Images de page
PDF
ePub

point, de là une opposition nouvelle à ce sujet. Dans ces circonstances, et pour en finir avec cette hydre qui s'appelait le chapitre de la guerre, le général van Meurs annonça que la composition de l'armée serait l'objet d'une loi organique. Cette promesse entraina le vote du chapitre en discussion, que l'on assimilait d'ailleurs, jusqu'à la réalisation de la promesse ministérielle, à une sorte de crédit. · Le budget de la marine fut adopté après des débats spéciaux. On insista sur la nécessité d'une escadre d'hiver et d'évolutions. Le titulaire actuel de ce département, M. Lotsy, pensait qu'il serait utile aussi d'avoir une autre escadre en croisière dans l'archipel des Açores et dans la Méditerranée. Ce ministre était plein de bon vouloir : à son sens, avec le chiffre alloué au budget de la marine, on aurait en quelques années nombre de frégates à hélice, de corvettes, de steamers moins considérables, etc.

Le chapitre de la justice donna lieu à un amendement de M. Dommer Van Poldersveldt, ayant pour objet de limiter la police d'Etat. Quant aux finances, le chapitre qui les concernait passa sans difficulté. Ainsi l'ensemble du budget fut voté sans trop de secousses; ce qui témoignait que le Cabinet avait les sympathjes de la Chambre.

Après le budget, d'autres questions financières ou économiques furent agitées au sein des Etats. Ou eût voulu, par exernple, que le gouvernement travaillât plus activement que jamais à la suppression des péages sur le Rhin; on recommanda de nouveau à son attention la question des irrigations pratiquées en Belgique sur la Meuse, et qui étaient si nuisibles à la culture et à la navigation de leurs voisins. Comme ses prédécesseurs, le ministère actuel espérait la conclusion d'un arrangement amiable entre les deux pays. En attendant l'aplanissement de ce différend, on fit bon accueil à la convention conclue entre les deux royaumes en vue de la répression de la contrefaçon. Un incident survenu à l'étranger, l'affaire Mortara, qui avait pris, à raison de son retentissement, toutes les proportions d'un événement international, produisit aussi une impression pénible au sein d'une population et d'un gouvernement si connus pour leur esprit de tolérance. En effet, d'après la déclaration de M. Van

Bosscha, ministre des cultes réformé et israélite, le Cabinet faisant droit à une requête présentée par la Commission centrale des citoyens professant la religion de Moïse, fit savoir au gouvernement poutifical les sentiments fâcheux que l'enlèvement du jeune Mortara avait soulevés en Hollande.

Le dernier acte important de cette session fut la modification de la loi électorale quant à la distribution des districts électoraux. Il en résulta quatre membres de plus pour la seconde Chambre ; le nombre en étant calculé sur la population du royaume.

Situation économique et financière. D'après les états de commerce du royaume, publiés vers la fin de 1858, l'importation générale pour 1857 s'était élevée à 413,682,840 floriis (877,008,000 fr.), et l'exportation à 343,332,758 florins (727,865,000 fr.). — Réexportation déclarée : 112,022,197 florins (1,842,360,000 fr.). Comparativement à 1856, l'importation générale avait augmenté de 941,637 fl., tandis que le transit déclaré ou la réexportation avait diminué de 418,127 fl. Somme toute, il y avait eu dans le commerce général un accroissement de 6,026,024 florins ou 12,875,000 fr. Résultat d'autant plus favorable que les apports des produits coloniaux avaient été beaucoup moindres qu'en 1856.

Pêches maritimes. Une des ressources du pays, celle du hareng salé, présentait des faits assez intéressants. La flottille équipée pour cette pèche se composait, en 1857, de 90 bateaux qui accomplirent 171 voyages et rapportèrent 1,553 lasts (10,000 pièces par last) de 14 tonnes chaque. La flottille équipée en 1857, pour la pêche du hareng frais, comprenait 157 bateaux. (Annales du commerce extérieur.)

Mouvement de la navigation de 1845 à 1857. Pour le port de Rotterdam à lui seul, il s'était élevé (entrée et sortie réunies) de 3,181 navires (chiffre de 1845), à 4,853 (chiffre de 1856); enfin à 5,550 en 1857, c'est-à-dire presque le double depuis la première période. A cet égard, la navigation de Rotterdam l'avait emporté sur celle d'Amsterdam. De grands travaux s'exécutaient dans le premier de ces ports pour faciliter le développement du commerce et de la navigation.

Dans les ports de la Meuse, le mouvement maritime s'était résumé pour 1857, cabotage compris, en un total de 56,015,816 tonneaux.

Dans ce mouvement, la part revenant à la France était de 4,136,247 tonneaux, soit 23,247 navires.

Finances. Les recettes portées au budget pour 1858 étaient évaluées à 74,144,195 fl. 69, et les dépenses à 73,325,537 fl. 74. On avait racheté depuis 1850, au moyen des budgets, 68,102,601 fl. de dette. Restait disponible une somme d'environ 10,000,000 fl. destinée à l'amortissement.

CHAPITRE III.

CONFÉDÉRATION GERMANIQUE.

Questions fédérales : Les Duchés et le Danemark. Accord en ce point de

l'Autriche et de la Prusse; puissances hostiles : le Hanovre, et, en général, les Etats du Nord. Résolution de la Diete : elle met le gouvernement de Copenhague en demeure de se prononcer dans un délai déterminé. Réponse du Cabinet danois; ses avances en vue d'un arrangement. Il abolira la loi commune et convoquera les Etats de Holstein. – Suspension jusque-là de toutes mesures coercitives de la part de la Confédération. – La garnison de Rastadt; dans quelle mesure les puissances intéressées y contribueront-elles? – Le pont de Kehl; traité conclu entre la France et le duché de Bade. Jusqu'à quel point le Cabinet de Carlsruhe pouvait-ils'engager sans la sanction de la Haute-Diele? - Affaires intérieures : l'explosion de la poudrière de Mayence. Indemnité réclamée par les victimes. - Décision diétale à ce sujet. – Le Zollverein; ses ressources ; ses progrès; réunion de ses délégués à

Hanovre. — Le code de commerce de l'Union; le code maritime. AUTRICHE. — Politique extérieure : questions pendantes; le cabinet de

Vienne, presque partout en antagonisme avec les autres puissances, s'entend cependant avec la Prusse au sujet du conflit germano-danois. Son projet de se rattacher de plus en plus à la Confédération. Politique intérieure : la presse; on ne veut pas qu'elle rende compte des fêtes intimes, de la présence, au théâtre, des membres de la famille impériale. — Agrandissement de Vienne. — Faits divers. – La Hongric et l'Italie : Mort de Radetzky. Douleur et regrets publics de l'Empereur à cette occasion. L'archiduc Maximilien à Milan. Parallélisme de ses actes et des prétentions de l'autorité militaire. Bonnes intentions du Prince. Ses circulaires remarquables. — Faits généraux, commer

ciaux et économiques. PRUSSE. — Convocation des Chambres et mariage du prince FrédéricGuillaume avec la princesse Victoria d'Angleterre. Fêtes à cette occasion. — La session. Proposition d'en prolonger la durée. Rejet. Questions économiques et financières : le tabac; le sucre de betterave. Convention avec le Zollverein:intéressants débats. Les orateurs, M. Harkort en particulier. Questions électorales. Dépenses de police. Clôture de la session ordinaire. - La situation par suite de la maladie prolongée du Roi. Ordonnance qui confère au prince de Prusse le titre de Régent. Convocation des Etats en session extraordinaire. Discours du Régent Retraite de M. de Westphalen. Changement de ministère. Elections. Des électeurs primaires veulent nommer le Prince lui-même. Sa politique formulée dans une allocution au nouveau Cabinet. — Faits et documents divers. BAVJÈRE. - Questions extérieures : la navigation du Danube. Le Cabinet de Munich prétend que la convention entre les puissances riveraines peut se passer de la ratification de la conférence de Paris.-Role modérateur de la Couronne dans les affaires de la Confédération, en particulier dans la question des Duchés. — Affaires intérieures : les Cham

bres; l'opposition. Elections nouvelles. SAXE-ROYALE. - Politique du Cabinet dans les questions du dehors. Son

attitude dans le conflit danois. Projet du baron de Beust; son système relatif aux Etats secondaires de l'Allemagne. Son opposition aux pré

tentions aristocratiques. — Projet de loi relatif au droit de chasse. SAXE-WEIMAR. — Questions économiques et financières. Politique du

Grand-Duc. WURTEMBERG. - Le Concordat. - Griefs des protestants. Les Etats et

l'indemnité de la noblesse médiatisée. - Le roi Guillaume en Italie.

Effet produit par ce voyage sur l'opinion. HANOVRE. — Son attitude dans la question danoise. Débats des Cham

bres : les fonctionnaires et la police, Les dépenses du Gouvernement : blâme des Etats à ce sujet. Comment la Couronne apprécie ces actes

d'opposition. — Le péage de Stade. HESSE-ELECTORALE. - Antagonisme persistant entre l’Electeur et les

Etats. Questions de la régence. Les finances. Prorogation des Etats. Leur

réunion en octobre. BRUNSWICK. – L'assiette de la contribution foncière remplacée par un

impót foncier général. Par saite, suppression de certains droits d'ori

gine féodale. BADE. - Politique extérieure : Le pont de Kehl; convention avec la

France.-Attitude vis-à-vis de la Confédération: la garnison de Rastadt. Politique intérieure. Les Etats. Le Concordat et le rituel protestant.

Agitations suscitées par cette question. OLDENBOURG. – Cette principauté fait cause commune avec le Hanovre

dans la question des duchés. Sa proposition au sujet des officiers de

l'armée du Sleswig-Holstein. — Affaires intérieures : le port de Brake. VILLES LIBRES. – Elles sont éprouvées par la dernière crise financière.

- Hambourg se relève insensiblement des désastres qu'elle a subis. Efforts d'un banquier (M. Ch. Heine) pour ramener la confiance. La Prusse vient en aide à la ville de Lubeck. - Brême et l'émigration. Chiffres curieux sur le mouvement émigrateur. — Les poids et mesures. — Francfort : Questions constitutionnelles.

Le dernier grand acte politique de la Diète fut de retenir la cause pendante depuis si longtemps, des duchés allemands contre la couronne de Danemark. Les pourparlers qui duraient depuis des années, entre la Prusse et l'Autriche d'une part, et le gouvernement de Copenhague de l'autre, pour amener une solution de

« PrécédentContinuer »