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voir avec ou sans intérêts, des capitaux en dépôts. De là l'ouverture de comptes courants en faveur des déposants. Décidé que ces dépôts pourraient être effectués en numéraire, en coupons de rentes sur l'Etat, d'actions, d'obligations de chemins de fer, ou de toutes autres valeurs négociées à la Bourse, et payables à Paris.

Situation. Au 34 décembre 1857, l'actif du crédit foncier (V. à l'Append. les détails) dépassait le passif de 1,353,461 fr. 26 c. En résumé, satisfaction donnée à des charges nouvelles assez considérables, dotation faite du compte de provision. L'exercice de 1857 attribuait aux actionnaires un dividende plus élevé que celui des années précédentes.

Le compte rendu de la situation ne pouvait pas manquer de mentionner le traité relatif à l'exécution de la loi sur le drainage (V. ci-dessus), et dont la ratification était demandée aux actionnaires. Aux termes de cette convention, le Crédit foncier de France, substitué à l'Etat, devait fournir les 100 millions de francs destinés à cet effet. Pour se procurer cette somme, le Crédit foncier serait autorisé à contracter, avec la garantie du Trésor, des emprunts successifs, sous forme d'obligations dites de drainage, qui pourraient être émises même au-dessous du pair.

Le Trésor public supporterait l'excédant de dépense résultant de la négociation des obligations, qui pourraient être émi. ses même au-dessous du pair.

Pour la garantie des sommes prétées, le Crédit foncier de France serait subrogé aux droits et priviléges accordés au Trésor public, par la loi du 17 juillet 1856 (V. Ann.): le tout complété et fortifié par les droits et immunités que la législation spéciale lui assurait pour le recouvrement des prêts. Enfin, aux termes de l'article 6 du traité, le Crédit foncier ne pourrait être tenu de prêter qu'autant qu'il jugerait les garanties suffisantes.

Société générale du Crédit mobilier. Le rapport présenté le 29 avril sur les opérations de cette institution établissait qu'elle avait moins souffert que les autres compagnies financières de la dernière crise (V. Ann. 1856 et 1857), qui avait sévi sur plusieurs places de l'Europe et de l'Amérique. Ce n'est point par des créations nouvelles que l'activité du Crédit mobi

Achats de lingots : 564,633,000 fr.

Succursales. Total de leurs opérations, 3,615,800,000 fr. Bénéfice' net : 17 millions de fr. environ. Ordre d'importance des succursales : Marseille, Lyon, Bordeaux, Lille, le Havre, Rouen, Saint-Quentin, Valenciennes, Nantes, Besançon.

Trois succursales, Metz, Dunkerque et Arras avaient éprouvé des pertes.

Dépenses ordinaires de la Banque et de ses succursales : 5,394,200 fr. Dividende de chaque action ancienne : 334 fr.

CHEMINS DE FER. Dans ce grand mouvement industriel et financier de la France, inutile de faire remarquer l'importance de la construction et de l'exploitation des voies ferrées. Il convient seulement de faire ressortir les résultats actuels et la situation. La loi du 19 mai de cette année posa le principe de la fusion des compagnies de Paris à Lyon, et de cette dernière ville à la Méditerranée. En même temps, partage entre la compagnie nouvelle de Paris à la Méditerranée et la compagnie d'Orléans, des lignes et concessions du Grand-Central actuellement supprimé, et concession du réseau pyrénéen au chemin de fer du Midi.

Le total exploité des chemins de fer français en 1857 s'élevait, au 31 décembre de cette année, à 7,460 kilomètres. Leur recette totale, à la même date, à 311,048,130, déduction faite des détaxes, et non compris l'impôt du dixième, aux termes de la loi de juillet 1855.

Chemins ouverts à l'exploitation : ligne de Mulhouse terminée; — ouverture de la section de Toulouse à Cette; travaux de reconstruction poussés par la compagnie d'Orléans jusqu'à SaintNazaire, et jusqu'à Rennes par la compagnie de l'Ouest.

Chemins vicinaux. Du rapport quinquennal adressé à l'Empereur sur cette matière si intéressante pour les populations rurales en particulier, résultaient des détails et des chiffres importants. Jusqu'en 1836, et la loi du 21 mai de la même année, l'attention de l'administration départementale ne s'était portée d'une manière efficace que sur les travaux des routes impériales et départementales. A part quelques essais infructueux, les chemins vicinaux avaient été laissés dans l'abandon. Depuis la loi du 21 mai déjà

mentionnée, l'application en avait été constamment progressive. De 1852 à 1856, les ressources avaient atteint leur apogée : de 44 millions, chiffre de la première année de la promulgation de la loi, elles étaient arrivées : 1852-1858, à 77,500,000 fr. La vive impulsion imprimée par le Gouvernement à tous les travaux d'utilité publique, notamment à ceux des chemins de fer, avaient donné un surcroit d'activité au service de la voirie vicinale.

Départements et communes savaient, en présence du développement du réseau des chemins de fer, qu'ils ne jouiraient complétement des avantages des voies ferrées, qu'autant qu'ils se mettraient avec elles en rapports faciles. De là le progrès du service vicinal en ces dernières années.

Chemins vicinaux de grande communication. Ils comportent un développement de 74,510 kilomètres, et sont, en réalité, de véritables routes départementales. Ce service se présentait dans les départements avec ensemble et régularité.

Chemins vicinaux d'intérêt commun : 57,118 kilomètres. Ils n'avaient commencé à présenter un service spécial et régulier que de 1852 à 1856. Créé par la loi du 21 mai 1836, ce système de voies publiques prenait chaque jour plus d'extension, et dans nombre de départements il marchait de pair avec celui des grandes voies vicinales.

Petite vicinalité : 425,820 kilomètres. Progrès lents à raison de l'immense étendue des chemins à réparer, et de la modicité relative des ressources affectées à ce service.

Allocation sur les crédits extraordinaires et ordinaires des communes. De 1852 à 1856, les revenus ordinaires des communes avaient fourni au service vicinal une somme de 24,319,157 fr., c'est-à-dire 4,800,000 fr. par an. Il y avait donc une insuffisance qui ne pouvait être comblée que par les prestations en nature et les centimes spéciaux.

Prestation en nature. Dans l'état actuel des choses, cette prestation (qui pouvait aller jusqu'au maximum de trois journées), cette prestation constituait la principale ressource des communes. Le chiffre des rachats constatait la préférence de l'habitant des campagnes pour ce mode de contribution. On ne pouvait donc pas songer à le remplacer par la cotisation pécuniaire. fait n'était point particulier à la Société. Il était caractéristique, selon le rapport, de la situation du marché. Elle indiquait une modification profonde dans la direction de la spéculation; c'était un signe de découragement et de méfiance pour l'avenir. Cet état de méfiance et de doute s'était même traduit par un phénomène contraire, le déport.

Autre manifestation de ce temps d'arrêt dans les idées d'amé. lioration et de hausse: la diminution considérable, dans ces deux dernières années, du chiffre desavances habituelles de la Banque de France, sur rentes, actions et obligations de chemins de fer.

En juillet 1856, ce chiffre s'élevait à 178,000,000 fr.
En juin 1857

43,800,000 Đ
Réduction

134,200,000 fr.
Ce chiffre se releva dans les derniers
temps à

119,700,000 fr. Cause de ce résultat : la combinaison à laquelle la Banque s'était empressée de s'associer pour faciliter l'écoulement des obligations, à émettre par les compagnies de chemins de fer, et atténuer la concurrence que ces valeurs faisaient à la rente.

Du compte des balances et pertes de l'année, il résultait un bénéfice de 7,133,833 fr. 29 c. sur lequel on avait prélevé l'intérêt des actions à 5 p. %.- Silence du rapport sur le chiffre du dividende de la Société, jusqu'à l'assemblée générale : ce chiffre ne pouvant pas résulter seulement de l'inventaire des valeurs à la fin d'un exercice, il fallait tenir compte aussi des modifications qui pouvaient survenir depuis lors jusqu'à l'époque des réunions. – Constatation de la halte survenue dans la reprise des affaires, par suite de l'attentat du 14 janvier.

Conclusion : si on avait eu raison de modérer l'ardeur fébrile qui s'était produite dans tous les esprits, aujourd'hui, suivant l'organe du Crédit mobilier, on était au delà du but, et il y avait lieu de donner au pays le sigoal d'une activité nouvelle.

Dans les circonstances actuelles, et surtout après la dépréciation survenue dans les valeurs depuis le 14 janvier, pouvait-on, outre les 5 p. % d'intérêt sur les bénéfices de 1857, distribuer encore un dividende? Réponse négative du Conseil d'adminis

tration. Agir autrement c'eût été faire peser sur l'exercice actuel des charges qui en même temps eussent engagé et embarrassé l'avenir.

Banque de France. Cette grande institution résumant en quelque sorle toutes les opérations de crédit et de finance du pays, nous en ferons connaitre ici le résultat annuel d'après le rapport du gouverneur actuel, M. de Germiny. La faculté d'élever successivement le taux de l'escompte, établie par la loi de renouvellement du privilége (V. Ann. 1856), avait permis à la Banque de ne pas recourir à la restriction des échéances. En effet, de 5 1/2 p. % taux du 26 juin, l'escompte fut porté à 6 112 le 13 octobre; à 7 1/2 le 20 du même mois; le 11 novembre, à 8, 9 et 10. Le 27 novembre décroissance de ce taux (1 p./.); le 7 décembre, nouvelle réduction d'autant; enfin, le 18 décembre, retour au taux de 6 p. % et le 29 décembre à celui de 3.

Masse des opérations de la Banque à Paris et dans les succursales, en 1857: 6 milliards 65 millions; augmentation sur 1856: 256 millions.

Mouvement analogue et proportionnel dans les effets de commerce : 5 milliards, 600 millions en 1857. Augmentation sur 1856:926 millions. Minimuni au portefeuille au 11 juin :499 millions ; à la fin de juillet, solde de 622 millions.

Avances sur rentes et autres valeurs : 240 millions, savoir : 1° sur rentes, 125 millions; sur obligations de chemins de fer, 103 millions; enfin sur actions de canaux : 12 millions. Les obligations du Crédit foncier que la Banque était autorisée à recevoir en vertu de la loi rénovative de son privilége, n'avaient pas donné lieu jusque-là à de nombreuses opérations ; c'était une question d'avenir.

Encaisses : chiffre supérieur à celui de 1856 : de 151 millions (minimum), il s'était élevé au 24 décembre, à 258,300,000 fr.

Circulation des billets, 1er janvier 1857 : 612 millions; 31 janvier : 649 millions.

Effets encaissés : 833,000 effets d'une valeur totale de 1 milliard, 137,500,000 fr.

Billets à ordre : Somme pour 1857, 506,140,000 fr. Dimipution relativement à 1856 : 6,860,000 fr.

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