Images de page
PDF

le donna à Henri comte de Grandpré. - Celui-ci ayant promptement assemblé de la milice, vint à la pointe du jour se présenter devant la ville, et d'intelligence avec les bourgeois qui lui ouvrirent une des portes de la la ville, il entra avec ses troupes pendant qu'on chantait matines. La garnison fit quelque résistance, ce qui éveilla l'évêque, qui se sauva en chemise et pieds nus, ayant été obligé de passer à la nage la rivière de Meuse , pour éviter d'être arrêté et fait prisonnier. Ceci arriva dans le mois d'août 1117. L'évêque alla trouver Renaut, qui assembla ses soldats et vint assiéger Verdun. Le comte de Grandpré résista d'abord aux attaques de Renaud ; mais ayant eu du désavantage dans une sortie, et se voyant assiégé dans les formes, il sortit secrètement et abandonna la place : ayant réuni toutes ses troupes, il battit celles de Renaut, lui fit lever le siège et le poursuivit si vivement, qu'il le défit encore une fois en bataille rangée proche le village d'Osche, à trois lieues de Verdun. Renaut se retira dans son château de Clermont ; le comte de Grandpré l'y suivit, l'assiégea, et ayant coupé la garnison dans une sortie, il ' prit et démolit cc château , d'où Renaut avait trouvé le moyen de sortir sans être apcrçu. Après ces disgrâces, Renaut comte de Bar demanda la paix par la médiation de Frideric comte de Toul. Par le traité qui fut passé à la Chalade proche Clermont en Argone en 1124, il fut dit que l'évêque Henri demeurerait paisible possesseur de son évêché , et Renaut du gouvernement du comté de Verdun, à condition qu'il ne ferait aucun mal aux bourgeois de cette ville, qui s'étaient déclarés contre lui, et qu'il abandonnerait au comte de Grandpré tout le butin que ses gens avaient fait sur ses ses terres ; que pour dédommager Renaut des frais de cette guerre, l'évêque Henri lui abandonnerait le château de Dun, le

bourg de Sampigny , Ste-Lucie et les villages de Rouvroy , de Courcelles, avec tous les sujets de corps des villages de Domremy et Ernecourt. Henri ayant été obligé de renoncer à l'évêché de Verdun, on lui donna pour successeur Ursion abbé de St.-Denis de Reims, qui se retira la même année, sans avoir été sacré ; on élut à sa place Alberon fils d'Arnoul II, du nom, comte de Chini. Ce nouveau prélat au commencement de son pontificau donna tous ses soins, à remédier au maux que son clergé et son peuple souffraient par les vexations et les violences de la garnison, que Renaut comte de Bar avait mise dans une tour qu'il avait fait élever à Verdun. Ce comte dans le dessein de se rendre souverain de cette ville, y avait fait entrer ses troupes, et un très-grand nombre de maçons et de toutes sortes d'autres ouvriers. Il fit couper tous les arbres du jardin de l'évêché, qui s'étendait jusqu'à la porte de Châté et fit bâtir dans cet endroit, qui est le plus élevé de la ville, une tourd'unegrosseur et d'une hauteur extraordinaire ; on n'y pouvait monter que par une échelle , au haut de laquelle il y avait une porte de fer qui se fermait d'elle-même. Cette tour fut nommée Cour| louve , ou communément la tour du Voué ; elle était environnée de bâtimens pour loger les soldats et d'une muraille qui en empêchait les approches. Par le moyen de cette tour et de la garnison, le comte Renaut tenait tellement en bride les bourgeois de Verdun , qu'ils n'osaient remuer. Il faisait encore mille maux aux marchands obligés de passcr par là ; il maltraitait les pélerins qui y venaient révérer l'image miraculeuse de la Ste.-Vierge : par ces véxations les marchands et les pélerins détournés de leur route, n'osaient plus entrer à Verdun , et la ville devenait presque déserte. L'évêque Alberon employa d'abord divers moyens, que la prudence humaine lui suggérait, pour arrêter tous ces dé

[ocr errors]

sordres : prières , menaces , soumissions,
tout fut mis en œuvre , et tout fut inutile.
Alberon fut obligé d'user de stratagème
pour s'emparer de la tour. Peu de temps
après la prise de cette tour, la paix se
fit. Par le traité , la ville de Clermont,
Ham-sur-Meuse et Vienne-le-Château fu-
rent cédés au comte Renaut, au moyen
de quoi, il renonça à ses prétentious
sur la ville et le comté de Verdun , dont
il ne conserva que la seule qualité de
voué.
Hugues fils de Renaut comte de Bar ,
fut le dernier vicomte de Verdun ; étant
mort sans enfans, l'évêque Alberon ne
voulut pas confier le gouvernement de
ce comté à Renaut son frère puiné , qui
devint comte de Bar. Il nomma quatre
bourgeois notables de la ville, pour exer-
cer sous son autorité la juridiction tem-
porelle de la justice et de la police; et
il fit un réglement, par lequel les bour-
geois devaient choisir tous les ans ces
quatre notables, que lui et ses successeurs
évêques autoriseraient, s'il les en ju-
geaient capables, en recevant le serment
de fidélité, et en les obligeant de rendre
compte des revenus de la ville et du
comté. Cet arrangement subsista environ
quatre-vingts ans.
Vers l'an 1174 , Agnès fille de Thi-
baut comte de Champagne, mère de
Henry I , comte de Bar , et régente du
duché pendant la minorité de son fils,
entreprit de faire reconnaître le jeune
Henry pour vicomte de Verdun, et en
fit demander l'institution à Arnoul de
Chiny évêque de Verdun. L'évêque
ayant refusé de le faire, la comtesse ré-
gente piquée de ce refus, pour s'en ven-
ger, fit ravager les terres de l'évêché:
l'évêque excommunia Agnès et le comte
son fils , ce qui dura pendant six ans.
Henry ayant enfin reconnu l'injustice de
son procédé, vint avec sa mère à Ver-
dun, demander humblement l'absolution
de l'excommunication prononcée con-
tr'eux. L'évêque la leur accorda, à con-
dition qu'ils dédommageraient son église.

Pour dédommagement, Henri et sa mère
s'engagèrent de payer tous les ans à l'é-
glise de Verdun, au jour de la purifi-
cation, quarante sols à prendre sur le do-
maine de Bar; et au cas que cette somme
ne serait pas payée au jour marqué, ils
consentirent de retourner dans la même
excommunication. Depuis ce temps-là ,
nous ne lisons pas que les comtes de
Bar ayent fait valoir leurs prétentions sur
le comté de Verdun, et les évêques de
cette église s'y sont maintenus sans op-
position. -
Albert de Mercy élu évêque de Verdun
en 1156, reçut l'investiture du temporel
de cet évêché de l'empereur Frideric I dit
Barberousse.
On peut voir par ce qui vient d'être dit
du comté et des comtes de Verdun, que
cette dignité a été pour la ville de Ver-
dun , une source de disgraces et de maux
infinis. Elle excita l'ambition et la jalou-
sie des seigneurs puissans des environs,
qui firent tous leurs efforts pour s'en ren-
dre maitres, et se faire reconnaître sou-
verains dans la ville, ce qui causa la perte
des principales terres du domaine et de
'évêché de Verdun, que l'on fut obligé
d'engager ou d'aliéner, pour soutenir
cette dignité. Les évêques occupés à se
défendre, ne pouvaient plus s'appliquer
avec la même vigilance et la même assi-
duité , aux devoirs de l'épiscopat, et se
trouvaient obligés d'acheter la protection
et le secours des princes et des seigneurs
leurs voisins, source de la décadence de
la discipline ecclésiastique et du dérange-
ment dans le temporel de l'évêché.
La ville de Verdun , ainsi que celles
de Metz et de Toul , depuis le trei-
zième , passaient pour villes libres et im-
périales, partageant l'autorité entre leurs
évêques, et entreprenant souvent sur leurs
droits, ce qui occasionnait de fréquentes
divisions entr'eux , et même des guerres
ruineuses. Les citoyens de Verdun n'é-
tant pas assez puissans pour se défendre
seuls contre leur évêque, et contre les sei-
gneurs voisins , ont souvent eu recours

_ aux rois de France et aux ducs de Lor· raine, aux comtes de Bar et à ceux de | Luxembourg, pour implorer leur protec· tion , laquelle ils achetaient moyennant une certaine pension, qu'ils leur donnaient par forme de sauve-garde. Dès l'an 1295, Hemri comte de Luxembourg, assura sa protection aux Verdunois, par lettres du mois de septembre 1294. Dans la suite nous remarquons par les monumens des XlV° et XV° siècle, des contestations et des guerres presque continuelles, entre les comtes de Bar et l'évêque et les bourgeois de Verdun ; entre les mêmes comtes de Bar et ceux de Luxembourg, qui se disputaient la garde de Verdun. Aux quinzième et seizième siècle , les rois de France et les ducs de Lorraine , prirent en différens temps la ville et l'évêché de Verdun sous leur protection et leur sauve-garde, en leur payant certaines sommes d'argent par année. Les villes de Metz, Toul et Verdun , s'étaient mises sous la domination de l'empire de Germanie, dès l'an 879 ; elles se · Inirent sous la protection de la France vers l'an 1515. trois villes se soulevèrent vers l'an 1540 (1), de concert, pour secouer entièremenr le joug de leurs évêques. Ces trois prélats s'étant unis par un traité, pour réprimer la rebellion de leurs sujets, ceux de Verdun s'assemblèrent plusieurs fois l'an 1540, dans le dessein de s'ériger en république. Ils choisirent les deux plus notables d'entr'eux, qu'ils appelèrent les Conseillers-Facteurs de la Ville, leur attribuant la même autorité que les consuls avaient chez les Romains. Ils leur donnèrent pour adjoints sept autres hommes, qu'ils nommèrent les Exécuteurs de la Cité, portant armes ; et ils ordonnèrent aux maitres des corps de métiers, de leur prêter mainforte quand ils en auraient besoin, pour exécuter les ordres des conseillers-facteurs. Ces derniers changèrent les officiers

(1) Hist. de Verdun. p. 334.

de justice établis par l'évêque, dont plusieurs se rangèrent de leur parti, et en nommèrent six autres à leur place, qu'on appela les Jurés de la Cité. Ils allèrent plus loin : le clergé s'étant assemblé au palais épiscopal , les nouveaux conseillers s'y rendirent, et l'un d'eux déclara à haute voix que toute la juridiction résidait dans les magistrats séculiers, et que tous les ecclésiastiques étaient sujets à la taille; ils en vinrent à l'exécution , employant pour cela la violence. Le chapitre recourut au Saint-Siége, et le pape Benoit XII, excommunia les séditieux par une bulle de l'an 1542. Il y a apparence qu'ils donnèrent satisfaction au pape et qu'ils en obtinrent l'absolution ; mais les différens touchant la juridiction temporelle ne cessèrent pas sitôt. Henri d'Apremont pour lors évêque de Verdun, se vit obligé de recourir à la force des armes pour réduire ses sujets rebelles. Enfin en 1546 , par la médiation de l'abbé de saint Vanne de Verdun et du seigneur de la Roche en Ardennes, qni faisait sa résidence ordinaire à Verdun , les bourgeois firent leur accord avec l'évêque, par lequel ils reconnaissent que la juridiction temporelle appartenait d'ancienneté à l'évêque, avec le droit de nommer et d'instituer les échevins du palais, en gardant comme du passé les usages et franchises des citoyens. Charles VI roi de France, passant par Verdun pour aller faire la guerre au duc de Gueldres, Liébaut de Cousance, qui en était évêque, lui demanda des lettres de sauve-garde pour lui et pour son chapitre , et associa ce prince en la seigneurie temporelle de la ville et du comté de Verdun. Le roi Charles VII étant à Châlons en 1445 , accorda à ceux de Verdun, des lettres de sauve-garde et de protection. Le roi Charles VII leur accorda ses lettres de protection de même que ses prédécesseurs, aux mêmes charges et conditions, savoir : de cinq cents livres de pension pour Sa Majesté, et de deux cents livres pour son lieutenant résidant à Verdun. Mais la ville de Verdun étant alors mojns puissante et moins peuplée que par le passé, ils obtinrent du roi de lui fournir en temps de guerre seulement, vingt hommes d'armes à cheval et vingt hommes de trait à pied, au lieu de cinquante hommes d'armes à cheval et de cinquante arbalêtriers, n'entendant pas de donner a S. M. aucun droit de joridiction en la ville de Verdun ni déroger à leur liberté et franchise. Fait à Sâri-les-Châlons, le 25 juin 1445. Le roi Henri II, que les princes d'Allemagne avaient déclaré protecteur du St.Empire, et appelé à leur secours pour soutenir la ligue formée par eux contre l'empereur, se présenta devant Verdun qui ne se sentant pas en état de résister, lui ouvrit ses portes, et le reçut en qualité de protecteur. Le roi y entra le 12 juin 1552, et n'y prit que la qualité de vicaire du St. Empire, pour garder cette ville pendant la guerre. Il convoqua le même jour les trois états de la ville , leur déclara qu'il voulait la gouverner en qualité de protecteur, et qu'il avait revêtu le cardinal de Lorraine de son autorité pour y faire les réglemens nécessaires et les changemens qu'il jugerait à propos dans l'administration de la justice et le gouvernement de la cité. Sa Majesté nomma M. de Tavanne pour commander les troupes de la garnison. Le roi François II, fils et successeur d'Henri lI, confirma les privilèges de la ville de Verdun, par lettres patentes datées de Bar le-Duc, au mois d'oetobre 1559, retenant seulement la juridiction sur ses troupes, et en cas de sédition sur les bourgeois. Durant les troubles de la ligue, les états de Verdun se joignircnt à l'union des princes et des villes catholiques, et renouvelèrent le serment de ne recevoir ni gouverneur, ni garnison, sinon de la part du duc de Lorraine. C'était Charles III qui avait pris sous sa protection les habi

tans de Verdun. Il se tint une assemblée en cette ville le 27-août 1589, et à Bar le 25 octobre suivant, où fut présent le duc de Lorraine, Nicolas Boucher évêque de Verdun, ct les députés des états de cette ville. Le duc y promit de prendre cette ville en sa protection et sauve-garde. Enfin après la paix conclue entre le roi Henry IV et le duc Charles III, la ville de Verdun rentra sous l'obéissance du roi de France. · Les élections des évêques par le clergé et le peuple, subsistèrent long-temps à Verdun ; mais ce ne fut pas sans la contradiction des princes et des seigneurs laïques. On garda assez long-temps dans l'église de Verdun, la vie commune parmi les clercs. Ils vivaient, mangeaient et couchaient dans une maison commune, d'où ils ne pouvaient sortir sans la permission du supérieur de la communauté, que l'on nomma prévôt et ensuite princier. Le plus ancien des prêtres qui faisait les fonctions spirituelles, lorsque l'évêque était malade, ou absent , ou occupé en d'autres affaires, se nommait l'archiprêtre. C'est la qualité qu'Aimoin donne à saint Euspice, qui avait soin des écoles de Verdun , sur la fin du cinquième siècle. Les heures de l'office divin , de I'étude et des conférences spirituelles , étaient marquées. On y suivait la règle des chanoines, rédigée par Amalaire , et autorisée par le concile d'Aix-la-Chapelle, tenu l'an 816. | Les écoles publiques où l'on enseignait la religion et les saintes lettres, furent long-temps en réputation dans l'église de Verdun. Plusieurs saints évêques prirent soin de diriger eux-mêmes ces écoles, et elles produisirent quantité de bons et de savans ecclésiastiques. Tous les clercs apprenaient par cœur l'écriture sainte, qu'on leur expliquait. Les plus savans étaient ceux qui possédaient les écrits des saints pères, les canons : cette science devint ensuite la plus recherchée pour paraître dans les assemblées des conciles. Le collége des écoles fut établi dans l'église de St. Pierre et de St. Paul, et était gouverné par des prévôts dignitaires ou chanoines de la cathédrale. Antiquités et monnaies de Verdun. On ne connait aucune antiquité profane dans la ville de Verdun, qui soit du tems des empereurs payens ; il y a lieu de croire que les chrétiens les auront ruinées ou supprimées ; car on ne peut nier que cette ville et le pays des environs ne fussent idolàtres, comme tout le reste des Gaules. Quant aux monnaies de Verdun, j'en ai parlé assez au long dans la dissertation sur les monnaies, dont il est fait mention dans l'Histoire de Lorraine. On croit que sous les rois de France de la première et de la seconde race, on a battu monnaie

à Verdun. Vorez M. le Blanc, Traité

historique des monnoyes de France, pages 60, 102, 109, 155 et 150. Il est fait mention du droit de frapper monnaie, dont jouissaient les évêques de Verdun (1), dans le diplôme de l'empereur Frideric, de 1156, dont nous avons parlé ci-devant. Richer, évêque de Verdun, céda à Ulric, abbé de Saint-Mihiel, le droit d'y faire battre monnaie par un titre de l'an 1099 ; l'évêque Henri confirma ce droit à l'abbé Lauzon successeur d'Ulric , et en modéra les conditions qui étaient trop onéreuses ; de sorte que l'abbé de Saint-Mihiel n'était plus obligé de payer à l'évêque de Verdun que soixante sols , lorsqu'il arrivait du changement dans la monnaie. Pendant un voyage que Jean de Bourbon évêque de Verdun, fit en 1567 , les magistrats de la ville enle

ta nova cusa anno 1608. François de Lorraine en qualité d'évêque de Verdun , fit au mois de septembre 1629, un réglement sur le cours des monnaies; mais le commandant de la ville ayant menacé le procureur de l'évêché de casser son ordonnance de l'autorité du roi , s'il ne la révoquait , il la retira aussitôt. Le cardinal Jean de Lorraine, et le prince Erric, évêques de Verdun, renoncèrent en faveur du roi au droit de faire battre monnaie. L'église cathédrale de Verdun fut premièrement bâtie hors de la ville, sur une éminence, où est aujourd'hui la citadelle et l'abbaye de Saint-Vanne. Elle fut dédiée par saint Saintin, premier évêque de Verdun, sous l'invocation des apôtres saint Pierre et saint Paul. Au milieu du cinquième siècle, saint Pulcrône transporta le trône épiscopal dans la ville, et y bâtit l'église cathédrale en la place où elle est à présent, et la consacra à la SteVierge. Cette église fut brûlée vers l'an 740, du temps de saint Maldavé, qui la rétablit. L'évêque la commença de nouveau en 856; Bertrand son successeur l'acheva. Elle fut encore incendiée sous l'épiscopat de Dadon, par les Normands et par le duc Boson en 917. Dadon la rétablit ; mais elle fut détruite une quatrième fois par les Hongrois, sous l'évêque Barnoin, qui la fit rétablir en 928. L'évêque Heimon l'augmenta beaucoup en 955; mais elle fut brûlée une cinquième fois en 1050, sous l'évêque Thierri, par l'armée de Godefroy le Preux. Alors les chanoines ayant été obligés d'abandonner leur église et de s'absenter, les

vèrent du palais épiscopal les coins et les ! murailles et les voûtes de la cathédrale étant outils de la monnaie, et portèrent le tout! exposées aux injures du temps, furent en la maison de ville. Le duc Erric de entièrement ruinées. Cependant ce saint Lorraine, évêque de Verdun, fit battre temple quoiqu'ainsi abandonné, devint une petite monnaie d'argent en 1608, ' plus vénérablc qu'il n'avait été jusqu'aavec cette inscription : Erric. à Lothar. lors, par les miracles qui s'y firent, et Episcopus Comes Virdun, et sur le re-| par le concours d'une infinité de pélerins vers ses armes avec cette légende : Mone-| des provinces voisines; ce qui donna lieu

(1) Hist. de Verdun, p, 216.

à l'institution de la fête des miracles de la Sainte-Vierge, qu'on célèbre annuelle

« PrécédentContinuer »