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le défendre contre les ennemis de l'église de Toul. Le P. Benoît dans son Histoire des évêques de Toul, page 74, dit que les aventuriers conduits par Pierre de Bar, assiégèrent le château de Void vers les années 1572 et 1575, mais inutilement ; , il ajoute que Jean, duc de Lorraine, et Robert duc de Bar, furent aussi obligés en 1578, de lever le siége qu'ils y avaient mis. Le damoiseau de Commercy et le comte de Ligny ne furent pas plus heureux dans les tentatives qu'ils firent en 1585 , pour surprendre cette place. . En 1545 , l'empereur Charles-Quint envoya un corps de troupes Espagnoles dans l'évêché de Toul, avec ordre d'attaquer la forteresse de Void , si on leur en refusaitl'entrée(1). Le chapitre exact à observer la neutralité, ordonna au prévôt chanoine qui y commandait, de tenir bon. Les Espagnols tâchèrent de s'en rendre maitres par la force; mais la valeur du chanoine rendit leurs efforts inutiles. Le cardinal de Lorraine, le duc de Guise et le comte d'Aumale , envoyés de la part du roi de France, vers le même chapitre de Toul, le sollicitèrent vivement d'accorder la liberté d'y faire entrer garnison Française, mais ils trouvèrent dans les chanoines la même fermeté qu'ils avaient fait paraître lorsque l'empereur leur avait fait pareille demande.

Le comte de Lignéville en 1650, s'empara de la forteresse de Void, qui était ! défendue par quelques troupes Françaises, de la part du marquis de la Ferté. La même année, M. de la Ferté ayant été blessé au siége de Ligny, laissa le commandement de l'armée à Falkeistein , colonel Allemand, qui alla assiéger le château de Void , où le colonel Garnier commandait un corps de Lorrains,' qui se défendirent avec beaucoup de vigueur; mais Garnier ayant été pris la gar- ! nison fut obligée de se rendre prisonnière , de guerre.

(2) Hist. de Touf. p. 34. 634.

L'église paroissiale de Void est bâtie dans le château. Cette place, sur le pied où sont les choses, et de la manière dont on fait aujourd'hui la guerre , ne peut plus passer pour une forteresse de défense; elle est de forme quadrangulaire, flanquée de bonnes tours, avcc des fossés remplis d'eau. Il est croyable que ce château avait été bâti par les Romains , puisque les rois d'Austrasie de la première race le possédaient, et en firent présent à l'église de Toul. Sa situation sur la route de France le rendait important pour défendre l'entrée de ee royaume. Il est à quatre lieues de Toul et à une bonne de Commercy, à mille pas de la Meuse. L'évêque et les chanoines de Toul le possédèrent jusqu'à ce que les rois de France ayant soumis les trois évêchés sous leur obéissance, ont snpprimé toutes ces petites souverainetés qu'on voyait dans le pays. " Il y a dans l'église paroissiale de Void quelques chapelles érigées en titres de bénéfice. L'hôpital, dont le revenu est uni à celui de la ville de Toul. Il y a à Void trois papeteries: on y tient marché tous les samedis, et vingt foires par an; ce bourg contient plus de trois cents feux. Langort est un village ruiné, voisin de Void , dont il ne reste qu'une chapelle ou église, et le moulin nommé encore Langort. Laye, Layum , est un petit village du diocèse de Toul, entre Foug et Pargney

' sur-Meuse, à deux lieues de Toul, bail

liage de Commercy. L'église a pour patron saint Remy. Ce lieu se nomme ordinairement Lay-Saint-Remy-en-Hare, fort différent de Laye-Saint-Christophe près Nancy. Ourches ou Orcades près de Vaucouleurs. Voyez Ourches. Odelric ou Udalric fils de la comtesse Eve, était à ce qu'on croit de race royale, descendu de St. Arnoul, il est mort archevêque de Reims. VOID-D'ECLE (LE).— Est un village

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inal. VOINEMONT.— Voinemont, Venelümons, village du diocèse de Toul , à droite du Mâdon , une lieue au levant de Vézelise, bailliage de la même ville. L'église a pour patron St. Etienne. Lemainville est annexe de Voinemont , l'église a pour patron St. George. Marquisat d'Haroué. · VOINVILLE.—Voinville, ou Woinville, ou Wainville, village du diocèse de Verdun, deux lieues au levant de Saint-Mihiel, à la source du Madin , marquisat d'Heudicourt, bailliage de St.· Mihiel, cour souveraine de Nancy. St. Pierre est patron de cette paroisse. On compte en cc lieu environ trente habitanS. Un nommé Hugues Maulgarniz d'Apremont, fit un échange au mois de mai 1254, avec l'abbé Drogon et les religieux de St.-Mihiel, de tout ce qu'il possédait à Voinville. Beuve ou Beuvin, qui consomma l'établissement du collége de la Marche à Paris et qui l'augmenta, était né à Voinville. Il était avocat au parlement et recteur de l'université ; il fit bâtir le collége sous le nom de Guillaume de la Marche, fondateur et son ami. Il y établit six places de boursiers étudians , qui doivent être de Voinville, Buxières et Buxerulle. Beuvin mourut le 8 avril 1452 , et fut inhumé dans le chœur des carmes de la place Maubert. On dit tous les jours dans cette église une messe , pour le repos de son âme; et comme elle se dit dès le point du jour, on l'appelle la Messe du Cliquet. VOIVRE (LA).— La Voivre, en latin Vepria ou Webria, d'où l'on a fait Va

vrensis ou Vavrinsis, ou Vabrensis ou Vaprensis Pagus, le pays de Voivre. Ce pays est un des plus fertiles de la Lorraine, et s'étend du midi au nord, entre la Meuse et la Moselle ; il n'est point arrosé de grandes rivières, mais de plusieurs ruisseaux ou petites rivières , et a quantité de d'étangs très -poissonneux. On peut croire que le nom de Vepria, lui vient des halliers, ronces et épines , Vepris , dont ce pays était autrefois couVel't.

Mais aujourd'hui il est très-bien cultivé et contient un grand nombre de villes, de bourgs, de villages et forêts. Les plus remarquables des lieux renfermés dans l'étendue de la Voivre, sont : Apremont, Hattonchātel, Stenay, la Tour-en-Voivre, Malatour, Fresne-en-Voivre, Wigneulle--en-Voivre, Viéville, Woël, Aviller , Doncourt -- aux Templiers, Saulx-en-Voivre, Marcheville , Maizerez, Parey, Harville, Moulotte, Wadonville-en-Voivre, Conflans, Bellancourt , Bullion , Fleury en - Voivre, Essey, Nonsard, la Marche, autrefois Hatz , Saint-Benoit-en-Voivre, Norroy| sce, Dompaire-en-Voivre, Val-enVoivre , etc.

La Voivre est située entre le pays Verdunois, le Toulois, le Scarponois, le duché de Mosellane et le pays de Carmes; entre les rivières de l'Ottein ou Ostein, de l'Orne et du Cher. ll comprenait dans son étendue une partie du Toulois, du Verdunois, du comté de Castre, du Scarponois et du pays de Carmes; ainsi il n'est pas étonnant qu'il ait été partagé en deux comtés,

tre Louis-le-Germanique et Charles-leChauve en 870, il est fait mention des deux comtés de Voivre, Vavrenses Comitatus II. Ces deux contrées nous sont connues sous les noms de grande et petite Voivre. Dans un titre d'Adalberon évêque de Metz, pour l'abbaye de Gorze, de l'an 955, Dom-Martin est dit être situé dans le pays de Voivre: In pago Vavrinse

Dans le partage des provinces fait en-.

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Grimon, disciple de saint Paul évêque de Verdun , légua à l'église de Tholey, la terre de Frêne en Voivre. Hatton évêque de Verdun, enrichit son église en donnant aux évêques ses successeurs , une partie du comté de la Voivre, qui était de son patrimoine. Dans une chartre de l'empereur Charienmagne, la Voivre est qualifiée du titre de duché, et on y met Mooy et la forêt de Wavra, qui était près Stenay, et où l'on tenait que saint Dagobert avait été mis à mort. Les anciens titres parlent aussi de la forêt royale de Voivre, et de Foresta regia Ermandia, apparemment de la forêt nommée le Bois de la Reine, connue encore aujourd'hui près 1'abbaye de Rengéval , au midi de la V , v, e ( n o ut consulter M. Adrien Valois : Notitia Galliarum au titre Vabrensis pagus.

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La Voivre comprend la partie du Barrois, qui renferme les bailliages d'Etain, Brier, Longuyon et Viller - la - Montagne. On trouvent plusieurs lieux qni portent le nom de Voivre : comme sont la Voivre, village du ban d'Urbache, sur la Meurthe, une lieue et demie au-dessous de SaintDié, du district de l'abbaye de Moyenmoutier, annexe de la paroisse d'Urbache, bailliage de Saint-Dié, cour souveraine de Nancy. La Voiore, cense , qui appartient à l'abbaye d'Autrey, communauté de Glonville. La Voivre, autre cense, communauté de Charmes. " La Voivrelle, village de la mairie de Ste-Marguerite, et de la paroisse de Coinche, une lieue et demie au sud-est de St.Dié, du district ecclésiastique et bailliage de la même ville. VOMECOURT. — Vomécourt, Vol mericuria, village du diocèse de Toul, bailliage d'Epinal, cour souveraine de Nancy, à une lieue de Remberviller. L'église a pour patron St. Martin ; seigneur, le roi. Dépend Xaronval, village sur le Coulon, une lieue et demie au couchant de Charmes, à deux lieues de Mirecourt. Il y a une église dédiée à saint Nicolas. L'ancien nom de ce village est Charonvaux, et on prononce Charonval : il y a une chapelle au-dessous du village. Le savant père Nicolas Abram jésuite , naquit à Xaronval, en 1589. Bailliage de Charmes, cour souveraine de Nancy. Dépend Pont-sur-Mädon, village au pied duquel coule la rivière de Madon, une lieue et demie au-dessous de Mirecourt, . bailliage de la même ville; il y a un OTalOlre. Dépend encore Bétoncourt, village sur le \ âdon , à une lieue de Mirecourt, même bailliage, cour souveraine de Nancy. Seigneurs, le roi et le chapitre de RemireIIhOnt.

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Vomécourt-sur-Mâdon, village près de Girecourt; sept lieues au nord-est de Darney. Ce village est du diocèse de Toul ; une partie de Vomécourt est de la juridiction du bailliage de Darney, l'autre partie est de la prévôté commune de Dompaire. VOGE, oU VOSGE, ou VAUGE (LA).

ment ordinairement ce pays Vosagus, et les modernes Vogius, ou Vôge, dit Richerius, moine de Senones (1). Nous trouvons le Dieu Vogius, dans une inscription antique, qui se voit à Tarquinpol. On le nomme encore Vogcsus ou Vosagus saltus. Qn trouve encore que les anciens ap

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dans toute l'antiquité sacrée et profane.' Jules-César la nomme montagne de la Gaule Belgique (1), aux confins des Lingones, ou pays de Langres; il ajoute que la Mcuse prend sa source dans cette montagne : Mosa profluit ex monte Vogeso, qui est in finibus Lingonum. Lucain dit de même que les montagnes de Vôge étaient tenues par Langrois: Deseruere cavo tentoria fixa Lemano , Castraque quae Vogesi curvam super ardua rupem Pugnaces pictis cohibebant Lingonas armis (2). Il n'y avait alors aux environs de la Vôge aucune ville de réputation que Langres. Les anciens nommaient ordinairement ce pays Vosagus, ou Vogesus, ou Wosegus mons. Cluvier prétend que l'on doit lire Vosegus au lieu de Vogesus. Cellarius au contraire , croit qu'il faut préférer la leçon qui lit Vogesus, fondés l'un et l'autre sur les manuscrits ; mais · nous croyons qu'on ne doit point préférer une orthographe à l'autre , les preuves étant à peu près d'égale force pour Vogesus ou pour Vosegus. Dans le moyen àge on disait Vosegus ou Vosagus, comme nous le voyons dans ce vers de Venance Fortumat, l. 7, Carm. 4. Ardenna an Vosagus cervi, caprœ, Helicis ursi, Cede sagittifera silva, fragore tonat ? Hanc Terram antiqui Vosagum , moderni Vogium dixerunt : les anciens nom(1) Caesar. de Bello Gall. l. 4 c. 1o.

(2) Lucan. lib. 4.

gum, Saltum Vosegum, Vosegi Saltum atque Secreta : Eginardus, in Annalibus / osagi lustra, ac Vosagi latissimam vastitatem. Nithard l'appelle Wasagum , lib 5. Quclquefois on lui donne le nom de solitude, de désert, Eremus. Jonas , dans la vie de St. Colomban l'appelle Eremum vastam Vosagum , et aspera vastœ solitudinis scopulosaque loca, in quibus solae ferae , ursi, bubali, lupi frequentes tvidebantur. Les allemands nomment la Vôge Das Wadgaw. La Vôge est d'une très-grande étendue. On lui donne plus de cinquante lieues de longueur du midi au nord , en la commençant à Bâle, et la terminant à Mayence ou à Trèves. La Meuse, la Moselle, la Sâre, l'Ill, la Bruche, la Saône, la Meurthe, plusieurs autres moindres rivières, et une infinité de ruisseaux, ont leurs sources dans les montagnes de ge : une partie de ces fleuves et rivières portent leurs eaux dans l'Océan , les autres dans la Méditerranée. Ce pays est quelquefois nommé dans les titres les Alpes d'Alsace, parce que les montagnes de Vôge séparent l'Alsace de la Lorraine, et du comté de Bourgogne, comme les Alpes séparent les Gaules de l'Italie : voyez le traité de mariage d'entre Cqn

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bêtes sauvages que des hommes, tout couvert de bois et de forêts immenses , érissé de rochers , inondé d'eaux croupissantes , qui en rendaient l'accès et l'habitation presque impraticables , rempli d'ours , de bœufs-sauvages, de cerfs, et de toutes sortes d'animaux et de reptiles. Quelques solitaires qui s'y retirèrent vers ce temps-là , y attirèrent peu à peu des imitateurs de leur vie retirée, qui commencèrent à défricher ces vastes forêts ; ils y fondèrent des maisons religieuses, dont la sainteté engagea les peuples voisins à venir défricher ces cantOIlS. Ces choses sont bien changées de face depuis le septième siècle. Ce pays au-, trefois si inculte, est aujourd'hui habité, cultivé, défriché, rempli d'abbayes trèseélèbres, de villes, de bourgs, de villages, de hameaux , et d'une infinité de censes et de métairies, qui le rendent un des meilleurs cantons de la province. On y voit des eaux chaudes , à Bains, à Plombières , à Luxeuil, dont l'usage est très - salutaire pour plusieurs maladies : il y a encore des eaux ferrugineuses, comme à Stülzback, à Moyenmoutier, à Senones et ailleurs, qui ne sont pas moins utiles et salutaires ; des mines d'argent, de fer et de cuivre : dans le Val de Ste-Marie-aux-Mines, et ailleurs, il se fait un commerce très-considérable de bois de chêne et de sapin, de bœufs, de laitage, etc. Ce qui fait le principal ornement du pays de Vôge , sont un grand nombre d'abbayes fameuses, dont la plupart ont subsisté avec splendeur : telles sont les abbayes de Luxeuil, Remiremont , Epinal, devenues chapitres de chanoimesses nobles ; Saint-Dié, autrefois abbaye, devenue insigne collégiale ; Senones, Moyenmoutier, Etival , Bonmoutier ou Saint - Sauveur, depuis transférée à Domèvre ; Murbach , dont l'abbé était honoré du titre de prince du SaintEmpire ; ... Munster - en - Grégorienthal,

Pairis, Haute - Seille, Offônville, â

présent ruinée ; Andlaw , devenue chapitre de nobles chanoinesses , dont l'abbesse est princesse du Saint - Empire ; Haslach, Saint - Quirin, Porsay , ou Poussey, chapitre de nobles chanoinesses, etc : Les villes de Luxeuil, Remiremont, Saint-Dié, Remberviller, Badonviller, Baccarat, Bruyères, Epinal , Senones , Munster, Kaysersberg, Arches, Châtelsur-Moselle, Munster, Turkeim, SainteMarie-aux-Mines, Gebviller, Thaun , Stulzbach, ct une infinité d'autres; surtout dans la partie orientale de ces montagnes, comme : Saverne, Berkeim, Andlaw, Bar, Obernheim , Phalsbourg, Sarverden, Bitche, Sarrebourg, Dasbourg ou Dabo, Lutzebourg, etc. Les montagnes de Vôge donnent le nom à une province dn duché de Lorraine, qui en comprend la plus grande partie des frontières méridionales : elles le donnent aussi à un archidiaconé du diocèse de Toul ; c'est le cinquième de ce diocèse. Il est fait mention de l'archidiaconé de Vôge, dès le treizième siécle. Cet archidiaconé est partagé en quatre doyennés, savoir : Remiremont, Epinal , Jorcey et Porsas, ou Poussay. On connait encore une autre forêt nommée Vosge, Silva Vosagus, dans le diocèse et le territoire de Laon, où est bâtie la fameuse abbaye de prémontré chef de cet ordre. Nous terminerons cet article de la Vôge par quelques remarques rapportées à la fin du dernier tome du dictionnaire géographique, de M. de la Martinière de l'édition faite à Dijon en 1741. Selon l'auteur de ces remarques, les montagnes de Vôge commencent du côté de Mirecourt et de Charmes en Lorraine, d'où tirant au sud-est jusqu'à Belfort, elles se recourbent tout d'un coup , après avoir embrassé les sources de la Moselle, du côté du nord, jusques vers Coblentz , où ces montagnes sont terminées par le confluent du Rhin et de la Moseile. Cette chaîne de montagnessépare comme

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