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des matrones revêtues d'habits royaux , et dont les cheveux, pendans jusqu'audessous de la ceinture, étaient brillans comme l'or. Il y avait aussi quatre cercueils, où reposaient quatre petits enfans couverts du lin le plus fin. Ces vingt-six tombeaux étaient accompagnés de leurs épitaphes , ou inscription : mais d'une écriture si antique et si usée, qu'il était impossible de la lire. Après une mûre délibération, il fut résolu de mettre tous ces corps ensemble dans un même tombeau, sous une tombe de marbre blanc, placée au milieu du chœur, avec le récit abrégé de tout ce qui avait été découvert. On peut voir tout ceci dans Meurisse, Histoire de Metz, pag. 29, 50. En particulier on y a mis l'épitaphe de la reine Hildegarde, qui contient son éloge en termes pompeux, et assure que son corps reposait en l'église de St.-Arnoû l'an 1259. On y voyait en tout sept épitaphes , qui sont rapportées dans la Chronique de Philippe de Vigneule, écrite vers l'an 1545. Le même Philippe de Vigneule, dans sa Chronique manuscrite, fol. 142, 145, 146, 147 et suivans, décrit au long une inscription qui se voyait auprès de la statue de la reine Hildegarde. Il rapporte aussi les épitaphes qui étaient dans l'église de Saint-Arnoû, des empereurs , rois et princes qui y étaient enterrés, et qui s'y voyaient de son temps. Il est mort avant la destruction de l'abbaye de St.-Arnoû. Il marque en particulier l'épitaphe de Louis-le-Débonnrire, et de la reine Hildegarde, folio 157, verso et 158 I'eCtO. Vigneule les rapporte traduits en mauvais français ; mais le cardinal Baronius dans son onzième tome imprimé en 1605 les rapporte en latin, et dit les avoir reçus de Metz, par une personne qui les avait tirés des ruines de l'abbaye de St.-Arnoû. Je soupçonne que le R. P. Sirmon, jésuite, les lui avait envoyés de Metz ; elles sont au feuillet 795 du supplément du tome xI de Baronius, où on

peut les voir. Il croit que l'épitaphe de la reine Hildegarde, est de la façon d'Alcuin, de même que celle des princesses Hildegarde et Adélaïde , filles de Charlemagne et de la reine Hildegarde. On ne doutait pas alors que leurs corps ne fussent enterrés à S.t-Arnoû, et qu'ils n'y reposassent au quinzième siècle. On y lit lit que Hugues , comte de Chaumontois, et la comtesse Eve , son épouse, y reposent. Conjuge cumque suá,junctus et Hugo comes; et encore, Evaque Caumontis comes, et natus uterque. Cependant nous savons que la comtesse Eve, fondatrice du prieuré de Lay - saint-Christophe, avait choisi sa sépulture dans l'abbaye de Bouxières - aux-Dames; il est croyable qu'elle changea de sentiment, ou qu'on n'exécuta pas sa dernière volonté, car on n'a aucune connaissance qu'elle repose à Bouxières-aux-Dames. A l'égard de son fils Udalric, archevêque de Reims, on ne doute pas qu'il ne repose en son église cathédrale.

Abbaye de St.-Vincent.

L'abbaye de St. - Vincent fut fondée dans un île de la Moselle, joignant la ville de Metz, en 968 par Thierri I du

nom , évêque de Metz ; c'est la seule des

abbayes de cette ville, qui n'ait pas été déplacée ; elle est encore an même lieu où elle fut fondée. Mais la ville s'étant beaucoup accrue du côté du nord, elle se trouve aujourd'hui assez avant dans l'enceinte de la ville, surtout depuis les changemens qui y ont été faits les années dernières par M. le maréchal de Belle-isle. L'évêque Thierri ayant jeté les fondemens de l'église de Saint-Vincent, donna la conduite de sa construction à Ogilbert, abbé de Gorze ; l'évêque Thierri bâtissait en même temps la nef de sa cathédrale. Dans le voyage qu'il fit en Italie, avec l'empereur Othon II, en 969, il ramassa un très-grand nombre de reliques, dont il enrichit sa nouvelle abbaye; on en peut voir le détail dans la Chronique de Sigebert de Gemblours, et dans la vie de notre évêque, écrite par le même auteur. . En 1248, Guarin, abbé de Saint-Vincent, fit renverser l'ancienne église bâtie par l'évêque Thierri, et bâtit en sa place le temple magnifique que nous y voyons. Anciennement avant les commandes, les abbés réguliers de Saint-Vincent, avaient droit d'officier en habit pontificaux à la ca' 1hédrale de Metz, aux deux fêtes de saint Etienne, savoir : le lendemain de Noël, et le troisième d'août, jour de l'invention du même saint (1). Outre Ies précieuses reliques qui se voyent à Saint-Vincent, on y remarque encore quelques ouvrages manuscrits de Sigebert de Gemblours, qui a long-temps - présidé aux écoles de cette abbaye. On y montre aussi la chape ou chasuble violette, dans laquelle l'évêque Thierri · fut enterré, et qu'on trouva saine et entière dans son tombeau, lorsqu'on l'ouvrit plus de 500 ans après. On dit même (2) qu'on s'en est quelquefois servi le jour de son anniversaire , qu'on célèbre solennellement à Saint-Vincent. Cette abbaye est sans affectation, magnifique sans ostentation , ayant une bonne bibliothèque qui se perfectionne de jour en jour. Abbare de Saint-Symphorien. L'abbaye de Saint-Symphorien était autrefois située hors des murs de la ville de Metz, au midi de cette ville, sur le penchant d'une colline fort près de la Moselle, et de la prairie. Ce fut Pappole, vingtneuvième évêque de Metz, qui gouverna cette église depuis l'an 608, jusqu'en 614,

(1) Philippe de Vigneule, chroniq. mss. fol. 376, dit qu'en 1376, l'église de l'abbaye de Saint Vincent, fut consacrée par Thierri Bayer de Boppart, évêque de Metz. Et qu'eh 1395, elle fut brûlée, les trois clochers consumés par les flammes. Èt les cloches refondues dans la grande semaine de †

(2) Chroniq. générale de saint Benoit, t. 5,

g. 254.Nous avons vû quelque chose de semblable ci-devant, dans l† de la collégiale de Saint-Sauveur. Voyez ce que j'ai dit sur ce sujet dans l'article de Théoderic, en la Bibliothèquc lorrainc.

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qui la fonda et la dédia sous l'invocation des saints Innocens, et y choisit sa sépulture. On croit qu'il la dota de ses biens patrimoniaux. On y découvrit son tombeau en 1515, sous les ruines de ce monastère, qui fut détruit par les Normands au neuvième siècle, de même que la plupart des autres églises des environs de Metz ; elle ne fut rétablie que vers l'an 992, par l'évêque Alberon II, qui y déposa les reliques de saint Symphorien, martyr d'Antun, dont elle a toujours depuis porté le nom. Il y établit pour abbé, saint Fingerius, Hibernois de nation, qui y fit venir des moines-bénédictins de sa patrie.

En 1056, Adalberon III, évêque de Metz (1), rétablit l'église d'Equigni, qui était ruinée, et la donna à Richer, abbé de Saint-Symphorien de Metz, pour y mettre des religieux et y faire l'office divin.

Ce monastère fut de nouveau ruiné de fond en comble , par ordre des magistrats de Metz, le vingt-neuf septembre 1444, pour se mettre en état de défense contre le roi Charles VII, le roi de Sicile et duc de Lorraine René II, et le Dauphin qui vinrent assiéger la ville. Jean Notari qui en était alors abbé, se retira avec sa communauté dans la ville, où ils commencèrent à bâtir un nouveau monastère en 1481. Cette nouvelle église était d'une grandeur et d'une magnificence qui ne le cédait de guères à la cathédrale ; elle était située à un endroit des plus beaux et des plus élevé de la ville, joignant la Haute-Pierre et la paroisse du petit Saint-Hilaire. Mais en 1561, l'église et ce monastère furent de nouveau renversés à cause du voisinage de la citadelle qu'on bâtit alors. Les religieux furent obligés de se retirer dans l'Hôtel de Baudoche, qu'ils achetèrent. lls y ont depuis peu bâti une fort jolie Eglise ; mais les religieux y sont logés fort à l'étroit. Je n'y connais aucune antiquité remarquable, sinon quelques manuscrits, entr'autres un fort beau pontifical.

(1) Meurisse, histoire de Metz, p.363.

L'abbaye de Saint-Symphorien embrassa rent dans la ville le corps de leur saint pala réforme de saint Vanne en 1654, elle a tron, et de plusieurs autres évêques de produit anciennement quelques écrivains Metz, qui avaient été inhumés dans leur

ecclésiastiques , dont nous avons fait men-
tion dans nos hommes illustres.
Abbaye de Saint-Clément. .

. Cette abbaye était autrefois hors les murs
de la ville de Metz au midi. Elle doit son
origine à une chapelle que saint Clément
bâtit en l'honneur de saint Pierre , dans
l'arène ou dans l'amphithéâtre de la ville,
et où il fut enterré de même que plusieurs

église, et les déposèrent dans le prieuré | des religieuses de Notre-Dame § Vi| gnette, dite des Pucelles, qui leur fut donné par le cardinàl Robert de Lenoncourt, évêque de Metz. Mais comme cet emplacement était trop petit , le roi leur fit donner dans la rue de Pontifroy, une grande maison nommée la Licorne, où ils se sont bâti très-proprement; ils ont aché

de ses successeurs évêques de Metz. , vé, il y a quelques années, leur église

On lisait autrefois sur le portail de Saint- , qui est magnifique, de même que le reste Pierre-aux-Arènes, ou Saint-Pierre-aux- de leur bâtiment. Champs, ces vers : Prima sedes veni, Prima fides potui Prima Missœ celebratio, et serpentis ejec- de Metz.

tio. . · L'abbaye de Saint-Martin-aux-Champs,

Saint Urbain, évêque de Metz, vers'située près la ville de Metz, au-delà de la I'an 596, bâtit au même lieu une petite Moselle , et à l'occident de ce fleuve. On . église, en l'honnenr du martyr saint Félix croit que saint Sigisbert, roi d'Austrasie, de Nôie, et y mit, dit-on, quelques clercs la fonda en 648; mais on sait que dès l'an pour la desservir; elle était déjà en cet état 617, il y avait en ce lieu une église dédiée en 958, sous l'évêque Adalberon III , qui à saint Martin, dans laquelle saint Romaen rebâtit l'église, et y remit les religieux ric alla faire sa prière, après àvoir été requi s'étaient retirés à Luxeuil, depuis en- buté par Aridius, évêque de Lyon. Saint viron quarante ans. | Sigisbert y choisit sa sépulture, èt Dieu

Abbaye de Saint-Martin, près la ville

Heriman, évêque de Metz, en 1090, ayant levé de terre le corps de saint Clément, auquel jusqu'alors il ne paraît pas ' qu'on ait rendu un culte public, et l'ayant exposé à la vénération du peuple dans la cathédrale, le rapporta ensuite dans l'église où il avait reposé jusqu'alors, ce qui donna lieu au changement de nom de ce monastère, qui, au lieu de Saint-Félix, fut surnommé de Saint-Clément.

Le premier abbé du monastère de SaintFélix, qui nous soit connu, fut saint Cadroë, qui fut établi par Adalberon III, et mourut après trente-deux ans de gouvernement, vers l'an 978 : saint Fingenius lui succéda, ils étaient tous deux Hibernois. Lors du siége de Metz, par l'empereur Charles V, en 1552, cette abbaye subit le même sort que les autres églises qui étaient hors des murs de la ville. Elle fut ruinée et renversée, et les religieux transportè

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opéra plusieurs miracles à son tombeau. L'abbé Sigelaüs, qui vivait en 841, fut prié par l'empereur Lothaire, de lui écrire le plus proprement qu'il lui serait possible, le livre des évangiles. Sigelaüs obéit, et l'empereur fit présent de ce livre au même monastère, et voulut être inscrit aü nombre des religieux de Saint-Martin. Dans la suite les religieux ajoutèrent au livre des évangiles, tout l'ancien Testament, et présentèrent tout l'ouvrage à l'empereur Charles-le-Chauve, qui en fit présent à la cathédrale de Metz, dont le chapitre le donna en 1675, à M. de Colbert, qui le conserve précieusement dans sa bibliothèque. C'est peut-être la plus belle Bible qui soit dans l'Europe; c'est le frontispice de cette Bible, que M. Baluze à fait graver dans le deuxième tome des Capitulaires des rois de France, pag. 279, où l'on voit en miniature les abbés et les reli

gieux de Saint-Marsin, qui présentent cet ouvrage à Charles-le-Chauve. Les ducs de Lorraine se sont dit fondateurs de l'abbaye de Saint-Martin-lez-Metz, et ont prétendu être en droit d'en donner aux abbés, l'investiture, par la crosse, le ' calice et le livre des évangiles , sans aucune dépendance ni des papes, ni des évêques; mais cette abbaye était fondée et subsistait long-temps avant qu'il fut question des ducs de Lorraine ; ils n'ont eu d'autorité dans l'abbaye de Saint-Martin , que depuis qu'ils sont devenus ducs de Bar, et en cette qualité avoués et défenseurs de l'abbaye de Saint-Martin. Mais cette qualité d'avoués ne leur donnait pas le pouvoir d'investir les abbés de la manière dont nous venons de parler. C'est néanmoins ce qui a occasionné la ruine totale de ce monastère. Car Nicolas Chaillot ayant été élu abbé de Saint-Martin en 1422 , l'esprit de discorde se glissa entre lui et ses religieux; et Chaillot ayant fait transporter à Metz en 1427, une hotte pleine de pommes cueillies dans son jardin, les religieux donnèrent avis de ce transport aux officiers du duc de Lorraine, dont l'abbaye et le bourg de Saint-Martin relevaient. Ces officiers demandèrent plusieurs fois au nom de leur maitre, qu'on leur payât certains petits droits, qu'ils pré' tendaient leur être dûs, à cause de la sortie des états de Lorraine, et de leur entrée en la ville de Metz ; les magistrats de la ville en défendirent le paiement. Les esprits s'aigrirent, et on prit d'abord du bétail les uns sur les autres, puis la guerre s'alluma. Et en 14..., les magistrats de Metz ruinèrent le monastère et le bourg de Saint-Martin, sans y laisser autre chose que les deux églises : celle de l'abbaye et celle du bourg. Ce fut alors que le duc de Lorraine en 1428, fit enlever le corps de saint Sigisbert de l'abbaye de Saint-Martin , et le fit transporter dans l'église du prieuré de Notre-Dame de Nancy. En 1444, les restes de l'abbaye furent entièrement ruinés par les Messins ; et en 1552, à l'occasion du siége de Metz, ce qui avait

échappé, ou qui avait été rétabli, fut de nouveau renversé. Enfin en 1605 , le titre de cette abbaye fut entièrement supprimé, et les biens de même que ceux du prieuré de Notre-Dame de Nancy , furent unis et incorporés à la Primatiale de la même ville. Richer, abbé de Saint-Martin de Metz, qui vivait en 1155, et était abbé de SaintMartin et de Saint-Symphorien , décrit l'église de son abbaye, comme la plus belle qui fut alors à Rome, à Jérusalem, à Antioche et à Constantinople. Il dit qu'elle était soutenue de six-vingts colonnes, que sa longueur était de cent-soixante pieds, sa largeur de soixante, sa hauteur de cinquante-quatre; qu'elle était percée de huit portes et de soixante et dix fenêtres. Sainte-Croix en Bures. Si l'on veut savoir par qui, quand et comment la relique de Sainte-Croix fut apportée au monastère de Sainte-Croix en Bures, près la ville de Metz , on peut voir la chronique de Philippe de Vigneule, fol. 207, 208, 209. Il dit qu'un jeune Flamand étant allé par dévotion à Jérusalem, et y ayant demeuré environ trois ans auprès du patriarche, en obtint une partie de la vraie Croix richement enchâssée, dont il fit présent à son retour à un nommé Robert, qui gouvernait alors l'abbaye de Bures, près la ville de Metz. Cette abbaye ne subsiste plus aujourd'hui ; elle était bâtie dans la campagne au voisinage de Metz au midi. Ensuite les premiers habitans de ce monastère qui se disaient solitaires de l'ordre de Saint-Eloy, évêque de Noyon, embrassèrent l'institut de saint Norbert, et cédèrent leur de- . meure à des dames religieuses de l'ordre de Prémontré , dont le monastère fut nommé la Grange-au-Dames. Pour eux ils s'établirent en un lieu nommé Bures, ou Sainte-Croix, fort près de la ville de Metz. Quelque temps après une dame nommée Euphémie leur ayant donné sa terre de Justemont, Zacharie, abbé de Bures, y commença un monastère, et donna aux

religieuses de la Grange-aux-Dames, le monastère de Bures, où elles se retirèrent pour se garantir des inondations dc la Moselle, qui les mettaient souvent en danger.

Lorsqu'on bâtit la citadelle de Metz, on renvcrsa l'abbaye de Sainte-Croix ; et les pères Prémontrés qui n'avaient pas voulu quitter ce lieu pour aller à Justemont, se retirèrent dans la ville, en une maison qui leur appartenait. On en fit d'abord un collége, ensuite on la céda aux R. P. jésuites qui en prirent possession le 25 avril 1622.

Pour les religieuses de l'ordre des prémontrés, qui avaient autrefois plusieurs établissemens en Lorraine et dans les trois évéchés, elles n'ont subsisté en aucun endroit dans ce pays-ci.

Templiers à Metz.

On assure que la maison des Templiers à Metz (1), était située en l'endroit où est aujourd'hui la citadelle.

L'ordre des Templiers ayant été supprimé par l'ordonnance du concile général de Vienne en Dauphiné, tenu en 1511 , leurs biens furent donnés partie aux chevaliers de Sainte-Elisabeth de Hongrie, et partie aux chevaliers de Saint-Jean de Rhodes, nommés aujourd'hui chevaliers de Malte. On bâtit pour ces deux ordres de chevaliers, deux maisons ou commanderies dans la ville de Metz, l'une proche les murs de la ville en un des vieux châteaux de la première fondation de Metz, et l'autre en un lieu nommé Chambre, pour toute la province de par-deçà. Ce lieu est situé au bas de la cathédrale, et conserve encore aujourd'hui, le nom de Chambre, parce qu'il fut destiné à servir de chambre ou de demeure à tonte la province de Saint-Jean de Rhodes, située en-deçà du Rhin.

Abbaye de Pontifroy.

L'abbaye de Pontifroiy, fut fondée dans

la ville de Metz, par un particulier nommé

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Louvion et une bonne veuve (1) nommée Ponce, pour l'ordre de Citeaux. Ils y donnèrent des biens suffisamment pour y entretenir un abbé et douze religieux, qui devaient toujours être tirés de l'abbaye de Villers-Betnach. Philippe de Vigneule (2) écrit que Jean Louvion, fondateur de l'abbaye de Pontifroy , avait un fils nommé Aubert, qui s'étant fait religieux à Villers-Betnach, son père pour le retirer auprès de lui, fonda et bâtit l'abbaye dont on vient de parler, dans l'espérance qu'Aubert son fils en serait le premier abbé. Toutefois ce religieux n'en profita guère, comme il parait par un livre, où est écrite la vie de tous les abbés, qui depuis 1520, ont gouverné ce monastère.Ce livre se conserve dans l'archive de Betnach, dit Philippe de Vigneule. Les fondateurs s'étant adressés en 1520, ou 1521, au pape Jean XXII, pour obtenir la confirmation de cet établissement, il les renvoya, par son bref, à Henri Dauphin, évêque de Metz, pour leur accorder les fins de leurs demandes, avec un privilége de droit de sépulture; cc qui leur fut accordé par l'évêque. Les biens de ce monastère ayant été dissipés, il est réduit depuis assez long-temps, . à un simple abbé nommé par le roi, et l'abbaye a été entièrement ruinée en 1565, pour la défense de la ville. L'abbé et les religieux furent alors transportés d'auprès du Pontifroy , où leur monastère était situé , dans une maison joignant la paroisse Saint-Georges, que le roi acheta de l'abbé de Justemont; il leur fut permis de se servir de l'église de cette paroisse, pour y faire le divin service, à condition néanmoins que le service de la paroisse n'en pourrait être empêché. Abbaye de Saint-Pierre à Metz. L'abbaye de Saint-Pierre-aux-Nonains de Metz, fut fondée au sixième siècle par Eleuthère, duc des Français, qui y donna

(1) Il y en a qui croyent que Ponce était femme de Louvion.

(2) Philippe de Vigneule Chroniq. fol. 3o8.

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