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Hist. App.
22 mai. France et Turquie. — Ouverture, à Paris, des

Conférences au sujet des Principautés danu. ,

biennes.

11 juin. France. – M. Delangle est nommé ministre de

l'intérieur.

204 11

15 France et Turquie. — Massacre des Européens de Djeddah. 220 »

24 juin, Nomination du prince Napoléon au ministère de

l'Algérie.

244 237

27 - France et Grande-Bretagne. Prise des forts de

Peï-Hô, en Chine.

225 »

30 - Espagne. — Formation d'un cabinet présidé par

le comte de Lucena (O'Donnell).

12 juillet. France et Taiti, - Ouverture de la session par la
reine Pomaré.

272 »

13 - France. — Exposition de Limoges; discours du

prince Napoléon.

232 »

5 août. France. — L'Empereur à Cherbourg.

208 335

France, – Fête de l'Empereur ; toasts remarqua-

bles : MM. Haussmann, Piétri.

231 »

France, Grande-Bretagne, etc. — Convention

pour l'organisation des Principautés danu-

biennes.

216 56

26 - Turquie. - Halti-scheriff relatif à l'état actuel

des finances.

303 >

Fin août. Russie. — Ratification du traité conclu avec la

Chine.

421

9 octobre. France et Chine. — Convention entre les deux

empires, conclue par le baron Gros.

228 »

20 - Prusse. Session extraordinaire ouverte par le

prince de Prusse, appelé à la régence. 358 267

30 - France et Portugal. – Affaire du Charles et

Georges : lettre de l'Empereur.

262 311

1 novembre. Sate. — Mise en vigueur d'un nouveau système

de poids et mesures.

369 273

décembre. Discours d'ouverture de la session, par la Reine. 517 »

6 -

États-Unis d'Amérique. – Message du prést.

dent Buchanan.

617 314

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HISTORIQUE UNIVERSEL

POUR 1858.

PREMIÈRE PARTIE.
HISTOIRE DE FRANCE.

CHAPITRE PREMIER.

Attentat à la vie de l'Empereur. – Détails; victimes. – Discours et adresses des corps constitués. — Le'complot avait-il été tramé à l'étranger? — Négociations internationales à propos de cet acte. — Politique nouvelle à l'intérieur : arrestations; suppression de journaux; rapport de M. Billault. - Ouverture de la session : discours de l'Empereur. - La France divisée en cinq grands commandements. — Le général Espinasse, ministre de l'Intérieur et de la Sureté générale. Message relatif à la Régence et annonce de l'institution d'un Conseil privé. — Note du Moniteur au sujet des mesures de sûreté générale. Présentation au Corps législatif d'un projet relatif à la même matière. - Amendements de la Commission. - Discussion au sein du Corp législatif; adoption : minorité de vingt-quatre voix. - Circulaire du général Espinasse au sujet de son avénement au Ministère. — Proje de loi ayant pour objet d'assurer le sort des victimes du 14 janvier. Amendement; adoption.

L'année qui venait de s'écouler avait vu s'aplanir ou au moins écarter la plupart des difficultés léguées par le passé. Au dehors, les questions pendantes depuis le traité de Paris avaient été résolues par la diplomatie; la prise d'armes dont Neuchâtel avait été le théâtre avait également, grâce à l'intervention conciliante des puissances, abouti à un dénoûment pacifique. A l'intérieur, les élections avaient de nouveau in

diqué les tendances du pays; et rien ne semblait devoir troubler la marche habituelle des affaires, quand un sanglant attentat vint effrayer la France et eut à l'étranger un long retentissement. Le 14 janvier au soir, au moment où l'Empereur et l'Impératrice arrivaient à l'Opéra, trois détonations provenant de projectiles creux se firent entendre; ni le chef de l'État ni son auguste compagne ne furent atteints , seulement le chapeau de l'Empereur fut percé, et le général Roguet, qui se trouvait sur le devant de la voiture, fut légèrement blessé à la nuque. Un nombre considérable de personnes qui stationnaient devant le théâtre, des soldats de l'escorte et de la garde de Paris furent atteints ou blessés mortellement : les deux chevaux de la voiture impériale furent tués. On comprend l'émotion produite par un tel événement. Les adresses et discours des divers corps constitués en durent porter l'empreinte. Ce fut le nonce du Saint-Siége qui se fit l'organe du corps diplomatique. « Sire, dit à son tour le Président du Sénat , les dynasties ne se fondent pas sans épreuves, et nous savons combien furent difficiles et troublées les six premières années de la glorieuse Maison qui règne en Angleterre avec tant de solidité. Chez nous, ce n'est pas de la France que viennent les complots, de cette France qui vous a donné trois plébiscites, et qui a répondu à tous vos appels... L'esprit révolutionnaire, chassé de France, a élu domicile au dehors et s'est fait cosmopolite. C'est de ces citadelles extérieures, dressées contre l'Europe, au milieu de l'Europe même, que sont envoyés des sicaires fanatiques chargés de lancer le fer et le feu sur le prince qui porte de son bras puissant le bouclier de l'ordre européen. » C'était la vérité dite en des termes plus métaphoriques peut-être que ne le comportait la circonstance. En effet, on avait acquis la certitude que cette hideuse tentative d'homicide avait été perpétrée à l'étranger. L'éminent jurisconsulte parlait ensuite nettement la langue du droit des gens, en ajoutant que ces implacables révolutionnaires, foulant aux pieds tous les devoirs de l'hospitalité, avaient mis en commun leurs fureurs de destruction. « On ne voyait pas pourquoi les gouvernements et les peuples ne se prèteraient pas, pour la légitime défense, le secours d'un appui solidaire. » Le président du Corps législatif se plaçait au même point de vue que M. Troplong, en disant que « les populations voyant d'aussi abominables attentats se préparer au dehors, se demandaient comment des gouvernements voisins et amis étaient impuissants à détruire ces laboratoires d'assassinats, et comment les saintes lois de l'hospitalité pouvaient s'appliquer à des bètes féroces. »

C'est qu'une grave question de politique extérieure venait de surgir du misérable attentat qui avait épouvanté Paris et l'étranger lui-même, car tous les souverains se sentaient menacés dans la personne de Napoléon III, et en même temps on savait déjà que le crime du 14 janvier, préparé en Angleterre, avait trouvé en Belgique des sympathies, et l'on supposait qu'il avait des ramifications en Suisse, en Piémont. Les années précédentes, le cabinet des Tuileries avait témoigné aux gouvernements limitrophes ses inquiétudes au sujet de l'abus que faisaient du droit d'hospitalité, en ce qui le concernait, certains réfugiés ou ennemis politiques. Cette fois, les inquiétudes étaient trop justifiées ; le moment était donc venu pour le gouvernement de Napoléon III d'inviter les autres cabinets à faire cesser un état de choses qui mettait en péril le repos de l'Europe entière. Évidemment, la question ne pouvait être portée que sur un terrain, celui de la légalité, et c'est ce que fit avec une ferme modération le cabinet des Tuileries.

« C'est pour nous un sujet de regret national, si ce n'est de honte nationale, disait le journal le plus accrédité d'au delà du détroit, que les fanatiques qui ont commis la tentative criminelle aient pu, grâce à des idées exagérées d'hospitalité, de chevaleresque indépendance du sol, concerter et organiser, au sein même de l’Angleterre, leur infâme et lâche conspiration... Il est temps de remédier à cet état de choses, sans blesser nos traditions, sans violer les usages de notre constitution; il est temps de faire et d'appliquer une loi qui empêche de résider chez nous, sous prétexte de refuge, des étrangers rebelles qui conspirent contre la dynastie ou les institutions du pays auquel ils doivent fidélité. Nous espérons avec confiance que cela ne tardera pas maintenant à se faire... » (Times du 16 janvier.)

C'est dans ce sens que, dès le 20 du même mois, les négociations diplomatiques furent ouvertes par une dépêche du ministre des affaires de France, adressée à l'ambassadeur de cette puissance à Londres. Chose odieusel presque au moment où s'accomplissait, à Paris, l'attentat qui introduisait dans les rapports extérieurs un incident si imprévu, un journal qui s'imprimait en Belgique, le Drapeau, approuvait hautement, au rapport du Moniteur français, l'assassinat de l'Empereur. « Nous attendons, ajoutait l'organe de l'Empire français, la décision du gouvernement belge. » Elle ne tarda pas à être connue. Le cabinet de Bruxelles présenta immédiatement (19 janvier), à la chambre des députés, un projet de loi sur la police des étrangers, et le 20 du même mois, il déposa sur le bureau du président un autre projet ayant pour objet de modifier le Code pénal, et de distraire de l'ensemble une loi spéciale relative aux crimes et délits portant atteinte aux rapports internationaux. Cette loi spéciale serait votée d'urgence. En même temps des poursuites étaient intentées par le gouvernement belge contre les journaux le Drapeau et le Crocodile. Le Gouvernement français adressait à la Suisse et au cabinet piémontais des communications analogues à celles dont avaient été saisies la Belgique et la Grande-Bretagne. Etait-il vrai que les représentations adressées à cette dernière puissance fussent moins accentuées que celles que l'on avait fait entendre au sein des autres cabinets? Quoique, en Angleterre, on se plaignít également, comme on verra plus loin, au point qu'un changement de ministère s'ensuivit, cependant les autres gouvernements, le Conseil fédéral suisse en particulier, articulèrent des observations en ce sens. Peut-être néanmoins n'étaient-elles pas fondées, attendu qu'il était assez naturel que le cabinet des Tuileries insistât auprès des pays limitrophes où, par cela même, les menées des ennemis du régime établi en France devaient présenter un danger p!us voisin et dès lors plus imminent. Mais avant de poursuivre au dehors l'effet et les conséquences de l'attitude prise par le gouvernement de Napoléon III en cette occurrence spéciale, il convient de rappeler les actes et mesures adoptés à l'intérieur à la suite d'un événement d'une si grave

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