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L'Amour vous presente mon bras.

MELANIE. J'accepte avec plaisir le secours qu'il m'envoye.

Léandre ,enfin vous l'emportez;
Et cette mais que vous me presentez
Me ramene au Penchant dont je deviens la proye.

LEANDRE.
· Vous comblez mon ravissement!

Par un doux entrelacement,
Que de notre union nos bras peignent la joye!

Et par nos pas, que nos pieds, tour à tour,
Tracent en l'air divers chiffres d'amour.

SCENE VI I I.

LEANDRE, MELANIE,

LUCINDE.

LUCINDE. V Ous formez un tableau , dont j'admire la

grace. L'attitude est parlante, & je viens l'applaudir.

MELANIE.
Qui yous oblige donc fi-tôt à revenir ?

. LUCINDE.

Nous n'avons pas trouvé de place.
Pour vous, vous employez fort bien votre repos:
Vous avez vos raisons pour refter solitaire ;

Et la Danse particuliére
Vous paroît préférable aux Balets généraux.

(à Léandre.) Pour vous, Monsieur, je dois vous faire une que

relle. Votre temps est bien pris pour danser avec elle?

LEANDRE bas à Lucinde,
Ah! De grace , ne dites rien,

LUCINDE.
Raffurez-vous, ma soeur est dans ma confidence,

Ce que j'en fais est pour un bien. Vous avez tous les deux bientôt fait connoiffance

MELANIE. Vous même, à ne vous rien nier, Vous parlez à Monsieur d'un air bien familier &

LEANDRE bas à Mélanie. Pour votre gloire, ici ne faites rien paroître.

MELANIE. Non, non ; ce point par moi veut être démêlea Votre ton me surprendi

LUCINDE

Il est tel qu'il doit être

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MELANIE.
Vous avez donc l'honneur de le connoître?

LUCINDE,
Qui, vraiment, c'est celui dont je vous ai parle,

MELANIE.
Quoi ! Votre Chanteur est Léandre ?

LUCINDE.
Il vous a déjà dic son nom?

MELANIE.
Lucinde, quelle trahison !
Autant qu'elle m'étonne, elle va vous surpren

dre. Ce beau Musicien qui vous donne le ton , Eft mon maître à danser, puisqu'il faụt vous l'apprendre

LUCINDE.
Ah, le coquet !
MELANIE.

Ah, le fripon

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C'est le Bel-esprit qui me sert.

MELANIE. Il ne vous sert pas seule, & j'ai droit d'y préten

dre, C'est man homme du Bal.

LUCINDE.

Et celui du concert,
ISABELLE.
Ce discours me passe à l'entendre,
Je n'ai jamais rien vû de tel!
Mais c'eft donc l'homme universel?

LUCINDE.
Pour moi, je n'y puis rien comprendre.

MELANIE
Vous chantez, vous dansez, & vous faites des

Vers? C'est séünir, Monsieur, trop de talens divers.

ISABELLE.
Mais quel est donc l'espoir où votre esprit se
fonde,
Et quel rôle ici faites-vous ?

LEANDRE.
Mais, celui d'un homme du monde
Sans faire des talens une étude profonde,

Il doit prendre la fleur de tous,
Et choisir, pour y faire un progrès convenable,

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