l'an 1474, le duc de Bourgogne, Charles-leHardi , étant venu à Verdun pour se rendre souverain de cette ville sous certaines conditions, dont il était convenu avec l'empereur, les bourgeois de Verdun ne voulurent pas lui faire serment de fidélité ; mais comme ils avaient contribué à faire arrêter un secrétaire du roi Louis XI, nommé des Salles, et l'avaient livré au gouverneur de Luxembourg qui le fit pendre, le roi donna ordre au seigneur de Craon qui commandait à Verdun , d'arrêter un des magistrats, et de le conduire à Tilly-sur-Meuse, où étant en chemise, tête nue et la corde au col, il demanda pardon à Dieu et au roi. TlNERY. – Tinery, village de la baronie de Vivier, deux lioues au nordouest de Château-Salins, diocèse de Metz : les héritiers de madame la princesse d'Epinois en sont seigneurs. Ce lieu est du bailliage de Château-Salins ,

(1) IIist. de Verdun. p. 446.

cour souveraine de Nancy. La paroisse a pour patron saint Médard. Il y a en ce lieu près de soixante et douze habitans. TOLLAINCOURT. — Tollaincourt ou Tholaincourt, Tollaincuria, village situé sur le Mouzon, à une lieue et demie au-dessous de la Marche, diocèse de Tout, ci-devant du bailliage de SaintThiébaut, maintenant de celui de la Marche, présidial de Langres, parlement de Paris ; le roi en est seul seigneur. M. Jacquin, ancien prévôt de la Marche jouit du domaine. La paroisse a pour patron saint Didier. Il y a environ soixante habitans, et un fief à M. de Juvigny. Rocourt est annexe de Tollaincourt. | Le duc Charles III, érigea le 10 avril 1585, en fief, la maison et les héritages que possédait Claude de Rouchelle à Tollaincourt. TOLLY. — Le Tolly, paroisse considérable, composée de sujets qui habitent des granges dans les montagnes des Vôges, entre le Belliard et le rup de Vagney, au nord-est de Remiremont, diocèse de Toul. Les paroissiens du Tolly dépendent des bans de Vagney, de Moulin et de Saint-Joseph. C'est dans ce dermier qu'est située l'église. Il y a quatre foires franches chaque année et un marché par semaine, établis par lettres du 24 novembre 1755. Le Tolly est du bailliage de Remiremont. La paroisse du Tolly ne fut d'abord qu'une mission, établie par M. Virion, conseiller d'état du duc Charles IV, ct son résident en cour de Rome. Touché du besoin d'instruction de quantité d'habitans, répandus dans les montagnes de cette partie des Vôges, il donna en 1650, deux mille sept cents francs barrois aux chanoines réguliers de Saint-Augustin de Lorraine, pour fonder une mission. TOMBLAINE. — Tomblaine, Tumbella, village dans une belle situation, au bord droit de la Meurthe, une demi-lieue au-dessus de Nancy , en face du château de la Malgrange. Tomblaine était ci-de

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J'ai en main un sceau sort remarquable en cire d'Espagne, et en caractères demigothiqnes, sur lequel sont représentés

deux écussons aux armes de Bar-le-Duc |

ayant entre les deux barbeaux une crosse épiscopale posée en pal ; et autour dudit † mots : LE SAEL. DE. LA. PREVOSTE. DE TILLEI. La crosse épiscopale placée dans l'écu de Bar, entre les deux barbeaux, est remarquable, et a sans doute rapport à l'engagement fait de la prévôté de Tilly à Henri de Bar seigneur de Pierrefort en 1555. En 1568, le duc de Bouillon, seigneur de Sedan et de Jametz fit glisser quelques

docteurs (1) protestans dans la prévôté |

de Mangienne et dans celle de Tilly, qui y séduisirent plusieurs personnes, et leur persuadèrent de se soustraire à la juridiction temporelle de leur évêque. Mais Nicolas Pseaume évêque de Verdun en 1569 les réduisit à l'obéissance, en confisquant les corps et les biens de ses sujets convaincus d'hérésie. Quelque temps auparavant vers l'an 1474 , le duc de Bourgogne, Charles-leHardi , étant venu à Verdun pour se rendre souverain de cette ville sous certaines conditions, dont il était convenu avec l'empereur, les bourgeois de Verdun ne voulurent pas lui faire serment de fidélité ; mais comme ils avaient contribué à faire arrêter un secrétaire du roi Louis XI, nommé des Salles, et l'avaient livré au gouverneur de Luxembourg qui le fit pendre, le roi donna ordre au seigneur de Craon qui commandait à Verdun , d'arrêter un des magistrats, et de le conduire à Tilly-sur-Meuse, où étant en chemise, tête nue et la corde au col , il demanda pardon à Dieu et au roi. TlNERY. — Tinery, village de la laronie de Vivier, deux lioues au nordouest de Château-Salins, diocèse de Metz : les héritiers de madame la princesse d'Epinois en sont seigneurs. Ce lieu est du bailliage de Château-Salins ,

(1) IIist. de Verdun. p.446.

cour souveraine de Nancy. La paroisse a pour patron saint Médard. Il y a en ce lieu près de soixante et douze habitans. TOLLAINCOURT. — Tollaincourt ou Tholaincourt, Tollaincuria, village situé sur le Mouzon, à une lieue et demie au-dessous de la Marche, diocèse de Tout, ci-devant du bailliage de SaintThiébaut, maintenant de celui de la Marche, présidial de Langres, parlement de Paris ; le roi en est seul seigneur. M. Jacquin, ancien prévôt de la Marche jouit du domaine. La paroisse a pour patron saint Didier. Il y a environ soixante habitans, et un fief à M. de Juvigny. Rocourt est annexe de Tollaincourt. | Le duc Charles III, érigea le 10 avril 1585, en fief, la maison et les héritages que possédait Claude de Rouchelle à Tollaincourt. TOLLY. — Le Tofly, paroisse considérable, composée de sujets qui habitent des granges dans les montagnes des Vôges, entre le Belliard et le rup de Vagney, au nord-est de Remiremont, diocèse de Toul. Les paroissiens du Tolly dépendent des bans de Vagney, de Moulin et de Saint-Joseph. C'est dans ce dernier qu'est située l'église. Il y a quatre foires franches chaque année et un marché par semaine, établis par lettres du 24 novembre 1755. Le Tolly est du bailliage de Remiremont. La paroisse du Tolly ne fut d'abord qu'une mission, établie par M. Virion, conseiller d'état du duc Charles IV, et son résident en cour de Rome. Touché du besoin d'instruction de quantité d'habitans, répandus dans les montagnes de cette partie des Vôges, il donna en 1650, deux mille sept cents francs barrois aux chanoines réguliers de Saint-Augustin de Lorraine, pour fonder une mission. TOMBLAINE. — Tomblaine, Tumbella, village dans une belle situation, au bord droit de la Meurthe, une demi-lieue au-dessus de Nancy, en face du château de la Malgrange. Tomblaine était ci-devant annexe d'Essey. L'église a pour patron saint Pierre, M. le Prince de Beauveau en est seigneur. Ce lieu est du bailliage de Nancy. Dépend l'ermitage de Ste.-Marguerite. TONNOY — Tonnoy, Tonnagium, village du diocèse de Toul, situé à droite de la Moselle, une lieuo et demie audessous de Bayon , à une lieue et demie de Rosières, deux et demie de Vézelize; bailliage de Rosières. L'église de Tonnoy est annexe de Ferrières ; l'église a pour patron St.-Laurent. Seigneur, M. Humbert de Tonnoy. Velle-sur-Moselle dépend de Tonnoy ;il y a une chapelle sous l'invocation de sainte Catherine. Dépend encore Coyviller, où il y a une églisesuccursale dédiée à saintJacques. Tonnoy se nomme en latin Tonnagia, apparemment parce qu'autrefois il y avait là un passage, où l'on payait certains droits nommés dans le pays Tonneux , Tenolium. On le nomme quelquefois Tannoy, mais par erreur, car Tannoy est en Barrois, autrefois annexe de Longeville, érigée en cure depuis l'an 1696. Tonnoy est appelé Tournoy dans un titre de 1511. Il y a sur le ban de Tonnoy une verrerie et un moulin. Le château de Tonnoy est célèbre dans notre histoire de Lorraine. Le comte de Ligniville, après avoir repris Châté sur les Français, reprit de même les villes d'Epinal, de Mirecourt, de Neufchâteau, de Commercy, de Ligny, de Bar-le-Duc, et les châteaux de Void , d'Harroué, de Tonnoy et de Savigny (1). Ces places furent toutes prises par attaque, ou surprises par adresse, avec tant de bonheur , que la plupart des gouverneurs se rendirent après quatre volées de canon. Le marquis de la Ferté, qui était alors en Champagne auprès du roi Louis XIV, accourut en Lorraine, dont il était gouverneur, et envoya le sieur de Berreau , avec quelques troupes, pour reprendre le château de Tonnoy. Un soldat de fortune, tailleur de (1) Histoire de Lorraine. t. vj. p. 348, 349 nouvelle édition.

profession, nommé Jean-le-Borgne, s'en

était emparé avec seize compagnons, pour

le duc Charles IV, trois jours auparavant. De Berreau n'y avait fait mener pour le battre qu'une seule pièce de canon, dont l'asfût se rompit, après avoir fait un petit trou au château à l'endroit d'une fenêtre.

M. de la Ferté impatient de voir ce siège tirer en longueur, et craignant que le comte de Ligniville ne le vint secourir, y accourut lui-même, et accorda au soldat qui commandait dans le château et à ses compagnons tout ce qu'ils voulurent pour leur retraite. Il fallut même que le général s'approchât à la barrière pour lui parler, et qu'il lui donnât le sieur de Berreau en ôtage pour la capitulation. Avec tout cela les partisans du maréchal de la Ferté firent imprimer à Paris une relation de ce fameux siège, sous ce titre : la prise du fort château de Tonnoy en Lorraine, par le marquis de la Ferté.

Long-temps auparavant, et pendant la guerre du duc de Bourgogne Charles-leHardi, contre le duc René II, une troupe de Bourguignons s'étant emparés de Tonnoy et du ehâteau, un paysan du lieu en vint donner avis au capitaine Malortie, qui était à Rosières-aux-Salines (1), et lui dit qu'il y avait à Tonnoy environ quatre cents Bourguignons, et qu'il se portait fort de les lui livrer, s'il voulait le suivre pendant la nuit avec ses gens : le » bonhomme, (dit l'auteur de la Chroni» que de Lorraine, depuis l'an 1550 jus» qu'à l'an 1544) qui bien sçavoit le che» min, droit audit Tonnoy les guida. » Lesdits Bourguignons dedans les maisons » tous logiez étoient, excepté les chefs que » au Chastel estoient. lesd. grand guet » saisoient : mais le bon-homme qui les » entrées sçavoit, memna la bande sy » droicte, que dedans Tonnoy entrirent, » menant sy grand bruict des coups de » coulevrines, qu'ils enfoncirent lesd. » Bourguignons : tous ceux qu'ils ren» controient, les mettoient à mort, al

(1) Histoire de Lorraine, t. 7. p. cxii. prcuves.

» loient de maison en maison très-fort les » cherchoient : ceulx du chasteau ils ne » les peurent avoir, dedans s'estoient en» fermez. Quand ils eurent tous ceulx dud. » Tonnoy défrouquez, ils prirent tous les » harnois et joyaux , et plus de sept vint » chevaulx, tous aud. Rosières ont me» nez, et à leur proufit ont tout butiné. » Quand vint du matin , ceulx du chas» teau se sont partys ; aud. village en » trois ou quatre maisons le feu ont bouté; » hastivement vers monsieur de Bourgo» gne sé sont tous allez et les nouvelles » lui ont contez. Quand ce a ouy , fort » couroucé a esté ; il a faict serment que » après Nancy prinse, il en fera la ven» geance d'aultre costé. » La maison de Tonnoy porte d'azur à la croix d'argent, cantonnée de dix-huit fleurs de lys d'or, cinq aux deux premiers quartiers passés en sautoir, et deux aux deux derniers quartiers. TORSCHWILLER. — Torcheville , ou Torschtviller, village au-dessous d'un étang, à trois quarts de lieue d'Alberstroff, de Gufnzeling et de Lohr, trois au nordest de Dieuze, diocèse de Metz, de l'archiprêtré de Morhange, bailliage de

Dieuze, cour souveraine de Nancy. Torschwiller appartient à la maison de Créhange.

Torschwiller était une ancienne maison, qui portait facé, l'écu déchiqueté.

TOUL.— La ville de Toul, capitale du pays des Leuquois, ville épiscopale, chef d'un des plus vastes diocèses des Gaules, suffragant de de la métropole de Trèves. Cette ville a toujours porté le nom de Toul, ou Tullum, et a toujours été regardée comme capitale des peuples Leuquois, Leuci, connus dans les commentaires de Jules-César (1). Ces peuples étaient au moins aussi étendus que l'était le diocèse de Toul. Les Leuquois étaient Belges ; et lorsqu'on partagea la Gaule Belgique en deux provinces, · (1) Cesar. Comment. L. 1; e. 9. Haec sibi curae esse; frumentum sequanos; Leucos, Lingones subministrare.

, ils fnrent compris sous la puissance Belgi'que. Pline (1) et Strabon (2) parlent aussi : des Leuquois; etLucain loue leur adresse(5)

à tirer de l'arc , ou plutôt à lancer le dard. Optimus excusso Leucus, Rhemusque lacerto. Tacite (4) parle de la cité des Leuquois, et dit que Fabius Valens reçut la nouvelle de la mort de Galba , et de l'élévation de Vitellius à l'empire, étant dans la cité des Leuquois. Dans ce passage, les savans croyent que Civitas ne signifie pas la ville des Leuquois, mais leur pays, leur | canton, les peuples de leurs dépendances; | car nous ne trouvons le nom de Tullum, | comme Cité , ou capitale des Leuquois qu'au deuxième siècle. Ptolémée, qui vivait en ce siècle-là , est le premier qui en parle, Oppida Leucorum Tullum et Vasium ; les deux villes principales des Leuquois sont Toul et Naïs. Nous avons parlé de Naïs, Nasium en particulier. Voici comme l'itinéraire surnommé d'Antonin dispose les milles de Rheims à Metz. L'ITINÉRAIRE D'ANToNIN. Dorocurtorum. Reims.

Fanum Minervae. . .. M. P. XIV. Ariolam.. . . . . . .. M. P. XVI. Caturigas.. . . . . .. M. P. IX. Nasium. . . . . . . .. M. P. IX. Tullum. . . . . . . .. M. P. XVI. Scarponam . . . . . .. M. P. X. Divodurum. Metz. . .. M. P. XII.

LEs TABLEs DE PEUTINGER.

Remiges les Rémois.
Deurocurturo. Reims.
Tanonice.. . . . . . XX.
Caturicis.. . . . . . IX.
Nassio.. . . . . . . XIV.
Ad fines, (5) Mose Fluv.
Tullo. . . . . . . . XI.
Scarpona. . . . . . XIV.
Divodurum; Medio-matrices. Metz.
Mosella Fluvius.

(1) Plin. L. 4, c. 17. Leuci liberi.

(2) Strabo. L. 4.

3) Lucan. Pharsal. L. 1. y. 42 4.

# Tacit. Lib. 1, hist. c. 64.

(5) Ad fines et Mosa Fluvius, peut-être Commarci ; Commarchia.

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